Nurse, moi? (épisode 12: En cavale)

Créé par le 05 mar 2015 | Dans : Fictions

Joy marcha dans le couloir sur la pointe des pieds. Elle avait réussi à passer sans attirer l’attention du garde, elle n’allait pas se faire prendre bêtement en faisant du bruit. Le couloir était tout blanc et il n’y avait personne. La gouvernante se mit à raser les murs comme dans les films d’espionnage.
Tout à coup, la lumière du couloir s’éteignit. Elle faillit crier, mais, se souvenant qu’elle n’était pas censée être là, elle s’en empêcha. Joy s’immobilisa au milieu du corridor, le cœur battant. Elle avait un peut peur du noir, mais elle avait surtout peur qu’on la découvre dans le couloir. Prenant son courage à deux mains, elle continua sa progression dans le noir. Elle devait se déplacer à tâtons, n’ayant pas de lampe électrique.

Soudain, sa main rencontra quelque chose de lisse et froid. Une poignée de porte! l’intrépide gouvernante l’ouvrit et se glissa silencieusement à l’intérieur. La pièce était sombre. Elle alluma la lumière. Il s’agissait d’une sorte de cafétéria pour les employés. N’ayant rien mangé depuis plusieurs heures, elle décida de se servir. Personne ne remarquerait. Elle pensa à Mike et aux enfants qui mangeaient sûrement paisiblement dans la salle à manger. Joy se servit du café. Mais elle n’eut pas le temps de prendre autre chose qu’un roulis fit se renverser le liquide noirâtre. Il y en avait partout sur le sol. Elle n’avait pas lâché la tasse. Elle la posa sur un évier et entreprit de trouver quelque chose d’utile qui lui permettrait de nettoyer ses bêtises. La pièce lui parut tout à coup bien grande! Aurait-elle le temps de réparer son erreur avant le retour d’un employé de l’équipage?

Tout à coup, avant qu’elle n’aie eu le temps de faire un mouvement, des pas résonnèrent dans le couloir et elle courut se cacher. Une serveuse entra. Elle pesta tout haut en voyant le café renversé. Puis elle alla chercher de quoi nettoyer le désastre. Profitant de son inattention, Joy fila dans le couloir.
Elle courut jusqu’à être essoufflée. Lorsqu’enfin elle s’arrêta, des portes étaient alignées sur les bords du corridor. Elle en ouvrit une au hasard, elle était vide. C’était une chambre. La deuxième porte qu’elle ouvrit lui réservait une surprise. Un steward était entrain de s’y changer, dévoilant une musculature impressionnante.
- Hum, désolée pour le dérangement, je vais y aller.
- Qui êtes-vous?
- Moi? Je suis…Je suis…Une serveuse totalement perdue…Je vous laisse…
- Vous? Une serveuse? Je n’y crois pas. Eh, où allez-vous?

Joy était partie en courant dans le couloir. Cette fois-ci, elle remonta à son étage. Elle aperçut Mike au loin. Celui-ci la vit aussi et courut vers elle:
- Miss Clint! Où étiez-vous passée? Je vous cherche depuis dix minutes! Mary ne va pas bien, il lui faut un médecin.
- Je m’en charge.

Joy partit dans le couloir en se dépêchant. Elle croisa une employée à qui elle demanda son chemin.
- Où puis-je trouver un docteur, je vous prie?
- Vous montez à l’étage au dessus, vous tournez à gauche et vous y êtes.

La gouvernante la remercia et partit en courant. Elle arriva hors d’haleine devant la porte des médecins. Elle frappa. Un homme lui ouvrit…C’était celui dans lequel elle s’était cognée un peu plus tôt!

Un nouvel arrivant

Créé par le 19 fév 2015 | Dans : Textes

Il y a quelques jours, mes parents ont eu une idée un peu bizarre. Quand je dis étrange, c’est vraiment curieux. Ils avaient déjà eu des idées surprenantes, un peu démodées ou encore hideuses, mais je crois que celle-là, c’est la pire de toutes. Surtout pour mes oreilles. Vous ne comprenez pas? Vous allez savoir pourquoi je dis ça.

C’est maman qui y a pensé en premier. Ma mère, j’ai toujours pensé qu’elle avait l’esprit un peu dérangé pour avoir de pareilles idées. Il faut le voir pour le croire! Tenez, par exemple, une fois, elle a voulu mettre une marquise au dessus de la porte de la maison. Pas forcément parce que ça faisait joli, ça non! Mais pour faire comme les voisins. Inutile de dire que nous n’avons pas de marquise à l’heure actuelle. Une autre fois, elle a voulu repeindre deux bancs qui traînaient depuis un moment dans le jardin. Elle les a repeints en ROUGE!

Bon, cette fois-ci, l’idée de génie ne concerne pas la peinture, ni la porte de la maison. Elle concerne la salle de bain! Encore mieux, non? Comme ça, on voit la « chose » tous les jours!

Je vais enfin vous dire de quoi je parle: elle veut construire un placard! Sensationnel, non? Déjà, il a fallu commander les éléments pour le construire. C’est papa qui a fait la tête en voyant tout le travail à faire! Parce qu’évidement, si c’est maman qui a eu l’idée, ce n’est pas elle qui va la mettre en pratique! Et papa a horreur de ça! Donc, il a fallu commander.

Il a fallu plus de trois semaine aux portes et au reste du placard-en-pièces-détachées pour arriver! C’est là qu’on voit que maman est une femme combative et déterminée! (un peu trop, parfois…)
Parce qu’elle les a attendus de pied ferme, les livreurs! Je pense que papa a dû espérer secrètement que ces éléments n’arrivent jamais, mais malheureusement pour lui, ça a fini par arriver.

Une fois que tout est arrivé, il faut commencer le boulot. Mais papa n’avait pas l’air décidé à commencer.

Quand il a débuté le travail, j’ai regretté ma tranquillité d’antan! Armé de sa perceuse, faisant trembler tout l’étage, il était terrifiant! Impossible de faire quoi que ce soit dans la même maison!

Quand il a arrêté son satané engin, j’ai vu ce qu’il avait fait: il avait mis six malheureuses vis sur deux bouts de bois! Deux heures de vacarme pour ça?! Moi qui m’étais attendu à voir le placard tout monté…

Mais le pire qu’il m’est arrivé avec ce placard fantôme (car pas encore monté) reste encore à venir. J’ai eu l’occasion de tester la solidité des bouts de bois ainsi que l’adhérence des vis au carrelage…Je me suis cogné un pied dedans, et je peux vous dire que ça fait très mal…

poème

Créé par le 14 fév 2015 | Dans : Poèmes

Bacchus naquit un beau jour
Ayant pour père le Dieu des Dieux
Ce prince qui n’en est pas un
Continua à chercher l’amour
Hâblerie malchanceuse….
Ulcérée, Junon hâta la fin
Sémélé trouva la mort.

