Une secrétaire en péril (Episode 2: L’aire de repos)

Créé par le 20 déc 2015 | Dans : Fictions

Après s’être un peu reposée, Meredith ouvrit lentement sa portière. L’air du soir était glacial. Le mois de décembre était déjà bien entamé. Son travail la réquisitionnait pendant les vacances de noël. Mais elle n’avait aucune famille avec qui passer les fêtes. Elle était orpheline et n’avait personne dans sa vie. Pas même un animal. Ce devait être pour ça qu’elle avait été envoyée par la direction et non pas un de ses collègues. Une vague de tristesse la submergea. Elle était la seule à ne pas avoir de famille. Le plus terrible était de n’avoir personne pour l’attendre le soir, pour lui demander comment avait été sa journée. Une mère ou un père attentionné. Voilà ce qui lui avait manqué pendant longtemps et qui quelque part lui manquait encore.

La jeune femme sortit sur le parking. Le vent froid lui cinglait le visage comme un millier de petites lames de couteau s’enfonçant dans son visage. Elle remonta son col en frissonnant. Elle allait sûrement attraper la mort, dans ce froid. Meredith avança à grands pas vers l’entrée de la station service. Elle espérait qu’on voudrait bien lui servir un thé ou quelque chose de chaud. C’était peu probable que le gérant de cet endroit ait du thé en magasin. Et puis ce n’était pas comme si elle était entrée dans un bar. Elle ne put pas avoir de thé chaud, mais elle acheta un magazine et une canette de soda. C’était mieux que rien. Meredith observa les autres clients. Une femme plus âgée qu’elle d’un certain nombre d’années, une jeune femme blonde qui semblait avoir son âge, un homme entre deux âges et un petit garçon qui était venu avec son père.

L’enfant pleurnichait car il voulait avoir une sucette, mais son père lui disait que cela donnait des caries. La femme plus âgée s’épongeait le front avec son mouchoir, visiblement en surchauffe. La jeune femme blonde sourit à Meredith. L’homme semblait absorbé par la contemplation de l’étagère de sacs poubelles. Meredith haussa les épaules. Chacun ses passions. La secrétaire semblait sur le point de tourner les talons pour gagner la sortie, lorsque le magasin fut soudain plongé dans le noir. Des cris de panique retentirent. Le petit garçon s’était mis à pleurer. Le gérant de la station cria que le groupe électrogène avait dû sauter. La panique était palpable.

Une secrétaire en péril (Episode 1: Le voyage)

Créé par le 20 déc 2015 | Dans : Fictions

Meredith Howel était dans sa voiture. Elle partait en voyage d’affaires. Avec son poste de secrétaire des affaires étrangères, elle était sûre de ne jamais rester longtemps au même endroit. Cette jeune femme de vingt-six ans venait tout juste d’être embauchée et ce premier voyage la rendait nerveuse comme jamais. Et si elle ne s’en sortait pas? Et si elle arrivait en retard? C’était tout à fait son genre, en plus. Arriver en retard était sa plus grande spécialité. La seule chose dans laquelle elle semblait exceller. Et ce stress qui ne voulait pas la quitter…Toute cette pression était absolument insoutenable. Et si sa voiture avait un pneu qui crevait? Ou bien une panne sèche, pour ce que cela changeait.

N’importe quel petit problème pourrait la faire arriver en retard, elle le sentait. Engageant sa voiture sur l’autoroute, Meredith tenta de se raisonner. Tous ces ennuis n’arriveraient sûrement pas tous en même temps, pour un peu qu’ils arrivent. Et puis ce n’était pas parce qu’elle était abonnée à la malchance qu’elle allait forcément avoir une panne de voiture. En fait, elle pouvait aussi faire un crise cardiaque au volant, ou bien s’endormir, faire un malaise, avoir un accident, renverser un animal sauvage, se perdre…Les raisons d’un éventuel retard étaient innombrables. Il valait mieux qu’elle arrête de s’en faire et tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Il faisait nuit et la jeune femme avait allumé ses feux de croisements. D’autres véhicules la croisaient fréquemment sur la voie en sens inverse.

Il fallait être particulièrement vigilant à cette heure car la route n’était que peu éclairée. En plus d’autres usagers doublaient sans cesse sa voiture par la gauche. Meredith décida de s’arrêter sur une aire de repos afin de boire un thé. Elle en avait bien besoin. Toutes ces heures de conduite dans la pénombre commençaient à avoir raison d’elle. La conductrice chercha du regard un panneau indicateur puis suivit la direction de l’aire. Elle se détendit un peu. Sa voiture roulait à présent sur une route plus petite qui la redirigerait vers une station service et une aire d’autoroute. La jeune secrétaire vit les lumières du bâtiment comme un phare annonçant la délivrance. Elle soupira et alla se garer sur le parking presque désert. Une fois au point mort, elle posa ses coudes sur le volant du véhicule et y adossa lourdement sa tête.

