Nurse, moi? (épisode 32: Guet-apens dans un coin sombre)

Créé par le 04 avr 2015 | Dans : Fictions

Joy se rendit compte qu’Hernie avait disparu. Elle ne l’avait pas revu depuis qu’il avait tenté de la jeter à la mer. Il avait beaucoup de mal à se contrôler. Et puis il y avait eu ce mariage…Un mariage musical. Elle et Gary avaient dû s’adapter vite. Mike avait rencontré une femme dans le public. Une certaine Linda. Elle semblait très gentille, d’ailleurs. Mais son patron avait regardé Gary avec un drôle d’air.

Où Hernie avait-il pu passer? Mike ne semblait pas vraiment s’en préoccuper, car il bavardait avec Linda. Joy décida de partir voir où se cachait le garçon. Il ne pouvait pas être bien loin. Il avait des amis. Peut-être traînaient-ils dans un coin du bateau, à regarder les vagues s’écraser contre la coque? Hernie lui avait toujours semblé un peu dépressif, ou quelque chose comme ça. Mais ses potes avaient l’air carrément suicidaires, à côté. Ils passaient leur temps à parcourir le bateau de long en large à la recherche d’une activité.

Joy s’engagea dans un couloir plutôt obscur. Elle entendait le bruit de ses pas sur le sol métallique ainsi que son cœur qui battait la chamade. Tout à coup, quelqu’un lui sauta dessus. Plusieurs personnes en même temps, à vrai dire. L’un de ses agresseurs s’était agrippé à son dos. Les trois autres lui avaient foncé dans les jambes, la faisant tomber à la renverse. Elle ne perdit pas une seconde, se débarrassant du gêneur sur son dos, puis éjectant les autres contre le mur, en se servant de ses jambes.

Elle trouva l’interrupteur du couloir, et les lampes éclairèrent la scène. Quatre jeunes affalés contre le mur. Joy reconnue Hernie parmi eux.
- Vous savez, vous avez mieux que ça à faire que d’attaquer les gens au hasard. Vous avez de la chance d’être tombés sur moi. Et si vous vous investissiez dans le spectacle des passagers, plutôt?
Ils acquiescèrent. L’un d’eux enchaîna:
- Ouais, on pourrait écrire un rap! Les gars, elle a raison. Merci. On va participer.

Hernie détourna le regard. Il devait avoir un peu honte. Joy repartit dans le couloir, les laissant là.

Nurse, moi? (épisode 31: La pièce-montée)

Créé par le 04 avr 2015 | Dans : Fictions

Le capitaine fit une annonce au micro. Un mariage venait de se décider. Tous les passagers étaient invités s’ils le désiraient. Il leur fallait juste se rendre dans la pièce aux costumes, des robes et des habits de mariage seraient prêtés. A ces mots, il y eut un mouvement d’ensemble vers la fameuse salle. Joy et Mike s’y rendirent aussi. Il choisit un complet-veston noir tandis que la jeune femme prenait une robe rouge légèrement brillante. Ils partirent se changer dans les cabines prévues à cet effet.

C’était à croire que le bateau entier voulait aller à la réception. Il y avait un monde incroyable. La foule était compacte et il fallait jouer des coudes pour parvenir à passer. Les costumiers présents eurent bien du travail pour éviter de se faire déborder. Joy ressortit de la cabine. Mike l’attendait. Il était sublime dans son ensemble foncé. On eut dit qu’il avait été taillé sur mesure pour lui. Quel changement radical! Joy se dit que ce devait être « l’effet smoking ». Il semblait bien plus à son avantage habillé comme ça. Mais c’était juste l’habit qui lui donnait cet air.

De son côté, Mike trouva Joy très belle. Ils sortirent de la salle avant que la foule ne se remette en mouvement. Des chaises avaient été dressées sur un des ponts pour l’occasion. Une quantité impressionnante de gens commença à affluer. Les chaises furent vite prises. Mike en trouva une de libre et la proposa à la gouvernante. Mais celle-ci la refusa poliment, s’éloignant soudainement. Qu’avait-il dit ou fait? Lui en voulait-elle encore pour son alcoolisme de la veille?

En réalité, la plupart des vacanciers dormaient encore, car il n’était pas dix heures du matin. Ce mariage de dernière minute mettait de l’ambiance. Les gens étaient tout excités. Joy avait disparu. Tout à coup, une musique retentit. Dans l’allée où devait s’avancer la mariée, on vit soudain arriver des danseurs. C’étaient des personnes du cours de danse, Mike les reconnut. C’était donc une cérémonie en musique. Les passagers souriaient, se faisaient des clins d’œil ou encore battaient la mesure. C’était un air à trois temps.

Puis, Mike vit Joy arriver avec le prof de danse. Ils dansaient le tango. Tout le monde se mit à applaudir. Joy souriait, dans son élément. Ils avançaient vers l’estrade. Ils montèrent dessus en continuant à danser.
La jeune femme s’était fait un chignon dont une mèche dépassait. Cette dernière lui recouvrait parfois un œil. Puis la musique se tut, les mariés arrivaient. D’abord le marié, puis sa future épouse. Les danseurs s’étaient immobilisés. Une nouvelle musique jaillit du haut-parleur.

Ce n’était plus du tango mais une musique endiablée. Joy s’anima dès premières notes, effectuant un duo avec son partenaire. Les autres danseurs les rejoignirent. Mike remarqua que la femme assise à côté de lui regardait avec attention. Elle souriait. C’était une grande blonde au regard brun. Pendant ce temps, Joy et son prof de danse continuaient à se donner à fond sur l’estrade. Les mariés s’étaient joints à eux. Mais la mariée n’était pas aussi douée que Joy en danse.

Quand la musique s’arrêta, Joy était dans les bras du prof blond, appuyée contre sa hanche. Elle rayonnait. La cérémonie débuta.

Lorsque le buffet fut ouvert, Mike tenta d’engager une conversation avec la femme blonde.
- Bonjour, je m’appelle Mike. Et vous?
- Linda. Vous êtes l’homme que j’avais à côté de moi tout à l’heure, non?
- Oui. Je n’avais jamais assisté à un mariage comme celui-ci. Et vous?
- Moi non plus. Savez vous dire autre chose que « et vous »?
- Bien sûr! Voulez-vous un jus quelconque?
- Je ne veux pas un « jus quelconque », je veux celui à la cerise. Un mariage le matin…C’est particulier.
- Tenez. Je sens que tous les deux, on va bien s’entendre. Qu’avez-vous pensé de la danse?
- J’ai adoré. Surtout la jeune femme en robe rouge, avec le blond. Elle danse vraiment très bien.
- Je la connais, c’est la gouvernante de mes enfants.
- Oh, j’aimerais bien la féliciter. Elle a l’air très sympa.

Ils regardèrent tous deux vers l’estrade. Joy y était toujours avec le prof de danse. Ce dernier la tenait par la taille. Elle tenait un verre de champagne et la mariée plaisantait avec elle. On aurait dit un couple parfait. Les gens avaient commencé à se disperser. Linda insista pour qu’ils aillent féliciter Joy. Mike et elle s’approchèrent donc de la scène.

Joy les aperçut la première. Elle dit quelque chose à son compagnon qui se tourna vers eux. Il avait des traits sympathiques. Son regard était vert, ce qui était quelque peu intimidant. Linda prit la parole.
- Bonjour, moi c’est Linda. Je viens de rencontrer votre patron dans la foule. Il était assis à côté de moi tout à l’heure. Comment vous appelez-vous?
- Joy. Et voici Gary. Il est prof de danse.
- J’ai été très impressionnée par le spectacle de tout à l’heure! je tenais à vous féliciter.
- C’est gentil! Merci!
Gary n’avait pas dit un mot depuis le début de la conversation. Il avait toujours son bras autour de la taille de Joy. Elle releva la tête vers lui. Il la regarda une seconde, ce qui parut durer une éternité du point de vue de Mike. La jeune femme reprit:
- Bon, je vous remercie pour tous ces louanges. Nous devons y aller.
- Attendez! Pouvez-vous nous montrer encore un peu de danse? Une petite démo?
Joy lança un regard interrogateur à Gary. Celui-ci hocha la tête. Ils remontèrent sur la scène et Linda s’approcha avec Mike. Joy cria alors à la dame qui tenait la sono:

- Fanny! Vas-y! Lance!
La musique jaillit des hauts-parleurs. Il s’agissait de musique électronique, cette fois-ci. Joy se plaça à un bon mètre de son partenaire. Elle se mit à danser toute seule. Gary la regardait faire. Elle tripota une mèche de ses cheveux tout en se mouvant sur la piste. Le danseur pro s’anima enfin. Il s’avança en bougeant en rythme. Cela semblait tout naturel, pour lui. Il fit même le mouvement du moonwalk en se plaçant à la gauche de Joy. Puis il la fit tourner et ils évoluèrent côte à côte. A la fin, la jeune femme se retrouva perchée sur l’épaule de son compagnon.

Linda applaudit avec verve. Joy descendit de l’épaule de Gary d’un bond. Elle fit la bise à Linda avant de s’éloigner au bras du danseur.

Nurse, moi? (épisode 30: La zizanie est semée)

Créé par le 25 mar 2015 | Dans : Fictions

Joy se réveilla. Elle avait plutôt mal dormi. Et elle s’aperçut qu’elle avait garé sa robe à volants! La gouvernante se changea avant que Mike se réveille. Il dormait dans le lit à côté. Elle se souvint de ce qu’il s’était produit la veille. Il avait dû trop boire, car elle ne l’avait jamais vu comme ça. Il avait été effrayant. Incontrôlable, même.

Elle s’assit sur son lit et tenta de lire une page ou deux de son livre. Mais Mike se réveilla. Ils dût aussi se souvenir de ce qui s’était passé la veille au soir, car il la regarda brièvement, l’air inquiet et gêné en même temps.
- Miss Clint…
- Il n’y a rien à dire.
- Je vous en prie…
- Je veux bien croire que vous étiez énervé, mais vous êtes allé trop loin cette fois-ci.
- Je suis désolé. Je ne savais pas ce que je faisais. J’avais un peu bu, et….
- C’est justement ce qui me fait peur. Si vous devenez comme ça chaque fois que vous buvez…Ça ne me plaît pas.
- Je vous assure que ça n’arrivera plus. Vous n’avez rien? Je vous ai blessée?
- Oui, mais cette blessure-là, on ne la voit peut-être pas, mais elle est toujours là. Ici.
Elle montra sa poitrine, à l’endroit du cœur.
- Ne vous avisez pas de m’approcher, et encore moins de me parler.
Elle sortit de la cabine. Les rôles s’étaient inversés. Ce n’était plus lui qui lui en voulait.

Joy alla voir les enfants. Lorsqu’elle ouvrit la porte, un oreiller lui atterrit dans la figure.
- Merci de l’accueil!