Boulot de terrien

Créé par le 11 fév 2015 | Dans : Poèmes

Je me suis souvent demandé
Il m’est arrivé très souvent
De vouloir savoir vraiment
A quelle planète j’appartenais

Qu’est-ce que je fais sur terre?
Quel est mon rôle, quelle est ma vie?
Comment contrer ce monde amer
qui veut me réduire en bouillie?

Se battre pour avoir une place
Est-ce ça la vie sur Terre?
En moi quelque chose se casse
En moi, quelque chose se terre

Tout le monde a dû un jour
Se poser la question
Analyser sa vie en cours…

Conseille-moi.com

Créé par le 26 jan 2015 | Dans : Poèmes

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Nurse, moi? (épisode 11: Par tous les moyens)

Créé par le 24 jan 2015 | Dans : Fictions

Joy ouvrit les yeux. Elle était allongée sur un lit d’appoint. La salle dans laquelle elle se trouvait était toute blanche et vide. Où étaient les autres? Mike, Mary et Hernie? Elle se souvenait avoir tout tenté pour qu’ils puissent rattraper le bateau. Mais elle n’avait pas pu réagir assez vite pour éviter que leur petit hors-bord ne s’écrase contre la coque immense du bateau de croisière.

Mais où était-elle donc? Elle se leva afin de faire le tour de la pièce. Un bureau occupait un coin de la pièce. Et le lit sur lequel elle s’était réveillée était un lit d’infirmerie. Elle était dans une infirmerie! D’autres couchettes réservées aux malades étaient disposées régulièrement le long des murs. La jeune femme sentait le sol vibrer légèrement sous ses pieds. Était-elle dans une usine?

Soudain, la porte s’ouvrit. Un médecin entra suivi de Mike et des enfants.
- Je vois que vous êtes mieux que tout à l’heure!
- Que s’est-il passé exactement? Où sommes-nous?
- Vous êtes sur le paquebot que vous avez embouti! Et au moment du choc, vous vous êtes cognée au volant. Vous avez été assommée. Nos stewards vous ont tous sauvés avant que vous ne tombiez à la mer. Votre bateau est hélas, fichu. Il a volé en éclats, j’en ai bien peur.

Joy courut à la fenêtre. Effectivement, le médecin avait dit vrai. Elle était sur un bateau. A ce moment, un homme entra et annonça qu’il allait leur montrer leurs chambres. Les quatre vacanciers le suivirent dans le couloir. Leurs valises aussi avaient été montées à bord.

L’homme ouvrit leurs chambres respectives. Mary et Hernie étaient ensembles et Mike et Joy partageaient la deuxième. Une porte coulissante séparait les chambres en deux parties. Elle pouvait être tirée de manière à ce que chacun ait son intimité, ou bien poussée et la pièce avait l’air plus grande.

Les lits étaient des couchettes accrochées au mur. Deux hublots amenaient de la lumière dans la pièce. Il n’y avait pas de table de nuit. Mais une table était fixée au sol pour éviter qu’elle ne bouge à cause des secousses. Les enfants allèrent défaire les valises dans la chambre voisine.

Mike et Joy tirèrent la porte coulissante. Mais ils se parlèrent tout en défaisant leur valise.
- Alors, Miss Clint, ça vous plaît, ce bateau?
- Oui, monsieur. J’aime beaucoup.
- Appelez-moi Mike.

Tout à coup, Joy se sentit mal. Elle s’allongea sur le lit. Le vertige continua. Inquiet de ne pas entendre de réponse, Mike passa la tête de l’autre côté de la porte coulissante. La gouvernante était couchée sur le lit, la tête entre les mains.
Il alla à côté de la couchette.
- Ça va?
- Non, je crois que j’ai un peu le mal de mer. Je ne vais pas venir dîner avec vous tous ce soir.

C’était la fin d’après-midi. Mike et les enfants partirent manger sans la jeune femme. Une vingtaine de minutes après qu’ils soient partis, elle commença à se sentir mieux. Elle put alors se lever et elle décida de faire un petit tour du bateau.

Joy sortit de la cabine. Elle rentra dans un homme qui passait par là. Elle s’excusa. L’homme ne dit rien et partit.
La jeune gouvernante voulait voir à quoi ressemblaient les étages inférieurs qui abritaient la troisième classe et les quartiers des stewards. Elle essaya de pénétrer dans le couloir menant à cette partie du bateau, mais un homme l’en empêcha:
- Vous ne faites pas partie des voyageurs de troisième classe. Et je vois bien que vous n’êtes pas non plus un membre du personnel.

Déçue, elle fit demi-tour. Mais elle avait décidé de passer. Et quand Joy avait décidé quelque chose, elle persévérait jusqu’à obtenir ce qu’elle voulait. Elle avait vu que les gardes possédaient des sifflets. Elle en avait emprunté un sans vraiment prévenir son possesseur. Joy utilisa le sifflet dans l’espoir de faire bouger le garde, mais il resta à son poste.

Elle tenta aussi de faire éclater des ballons successivement. Mais là encore, il n’accourut pas à l’endroit où elle voulait l’attirer. Finalement, la meilleure solution fut d’attendre que quelqu’un d’autre essaie de passer et qu’il lui explique pourquoi c’était interdit. Joy put se faufiler et le garde ne la vit pas. Elle était passée!

Nurse, moi? (épisode 10: Le tout pour le tout)

Créé par le 23 jan 2015 | Dans : Fictions

Le bateau s’éloignait inexorablement. Mais Joy ne l’entendait pas de cette oreille. Elle courut chez les garde-côtes.

- Ecoutez, messieurs. Je suis de la police. Sergent Harris. Je recherche un criminel qui est monté sur le bateau là-bas, vous voyez, celui qui s’éloigne au loin…Il est très dangereux, et je ne voudrais pas qu’il attaque d’autres passagers…

Les gardes se regardèrent puis explosèrent de rire.
- Votre histoire n’est vraiment pas crédible, Mademoiselle. Vous avez tout inventé, j’en suis sûr. Pas vrai? Je parie que vous avez raté le bateau. On nous la fait à chaque fois, celle-là. Les premières fois, on s’est fait avoir, mais plus maintenant. On nous la sert au moins vingt fois par jour! Vous n’aviez qu’à être à l’heure!
- Vous me croiriez si je vous disais qu’un couple d’anglais a bloqué la route parce qu’ils cherchaient la Tour Eiffel et que j’ai été obligée de parlementer avec eux?