Nurse, moi? (épisode 50: La fin d’une époque)

Créé par le 29 août 2015 | Dans : Fictions

Ils n’avaient plus beaucoup de temps. La deuxième bombe restait introuvable. Puis Joy eut une idée:
- Nous n’avons pas cherché dans la cale!

A ces mots, Mike, les enfants et le capitaine descendirent à sa suite au sous-sol du bateau. Ils se remirent à chercher. Il faisait noir, dans cette cale. Au bout de plusieurs minutes de recherches infructueuses, ils finirent par trouver la seconde bombe. Mike trébucha dessus. Joy l’aida à se relever et s’exclama, regadant l’explosif:
- Mais…Elle n’est pas activée! Sans doute que sa télécommande ne portait pas assez loin. En plus, on est au niveau de la mer. Je vais tout de même m’occuper des fils. Sait-on jamais, ils attendent peut-être qu’on remonte avec pour l’activer. A moins qu’ils ne sachent pas que leur petit plan n’a pas marché.

Elle fit le nécessaire et trouva un hublot par lequel elle jeta la bombe. Cet explosif n’éclata pas, il se contenta de couler. Cette histoire de bombes était terminée. Hélas, leur voyage aussi. Le bateau accosterait le lendemain. Joy n’avait pas à faire ses valises, elle venait à peine de revenir. Mais elle aida Mike à faire les siennes. Les enfants firent leurs bagages dans leur cabine. Ils étaient tous tristes que ce soit fini.

Leur traversée avait été mouvementée. Les hommes de mains qui leur voulaient du mal avaient été emprisonnés. Mais ils ne devaient pas être les seuls à les poursuivre. Mike en était sûr. Ils n’en avaient pas fini avec eux. Il avait réservé dans un hôtel dans la ville de l’arrivée. Leurs vacances n’étaient pas finies.

Nurse, moi? (épisode 49: La chasse au « trésor »)

Créé par le 29 août 2015 | Dans : Fictions

Mary et Hernie étaient découragés. Cela faisait une demi heure que les équipes du capitaine cherchaient les explosifs. Pour l’instant, cela ne donnait absolument rien. Personne n’avait rien trouvé. Joy cherchait de son côté, elle n’était pas revenue. Quand à Mike, il se remettait doucement de sa longue immobilité en marchant à travers le bureau du capitaine. Ses jambes commençaient à répondre normalement. Il était énervé de s’être fait enlever aussi facilement.

Il pensait aussi que Joy s’était fait frapper par ces hommes. Il aurait tout de même pu empêcher ça! Elle ne s’était pas plainte. Elle n’avait rien dit. Était-ce ainsi que réagissaient des militaires en pareil cas? En tout cas, la jeune femme ne lui avait rien dit depuis qu’ils avaient été libérés. Elle était partie de son côté.
Si elle avait trouvé quelque chose, elle serait sans doute revenue. Soudain, il lui sembla entendre quelque chose. Il demanda aux enfants et au capitaine de faire silence.

Ils étaient tous les quatre dans le bureau du commandant. Tout le monde se tut. Mike tendit l’oreille. Il entendait comme un petit cliquetis, ou encore un bruit de tic tac. Tout le groupe se mit à fouiller la pièce. Ils couraient dans tous les sens. Soudain, Mary fit une découverte. Elle appela les autres. Ils virent alors un petit boitier et des bâtons de dynamite. Ils avaient trouvé la première bombe! La panique les fit se figer sur place. Que devaient-ils faire?

Il ne restait que trente minutes. Ils en étaient encore à se concerter, lorsque Joy entra dans la pièce comme un ouragan. Elle les vit observer quelque chose et les rejoignit. S’apercevant qu’ils avaient trouvé une des bombes, elle passa devant eux. Elle s’accroupit devant le tiroir qui contenait la bombe. Mike vit la jeune femme examiner les différents fils. Après un examen de quelques minutes, elle se releva vivement, les faisant tous sursauter. Elle empoigna une paire de ciseaux. Puis elle leur dit:
- Vous feriez mieux de vous éloigner, car si je me trompe de fil, ça peut sauter. Je connais les fils, mais sait-on jamais….
- Et vous, que ferez-vous si ça explose, Miss Clint?
Elle se tourna vers Mike, mais ne répondit pas. La réponse était claire. Elle n’aurait certainement pas le temps de s’écarter.

Ils s’éloignèrent un peu et ils la regardèrent s’affairer. Joy coupa un fil, testant la tension dans les autres. Un second fut sectionné, suivi par le reste des fils. Arrivée au dernier, elle se tourna vers les autres occupants de la pièce:
- Lorsque j’aurai coupé ce fil, il faudra que j’aille jeter la bombe dans la mer. Je n’aurai que dix secondes. Il va falloir me faciliter la tâche.