Hernie et Mary étaient visiblement en train de se disputer. Ils se fixaient chacun depuis un côté de la pièce.
- Que se passe-t-il?
- Je trouve qu’il voit trop ses amis. Il ne reste jamais avec moi!
- C’est faux! Je pense au contraire que je suis trop avec toi!
- Bon. Mary, ton frère a besoin de liberté. Il a ses amis, et il veut rester avec eux. Par ailleurs, Hernie, il faudrait que tu t’arranges pour aller de temps à autre avec ta sœur pour qu’elle ne se sente pas délaissée.

Mary prit la main de la gouvernante et elles sortirent dans le couloir.
- C’est gentil d’essayer de résoudre le problème. Mais quand on est pas d’accord, on se dispute tout le temps. On ne peut rien y changer. Au fait, ça va mieux avec Mike?
- Pas vraiment…Bon, on ferait mieux d’y aller.

Elle déposa Mary à la salle de jeu. Puis elle alla regarder la mer. C’était apaisant après toutes ces tensions. Tout à coup, le commandant de bord prit la parole. Il proposa que les passagers fassent un spectacle. Ils le monteraient tout seuls. Le bateau s’anima soudain.

Quelques heures plus tard, Mary était revenue de la salle de jeux. Joy la vit avec Hernie. Mike apparut derrière Joy. Il les vit aussi.

Les enfants semblaient se disputer, une fois de plus. Mais cette fois-ci, Hernie avait l’air très énervé. On aurait dit qu’il ne pouvait plus se contrôler. Comme son oncle la veille, pensa amèrement Joy.

Personne n’eut le temps de réagir. Hernie frappa sa sœur. Mary cria. Elle se tenait la joue. Joy accourut. Mike la suivit. Hernie semblait sur le point de recommencer. Joy se jeta sur lui et lui emprisonna les bras. Elle lui avait plaqué un bras sous le menton, de manière à l’empêcher de récidiver. Mike tenta de rassurer Mary.

Soudain, Hernie donna un coup de coude dans le ventre de Joy. Elle lâcha prise. La jeune femme recula, craignant sans doute un nouveau coup. Il tenta de la frapper aussi. Elle se baissa. Mais il la poussa par dessus bord. Elle bascula par dessus le parapet. Mike et Mary se précipitèrent. Hernie était parti en courant.

Joy avait pu s’accrocher à une corde sans nœud qui traînait là. Elle remonta sur le pont à l’aide de ses bras. Mary se précipita dans ses bras.
- Joy! J’ai eu trop peur!
Puis elle partit. Mike s’avança.
- Ça va? Je suis désolé, je ne savais pas que mon neveu était aussi violent…
- Il est tout comme vous.
- Miss Clint, il faut me croire, je suis sincèrement désolé pour ce que ma famille vous a fait. Ce que moi je vous ai fait. J’ai eu si peur quand vous êtes tombée! Et…Votre ventre…Il vous a…
Elle le regarda sans dire un mot.
- Mon ventre va très bien. Merci de vous inquiéter. Il faut qu’Hernie canalise cette violence, sans quoi il va devenir un danger public. Tenez-le à l’œil, moi je ne peux plus, sinon je peux réserver tout de suite une place à l’infirmerie.
- Ne vous en faites pas, il va se calmer. Je le connais.
- Dites, Monsieur, ces hommes, ils vous ont parlé. Je le sais. Vous n’avez pas été endormi.
- Si je vous dis oui, vous allez me laisser tranquille?
- Donc, c’est le cas. J’imagine que vous avez discuté de votre sujet préféré. Ce que vous leur devez.
- Vous êtes tombée pile.
- Ce n’est vraiment pas difficile à deviner, vous n’avez jamais parlé d’autre chose. Je suppose que vous leur devez de l’argent?
- Oui. Pas mal d’argent. C’est tout ce que je vais vous dire.
- C’est pour ça que vous vouliez partir si vite? Ces hommes sont des hommes de main?
- Oui, et ce sont bien des hommes de main.
- Vous savez, je peux essayer de vous protéger, si vous voulez.
- Miss Clint…Je ne crois pas que ce soit nécessaire. Et puis je ne voudrais pas que vous vous mettiez en danger pour moi! S’il vous arrivait quelque chose, je m’en voudrais tout le reste de ma vie.
- Vous ne croyez pas que vous exagérez? Je ne suis qu’une gouvernante. C’est plutôt s’il était arrivé quelque chose à l’un des enfants que…
- Non, Miss Clint. Je vous considère plus comme une amie que comme une employée. Je m’inquiète pour vous autant que pour les enfants. Vous disparaissez toujours et on ne sait jamais pourquoi.
- En bien…Merci Monsieur pour la confiance que vous me témoignez. Merci.

Elle sourit et s’éloigna. Caché derrière un parasol, un homme les observait. Il sortit un talkie-walkie.
- Je les ai à l’œil….Oui, on aura bientôt l’argent….Oui, je sais que faire s’il ne nous le donne pas….

Nurse, moi? (épisode 29: Le commandant de bord)

Créé par le 23 mar 2015 | Dans : Fictions

En réalité, Joy n’avait pas prévu de dormir tout de suite. Le capitaine du bateau l’avait invitée à dîner avec quelques autres passagers. Elle n’allait pas manger grand chose, elle avait déjà mangé. Elle venait seulement par politesse. Elle sortit de la cabine.

Elle rentra plutôt tard. Le dîner avait été long et ennuyeux.

Mike, de son côté, avait commencé à s’inquiéter, voyant qu’elle ne rentrait pas. Il était revenu, et elle n’était plus là. Il partit à sa recherche.

Joy rentra à la cabine. Mike n’y était pas. Elle s’écroula sur le lit, portant toujours sa robe à volants. Elle s’endormit aussitôt.

Peu après, Mike rentra. Il la vit sur son lit. Il venait de la chercher pendant une bonne heure, et il était fatigué, ce qui augmenta sa colère contre elle. Il l’attrapa par les bretelles de la robe qui eurent le bon goût de tenir bon. Elle se réveilla en sursaut. Mike put y lire de la peur. Il avait peut-être un peu trop bu au bar?
- Arrêtez de disparaître comme ça! J’ai cru que ces hommes vous avaient enlevés, moi!
- J’ai juste mangé chez le capitaine. Ne me surveillez plus. Je ne suis pas un enfant. Je veux qu’on me laisse tranquille!
Elle avait débité tout ça à un rythme accéléré et tentait maintenant de reprendre son souffle.
- Lâchez-moi! Lâchez-moi! Vous me faites mal!
Elle était terrorisée, à présent. Il la relâcha. Elle retomba sur le lit sans chercher à retenir sa chute. Il s’éloigna. Elle restait comme ça, tentant de se calmer. Puis elle s’endormit.

Nurse, moi? (épisode 28: Tango !)

Créé par le 23 mar 2015 | Dans : Fictions

Joy se réveilla. Elle était dans sa cabine. Mary et Mike étaient penchés vers elle, l’air inquiet.
- Que s’est-il passé exactement? Je me souviens m’être débattue…Puis plus rien. Et après je me suis réveillée et on était en train de quitter cette horrible prison.

La jeune femme frissonna. Mary s’assit à côté d’elle et l’entoura de ses bras.
- Vous les connaissez, ces hommes, monsieur?
- Non, mais il nous voulaient du mal, c’est certain.
- Vous êtes sûr qu’il ne s’est rien passé, la nuit dernière?
- Il ne s’est rien passé. Je dormais, comme vous.
- Je suis sûre du contraire.

Mary prit soudain la parole, offrant à Mike un léger répit dans les questions. Celui-ci sembla se remettre à respirer normalement.
- Au fait, Joy, le cours de danse sera donné sur le pont. Tu y sera?
- Écoute, Mary, je crois que Miss Clint est fatiguée. Elle préférait sûrement se reposer.

Mike venait de parler. Mais Joy répondit:
- Si, bien sûr que je vais y aller! Je me sens déjà mieux!
Mary quitta la pièce en sautillant de bonheur.

- Vous vous sentez mieux? Vous faites ce que vous voulez.
- Mais dis donc, Monsieur, pourquoi vous vous sentez très bien et pas moi? Vous avez bien été endormi, vous aussi?
- Je ne sais pas, moi. Peut-être que je résiste mieux au soporifique que vous!
- Personne ne peux y résister. Pourquoi vous, mon patron, vous auriez pu…
- Je n’en sais rien.

La gouvernante se leva, marcha jusqu’à lui d’un air déterminé et lança:
- Un jour, je saurai. Vous verrez.

Elle sortit de la pièce, légèrement énervée. Elle monta sur le pont. Les élèves du cours de danse étaient déjà là. Le prof arriva peut après. Ce jour-là, ils devaient faire une chorégraphie avec un couple qui dansait le tango. Le professeur choisit Joy pour danser avec lui, puisqu’il avait remarqué un certain talent chez elle.

Il mit la musique et tout le monde se plaça. Joy se mit à côté du prof. Et les danseurs se mirent en mouvement. La jeune femme adorait danser. Surtout avec un partenaire aussi doué.

Mike était venu assister au cours sans prévenir Mary et Joy. Il vit cette dernière danser avec un grand blond très beau. Il devina sans peine de qui il s’agissait. Les deux formaient un couple parfait. Ils dansaient aussi très bien. La chorégraphie était superbe. Il fixa son attention sur Joy.

Elle se déhanchait avec grâce. On voyait qu’elle était dans son élément. Mary se débrouillait bien aussi. Mais Joy dansait avec ce bellâtre, et ça l’agaçait. Ou plutôt, ce qui l’énervait, c’était que Joy soit venue au cours pour être avec cet homme. Il pensait la connaitre, mais en fait, il ne savait rien d’elle. Rien du tout. Il partit, dégoûté par toutes ces femmes qui étaient justes venues pour voir le prof.

Lorsque Joy rentra à la cabine un peu plus tard, elle trouva son patron assis sur son lit. Il lisait un livre et semblait bien décidé à l’ignorer. Elle lui jeta un coup d’œil.
- Il y a un problème, monsieur? Vous avez l’air…distant.
Il répondit violemment, sans lever le nez de son livre:
- Non, il n’y en a pas, Miss Clint. Il n’y a aucun problème. Vous pouvez amener les enfants manger sans moi, ce soir.

Elle fronça les sourcils. Il était en train de lui demander de quitter la pièce, en fait. Il leva le nez de son livre, sans doute pour voir si elle avait quitté la pièce. Joy lui lança un regard noir. Puis elle partit en claquant la porte.

Mike la regarda partir. Il ne savait pas vraiment pourquoi il était énervé. Mais en tout cas, maintenant, la jeune femme l’était aussi contre lui. Elle lui avait fait partager son mécontentement. Cette fois-ci, il l’avait vraiment fâchée. Il irait dîner plus tard.