Ils se regardèrent de nouveau et se remirent à rire. Ils ne la croyaient pas. Elle alla alors louer un petit hors-bord. Toute la famille embarqua dessus. Elle tenta de démarrer le moteur. Mais même avec la clef de contact, il ne voulut pas démarrer.
Mike finit par lui dire de tourner la clef dans l’autre sens. Évidement, le bateau avança. Puis elle tenta de conduire le hors-bord. La mer était houleuse et Joy faisait des zigzags en le dirigeant. Mike lui posa la question qu’il se posait depuis qu’il était monté dans le bateau:
- Vous savez conduire cet engin, au moins?
- Non, mais j’y arrive plutôt bien!

Les autres se regardèrent avec inquiétude. Mais Joy avait rattrapé le paquebot. Il était maintenant tout proche. Trop proche. Joy ne put tourner assez vite pour éviter le choc. Leur petit bateau alla se briser comme un jouet contre l’immense paquebot.

Nurse, moi? (épisode 9: L’anglais dans les bouchons)

Créé par le 23 jan 2015 | Dans : Fictions

Lorsqu’elle se leva le matin suivant, Joy sut que c’était enfin le jour du départ. Elle alla tirer les rideaux et le soleil vint lui réchauffer la tête. Elle se changea, puis elle prit sa valise à la main. Elle alla la poser dans l’entrée. Celle de Mike y était déjà. Il avait dû la préparer la veille. Ce voyage semblait beaucoup compter pour lui. Elle ne savait pas pourquoi.

Joy trouva la petite famille réunie dans la cuisine. Les enfants mangeaient leur petit déjeuner tandis que leur oncle regardait par la fenêtre. L’entendant entrer, Mike proposa une tasse de thé à la gouvernante. Elle l’accepta, et il s’assit à la table à côté de Mary et Hernie. Une fois le petit déjeuner terminé, la fillette fit signe à Joy de la suivre dans sa chambre. Elle semblait heureuse.

- Depuis que tu es là, oncle Mike a changé! Il n’est plus le même! Avant, il était toujours plongé dans son boulot. Il ne se serait jamais assis avec nous le matin pour manger. Il ne serait pas resté le soir au lieu d’aller jouer. Merci, Joy. Quand tu es là, il est plus….Humain. C’est bien qu’il y ait une présence féminine ici.
- Mais…Il y a toi…
- Une femme, je veux dire. Il manquait quelque chose dans ce foyer. Tu étais la pièce manquante. Je suis entourée d’hommes. Ce n’est pas marrant tous les jours. Depuis que tu es là, ça rétablit l’équilibre! Merci d’avoir sonné à notre porte, Joy. Sincèrement.

La petite serra Joy dans ses bras. Mike, qui les écoutait de derrière la porte, avait tout entendu. Lui aussi trouvait que Joy complétait la famille. Elle était la présence féminine qui avait toujours manqué ces six derniers mois. Il était content car il avait remarqué que Mary ne considérait pas Joy seulement comme une nounou, mais aussi comme une amie chère.

Ils partirent ensuite à l’embarcadère. Mike se gara sur le parking. Les enfants étaient surexcités. Mais au moment d’embarquer, Mike se rendit compte qu’il avait oublié les billets…Ils repartirent donc chez eux en vitesse pour ne pas manquer le bateau.

Ils récupérèrent les billets et repartirent en sens inverse sur la route. Malheureusement, un gros embouteillage s’était formé. Des voitures étaient bloquées sur plusieurs mètres. D’autres pouvaient rouler au pas, certains choisissaient de faire demi-tour. Mike fulminait. Maintenant qu’il avait les billets, ils ne pouvaient pas rejoindre le bateau!

Au bout de dix minutes, Joy s’impatienta. Avant que Mike ait pu l’en empêcher, elle sortit de la voiture pour aller voir ce qui bloquait tous ces véhicules. Elle marcha le long de la file de voitures à l’arrêt. Les conducteurs avaient tous ouvert leurs vitres car il commençaient à avoir chaud, en plein soleil. La jeune femme les ignora et continua son chemin, indifférente aux coups de klaxons dans son dos.

Elle finit par trouver l’origine du problème. Une voiture était à l’arrêt au milieu d’un rond-point. Elle toqua à la vitre, se demandant pourquoi ils s’étaient arrêtés. Un homme portant un chapeau de paille immense baissa sa vitre. A côté de lui se trouvait une femme habillée en rose. D’après la position de volant, il devait s’agir d’un couple d’anglais. Ils devaient s’être perdus. Et comme ils semblaient être de sacrés énergumènes, ils s’étaient arrêtés au milieu d’un rond-point très fréquenté au lieu d’une aire de pique-nique.

Joy leur parla:
- Bonjour, vous êtes perdus? Parce que nous, on a un bateau à prendre, et on est en retard…Pourriez-vous dégager la route?
L’homme lui répondit:
- I don’t understand. I don’t speak french. Can you speak in english, please?
Imperturbable, Joy poursuivit:
- Non, parce que c’est pas tout ça, mais on doit y aller, on a suffisamment galéré pour avoir ces foutus billets…Vous comprenez? Les embouteillages, personnellement, je déteste ça parce que généralement, les gens se crient dessus sans comprendre ce que l’autre dit car les autres klaxonnent.

L’anglais répondit:
- We’re lost. Where can we find the Eiffel Tower, please? I have forgotten the map, so I don’t know where to go. Do you understand?
Et, s’adressant à sa compagne:
- I think that she is french and she doesn’t understand our language. We are really lost!
De son côté, Joy avait saisi le mot « Eiffel Tower » et savait à présent ce qu’ils cherchaient. Elle tenta de leur répondre en anglais.
- Euh…You’re looking for the Eiffel Tower? It isn’t here. In the north of the France. In Paris, you’re in the wrong place. Can you get out of the way, now? There’s a crowd of people waiting behind. Thank you.

Et elle retourna à la voiture de Mike. Ils virent la route se déboucher. Les anglais avaient compris le message. Ils étaient partis. Mais le temps qu’ils arrivent à l’embarcadère, le bateau était parti. Ils le virent s’éloigner…

Nurse, moi?(épisode 8: Suggestion équivoque…)

Créé par le 21 jan 2015 | Dans : Fictions

Joy prit une grande inspiration. C’était bien ce qu’elle pensait. Cet homme lui faisait du chantage. Si elle sortait avec lui, il ferait son possible pour que le prix de Mr Harrison lui soit rendu. Elle le détailla du regard. Il était bien plus vieux qu’elle. Il n’avait presque pas de cheveux. Ses regards perçants frôlaient l’indécence quand il la regardait. Sa bouche était déformée en un rictus méprisant. Il portait des lunettes énormes et hideuses. Non, décidément, elle ne tenait vraiment pas à tenter l’expérience.

Joy lui fit un sourire pouvant paraitre naturel. En vérité, elle se forçait. Elle lui dit qu’elle allait réfléchir. Puis la jeune femme s’éloigna vivement de l’affreux bonhomme.

De retour chez Mike, elle lui parla:
- Que diriez-vous si j’avais trouvé une façon de récupérer votre prix?
- Comment allez-vous faire, Miss Clint?
- Là n’est pas la question….Vous seriez content, non?
- Combien faut-il payer?
- Eh bien…Pas en espèces, en tout cas…
- Par chèque? Carte bleue?
Joy secoua la tête à chaque proposition. Mike fronça les sourcils. Voyant qu’il ne trouvait pas, la jeune gouvernante le mit sur la piste:
- En nature…
- Comment ça, en nature?
- Il m’a proposé de dîner avec lui pour que nous puissions récupérer votre prix.
- Ah, je vois. N’en faites rien! C’est du chantage! Nous trouverons bien un autre moyen de récupérer ce prix! Je vais aller voir le directeur de l’agence. Quelle horreur! Il vous a proposé ça….
- Je lui ai dit que j’allais réfléchir.
- Vous tenez vraiment à y aller?
- Non, mais s’il n’y avait pas d’autres moyens….Je ne lui ai pas donné mon numéro, de toute façon. Et il croit que j’habite dans le quartier riche plus au nord. De toute façon, je ne voulais pas y aller, il est vraiment laid! Il est très expressif quand il s’agit de montrer ce qu’il veut. Je ne vais pas y aller. Bon, je vais voir les enfants. Allez donc parler au directeur de l’agence!

Une fois que Joy eut quitté la pièce, Mike s’accouda à la fenêtre. Il était abasourdi par ce qu’il venait d’entendre. Sa nouvelle gouvernante ne paraissait pas plus choquée que ça. Mais tout de même! Et elle avait été prête à le faire pour qu’il récupère son prix…Il partit à l’agence.

Le directeur se montra coopératif. Mike lui exposa son problème.
- Effectivement, le prix vous a été retiré. Mais il n’a pas été réattribué. Comme vous êtes le premier des lauréats à avoir donné signe de vie, je veux bien vous le rendre.

Mike sourit. Le directeur sortit une feuille d’un tiroir. Il commença à la remplir de son écriture fine et penchée. A la fin, il signa et la tendit à Mike. Ils allaient pouvoir partir! Il courut chez lui, tout heureux. Il décida qu’ils partiraient le lendemain matin.

Nurse, moi? (épisode 7: L’heure du départ)

Créé par le 19 jan 2015 | Dans : Fictions

Joy examina son bandage. Elle espérait que cela guérirait vite. Son employeur avait été bien gentil de la conduire à l’hôpital. Un autre que lui n’en aurait sûrement pas fait autant. Elle se tourna vers son sac de voyage. Elle n’avait même pas besoin de le remplir, elle ne l’avait pas défait. Pourquoi son patron voulait-il partir si vite, au milieu d’une semaine d’école pour les enfants? Il se comportait d’une manière étrange depuis qu’il avait reçu ce coup de fil. Mais elle était tout de même heureuse de partir en vacance pendant son travail. Elle savait bien sûr qu’elle aurait à surveiller les enfants, cela allait de soi. Elle allait aller sur un paquebot de croisière! Un vrai!

Son patron entra dans la pièce à ce moment-là. Il voulait téléphoner à l’agence qui avait organisé le concours. Il fallait qu’il se manifeste afin de pouvoir partir. Il décrocha le téléphone et composa rapidement le numéro inscrit sur le feuillet qu’il avait reçu. Le silence se fit dans la pièce. Puis Mike parla dans le récepteur. Il se présenta et expliqua qu’il avait gagné le concours.
Il y eu un long moment pendant lequel il ne dit rien. Son interlocuteur devait être en train de lui parler. Son visage devint blanc comme un cachet d’aspirine. Il marmonna quelques paroles de plus et il raccrocha. Joy le regardait, ne comprenant pas ce qu’il se passait.

- Qu’avez-vous? Vous êtes tout pâle…Il y a un problème?
Il tourna lentement la tête vers elle, et il répondit:
- Ils ont donné le prix à quelqu’un d’autre car je ne me suis pas déclaré plus tôt. C’est fini. On ne part plus. On ne part plus…

Il avait l’air vraiment bouleversé. Attendrie, Joy le prit dans ses bras pour le réconforter. Puis, s’écartant de son patron, elle sortit de la pièce d’un pas décidé. Elle voulait se rendre à l’agence afin de plaider sa cause. Mike avait l’air tellement mal…Elle ne savait pas pourquoi, mais elle devait faire quelque chose. Joy partit à pied à l’agence. Une fois arrivée, elle demanda à parler à un responsable concernant le concours.

Un homme vint la voir. Il eut un sourire étrange en la voyant. Elle fit mine de ne pas l’avoir remarqué. Elle lui exposa sa requête, insistant bien sur le « désespoir » de ce « pauvre homme », qu’il allait sûrement faire une dépression….Mais elle savait pertinemment que tout ce qu’elle dirait n’aurait aucun effet sur cette homme cynique et désagréable. En fait, elle savait bien ce qui l’aurait fait changer d’avis. Mais elle ne voulait pas en arriver là, tout de même.

Ce fut lui qui le lui proposa.
- Si vous voulez tant récupérer le prix de votre ami, alors venez donc dîner avec moi, je verrai ce que je peux faire…
-….

Nurse, moi?(épisode 6: Une nurse à l’hôpital)

Créé par le 12 jan 2015 | Dans : Fictions

La porte s’ouvrit, et Mike entra. C’était lui qui avait poussé la porte un peu violemment. Il vit Joy étendue par terre. Elle était encore consciente. Des débris de porcelaine l’entouraient et le plateau gisait non loin. Elle essaya de se redresser. Ses yeux gris le fixèrent. Puis elle regarda son bras. Il était constellé d’éclats de verre. Le sang coulait. Ce n’était pas beau à voir.

Elle fixait toujours son bras. Mike s’exclama:
- Miss Clint! Vous allez bien? Je suis vraiment désolé…
Joy ne sembla pas entendre. Elle regardait son poignet ensanglanté. Tout à coup, elle parla:
- Oups…Je…me suis coupée…
Et elle s’évanouit. Mike paniqua. Que devait-il faire? Il décida de la porter à l’hôpital. Mais qui allait garder ses enfants? Normalement, Miss Clint aurait dû le faire, mais dans le cas présent…

Il prit Joy dans ses bras et alla directement à l’hôpital. Les enfants sauraient bien se garder seuls quelques heures. Sa gouvernante était légère comme une plume.
Le service des urgences semblait le plus indiqué. Il s’assit sur une des chaises en plastique de la salle d’attente. Joy était couchée sur un lit d’appoint non loin de là. Mais les médecins ne semblaient pas décidés à la prendre.