De son côté, Joy emmena les enfants à la salle à manger. Ils eurent l’air surpris que leur oncle ne vienne pas avec eux. Mais ils ne firent aucun commentaire. Ils s’assirent à leur table habituelle. Sans Mike, c’était bizarre. Les enfants restèrent silencieux jusqu’à ce qu’on leur porte l’entrée. Puis Mary lança:
- Pourquoi Mike n’est pas avec nous ce soir?
- Il n’avait pas encore faim. Et je crois qu’il voulait se reposer.
- Je ne pense pas. Il est fâché contre toi, non? J’ai remarqué qu’il était redevenu plus grincheux. Quand il s’éloigne de toi, ça fait ça. Il devient très agréable quand il n’est pas énervé contre toi.
- Ah bon? Eh bien tu as raison. Il m’en veut.
- Et pourquoi?
- Je ne sais pas du tout. Il m’a juste demandé froidement de vous amener ici sans lui.
- Moi je crois qu’il est un peu jaloux. Il a dû te voir danser avec le prof de danse.
- Ce doit être ça. Il devient nerveux à chaque fois qu’on parle du cours. C’est passager. Mangeons, à présent.

Après le repas, Joy partit jouer au tennis. Elle jouait seule contre le mur. Peu à peu, la salle se vida. Elle s’arrêta d’envoyer rageusement la balle une bonne heure plus tard, essoufflée.

Elle rentra à la cabine. Lorsqu’elle entra, Mike surgit en face d’elle, visiblement très énervé.
- Ça va pas de disparaître comme ça? J’ai failli appeler un steward pour qu’il aille vous chercher, moi!
- Je suis majeure, que je sache! Vous n’avez pas à surveiller mes allées et venues! Je suis persuadée que vous n’avez pas été endormi et que vous me cachez quelque chose!
- ARRÊTEZ VOUS AUSSI DE ME POSER TOUTES CES QUESTIONS! MÊLEZ VOUS DE VOS AFFAIRES!

Mike vit les yeux gris de Joy s’écarquiller. Elle recula légèrement. Mais elle reprit bien vite un air confiant. Elle secoua sa queue de cheval en faisant volteface. Puis elle se changea, ayant défié Mike du regard. Elle se coucha sur son lit sans rien dire de plus.

Mike s’était assis sur le lit. Il regarda Joy dormir. Elle était si paisible! Elle ressemblait à un ange. Et le plus important, elle n’était plus en colère contre lui quand elle dormait. Mais il était toujours en colère contre elle. Il sortit. Une fois dans le couloir, il se rendit compte que Joy n’avait pas mis de pyjama. Elle avait simplement mis une autre tenue de jour.

Nurse, moi? (épisode 27: Le témoignage)

Créé par le 20 mar 2015 | Dans : Fictions

Joy sentit quelque chose d’humide sur son visage. Une voix masculine, aussi, une voix qu’elle connaissait.
- Miss Clint! Revenez parmi nous!
Elle ouvrit ses yeux. Elle était toujours dans cette cellule, sur le lit. L’unique lit de la pièce. Et Mike était au dessus d’elle. Il tenait un mouchoir. Un mouchoir? Elle avait un souvenir qui remontait à la surface…Avec un mouchoir, justement. Mais que s’était-il passé? Joy se souvenait qu’un homme l’avait endormie avec un mouchoir. Qui était-il?
- Miss Clint! Répondez-moi! Vous allez bien?
- Je crois que oui. Que s’est-il passé?
- Deux hommes sont entrés et nous ont chloroformés tous les deux.
- Tous les deux? Vous êtes sûr qu’il ne s’est rien passé de plus? Vous ne vous êtes pas parlé? C’étaient encore ces hommes, hein? Ils vous ont fait du mal?
- Non, mais vous, vous en avez blessé un. Il s’est cassé le nez. Contre un mur.

Joy n’avait pas de souvenirs concernant ça, mais la mémoire lui revenait. Il lui semblait bizarre que ces gars n’aient pas parlé à son patron. Mais elle n’insista pas. Elle était encore fatiguée. D’ailleurs, Mike aussi aurait dû être fatigué. Mais il semblait en pleine forme.

La jeune femme se redressa sur son lit. Mike l’aida à s’assoir. Peut après, un homme en uniforme entra dans la cellule. Il leur annonça qu’ils étaient libres car on avait identifié le vrai coupable grâce à un témoin. Ce dernier avait vu le steward qui les avait enfermés trainer près des cabines.

Ils furent libérés. Joy se leva. Mais elle était encore trop faible. Elle vacilla et tomba en arrière. Mike la rattrapa et la prit dans ses bras. Tout tournait autour d’elle. Elle ferma les yeux. Mike la porta jusqu’à leur cabine. Là, il la déposa sur son lit. Elle s’était endormie. Il sortit sans faire de bruit. Les enfants étaient dans leur cabine. Mike leur expliqua ce qui leur était arrivé. Mary demanda à voir Joy.

Ils entrèrent dans la chambre. La gouvernante dormait. La fillette avança jusqu’à elle, veillant bien à ne pas la réveiller.
- Tu dis qu’elle a été endormie? Elle va se réveiller?
- Bien sûr! Regarde, elle respire.

Il posa sa main sur le ventre de Joy. Effectivement, on voyait qu’elle respirait. Mary s’assit sur le lit de la jeune femme. Elle la regarda avec admiration.
- Tu sais quoi, Mike? J’aimerais bien être comme elle, plus tard!

Nurse, moi? (épisode 26: Après le jour vient la nuit)

Créé par le 19 mar 2015 | Dans : Fictions

Mike se précipita vers elle. Joy resta couchée sur le ventre mais tourna la tête vers lui. Mike y lut une grande détresse.
- Je ne suis pas une voleuse, vous m’entendez, jamais je n’aurais fait ça! Jamais! Je trouve ça injuste qu’on me considère comme telle!
- Je sais que vous n’êtes pas une voleuse. J’ai confiance en vous. Je n’ai pas non plus volé ces bijoux. Je vous l’assure. On va s’en sortir.
- Non, on va passer la nuit ici, et peut-être demain….Comment ces bijoux sont-ils arrivés là? Si ce n’est ni moi ni vous…Et ces hommes? Je veux dire ceux qui vous menacent. Ce pourrait être une nouvelle action contre vous afin de vous forcer la main. Oui, ce sont eux. J’en suis sûre.

Elle s’assit sur le lit et contempla ses poignets. L’homme avait vraiment dû serrer fort, car ils étaient rouges et profondément marqués.
- Vous allez bien? Vos poignets….
- En ont vu d’autres, croyez-moi. Vous inquiétez pas pour ça. Mais il va falloir s’organiser pour la nuit. Qui prend le lit?
- Vous. Je supporterai bien de dormir par terre.
- Non. On va l’avoir chacun son tour.
- Alors vous en premier.
- D’accord. Mais vous me réveillez vers une heure du matin. Ou même minuit. On échangera. La question du lit est réglée. Vous ne voulez toujours pas me dire ce que ces gars vous veulent?
Mike secoua la tête. Il s’assit en face du lit où était assise Joy.
- Écoutez, je ne crois pas que ce soit une bonne idée de vous raconter. Le sujet est clos.
- D’accord. Au fait, vous n’aviez pas l’air content qu’on soit allées au cours de danse….Vous semblez détester le prof bien que vous ne l’ayez jamais rencontré.
- Le médecin m’en a parlé. C’est tout.
- Mouais. Bon, bonne nuit.

Joy se coucha sur le lit et Mike s’étendit par terre juste à côté. Le silence se fit. La nuit était tombée au dehors. Les cris des vacanciers s’étaient éteints.
Au bout de quelques minutes, Joy reprit la parole.
- On va dire quoi aux enfants?
- Ne vous en faites pas. On va s’en sortir. J’en suis sûr. Ils comprendront.
- Je n’en suis pas aussi sûre que vous. L’homme de tout à l’heure avait l’air convaincu de notre culpabilité. Et quand il a parlé de son argent…Attendez…il a été payé pour nous arrêter. Si ça se trouve, c’est lui qui les a mis là quand il fouillait la pièce. J’étais tellement sous le choc que je ne m’en suis peut-être pas aperçu! Notre arrestation a forcément un lien avec ces hommes qui œuvrent dans l’ombre depuis le début. Ce sont eux! Et ils ont payé cet homme pour nous enfermer ici de manière à obtenir ce qu’ils veulent! Quelle détermination! C’est incroyable!

La nuit était noire. Un silence presque complet régnait sur le bateau. Bien sûr, le bruit des machines était encore audible, mais sur un bateau, il ne fallait pas espérer que le ronronnement s’arrêterait à la nuit tombée.

Joy s’endormit peu après. Mike resta assis par terre, pensif. Tout à coup, la porte de leur prison s’ouvrit. Un homme entra. Il avait quelque chose à la main. Un deuxième homme entra. Il referma la porte derrière lui. L’autre hommes rua sur le lit où dormait Joy. Il lui plaqua un mouchoir sur le visage. La gouvernante se réveilla à ce contact. Elle se débattit. Mike était comme abruti et un des gars le maintenait prisonnier. L’homme continua à lui coller le linge sous le nez. La jeune femme s’agitait en tous sens.

Elle réussit même à repousser son agresseur. Mais il revint à la charge et elle dût céder. Joy retomba sur le lit, inerte. Les deux hommes se tournèrent alors vers Mike.
- Que lui avez-vous fait?
- Rien de bien grave. Elle est endormie. Nous voulions discuter avec toi…De notre dû…

Nurse, moi? (épisode 25: Quand ça ne se passe pas bien…)

Créé par le 18 mar 2015 | Dans : Fictions

Plus tard dans l’après midi, Mike amena les enfants essayer un club pour les jeunes. Joy partit se promener sur le pont. Le vent fouettait son visage avec force. Elle recevait parfois un peu d’eau de mer sur le visage. La bourrasque apportait quelques gouttes de temps à autres.

Tout à coup, un cri perçant retentit sur le bateau, se répercutant plusieurs reprises. Joy sursauta. Puis elle vit une foule se former sur le pont du dessus. Une femme avait crié et tout le monde se pressait autour d’elle pour savoir ce qu’il se passait. Elle n’arrêtait pas de crier. On aurait dit qu’elle faisait une crise de nerfs.

Joy arriva au niveau de la foule. La gouvernante demanda à un homme qui sortait de la foule ce qui était arrivé. Il lui expliqua que les bijoux de la dame avaient été volés. Elle ne semblait pas vouloir arrêter de hurler. Joy réfléchit en vitesse. Qui pouvait bien vouloir voler des bijoux? Un voleur, bien sûr. Elle pensa presque aussitôt à ces hommes qui semblaient poursuivre Mike depuis le début.

Mais elle chassa bien vite cette idée, car elle ne voyait pas pourquoi ils auraient fait ça. Qui avait bien pu voler les bijoux de la furie gesticulante? Surtout que sur un bateau, le voleur ne pouvait pas aller bien loin. On allait les retrouver, c’était sûr. Ils allaient fouiller les cabines une par une, sans doute. Et aussi faire une légère enquête.

Effectivement, le commissaire de bord arriva avec des stewards. Ces derniers entreprirent d’interroger la malheureuse femme ainsi que la foule silencieuse autour d’elle. Ils parlèrent aussi à Joy. Elle ne put pas leur fournir beaucoup d’éléments. Elle leur raconta qu’elle avait entendu la femme crier et qu’elle était venue, comme les autres personnes, apparemment.