Une bonne heure plus tard, Joy fut prise par un infirmier. Mike était toujours assis sur sa chaise en plastique. Il se mit à observer les personnes autour de lui. Une dame un peu enrobée se balançait sur sa chaise. Son siège produisait un bruit insupportable montrant qu’elle risquait de céder sous son poids. En effet, cinq minutes plus tard, on entendit un choc sourd. Les pieds avaient lâché et la femme était à présent assise par terre, décidée à porter plainte contre la terre entière s’il le fallait.

Plus loin, un homme attendait comme Mike. Il semblait très nerveux. Soudain, une alarme se déclencha. Des infirmiers sortirent d’une pièce au loin pour courir dans un couloir opposé. L’homme fondit en larmes. Il sortit précipitamment de la pièce.
Joy n’était toujours pas ressortie. La salle d’attente se vidait et se remplissait successivement. Une télévision était allumée dans un coin de la pièce. Les informations défilaient. Mais tous les sujets étaient banals. Mike détourna son regard de l’écran.

Enfin, on vint le chercher. Joy allait bien, on lui avait retiré les « corps étrangers » On le conduisit à la chambre de Miss Clint.
Elle était allongée sur un lit blanc qui paraissait bien trop grand pour elle. Le médecin avait dû l’endormir un peu afin de la soigner. Elle avait un bandage allant de son poignet à son coude. Mike s’assit à côté du lit. Deux minutes plus tard, elle commença à se réveiller. Elle s’exclama:
- Mr Harrison! Qu’est-ce que je fais là?
- J’ai ouvert la porte un peu violemment tout à l’heure, vous étiez derrière. Vous vous êtes blessée avec les éclats de porcelaine. Voilà.
- Je me sent très bien. On peut y aller?
- Oui, le médecin a donné son accord. Rentrons. Les enfants nous attendent. Je n’ai pas eu le temps de leur expliquer.

Mike ramena Joy en voiture. La petite Mary se jeta dans les bras de la jeune femme dès son arrivée. Elle vit le bandage de Miss Clint. Cette dernière dut lui expliquer ce qui était arrivé.
Mary la serra plus fort contre elle en apprenant ça.

Mike revint à son bureau en pensant que cette gouvernante était décidément une bénédiction. Mary l’adorait déjà. Il vérifia son courrier. Une lettre était plus visible que les autres car écrite à la main et marquée d’une trace de pouce rouge. Il frissonna. Il valait mieux qu’il parte au plus vite.

Nurse, moi? (épisode 5: Rêves d’océans)

Créé par le 11 jan 2015 | Dans : Fictions

Il venait à peine d’annoncer la bonne nouvelle que le téléphone sonna. Mike alla répondre dans son bureau. Joy resta dans la cuisine avec les enfants. Elle demanda à Hernie:
- Alors, ça te plaît de partir en croisière?
- Bien sûr! C’est génial! Pour une fois, Mike ne sera pas plongé dans ses papiers!
- Quand je dis le mot croisière, tu penses à quoi?
- Je pense à la mer calme, au ciel bleu sans nuages, tout le monde est en maillot de bain, il fait chaud, les luxueuses cabines, les dîners joyeux et chics, on se croirait dans un super hôtel quatre étoiles! Il y a aussi la piscine immense sur le pont avant, des salles de jeu vidéos, une bibliothèque, enfin bref, c’est une véritable ville flottante!
- Et toi, Mary? Tu penses à quoi?
- C’est un bateau très grand, on peut voir des couchers de soleil, les dauphins nagent à côté pendant toute la traversée, il y a des clubs pour les enfants, le toboggan de la piscine est génial, on peut courir pendant des heures dans les coursives sans voir le bout du bateau! C’est trop génial, une croisière! Et toi, Joy? T’en pense quoi?
- Moi…Je suis déjà allée sur un bateau. Sauf qu’il n’était pas aussi grand que celui-ci. On a traversé je ne sais quelle mer à son bord. Je peux vous dire que je m’en souviens encore. Avec mon père, on a dû dormir sur le pont, avec les poissons pendant trois nuits. C’était un petit bateau de pêche. Je m’ennuyais beaucoup sur ce bateau. Il n’y avait rien d’autre à faire que de regarder l’océan. J’adorais regarder la mer à la nuit tombée. Inutile de vous dire que quand on est rentrés, j’étais soulagée de retrouver mon lit! En plus, il m’a fallu au moins une semaine pour enlever cette affreuse odeur de poisson! Alors vous pensez que je suis contente d’embarquer un jour sur un bateau de croisière! Ce sera l’exact contraire de ce que j’ai connu sur ce bateau de pêche! Il y aura des transats blancs inclinés vers la mer, des spectacles musicaux le soir, des soirées dansantes, un mini golf, des stewards à notre service…
- Il est où, ton père?
- Sûrement en mission quelque part dans le monde…Il est militaire. Il voulait que je fasse comme lui. Mais j’ai refusé.
- Pourquoi?
- Je ne me sentais pas vraiment à ma place, au milieu de tous ces hommes. Mais j’ai quand même appris à me battre!
- Ah bon?
- Oui. Je peux vous défendre, s’il y a un problème.

A ce moment, Mike revint dans la cuisine, l’air alarmé. Il nous lança:
- On peut partir en croisière quand on veut, non? Parce que j’ai envie de partir maintenant. Il n’y a pas marqué de date précise sur le papier que j’ai reçu. On partira demain matin. Tenez-vous prêts!
Les enfants regardèrent leur oncle, interloqués. Les vacances étaient dans un moment! Et surtout, pourquoi Mike voulait-il partir dès le lendemain-matin? Bien sûr, ils étaient heureux de partir pendant deux semaines sur un bateau de rêve. Ils acquiescèrent et ils partirent dans leurs chambres.

Mike était resté dans la cuisine. Joy ne voulait pas se montrer trop curieuse, mais elle tenta de savoir la raison de cette décision soudaine. Elle aussi était contente de partir en voyage.
- Mr Harrison, je voudrais vous poser une question.
- Allez-y, Miss Clint.
- Pourquoi vous voulez partir demain, tout à coup? C’est ce coup de téléphone? Vous avez des ennuis?
- Non, pas du tout, j’ai besoin de quelques vacances, c’est tout. Je n’ai pas d’ennuis.

Joy ne crut pas un mot de ce qu’il avait dit. Elle était sûre que ce coup de téléphone était responsable de ce départ précipité. Mais elle ne chercha pas à en savoir plus. Au lieu de ça, elle proposa à Mike de faire un peu la cuisine pour le repas de midi. Il accepta de lui laisser la cuisine et il partit dans son bureau. . Elle n’avait pas abandonné le sujet pour autant. Elle comptait lui demander une seconde fois quand ils seraient sur le bateau.

Elle prépara un repas complet, comme elle faisait souvent pour son père. Elle chargea des assiettes vides sur un plateau afin de les amener jusqu’à la table. Mais au moment où elle allait pousser la porte, celle-ci s’ouvrit, faisant voler le plateau. Les assiettes se cassèrent en tombant. Joy avait été projetée par terre. Son bras saignait abondamment.

Nurse, moi? (épisode 4: Premier matin ensoleillé)

Créé par le 10 jan 2015 | Dans : Fictions

Il n’osait pas lire la lettre qu’il tenait. Il lut la feuille.
Il n’en crut pas ses yeux! Il avait gagné une croisière de deux semaines! Les billets étaient dans l’enveloppe. C’était un voyage pour quatre personnes, une famille avec deux enfants, quoi. Joy pourrait en plus venir avec eux! Il partit se coucher à son tour.

Joy se réveilla le lendemain matin. Elle crut d’abord qu’elle était encore chez son père. Puis elle se rappela les événements de la veille. Elle avait été engagée comme gouvernante! Mais elle n’avait toujours pas rencontré les enfants qu’elle devait garder. Ils avaient dix et douze ans, elle ne savait que ça. Elle s’habilla. Puis elle sortit de sa chambre. Le couloir était désert. Elle se demanda si les enfants en avaient voulu à leur oncle d’avoir oublié pour le cinéma.

Elle entra dans la cuisine. Une petite file d’une dizaine d’années regardait par la fenêtre. Joy s’avança vers elle. La fillette se retourna. Elle était brune, les yeux rieurs. Elle demanda:
- Tu est Joy, je suppose. Je suis Mary avec un « y ». Je pense qu’on va bien s’entendre. Hernie dort encore. Mon oncle Mike, des fois je le déteste parce qu’il nous oublie souvent. Il écoute pas quand on lui parle. Et après, il panique comme tu l’a vu faire hier. Mais en même temps, je comprend qu’il ait beaucoup de travail. Tu sais, Mike, il aime jouer.
- Jouer à quoi?
- Ben, au poker! Tu sais y jouer?
- Non, je pense que je perdrais à tous les coups!
- C’est ce que fait Mike tous les soirs. Perdre au poker. Mais pas hier soir. Il n’y est pas allé. Je pense que tu es magique. Grâce à toi, il est resté. Tant pis s’il ressort demain soir. C’est la première fois qu’il ne sort pas jouer depuis que je le connais.
- Il perd beaucoup?
- Il ne joue pas de grosses sommes, heureusement. Comment as-tu été engagée?
- Je passais par-là, et j’ai sonné.
- Tu plaisante, ou bien…?
- Non, pas du tout. A la base, je suis représentante,je sonne aux portes des gens et je leur donne des formulaires pour des concours.
- C’est bien, comme métier?
- Oh non! A la fin de la journée, tu est épuisée, je t’assure!
- Tu as sonné à la bonne porte, alors!
- Oui.

Mike entra dans la pièce, surexcité. Un garçon le suivait. Il était presque aussi grand que lui. Il y avait un petit air de famille entre les deux. Ce devait-être Hernie, pensa Joy.
Hernie la fixa du regard. Puis il lui sourit. Elle lui rendit son sourire. Mike leur montra une lettre. Il leur expliqua qu’ils avaient gagné une croisière de deux semaines. Ils pouvaient partir tous les quatre. Les enfants sautèrent de joie. Joy se dit que son métier de nurse commençait plutôt bien!

Nurse, moi? (épisode 3: La chambre vide)

Créé par le 10 jan 2015 | Dans : Fictions

Mike conduisit Joy Clint aux chambre des enfants. Il avait hâte de les lui présenter. Cette femme semblait être la personne idéale pour s’occuper de ses enfants. Ou plutôt des enfants de sa sœur. Pendant qu’ils marchaient dans le couloir, il la détailla discrètement du regard. Elle était de taille moyenne, montée sur talons. Ses longs cheveux auburn étaient attachés en queue de cheval. Elle n’avait pas l’air d’avoir peur, ou d’être stressée. Elle n’avait aucune qualification, et pourtant, il l’avait engagée. Pourquoi? Il ne le savait même pas lui-même. Il la trouvait fraîche et gentille. Cela faisait bien longtemps que les enfants n’avaient pas eu de présence féminine à leurs côtés. Plus de six mois en tout s’étaient écoulés depuis que leur mère avait disparu avec leur père.

La nouvelle nurse devait penser que c’étaient ses enfants. Il allait bien falloir qu’il lui explique que non, il n’était pas le père de ces deux enfants. Il devait aussi lui dire de ne pas trop parler de leur parents à Mary et Hernie. Le départ des parents de ces derniers les avaient rendus très tristes. Il tenta de se mettre à la place de Joy. Elle devait se demander quel genre d’enfants elle allait trouver, l’âge qu’ils avaient. Il ne lui avait pas dit non plus son nom, ni ce dans quoi il travaillait.

Elle n’avait pas encore demandé, mais il sentait qu’elle n’allait pas tarder à le faire. Ils s’arrêtèrent devant la chambre d’Hernie. Il les appela, à travers les portes, histoire de leur faire comprendre qu’il fallait se tenir tranquille et ne pas faire fuir la gouvernante, si possible. Il n’obtint aucune réponse, ce qui ne le surprit pas. Hernie devait écouter de la musique et sa sœur devait encore être fâchée contre lui à cause de l’histoire de la poupée.

Il ouvrit les portes l’une après l’autre. Il paniqua: il n’y avait personne! Leurs affaires étaient toujours là, mais les enfants n’étaient pas dans leurs chambres respectives! Joy sembla remarquer qu’il se passait quelque chose, car elle alla voir à la fenêtre et elle revint vers lui, l’air inquiète:
- Que ce passe-t-il? Où sont-ils?
- Je ne sais pas! Ils étaient là avant que je téléphone à l’agence!
- Vous êtes sûr qu’ils ne vous font pas une blague?
Mike se mit à chercher fiévreusement dans l’appartement. Joy s’y mit aussi. Elle fouilla toutes les pièces à la recherche des enfants. Au bout d’une heure, il leur fallut se rendre à l’évidence: les enfants n’étaient plus dans l’appartement.