Les stewards déclarèrent qu’ils allaient devoir fouiller leur cabines, toutes les cabines. Ils étaient désolés de soupçonner d’honnêtes gens, mais ils tenaient à retrouver le coupable. Chaque steward partit inspecter une cabine. L’un d’entre eux partit avec Joy à sa cabine. Mike n’était pas revenu. Il se mit à inspecter soigneusement la pièce. C’était un homme musclé et un peu nerveux.

Soudain, il se releva et montra quelque chose à Joy. Elle pâlit. C’étaient les bijoux! Elle recula un peu, non pas pour s’enfuir mais pour tenter de réaliser ce qu’il se passait. Mais l’homme interpréta mal le mouvement. Il lui sauta dessus, lui retourna le bras dans le dos et la poussa à plat ventre sur le lit, tenant toujours son bras. Joy ne savait pas trop quoi faire. Crier? Tenter de lui expliquer qu’elle n’avait jamais vu ces bijoux? Elle n’avait pas la force de faire quoi que ce soit. Elle ne fit rien.

Lorsque la porte s’ouvrit, le steward sursauta et il releva Joy brusquement, continuant à l’emprisonner. Mike entra. L’employé sortit un couteau-suisse qu’il plaqua contre la gorge de Joy. Mike eut un air clairement interrogateur et horrifié en même temps. Le steward dit calmement:
- Vous allez me suivre tous les deux, et elle n’aura rien. Comportez-vous bien, où je n’aurai pas mon argent et ça me mets très en colère. J’ai trouvé les bijoux volés dans votre cabine, je vous embarque.

Joy demanda d’une voix cassée:
- V-Votre argent? Qu’est-ce que ça veux dire?

L’homme parut énervé par la question. Il lui serra tellement fort les poignets que Joy ne put retenir un gémissement. Voyant ça, Mike obtempéra.
- O.K, on vous suit.

Ils partirent dans le couloir. Le steward avait rangé son couteau, mais Joy savait qu’il l’avait dans sa poche. Le petit groupe arriva à la cellule du bateau. C’était une cellule qui ne servait qu’occasionnellement. Il y avait un lit-un seul. Et il était très étroit. Ils allaient en prison alors qu’ils n’avaient rien fait de mal!

Arrivé dans la cellule, l’homme jeta Joy sur le lit et ferma vivement la porte une fois que Mike fut entré. La jeune femme eut le souffle coupé par le choc.

Nurse moi? (épisode 24: Danse sur les vagues)

Créé par le 17 mar 2015 | Dans : Fictions

Joy et Mike étaient revenus à leur cabine. La journée avait été épuisante, mais ils avaient pu se reposer un peu. La jeune femme était en train de lire sur son lit et Mike fouillait dans sa valisette. Tout était calme. Il n’y avait pas un bruit, hormis celui des pages tournées par la gouvernante. Par derrière, on entendait les vagues aller et venir et la brise souffler.

Soudain, le silence ambiant fut brisé par l’arrivée fracassante de Mary. Elle déboula dans la chambre, radieuse. Mike sursauta et jeta un coup d’œil à Joy. Cette dernière leva les yeux de son livre. Si elle avait eu peur, elle n’en laissa rien paraître. La fillette sauta sur le lit de la gouvernante. Ses yeux scintillaient:
- Joy! J’ai trouvé une activité super! Ils proposent des cours de danse! Tu veux venir essayer avec moi?
- Pourquoi pas. Mais est-ce que ton oncle est d’accord pour que tu y ailles?
- Bien sûr, qu’il est d’accord! Regarde! T’es d’accord?

Mike hocha la tête, entrainant une nouvelle manifestation de joie de la part de sa nièce.
- Et toi, Joy, tu veux bien? Dis, tu veux bien?
- Je viens avec toi. On y va? On va laisser ton oncle se reposer, hein, monsieur?
- Euh…Oui.

Elles quittèrent la pièce. Mike resta assis sur son lit, pensif. Tout ce qu’il s’était passé ces dernier jours…Il n’aimait pas la tournure que prenaient les choses. Il allait être obligé d’agir, et vite.

Joy et Mary s’engagèrent dans un couloir, puis dans un autre, ne sachant pas trop où elles allaient. Au bout d’un moment, elles trouvèrent la salle de danse. Un petit groupe y était déjà, attendant le prof. Il y avait plusieurs adultes et deux autres enfants.

Le prof arriva peu après. IL était grand, blond avec les yeux clairs, plutôt baraqué. Les échauffements débutèrent en douceur. Puis il leur montra des mouvements. Peu à peu, ils enchaînèrent cinq ou six mouvements à la suite. Le grand blond mit la musique et ils exécutèrent la chorégraphie tous ensemble.

Pendant ce temps, Mike s’ennuyait ferme, dans sa cabine. Il alla voir comment se portait Hernie. Le jeune garçon avait les bras tout rouges depuis leur sortie à terre. Il avait attrapé des coups de soleil sur les avant-bras. Mike décida de l’emmener chez un médecin. Ce dernier lui appliqua une crème apaisante pour calmer les démangeaisons. Puis Hernie repartit à sa cabine. Mike resta discuter avec le médecin.
- Comment va Joy, à propos? Je ne l’ai pas revue depuis au moins deux jours.
- Elle est partie à un cours de danse avec ma nièce.
- J’ai vu le prof de danse, il est plutôt bien fait de sa personne…La plupart des femmes du cours y sont allées pour ça.
- Ce n’est pas le cas de Joy, puisque c’est Mary qui lui a proposé ce matin. Elle n’avait pas l’air de connaitre.
- C’est Mary? Vous savez, les femmes, à tout âge…Non, je plaisante. Mais avouez que quand même…Joy, elle a un sacré caractère! On ne s’y attend pas! Il y a deux jours, je lui parlais, quand soudain, elle est partie. On était sur la piste de danse. Elle en a sans doute eu marre. Ensuite, un steward l’a abordée. Je suis parti. Elle était en pleine conversation.
- Un steward? Oui, un grand musclé. C’est tout ce que j’ai vu de lui. Bon, je dois vous laisser.

Mike sortit du cabinet médical. Il repensait à ce que lui avait dit le médecin. Josh Payne. Il s’appelait comme ça. Le steward, ce devait être celui qu’elle avait croisé lors de sa première visite du bateau, le soir de leur arrivée. Mike partit chercher Mary et Joy au cours de danse.

Quand il arriva, tout le monde sortait et le prof était déjà parti. Mary était en sueur, toute rouge, mais heureuse. Joy était comme d’habitude. Elle avait dû bien boire, contrairement à Mary. La fillette partit devant. Mike en profita pour parler à la jeune femme.
- Alors, c’était comment?
- J’ai bien aimé. C’était pas trop essoufflant. On a appris une chorégraphie.
- Et le prof?
- Le prof…? Il était très sympathique. Il expliquait bien.
- Il avait l’air de quoi?
- Plutôt beau…Et grand.

Mike ne dit plus rien. Ils étaient arrivés à la cabine des enfants.

Nurse, moi? (épisode 23: Sortie à terre)

Créé par le 16 mar 2015 | Dans : Fictions

La famille se retrouva dans la salle à manger. Il n’était pas encore sept heures du matin. La journée allait être passée à terre pour ceux qui voulaient, puisque le bateau faisait escale pour la première fois. Sur une ile. Mary était toute excitée à cette perspective. Hernie ne donna pas son avis, comme d’habitude. Mike non plus, d’ailleurs. Joy avait remarqué que le neveu ressemblait bien à l’oncle de ce point de vue-là. Les autres familles s’affairaient en vue de la journée à terre. La pièce était pleine d’effervescence.

Mary s’exclama:
- C’est génial, de quitter un peu le bateau! Pas vrai, Joy? Tu me fera un chignon, hein?
- Bien sûr, ma puce! Je te le ferai! Et on ira voir la ville tous ensemble.
- Ça va être le plus beau jour de ma vie!

La fillette ouvrit ses bras et Joy l’assit sur ses genoux. Mary prit une mèche des cheveux auburn de sa gouvernante et se mit à la rouler entre ses doigts. Mike les regarda avec un sourire ému. Depuis que Joy était là, Mary était plus épanouie, plus joyeuse.

Un peu plus tard, les passagers descendirent du bateau. Joy fut contente de remettre les pieds sur le plancher des vaches, au moins une journée! Mary avait eu son chignon. Quand à elle, elle s’était fait une queue de cheval. Le vent était au rendez-vous. La brise maritime leur rappelait les jours passés à bord du bateau.

Joy proposa de commencer par voir les monuments. Ils visitèrent plusieurs lieux célèbres. Les enfants étaient émerveillés. Puis ils se baladèrent dans les ruelles fleuries. Mary courait devant eux, les bras écartés comme pour cueillir le vent.

Hernie suivait le groupe, mais il traînait les pieds. Il ne semblait pas aimer la marche. Joy s’arrêta plusieurs fois afin de humer l’air ambiant. C’était particulier, une ile. On pouvait louer des vélos pour la parcourir. Hernie voulut en louer un et Mary insista pour en prendre un aussi. Joy refusa quand Mike lui proposa également. Elle préférait garder un œil sur les enfants et voulait rester en un seul morceau.

Dès le début, Mike et la jeune femme perdirent les enfants de vue. Ils avaient promis de revenir vers eux de temps en temps, mais Joy savait qu’ils n’en feraient rien. Certains chemins étaient agréablement ombragés mais la plupart étaient en plein soleil. Joy n’avait pas pris de crème solaire et elle le regrettait. Mike ne parla pas pendant la première partie du trajet, trop occupé à contempler le paysage.

Puis il se décida. Car passer la journée à marcher à côté de quelqu’un sans lui adresser la parole, ce n’était pas très gentil.
- J’aime bien cette ile. On voit à quel point les villes sont épuisantes, sur le continent.
- C’est vrai. C’est si calme, ici! Oh, je vois des glaces! Les enfants seront heureux d’en avoir, j’en suis sûre!

La conversation se limita à ces quelques mots. La gouvernante avait déjà filé, courant au devant des enfants qui s’étaient finalement décidés à rebrousser chemin. Ils acceptèrent les glaces avec joie. Ils purent prendre jusqu’à trois boules. Toutefois, aucun des deux ne s’y risqua. Joy ne voulut pas de glace au grand désarroi de Mike. On aurait dit qu’elle lui en voulait, mais pourtant cela ne se voyait pas tant que ça. Elle semblait joyeuse et détendue.

La famille alla ensuite tenter de faire du surf. Cette fois-ci, Joy accepta. Mike fut également de la partie. Il était un peu dur de se relever sur sa planche dès la première fois. Seule Joy y arriva. Elle parvint même à surfer sur une vague. Les enfants n’arrêtaient pas de tomber à l’eau et Mike n’osa pas essayer. Les cheveux au vent, Joy avait l’air d’une surfeuse expérimentée. Elle s’amusait bien.