Mike fondit en larmes. Il s’assit sur un pouf dans la chambre d’Hernie. Il était effondré. Joy s’assit à côté de lui.
- Je voudrais vous parler, monsieur.
- Allez-y, Miss Clint.
- Tout d’abord, quel est votre nom?
- Je m’appelle Mike Harrison. C’est un nom anglais.
- Bien, je vous appellerai donc Mr Harrison. Ensuite, quel âge ont vos enfants?
- Ils ont dix et douze ans. Et ce ne sont pas mes enfants…
- Quoi?
- Ce sont mes neveu et nièce. Leurs parents ont disparu, alors je les ai pris avec moi.
- Disparu?
- Ils sont partis, un jour, je ne sais pas où ils sont. Et je vous prierai de ne pas leur en parler quand on les retrouvera, c’est un sujet sensible.
- Ah…Il faut aller au commissariat. On nous aidera, là bas.

Ils attendirent plus de deux heures au poste de police. Joy avait fini par s’endormir sur le banc dans la salle d’attente. Mike, trop nerveux pour s’assoir, l’étendit sur le siège, lui cédant sa place. Elle dormait paisiblement. Pour se calmer, il la regarda.

Puis, enfin, un policier vint dans la salle pour leur annoncer qu’on avait retrouvé les enfants. Ils étaient tout bêtement allés au cinéma. Hernie avait demandé la permission à son oncle Mike une semaine avant. Mais, trop occupé par ses dossiers, il n’y avait plus pensé et il ne les avait pas vus partir juste après le départ de Joy Clint de l’appartement. Il réveilla sa nouvelle nurse en douceur. Elle bailla et se redressa. A son regard interrogateur, il répondit que les enfants avaient été retrouvés. Un simple malentendu. Ils étaient rentrés chez Mike depuis deux bonnes heures après leur séance de cinéma.

Mike ramena Joy chez lui. Elle alla directement dans sa chambre, épuisée par l’attente. Peut-être aussi que son ancien boulot était fatiguant. Après tout, qui savait combien de papiers elle avait donné depuis le matin? Combien de rues elle avait parcourues?
Puis il se rappela de l’enveloppe qu’il n’avait toujours pas ouverte. Il l’avait posée sur le radiateur de l’entrée. Il s’avança pour la prendre. Il l’ouvrit.

Nurse, moi? (épisode 2: Porte à porte)

Créé par le 10 jan 2015 | Dans : Fictions

Qu’allait-elle bien pouvoir réponde à cet homme qui croyait visiblement qu’elle était gouvernante? Il avait l’air tellement désespéré…Elle aurait voulu pouvoir lui dire qu’elle venait bien pour la place de gouvernante. Mais en réalité, elle n’avait pas sonné à sa porte pour ça. Elle sonnait aux portes des gens pour leur proposer des papiers d’inscriptions pour un concours. Depuis le matin, elle avait écoulé les trois quarts de son stock. Les gens voulaient gagner un voyage en Italie. Mais la plupart ne savaient pas que c’était un tirage au sort. Il y avait des questions sur l’Italie sur le papier. Certains croyaient qu’il fallait seulement répondre correctement aux questions pour gagner. Ils ne savaient pas combien de papiers elle distribuait chaque jour.

Elle décida de lui répondre par l’affirmative, et de lui dire qu’elle cherchait une place de gouvernante. Il avait bien dit qu’il ne fallait pas de qualifications, non? Et puis elle ne mentait pas totalement. Elle cherchait effectivement un travail. Elle n’avait jamais imaginé que ce serait ce genre de boulot, mais bon, autant faire avec. Elle lui avouerai plus tard ce qu’elle était réellement venue faire ici.

- Je viens bien pour la place de gouvernante. Mais je ne viens pas de l’agence.
- Alors comment avez-vous appris que je proposais un emploi?
- Un sixième sens. L’intuition féminine!
- Je ne vous crois pas vraiment. Vous ne pouviez pas le savoir, je viens à peine de téléphoner.
- Bon, d’accord, je suis une représentante. Je donne des papiers d’inscriptions pour un concours.
- On gagne quoi?
- Un voyage en Italie. Mais ce n’est pas si facile que ça. Il ne suffit pas de répondre aux quatre petites questions. Il y a un tirage au sort. Ils s’en fichent des réponses que vous pouvez mettre. Les gens pensent toujours que c’est facile de remporter le prix, mais en vrai…
- Stop! Revenons à nos moutons! Vous ne veniez pas pour la place, à ce que je vois.
- Je suis prête à l’être, si vous voulez. Mais dans le cas contraire, je peux aussi bien repartir, vous n’entendrez plus jamais parler de moi. Vous n’aurez pas plus de gouvernante. Je connais ces agences. En général, ils vous envoient quelqu’un, mais seulement deux à trois semaines après l’appel. C’est comme vous voulez. Vous semblez pressé d’avoir une nurse pour vos enfants.
- Bon, je vous engage. Comment vous appelez-vous?
- Joy. Joy Clint.
- Bon, Miss…Clint. Je vais vous montrer votre chambre. Vous pourrez bien sûr aller chercher des affaires chez vous.

Ils montèrent à l’étage. Joy trouva sa nouvelle chambre très jolie. Elle était simple, mais ensoleillée. La nouvelle gouvernante repartit chez elle pour prendre quelques affaires.

Joy habitait avec son père. Celui-ci était militaire. Il était souvent absent. Elle prit une petite valise dans laquelle elle plia soigneusement des vêtements. Elle habiterait en permanence là-bas, à présent. Elle préviendrait son père en temps voulu. Elle ne savait même pas où il était. Cela faisait bien longtemps qu’il ne lui écrivait plus lorsqu’il partait.

Elle espérait que les enfants qu’elle aurait à garder ne seraient pas trop dissipés. Leur père avait eu l’air vraiment soulagé en la voyant sur le pas de sa porte. C’était bien la première fois qu’une personne lui souriait en la voyant après qu’elle ait sonné. Habituellement, on la regardait avec un air suspicieux. On se méfiait un peu des démarcheurs. D’après ce qu’elle avait vu, l’appartement était sympathique, elle s’y plairait. Son patron…Eh bien il semblait gentil, mais quand elle l’avait vu, il était stressé et même un peu pâle. Elle se demanda pourquoi.