A la fin de la journée, ils retournèrent au bateau, épuisés. Ils avaient parcouru au moins tous les sentiers de l’ile, avaient nagé dans la mer, mangé dans un restaurant de fruits de mer et fait du vélo.
Hernie se plaignit soudain que ses bras le grattaient. Il avait attrapé des coups de soleil sur les deux avants bras! Car en faisant du vélo, il avait eu le soleil juste au dessus de lui.

Nurse, moi? (épisode 22: Vie de touriste)

Créé par le 15 mar 2015 | Dans : Fictions

Joy se réveilla soudain au beau milieu de la nuit. Ce ne pouvait-être un bruit qui l’avait réveillé, puisqu’on entendait rien. On entendait rien?! Mais ce bateau avait toujours les moteurs en marche, nuit et jour! Un silence inhabituel régnait. La première nuit, Joy avait eu un peu de mal à s’habituer à ce boucan continuel, mais elle s’y était faite. Et maintenant qu’il n’y avait plus de bruit, c’était perturbant. Le bateau n’avançait plus!

Elle sortit de la cabine sur la pointe des pieds. Mike dormait, et elle ne tenait pas à le réveiller. Il n’aimait pas qu’elle sorte n’importe quand. Il était vrai qu’il lui arrivait de disparaître parce qu’elle avait eu une idée. Un matelot la rassura en lui disant qu’on s’arrêtait juste pour prendre quelques passagers. Il fallait aussi un peu de ravitaillement, notamment en glaces, car leur nombre baissait à une vitesse hallucinante! Elle continua à papoter, puis elle regagna son lit.

Le lendemain, un rayon de soleil la réveilla. Mary avait tiré l’unique rideau. Chose curieuse, le rideau était plus petit que la fenêtre. On avait dû vouloir faire des économies sur les rideaux. La fillette se tenait à côté du lit de Joy. Ses yeux brillaient.
- On va voir Guignol? Dis, Joy, on va le voir?
- On va y aller, chérie. Laisse-moi deux minutes pour m’habiller, et je te rejoins. Hernie vient avec nous?
- Non, il dit que c’est gamin. Moi, je ne suis jamais allée voir Guignol. Je veux juste voir ce que c’est.

Mike dormait encore. Peut-être faisait-il semblant, car il avait bien dû être réveillé par le soleil et la voix joyeuse de sa nièce. Il avait un léger sourire aux lèvres. Il faisait donc semblant.

Dix minutes plus tard, Joy et Mary atteignaient le salon où allait être joué Guignol. Le spectacle dura environ une heure. Les spectateurs rirent beaucoup. Ce personnage mythique avait toujours une nouvelle blague à sortir. Accompagné de nombreux amis, il avait joué beaucoup de scènes amusantes. Joy avait bien aimé, elle qui n’avait jamais trop apprécié les marionnettes.

Mary et Joy rentrèrent à leurs cabines pour réveiller Hernie et Mike qui dormaient encore, la pièce ayant été jouée tôt le matin. Joy entra dans la pièce. Son patron dormait. Elle s’approcha du lit. Puis elle l’appela doucement:
- Monsieur…Monsieur…Il est temps d’aller voir le film!
- Miss Clint? Le film?
Il ouvrit les yeux et courut s’habiller afin de ne pas être en retard.

Tous les quatre, ils allèrent à la salle de spectacle. La pièce était plongée dans le noir. Ils s’assirent les uns à côté des autres. Il y eut les habituelles publicités avant le film. Joy, qui était entre Mary et Mike, surveillait Hernie du coin de l’œil. Il lui arrivait parfois d’être turbulent.

Le film commença. L’histoire était bien, en effet. Vers le milieu du film, il y eut une scène stressante. Joy agrippa les bras du fauteuil. Elle retint son souffle. Mary lui prit la main. Elle semblait un peu effrayée. La gouvernante lui sourit. La petite sembla se détendre. De son côté, Mike semblait un peu tendu aussi. Mais le film se terminait bien. Tout le monde dans la salle avait pleuré à un moment ou à un autre.

Après le film, Mike emmena les enfants et Joy manger des glaces. L’après-midi, ils allèrent tous à l’aire de jeux. Mary s’amusa plus qu’Hernie. La journée était passée normalement, sans signe des hommes qui poursuivaient Mike.

Nurse, moi? (épisode 21: Plongeon dans les problèmes)

Créé par le 15 mar 2015 | Dans : Fictions

Joy se promenait sur le pont. Elle ne savait pas trop quoi penser de ce qu’il s’était passé plus tôt. Un homme lui avait fait passer un message pour Mike. Quelque soit le guêpier dans lequel il s’était fourré, ce n’était pas un simple problème. Des hommes inconnus lui en voulaient, et elle ne savait pas pourquoi. Il en avait convenu, ces gars lui voulaient du mal. Mais à partir de là, pas moyen de lui en faire dire plus. On aurait dit qu’il ne voulait pas qu’elle trempe dans cette histoire à dormir debout. Les enfants ne semblaient même pas être au courant. Joy aimait bien ce bateau. Il était spacieux, très chic et plein d’activités diverses et variées. Elle n’était même pas sûre de les avoir toutes essayées à l’arrivée du bateau à bon port.

Mike avait eu l’air extrêmement gêné quand elle lui avait répété le message de l’homme. Effrayé aussi. Puis ils étaient partis, se mêlant aux invités du bal costumé. Et puis il y avait eu cet orage, et l’annonce du commandant au micro. Elle ne savait pas vraiment où elle était. Et elle ne savait pas où était passé Mike. Les enfants avaient dû rentrer à leur cabine. Mais Mike, il aurait été capable de la chercher. Il fallait qu’elle le retrouve.

Elle partit à sa recherche. Tous les passagers étaient rentrés, les ponts extérieurs étaient déserts. Tout à coup, elle vit un petit rassemblement. Des hommes d’équipages étaient en train de remonter quelque chose. Une autre personne était-elle tombée à la mer? Elle s’approcha. Une silhouette couchée sur un brancard léger remontait jusqu’au pont. Apparemment, l’un des matelots avait longé à temps pour récupérer l’homme. Il avait regardé par hasard la mer et l’avait vu. Il ne savait pas s’il était tombé ou s’il avait été poussé. Joy s’accroupit au dessus de l’homme. C’était Mike!
- C’est votre mari?
- Non, mais je le connais.
Les sauveteurs l’écartèrent en lui disant de ne pas s’en faire, il allait s’en remettre.

La gouvernante les vit faire un massage cardiaque. Au bout d’un moment, Mike recracha de l’eau. Il ouvrit les yeux à demi. Les stewards le transportèrent dans leur cabine. Joy les suivit. Les quatre hommes le couchèrent dans son lit. Puis, après avoir administré un calmant à Joy, ils partirent. La jeune femme s’installa à son chevet, assise sur une chaise. Il ouvrit les yeux de nouveau.
- Miss Clint? Que s’est-il passé?
- Je ne sais pas, vous allez me le dire. On vous a repêché dans la mer. Vous vous souvenez de ce qui s’est passé?
- Je crois qu’on m’a poussé.
- Vous ne trouvez pas ça bizarre, que vous soyez le deuxième à tomber à l’eau dans la même soirée? D’autant que vous portez le même déguisement que l’autre homme.
- C’est une coïncidence.
- Une coïncidence?! A ce stade-là, moi je n’appelle plus ça une coïncidence. Ce sont encore ces gars qui vous ont fait ce coup foireux! Vous n’avez pas l’air de prendre ça au sérieux. Ces types sont dangereux. Ils l’ont prouvé une fois de plus. Dites-moi pourquoi ils vous poursuivent! Et n’allez pas me dire que vous ne savez pas.
- Je ne peux pas vous dire, Miss Clint. Ils s’en prendraient aussi à vous.
- Ils le font déjà! Je ne vois pas ce que ça va changer! Oh, et puis tant pis, ne me dites pas. Vous n’avez qu’à vous débrouiller seul. Ils recommenceront! Jusqu’à ce que vous leur donniez ce qu’ils veulent!
- Miss Clint…Pouvons-nous parler d’autre chose? Où sont les enfants?
- Je vais voir. Ils doivent être dans leur cabine.

La jeune femme sortit de la pièce, le laissant seul. Elle en avait marre, de ne rien savoir sur l’ennemi! Les enfants étaient effectivement dans leur cabine. Elle leur dit bonne nuit. Puis elle regagna sa cabine. Mike était couché sur son lit. Il ne dormait pas.
- Que voulez-vous qu’on fasse demain? Les enfants aimeraient participer aux activités.
- Donnez-moi des exemples.
- Guignol dans un des salons de la classe touriste, une projection de film pour enfants en fin de matinée, et ils veulent tester la salle de jeux. Pour le film, ils insistent pour qu’on vienne tous les deux. Je ne leur ai pas dit pour votre bain de minuit.
- Ils peuvent y aller, bien sûr. Et nous irons voir le film tous ensemble. Merci de n’avoir rien dit. C’est quoi comme film?
- Mon amie Flicka. Il y a des chevaux dedans. D’après Mary, ça a l’air super! Hernie semble être d’accord aussi.
- C’est toujours triste, les films avec les chevaux.
- Oui, mais c’est beau…Bon, moi je vais dormir.
Elle enleva sa tenue pour la soirée et la troqua contre un pyjama tandis que Mike tournait la tête. Ces cabines manquaient vraiment d’intimité.
- Oh lala , je me sens super fatiguée! Ce doit être le calmant des stewards!
- Quel calmant?
- Celui qu’ils m’ont donné. Ils ont cru que j’allais faire une crise de nerfs. Quand même, je me serais retenue! Bon c’est vrai, vous m’avez fait vraiment peur, sur ce brancard! Mais je n’aurais pas paniqué! Enfin je ne crois pas…
Elle se coucha sur son lit et s’endormit aussitôt.

Nurse, moi? (épisode 20: Panique à bord!)

Créé par le 15 mar 2015 | Dans : Fictions

La soirée était déjà bien avancée. Les enfants étaient un peu fatigués, ils s’étaient assis sur des transats. Mike se resservait en cidre au buffet tout en regardant autour de lui. Il n’avait pas oublié l’incident survenu plus tôt dans la soirée. Sa gouvernante, ou plutôt celle de ses enfants avait été impliquée dans son affaire. Un homme masqué lui avait transmis un message. Il fallait qu’il se dépêche. Le danger se rapprochait. Joy n’avait pas eu l’air très paniquée. Cette jeune femme était vraiment étonnante. Elle était capable du meilleur comme du pire. Quand elle s’était énervée contre lui à la bibliothèque et qu’il lui avait hurlé dessus, il avait été surpris de la voir battre en retraite aussi rapidement. Mais peut-être qu’elle en avait eu marre, à force.

C’était la fille d’un militaire, formée sans doute comme une vraie militaire aguerrie. Les apparences étaient parfois trompeuses. Elle avait effectivement l’air assez musclée, mais on ne se serait jamais douté de ce dont elle était capable. Elle cachait bien son jeu. Lors de leur dispute dans le salon de lecture, elle avait eu l’air profondément blessée. Peut-être s’attendait-elle à ce qu’il lui confie son secret? Elle voulait l’aider, après tout. Mais elle le saurait sûrement bien assez tôt. Joy pouvait être décrite de cette façon: une personne surprenante, battante, défendant ses idées à fond, mais un peu fragile parfois. Au moment où il réfléchissait de la sorte, elle s’était enfoncée dans la piste au milieu des danseurs. Il l’avait perdue de vue. Miss Clint était le genre de femme à disparaître souvent, sous le coup d’une impulsion incompréhensible.

Tout à coup, un coup de tonnerre résonna sur le pont du bateau, se répercutant de cheminée en cheminée. Un éclair illumina le ciel l’espace d’un instant, figeant la fête. La musique se coupa, le courant ayant été coupé par l’orage. Une déferlante de pluie tomba soudain sur les voyageurs déguisés. Tout le monde se mit à crier. Les gens coururent dans tous les sens. Le haut-parleur de bord se mit soudain à siffler, rajoutant du bruit supplémentaire et augmentant la panique. Quelqu’un allait parler.

- Votre attention s’il vous plait, ici le commandant de bord. Restez calmes. Le bateau est solide, et ce n’est qu’une petite tempête. Surtout, rentrez dans les cabines et fermez vos hublots! Merci!

Un autre sifflement de la part du haut-parleur salua la fin du discours du capitaine. La foule se rua à l’intérieure, prête à déclencher une esclandre pour se mettre au sec. Apparemment, ce qu’avait dit le commandant ne les avait pas vraiment rassurés.

Mike était resté sur le pont, laissant la masse grouillante de passagers terrifiés entrer avant lui, n’ayant aucune envie de se faire écraser. Les enfants étaient partis vers leur cabine. Par contre, Miss Clint n’était pas là. Où pouvait-elle être? Il ne l’avait pas vue passer. L’homme masqué la retenait-il quelque part? Était-elle tombée à la mer? Dans la panique, tout était possible…

Tout à coup, quelqu’un le poussa. Il se tenait face à la mer. Le vent lui sifflait dans les oreilles. Les vagues étaient énormes, allant s’écraser contre le bateau. Des paquets de mer menaçaient de monter sur le bâtiment. Des lames montagneuses atteignaient presque le bastingage. Les déferlantes s’agitaient furieusement. Ils se sentit tomber. Quand son corps entra en contact avec l’eau, le froid l’envahit.

Nurse, moi? (épisode 19: La mascarade)

Créé par le 08 mar 2015 | Dans : Fictions

Joy se changea dans la cabine, puis elle attendit Mike. Il était déguisé en chevalier.
- J’aime beaucoup votre costume, Miss Clint!
- Merci, le votre est super aussi!
- Les enfants y sont déjà. Je vous emmène?
- Bien sûr!

Ils partirent à la fête. Un peu plus tard dans la soirée, un homme tomba à la mer. La musique s’arrêta et tout le monde vint voir. Les stewards remontèrent l’homme. Il portait le même costume que Mike! Joy regarda son patron bizarrement. Les deux hommes portaient le même vêtement, et l’un d’eux était tombé à l’eau, on l’avait poussé. La conclusion s’imposait naturellement chez Joy:
- On vous a confondus. Vous auriez dû faire un bain de minuit à sa place!
- Vous croyez? En y réfléchissant, c’est la solution la plus probable. Faites attention à vous, de votre côté.

Joy acquiesça et elle s’éloigna. Elle était effrayée. La jeune femme n’avait pas pensé que la menace pouvait être réelle jusqu’au soir même. Mike lui cria qu’il allait chercher des boissons.

Soudain, quelqu’un la saisit par derrière. Elle tourna la tête vers son agresseur. Il portait un loup sur le visage et une grande cape noire. Elle ne pouvait pas bouger. Il la tenait trop fermement. Il lui chuchota à l’oreille:
- Dites-lui qu’il n’a plus beaucoup de temps et qu’il a du soucis à se faire.
Ce fut tout. Mike vint vers elle avec les boissons. Il lui fournit alors une diversion pour se libérer de l’emprise de l’homme. Elle donna un coup de coude dans le ventre de l’individu masqué. Il cria et partit en courant. Mike accourut.
- Que voulait-il? Vous allez bien Miss Clint?
- Je vais bien. Mais j’ai un message pour vous. Il me l’a chuchoté juste avant que vous arriviez. Vous n’avez plus beaucoup de temps et vous avez du souci à vous faire. Je ne sais pas de quoi il parle, mais ça n’augure rien de bon.
- L’essentiel est que vous n’ayez rien.

Il avait légèrement pâli en entendant ça. Joy le regarda. Elle fronça les sourcils. Décidément, cette histoire n’était pas claire. Elle proposa qu’ils aillent danser sur la piste. Hernie et Mary y étaient déjà.

Nurse, moi? (épisode 18: De l’orage dans l’air)

Créé par le 08 mar 2015 | Dans : Fictions

Peu avant le bal costumé, Mike retrouva Joy et les enfants à la bibliothèque du bateau. Il était impressionné, car jusqu’ici, il n’avait jamais réussi à faire ouvrir un livre aux enfants. Et ils étaient en train de livre un livre chacun! Joy était assise proche d’eux, levant les yeux de son bouquin de temps à autre pour les surveiller. Même si elle n’avait pas sonné à leur porte dans le but de garder les enfants, elle avait du talent pour ça. Depuis qu’elle était là, Hernie et Mary avaient arrêté de se disputer pour un oui ou pour un non.

- Vous aimez lire, Miss Clint?
- Bien sûr! Je me cultive!

Elle était en train de feuilleter une encyclopédie à la manière d’un magasine, c’est à dire en parcourant les différentes rubriques dans un ordre pour le moins décousu.
- Vous avez choisi votre costume pour ce soir?
- Oui, mais ça n’a pas été sans mal!
- Ah bon? J’ignore pourquoi, mais ça ne me surprend pas. Que s’est-il passé?
- En fait, je trouvais qu’il faisait chaud, alors j’ai ouvert la fenêtre, et tout m’est tombé dessus. Je parle de la mer.
- Non? La mer vous est tombée dessus? Toute entière? Pas possible!
- Ne vous moquez pas de moi, Monsieur, c’était seulement une vague. Apparemment, je ne suis pas la seule à qui c’est arrivé!
- Je m’en doute!
- Après, la costumière m’a passé un sèche-cheveux, parce que j’étais vraiment trempée! Mais…J’ai fait voler quelques papiers avec le souffle du séchoir, et elle n’était pas très contente. Autant vous dire que j’ai fait attention à ce que je faisais, ensuite! Et non, je ne vous dirai pas en quoi je vais être déguisée. Vous verrez ce soir.
- Dommage. J’aurais effectivement voulu savoir.

Joy se leva et attrapa l’énorme encyclopédie pour la remettre à sa place. Elle tituba sous son poids avant de la poser sur une étagère. Elle prit un autre livre beaucoup moins épais.
- Au fait, Monsieur…Je veux toujours savoir. Que se passe-t-il? Qui était l’homme que j’ai vu à la fenêtre? Il n’est peut-être pas tout seul…J’ai l’impression que vous voulez me tenir à l’écart de tout ça. Je me trompe?
- Miss Clint…Je vous l’ai déjà dit. Il ne se passe rien. Pour le visage, vous avez dû rêver.
- Je l’ai bien vu! J’en suis absolument sûre! Dites-moi ce qui ne va pas, Monsieur! Je vois bien que vous avez un problème, et ça date d’avant mon arrivée. Quelqu’un vous menace?
- Je ne vous dirai rien, et vous le savez très bien. Ne vous mêlez pas de ça! Ce sont mes affaires, pas les vôtres! Vous vous occupez des enfants, et moi de mes problèmes.
- Donc, vous admettez que vous avez des problèmes! Vous pouvez me faire confiance! Je ne dirai rien aux enfants!
- Non, non, et non! Vous ne saurez pas. Ne me demandez plus ça ou je vous renvoie!
- Ah oui? Et vous allez faire quoi? Me jeter par dessus bord? C’est sûr que c’est mieux que de raser les murs pendant toute sa vie parce qu’on est poursuivi par des hommes déterminés à obtenir ce qu’ils veulent!
- TAISEZ-VOUS! VOUS NE SAVEZ PAS CE QUE C’EST! VOUS N’AVEZ PAS A ME DIRE CE QUE JE DOIS FAIRE!

Il avait hurlé tellement fort, que plusieurs personnes se tournèrent vers eux. Hernie et Mary aussi. Ils se demandaient quelle mouche avait piqué leur oncle pour qu’il crie comme ça sur Joy. Cette dernière lui jeta un regard terrorisé. Elle se leva, son livre toujours à la main, et elle quitta la pièce sans un mot.

Joy partit s’assoir contre le bastingage et elle contempla la mer. Elle en avait marre de tenter de savoir quelque chose que Mike ne voulait pas lui dire. Elle en avait marre d’insister. Elle n’en parlerait plus.

Elle entendit des pas s’approcher. C’était Mike.
- Elle revient toujours à son point de départ.
- Pardon?
- La mer. Elle revient toujours contre le bateau. Même si elle se cogne contre.
- Oui. Mais parfois, elle se cogne trop fort. Et elle décide de ne pas revenir.
- Miss Clint, je suis désolé. J’étais énervé. Je ne comprend pas que vous vouliez savoir. Après tout, ça ne vous concerne pas!
- Apparemment si, puisque cet homme a passé la tête à ma fenêtre! Mais vous pouvez être tranquille. Je ne vous demanderai plus. J’ai compris. De toute façon, je sens que je le saurai un jour. Je ne sais pas ce qu’ils veulent. Mais ils s’attaqueront aussi à Hernie et Mary. Pas seulement à vous. Pour vous atteindre.
- Je ne vous dirai pas de quoi il s’agit, mais sachez que c’est dangereux. Faites attention à vous. Ils peuvent s’en prendre à moi à travers vous.

Elle le regarda sans rien dire. Ses yeux étaient indéchiffrables. Puis elle se releva. Jusque là, Mike s’était tenu derrière elle. Il s’approcha. Mais elle se prit les pieds dans un cordage qui trainait sur le pont et elle tomba en avant. Son livre atterrit dans la mer. Mike la rattrapa avant qu’elle ne touche le sol. Il la releva. Elle s’écarta de lui et se dirigea vers leur cabine. Mike regarda le livre de Joy prendre l’eau puis couler. C’était un livre pour apprendre à nager…

Nurse, moi? (épisode 17: Le choix du costume…)

Créé par le 08 mar 2015 | Dans : Fictions

Joy avait décidé de partir choisir son costume pour la soirée déguisée. Mike et les enfants avaient déjà choisi le leur. La gouvernante ne savait absolument pas où elle devait aller. Son patron ne lui avait pas dit où était la salle des costumes. Elle avait donc demandé son chemin plusieurs fois avant de trouver ce qu’elle cherchait. Joy trouvait que tous les couloirs, toutes les portes se ressemblaient. Ce bateau était un vrai labyrinthe.