Joy s’aperçut qu’elle ne lui avait même pas demandé dans quoi il travaillait. Mais elle était presque sûre que c’était une sorte d’homme d’affaire. Tout en finissant de remplir sa valise, elle tenta de s’imaginer ce que serait sa vie chez lui. Les enfants…étaient-ils petits ou grands? Elle se voyait donner le biberon à trois bébés en même temps, tout en lisant une histoire à un bambin de quatre ans. Elle se disait aussi que s’il fallait une gouvernante, ce n’étaient pas des petits anges. Ou peut-être y avait-il un problème de communication avec le père? Ils faisaient peut-être des bêtises pour attirer son attention?

Elle revint chez l’homme qui venait de l’engager. Il faudrait aussi qu’elle lui demande son nom. Elle sonna donc une seconde fois à la porte, plus souriante que la première fois. Le même homme lui ouvrit. Il sourit à sa vue.
- Je vais vous présenter les enfants.

Nurse, moi? (épisode 1: Le choix du hasard)

Créé par le 10 jan 2015 | Dans : Fictions

Mike était très occupé. Il avait une pile immense de dossiers à terminer sur son bureau. Après la disparition mystérieuse des parents de son neveu et de sa nièce, il avait reprit les affaires de son beau-frère. Depuis moins d’un an, sa sœur et son mari Philip s’étaient évanouis dans la nature. Il avait donc accueilli les enfants chez lui. Mais il se demandait à présent si c’était vraiment une bonne idée. C’était un homme calme mais pouvant s’énerver facilement. Il considérait les enfants de sa sœur comme les siens. Il ne leur montrait pas souvent son affection pour eux, c’était vrai. Mais avec tout le boulot qu’il avait à présent, il n’avait pas vraiment le temps de s’en occuper.

Il songeait souvent à prendre une gouvernante, ou une nurse, mais n’ayant pas une minute à lui de toute la journée, il n’avait pas encore appelé une agence d’emploi. De plus, il passait ses soirées à jouer au poker. Il adorait ce jeu. On pouvait bluffer, ou au contraire jouer cartes sur table. Mais il devait faire attention, car il lui arrivait souvent de perdre. Il se disait à chaque fois que la prochaine fois serait la bonne, mais ce n’était jamais le cas. Il se leva. Le facteur devait-être passé, à cette heure-ci.
Une fois arrivé dans le hall où se trouvaient les boites aux lettres, il ouvrit la sienne. Un magazine, deux factures, et une enveloppe blanche. Que pouvait-elle contenir? Il n’en savait rien. Il remonta vers son appartement tout en ouvrant la lettre.

Mais il ne put y jeter un coup d’œil, car il entendit un bruit venant de son studio. Il remonta les marches en courant, inquiet.
Il trouva Mary, dix ans se disputant avec son frère Hernie, de deux ans son aîné. Apparemment, celui-ci avait coupé les cheveux à une de ses poupées. Et, comme elle expliqua à Mike, il était évident que les cheveux des poupons ne repoussent pas. D’un ton détaché, elle déclara que de toute façon, elle ne jouait plus aux poupées depuis longtemps, ce à quoi son frère rétorqua qu’il l’avait vue le faire peu de temps avant. Mike réagit vite, envoyant Mary dans sa chambre. Il demanda à Hernie pourquoi il avait fait ça. Le jeune garçon lui répondit que sa soeur avait reversé son jus d’orange sur un devoir qu’il devait rendre le lendemain. Comme il avait passé des heures à l’écrire, il s’était énervé quand Mary avait réduit son travail en miettes en quelques secondes.

Mike soupira. Décidément, avoir une gouvernante aurait été idéal. Il alla dans son bureau pour téléphoner à une agence pour l’emploi. Il n’hésiterait plus, cette fois-ci. Il exposa clairement son problème, et pourquoi il avait besoin d’une nurse. Sa correspondante lui annonça qu’on lui enverrai quelqu’un quand une des employées serait libre. Il raccrocha. Aussitôt après, le téléphone sonna. Il décrocha en soupirant. Durant la conversation,il pâlit. Il ne disait pratiquement rien. Il bredouilla un « au revoir » avant de poser le téléphone sur son socle. Blanc comme un linge, il s’assit à son bureau, la tête entre les mains. Il espérait que la nurse ne tarderait plus.

Comme pour répondre à ce qu’il venait de penser, on sonna à la porte. Il alla ouvrir. Sur le seuil se tenait une jeune femme d’une vingtaine d’années. Elle lui sourit. Avant qu’elle ait pu parler, Mike lui dit:
- Je suppose que c’est l’agence qui vous envoie? Elle a fait vite, dites-moi!
La femme prit un petit air surpris:
- L’agence?
- Oui, pour la place de gouvernante!
- Ah, mais je…
- Si vous n’avez pas de références, ce n’est pas grave. Il vous faudra partir avec nous si on décide de voyager, et vous viendrez habiter ici.
- Eh bien oui, je suis ici pour la place de gouvernante, mais je ne viens pas de l’agence.
- Ah bon? Comment l’avez-vous appris, alors?
-….

Croire en ses rêves (lettre 20)

Créé par le 18 déc 2014 | Dans : Fictions

ADIEU PAPA

Susie

(prochaine fiction bientôt, le temps que je trouve un sujet)

Croire en ses rêves (lettre 19)

Créé par le 18 déc 2014 | Dans : Fictions

5 juillet

Cher papa.

J’ai enfin compris pourquoi tu ne m’as jamais répondu. Pourquoi je ne pouvais t’imaginer nul part. Eclipse l’avait deviné avant moi. Tu es mort. Maman ne m’avait pas dit la vérité. Je vais t’écrire une dernière fois. Je vais mettre la lettre dans mon tiroir, comme pour toutes les autres.
Susie

Croire en ses rêves (lettre 18)

Créé par le 17 déc 2014 | Dans : Fictions

28 juin

Cher papa

Les vacances sont dans moins d’une semaine. Eclipse te souhaite le bonjour! Pourquoi ne réponds-tu pas? Cela fait des mois que je t’écris, je n’ai jamais reçu de réponse. Rien. Papa…Tu me manques, tu sais. Je ne me rappelle pas vraiment de toi. Mes souvenirs remontent à si longtemps que je ne me rappelle pas de ton visage. Tu n’est plus qu’une silhouette, une ombre, pour moi. C’est triste à dire, quand même….Je ne me rappelle pas de mon père. Réponds! Réponds au moins une fois, je t’en prie! Envoie-moi une réponse!
Susie

Croire en ses rêves (lettre 17)

Créé par le 17 déc 2014 | Dans : Fictions

17 juin

Cher papa

Les vacances approchent à grands pas. A l’école, on travaille moins. Eclipse a senti ce relâchement. Il semble heureux de nous avoir retrouvées. Il s’est calmé. Les bêtises, c’est fini. Mais il adore jouer. Il n’a que quelques mois.
Susie

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