Lorsqu’elle entra dans la pièce où étaient entreposés les déguisements, elle sentit une vague de chaleur l’assaillir. La température était très élevée dans cette salle. Visiblement, la femme qui s’occupait du bal appréciait les écarts importants de température entre le couloir et sa salle. Aussi, quand elle pénétra dans la pièce, Joy alla vite ouvrir le hublot. La costumière courut vers elle avec un air affolé, mais ça ne l’arrêta pas.
- Non! Mademoiselle! Ne faites pas ça!
L’avertissement vint trop tard. La gouvernante ouvrit le hublot et une vague s’écrasa sur elle. Elle referma bien vite la fenêtre. La salle était au niveau de la mer, et il valait mieux ne pas ouvrir les hublots au risque de tout inonder. Joy était trempée de la tête aux pieds. Elle qui avait chaud, elle venait de se faire refroidir.
- Je vous avais dit…Il ne faut pas les ouvrir. Tenez, j’ai un sèche-cheveux.
Joy commença à se sécher, histoire de ne pas attraper froid. La costumière lui expliqua qu’il était impossible de réguler la température de la pièce. Tout le monde se faisait toujours avoir et allait ouvrir la fenêtre.

- Et…C’est quoi ces papiers?
Sans faire attention, elle dirigea le souffle de l’appareil sur la pile de papiers posée à côté d’elle. Tout s’effondra. Les feuilles tombèrent par terre dans le désordre le plus complet.
- Non! Ne touchez plus à rien. Je crois que ça vaut mieux.
La costumière la prit par le bras, l’éloignant vivement des autres piles de papiers soigneusement rangées par ses soins.

Joy tenta alors de choisir un costume parmi les quatre où cinq modèles féminins que lui avait présenté la femme. Elle opta pour un ensemble de corsaire après maintes tergiversations. L’employée parut soulagée de la voir partir. Elle devait craindre d’autres dégâts plus importants. Joy partit avait son déguisement sous le bras, emballé dans un carton. Elle l’avait juste emprunté.

La gouvernante rentra à sa cabine. Mike était parti avec les enfants. Elle s’endormit sur sa couchette quelques minutes après. Elle avait eu une longue journée. La fatigue surgit tout d’un coup.

Joy se réveilla soudain. Un bruit l’avait tirée de son sommeil. Elle regarda autour d’elle. Il n’y avait personne. Mais son regard fut attiré vers la fenêtre. Un visage y était collé. Un homme la regardait. La jeune femme poussa un cri perçant. Le visage disparut. Au même instant, Mike entra dans la cabine. Il trouva Joy assise sur son lit. Elle regardait toujours la fenêtre. Il se racla la gorge et elle sursauta violemment.

Il vit son regard effrayé, voire même horrifié, se poser sur lui. Elle avait reculé vers le mur.
- Miss CLint? Que se passe-t-il? Vous avez l’air d’avoir vu un fantôme!
- J’ai vu…J’ai vu…Un homme…Là!
Joy pointait la fenêtre. Comment un homme aurait-il pu se tenir là?
- Vous êtes sûre?
- Oui…Il me regardait. Il avait son visage contre la vitre. Après, j’ai crié, et il est parti. Il était affreux!

Mike chercha à s’approcher d’elle pour la réconforter, mais elle recula encore plus.
- Ne me touchez pas! Je suis sûre que vous le connaissez! Depuis le début, vous me cachez quelque chose!
- Non, Miss Clint! Je vous assure que je ne vous cache rien!
- Je vous redemanderai, vous verrez. Je n’abandonne pas aussi facilement.

Elle se leva et sortit de la pièce. Mike était abasourdi. Un visage d’homme? Ce ne pouvait être que…Il avait pourtant promis de ne pas mêler Joy à cette affaire! Ce qui le surprenait, c’était la réaction démesurée de la jeune femme.

Nurse, moi? (épisode 16: Bavardage près de la piscine)

Créé par le 06 mar 2015 | Dans : Fictions

Mike, Hernie et Mary étaient partis choisir leurs costumes pour le bal costumé. Joy décida de partir à la piscine. Il faisait beau et elle avait pris un maillot de bain génial dans sa valise. Elle le mit et alla à la piscine. Elle s’installa sur une chaise longue. Mais elle n’y resta pas longtemps. Le docteur qui avait soigné Mary arriva et la vit. Il lui fit un signe de la main et la rejoignit.

- Bonjour, Miss Clint. Je ne me suis jamais présenté. je m’appelle Josh Payn. C’est l’heure de ma pause. Vous voulez bien aller boire un verre avec moi?
- Bien sûr!

Ils allèrent au bar et Joy prit une grenadine tandis que son compagnon prenait une orangeade. Ils contemplaient la piscine.
- Vous avez beaucoup de patients, sur ce bateau?
- Oui, j’en ai pas mal. Mais vous savez, on est une dizaine, dans le cabinet de médecine. Un seul d’entre nous est expérimenté pour les maladies plus graves. On se partage les patients. Il doit toujours y avoir deux ou trois docteurs qui attendent dans le cabinet si jamais les patients viennent directement.
- Et, vous gardez certains malades, parfois? Comme dans les hôpitaux, quand il les gardent pour qu’ils se reposent?
- Oui, ça arrive. Pas souvent, car la plupart du temps, les patients restent dans leur cabine, tout simplement. Pour votre petite Mary, je n’ai pas jugé utile de l’amener au cabinet.

Le docteur l’amena danser sur la piste de la piscine. Tout en dansant, ils continuèrent leur conversation:
- Et sinon, vous faites quoi dans la vie, Miss Clint?
- Je suis gouvernante. Je ne vous l’ai pas déjà dit?
- Peut-être. Et qui est cet homme, avec vous?
- Oh, c’est mon patron. C’est l’oncle des enfants que je garde.
- Oh. Et vous, vous vouliez être gouvernante?
- A vrai dire, non. Ça s’est produit tout à fait par hasard.

A ce moment-là, Joy quitta la piste de danse, laissant le docteur. Elle en avait marre de danser. Ce dernier allait la rejoindre, lorsqu’un steward s’approcha d’elle et lui parla:
- Je vous retrouve enfin! C’était vous, hier! Vous n’êtes pas serveuse, j’avais raison!
C’était le steward qu’elle avait surpris en train de s’habiller lorsqu’elle était aller fouiner dans le couloir des troisième classe.
- Oui, c’est moi. Je suis désolée, je croyais que c’était vide, et à vrai dire, j’étais perdue.
- Moi, à mon avis, vous n’auriez pas dû être là! Ne vous inquiétez pas, je ne dirai rien! Allez, au revoir!

Il s’éloigna. Le docteur était parti. Elle décida de se baigner. Elle plongea dans la piscine. Peu de temps après, Mike et les enfants la rejoignirent dans l’eau. Ils s’amusèrent tout l’après midi dans le bassin principal. Mike semblait être plus heureux que quelques heures avant.
Joy descendit le toboggan de la piscine et faillit atterrir sur Mike. Ils rirent. Ils étaient trempés et hilares.

Nurse, moi? (épisode 15: Une visite impromptue)

Créé par le 06 mar 2015 | Dans : Fictions

Le soleil venait de se lever et envahissait la chambre. Mike ouvrit les yeux. Il s’était couché tard, la veille. Il se mit à contempler le plafond. Cette histoire de panne de courant l’avait amusé, au fond. Parce qu’il avait tout de même passé une bonne soirée avec la gouvernante de ses enfants. Après tous les ennuis qu’ils avaient eu, les difficultés à rattraper le bateau, les malaises, la coupure de courant, il s’était enfin un peu détendu. Elle était tout de même extraordinaire, cette Miss Clint. Si elle n’avait pas été là, si elle n’avait pas sonné à la porte quelques jours plus tôt, la croisière n’aurait sûrement pas été aussi joyeuse pour lui.

La veille, il l’avait regardée danser au milieu des voyageurs. Elle lui avait posé une question peu avant la coupure de courant. Il avait dévié la conversation. Il ne voulait pas qu’elle sache dans quel pétrin il s’était fourré. Il ne voulait pas l’impliquer dans son problème. Ce pouvait être dangereux. D’ailleurs, il trouverait une solution et il n’aurait pas à lui dire la vérité. Elle avait deviné qu’il avait un gros problème. Ça se voyait dans ses yeux. Ce départ précipité lui avait mis la puce à l’oreille. Mais la coupure de la veille…Il espérait que ça n’avait rien à voir avec le guêpier dans lequel il s’était fourré. Tout à coup, une voix le fit sursauter et il sortit de ses pensées. Il tourna la tête. Un homme était dans la cabine qu’il partageait avec Joy.

L’homme se tenait en face de lui, l’air menaçant. Mike tourna la tête vers le lit de la gouvernante. Elle dormait à poings fermés. Il regarda l’intrus droit dans les yeux. Ce dernier prit la parole. Il chuchotait:
- Il nous t’avions demandé quelque chose, il me semble…Nous ne l’avons toujours pas…
- Oui, je sais, mais j’ai trouvé un moyen de vos donner ce que vous voulez. Ne vous en faites pas.
- Oh, moi, je ne m’inquiète pas. C’est toi qui devrait t’en faire. Qui est cette fille, au juste?
- C’est la gouvernante de mon neveux et de ma nièce.
- La gouvernante, hein? Dans la même cabine que toi?

L’homme s’approcha du lit de Joy. Celle-ci dormait toujours profondément. Elle ne savait pas ce qu’il se passait dans la chambre. L’inconnu sortit une arme de sa poche. Un pistolet, semblait-il. Mike se demanda ce qu’il allait faire. S’il s’était approché de Miss Clint, ce n’était pas bon signe. Le gars pointa son arme sur Joy. Mike retint son souffle. Qu’allait-il se passer? Sans attendre, l’homme s’approcha encore un peu du lit de la gouvernante. Elle était paisible, ne sachant pas qu’elle risquait peut-être de perdre la vie. Mike prit la parole, effrayé:
- Ne la tuez pas! Je vais vous donner satisfaction. Je promets de me dépêcher. Mais laissez-la en dehors de cette histoire. Je ne veux pas qu’elle ait des ennuis. Vous savez, elle a juste sonné à ma porte, je suis sûr qu’elle aimerait continuer sa vie.

L’homme parut réfléchir. Puis, après une dernière menace, il quitta la cabine sur la pointe des pieds. Mike respira de nouveau. Il regarda Joy dormir. Elle était si paisible! Et dire que par sa faute, elle avait failli mourir! Il se promit de faire attention. La gouvernante se retourna dans son sommeil. Il résolut de ne pas lui raconter ce qu’il venait de se passer. Il ne s’était rien passé.

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Joy se réveilla. Elle était sur le bateau de croisière. Elle jeta un coup d’œil vers le lit de son patron. Il dormait, assis sur son lit, un livre ouvert à la main. Il avait dû se réveiller avant elle, il s’était habillé et il s’était rendormi. Elle se leva. Les enfants dormaient sûrement encore. Joy alla voir dans leur cabine. En fait, ils étaient réveillés aussi. Ils lisaient, chacun sur son lit. Quelle famille de lecteurs!

Lorsqu’elle revint dans la cabine qu’elle partageait avec Mike, elle vit qu’il était parti. Joy décida alors de se changer. La gouvernante sortit sur le pont pour regarder la mer. L’étendue bleue était exactement comme sur une carte postale. Les vagues montaient, puis allaient s’écraser contre la coque du bateau en cadence. La mer ressemblait à un humain qui veut aller de l’avant, mais qui recule à chaque fois de peur d’aller trop loin. Puis, quelqu’un posa une main sur son épaule. Elle se retourna, c’était Mike. Ils pouvaient aller prendre leur petit-déjeuner, les enfants étaient prêts.

Pour la première fois depuis qu’ils étaient montés sur le bateau, ils prirent un repas ensemble. Mary s’était remise. Vers le milieu du repas, une femme prit un micro et annonça qu’un bal masqué aurait lieu le soir même. Elle ajouta que des déguisements étaient à leur disposition. Il y en aurait pour tout le monde, alors pas de panique! Les enfants eurent l’air ravis. Joy aimait bien les bals costumés. Elle se réjouit aussi. Mike ne montra aucun signe de joie, mais il sembla apprécier également la nouvelle.

Après le repas, la gouvernante proposa aux enfants d’aller au minigolf du bateau. Ils partirent devant en courant, heureux.
Mike marchait derrière avec Joy. Elle le regarda et se mit à rire.
- Pourquoi vous riez, Miss Clint?
- Vous faites une drôle de tête, et je me demande pourquoi. Oh, je vais vous confier quelque chose: je n’ai jamais joué au golf de ma vie! Quand je pense que c’est moi qui ai proposé l’activité!
- Il y a un début à tout, voyons, Miss Clint! Je suis sûr que vous vous en sortirez très bien!
Il sourit.
- Ah, voilà! Vous voyez que vous pouvez sourire, de temps en temps!

Nurse, moi? (épisode 14: Panne générale)

Créé par le 06 mar 2015 | Dans : Fictions

Joy était en train de finir de manger, lorsque soudain, il y eut une coupure de courant. La salle pleine de personnes devint toute noire. Des cris retentirent. La lumière s’était coupée. Joy se figea, ne sachant pas quoi faire. Elle ne voyait plus rien et la panique menaçait de la faire courir dans tous les sens, ce qui était une très mauvaise idée. La gouvernante se demanda où était Mike. Il devait être sorti de la salle, emporté par des femmes apeurées. Elle l’appela tout de même, à tout hasard.
- Monsieur? Vous êtes où? Je n’y vois rien! Faites-moi un signe…Ah, non, je suis idiote, je ne vous verrai pas plus!
Une voix la fit sursauter. C’était Mike. Il s’était réfugié derrière la chaise de Joy pour éviter les gens effrayés partant en courant.
- Je suis derrière vous, Miss Clint. A défaut de vous faire un signe, je vais vous prendre par le bras et nous allons sortir de là. Je crois qu’il n’y a plus personne, ici, ils sont tous partis en courant dès que tout est devenu sombre.

Joy se retourna, le cherchant du regard. Elle se rendit compte à quel point il devait être difficile d’être aveugle. Il lui était impossible de trouver son patron de cette façon. Elle le sentit qui approchait. Il tenta de trouver son bras en tâtonnant. Mais il trouva tout autre chose.
- Monsieur, ce n’est pas mon bras…Il est là, mon bras, et ma main est au bout!
Elle lui donna une petite tape derrière la tête, préférant être prudente car il restait tout de même son patron!
- Oh, pardon, Miss Clint…Je suis confus…Je croyais vraiment que c’était votre bras! Bon, allons-y.

Tout à coup, alors qu’ils progressaient péniblement à travers la salle obscure, quelqu’un attrapa Joy un peu violemment. C’était un homme, car il la secoua comme un prunier avant de s’écrier, en pleurs:
- Je veux retrouver ma femme! Elle est sortie tout à l’heure, je ne la vois plus! Je ne vois plus rien, d’ailleurs!
Mike jugea utile d’intervenir. Il éloigna l’homme de la gouvernante et ils partirent plus loin.
- Vous allez bien? Quel cinglé! Si la pièce avait été éclairée…
- Vous n’auriez rien fait du tout. Ce n’est rien. Il cherchait juste sa femme et il a peur du noir. Sortons d’ici.

Peu avant qu’ils ne trouvent la porte ouvrant sur l’extérieur, Mike se prit les pieds dans une chaise et il s’affala dessus. Joy, qu’il tenait par le bras, se trouva déséquilibrée et dût se retenir à une table. Il y eut un bruit de vaisselle brisée.
- Oups! Je crois que c’est tombé! Et n’allez pas dire que je suis maladroite, ce coup-ci, c’est de votre faute!
- Je n’ai encore rien dit, Miss Clint. J’essaie de me remettre de ma chute.
- Mais vous alliez dire quelque chose, j’en suis sûre. Allez, on se relève, on n’abandonne pas! Le bout du tunnel n’est pas loin!
Ils arrivèrent enfin à la porte et Mike la poussa. Tout le bateau semblait être privé de courant car des cris résonnaient de partout. Ce soir-là, c’était la pleine lune. Mike s’accouda au bastingage et Joy le rejoignit. La lune était ronde, brillante, étonnante. Si on avait été dans un film d’horreur, Joy aurait pensé que la lune avait coupé l’éléctricité pour pouvoir éclairer elle-même le bateau. En effet, le navire n’était pas totalement dans le noir. L’astre éclairait une bonne partie du pont avant.

Tout à coup, un bruit fit sursauter tout le monde. Puis, le ciel s’illumina. Des feux d’artifices! Une fête avait été prévue pour le premier soir des passagers sur le bateau! Le courant revint quelques minutes plus tard et quelqu’un lança la musique. Tout le monde alla sur la piste de danse. Il y avait même un buffet pour permettre aux voyageurs de se remettre de leurs émotions! Joy alla danser et Mike s’assit sur une chaise longue. Ils rentrèrent tard à leur cabine.

Nurse, moi? (épisode 13: La soirée du bateau)

Créé par le 05 mar 2015 | Dans : Fictions

- Vous êtes l’homme que j’ai bousculé tout à l’heure…Je suis vraiment navrée…J’ai besoin de vous. Une petite fille ne se sent pas bien.
L’homme la toisa, mais ne dit rien. Il lui fit signe de le conduire à la petite malade. Ils arrivèrent deux minutes plus tard à la cabine des enfants qui étaient dans le même couloir que celle de Mike et Joy. Le médecin entra dans la pièce. Mary était en effet toute pâle et tremblait de froid. Le docteur l’ausculta. Mike, Joy et Hernie durent sortir de la chambre. Hernie demanda à son oncle l’autorisation d’aller voir ses nouveaux amis et celui-ci accepta après avoir sollicité l’avis de Joy. Le jeune garçon partit en courant.

- Je vois que vous vous sentez un peu mieux. Quand je vous ai quitté, tout à l’heure, vous étiez toute blanche!
- J’ai fini par me sentir mieux. Je suis alors sortie un peu visiter le bateau.
- C’est grand, ici! Vous auriez pu vous perdre!
- Ne vous inquiétez pas pour ça! Il y a toujours quelqu’un pour renseigner les gens perdus, sur ce navire! Je suis allée en troisième classe. Je me suis faufilée derrière un garde, j’ai renversé du café et j’ai failli me faire prendre par un steward torse nu.
- Vous avez fait quoi? Il est au courant, le garde, que vous êtes passée?
- Bien sûr que non! Je suis discrète. Je n’aurais pas pu visiter, sinon.
- Et le café?
- Une serveuse l’a nettoyé. Elle ne m’a pas vue.
- Et pour le steward? Il a dit quoi?
- Il m’a demandé qui j’étais, mais j’ai filé avant qu’il n’ai pu plus me questionner.
- Vous lui avez dit que vous étiez qui?
- Une serveuse. Mais il ne m’a pas crue. Après, je suis remontée. Bon, maintenant, j’ai une faim de loup!
Qu’est-il arrivé à Mary?
- On avait fini le dessert, quand tout à coup, elle est devenue toute blanche et elle avait de la fièvre. Ces symptômes ressemblent un peu aux vôtres tout à l’heure.
- C’est vrai…C’est peut-être le mal de mer?

Le docteur ressortit de la chambre.
- Ne vous inquiétez pas pour elle, ça va passer dans pas longtemps.
- Elle a les mêmes symptômes que Miss Clint.
Mike venait de dire ça en montrant Joy. Le médecin se tourna vers elle. Il lui toucha le front. Puis il lui dit:
- Quand vous m’avez heurté, tout à l’heure, vous vous sentiez mieux?
- Disons que je pouvais me lever et j’avais encore un peu mal à la tête.
- Et maintenant?
- Je n’ai plus mal nul part. Je me sens très bien.
- C’est donc passager. Miss Clint. Si vous vous sentez mal de nouveau, il faudra me le dire. je pourrai peut-être faire quelque chose.

Il serra la main à Joy puis à Mike. Peu après le départ du docteur, Hernie revint. Son oncle lui demanda de garder sa sœur. Il allait accompagner Miss Clint à la salle à manger. Lui même avait déjà mangé, mais il ne voulait pas qu’elle y aille toute seule. Ils s’installèrent à une table. Une serveuse leur apporta le menu. Mike précisa qu’il avait déjà mangé. Joy choisit un plat de résistance sur la carte, puis ils parlèrent.
- Dites, Miss Clint, vous ne le trouvez pas étrange, ce médecin?
- Si, il est bizarre. Tout à l’heure, on s’est rentré dedans, il m’a regardée et il est parti sans un mot.
- Je sais que ça ne commence pas très bien, mais…Ça vous plaît d’être ici?
- Oh, oui, beaucoup! Quelle différence avec les autres bateaux sur lesquels j’ai voyagé! Quel confort! Mon père aurait dit que c’est trop riche pour un Clint, mais moi j’aime bien. Il est militaire, mon père. Il a voulu que je devienne pareil que lui. Je n’ai pas voulu. On est toujours en bons termes, mais légèrement en désaccord concernant mon avenir.
- Ah bon?
- Il m’avait déjà préparée à devenir militaire. Je connais quelques sports de combat.
- Vous êtes surprenante, Miss Clint!
- Au fait, Monsieur, pourquoi diable vouliez-vous partir si vite sur ce bateau? Les enfants n’étaient même pas en vacances! On dirait que vous fuyiez quelque chose ou quelqu’un. Je me trompe?
- Il ne se passe rien, Miss Clint. Tranquillisez-vous. Parlons d’autre chose, voulez-vous?

Le repas de Joy venait d’arriver. Ils bavardèrent pendant qu’elle mangeait.

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