Ils lui laissèrent la place de passer. Elle coupa le dernier fil. Personne ne parlait. Joy se leva, prit la bombe, et s’élança vers la sortie. Heureusement, ce bureau était situé à côté du pont. Tout le monde la suivit. Elle courait le plus vite possible. Puis elle s’arrêta près du parapet. Il restait cinq secondes. La jeune femme lança le petit boitier le plus loin possible dans la mer. Il atterrit dans les flots.
Une seconde après être entré dans l’eau, il y eut une explosion qui souleva des gerbes d’eau.

Mary, Hernie, Mike et le capitaine restèrent quelques secondes à regarder, puis ils se rappelèrent qu’il y en avait une deuxième. Ce n’était pas encore fini.

Nurse, moi? (épisode 48: Expédition)

Créé par le 24 août 2015 | Dans : Fictions

Mary et Hernie marchaient dans le couloir silencieux. Le capitaine était près d’eux. Devant se tenaient une équipe de stewards. Ils allaient délivrer Joy et Mike. Mary était inquiète. Qu’était-il arrivé à Joy après qu’un des hommes ait coupé la caméra? Était-elle blessée? Elle essuya une petite larme sur sa joue. Et puis qui étaient ces hommes? Mike les connaissait-il? Mary n’avait pas vu à quoi ressemblaient ces hommes, mais ils n’avaient pas l’air tendres.

Ils parvinrent à la salle de vidéo surveillance. La porte était fermée. Les marins enfoncèrent le battant. Trois hommes se tenaient dans la pièce. Les stewards les maîtrisèrent rapidement. Puis les enfants virent les prisonniers. Mike était attaché sur une chaise. Quand à Joy, elle était couchée à côté, ligotée et bâillonnée. Mary se dépêcha de lui retirer ses liens. Puis elle la releva précautionneusement. La gouvernante n’avait pas l’air blessée. Mais ses poignets étaient marqués. Mike fut libéré par Hernie.

Il eut un peu de mal à tenir debout. Mais quelques minutes plus tard et avec l’aide d’Hernie, il put marcher et sortir de la pièce. Mary était soulagée. Ils étaient sauvés. Mais les hommes ne semblaient pas vouloir s’en tenir là. L’un d’eux sortit une petite télécommande munie d’un bouton. Il appuya dessus, triomphant.
- Vous allez avoir des problèmes, deux bombes sont cachées sur ce bateau. Je viens de les mettre en marche. Vous avez une heure pour les trouver avant qu’elles n’explosent. Bonne chance!

Il ricana et se mura dans le silence. Le capitaine, paniqué, envoya les stewards fouiller le bateau afin de trouver les bombes. Les prisonniers furent emmenés au bureau du capitaine. Mary, Hernie, Mike et Joy s’y rendirent également. Mary se serra contre Joy, effrayée. Qu’allaient-ils faire? La situation avait empiré. A présent, le bateau risquait d’exploser et couler. Il fallait à tout prix retrouver les explosifs!

Nurse, moi? (épisode 47: La décision du capitaine)

Créé par le 23 août 2015 | Dans : Fictions

Mary et Hernie étaient vraiment inquiets. Ils n’avaient plus de nouvelles de leur oncle depuis au moins une heure. Il était parti faire une promenade. Avant qu’ils n’aient pu se poser des questions, Joy, leur gouvernante, était revenue. Elle avait quitté le bateau la veille pour se rendre à l’enterrement de son père. Mais il s’était avéré que toute l’histoire n’était que mensonges. On avait voulu l’éloigner. Mais de quoi? Joy était partie chercher leur oncle. Elle n’était pas revenue non plus.

Ils s’étaient inquiétés. Où étaient-ils passés? Puis le capitaine les avaient appelés dans son bureau. Il avait reçu un appel. Joy et Mike avaient été enlevés par des hommes. Il avait exigé une preuve confirmant qu’ils étaient en vie. Les ravisseurs avaient demandé une rançon. Si on ne la payait pas, des bombes cachées dans le bateau exploseraient. Ce n’était vraiment pas rassurant. Mais pourquoi ces gangsters avaient-ils pris Joy et Mike en otage? Pourquoi eux? Il devait y avoir plus de mille passagers sur ce bateau!

Lorsqu’on lui dit que Joy avait été enlevée, Mary se mit à pleurer. Hernie avait lui même les larmes aux yeux. Ils avaient l’impression de se retrouver dans la même situation qu’avec leurs parents, six mois auparavant. La même sensation de vide les habitait. Et s’ils ne revoyaient jamais Joy et Mike? Où iraient-ils, cette fois? Ils n’avaient aucun autre parent assez porche pour s’occuper d’eux! Mary sentait ses larmes couler sur ses joues. Quand à Hernie, il faisait son possible pour ne pas le montrer, mais il se sentait perdu.

Quelle genre de preuve enverraient les ravisseurs? Un peu plus tard, le capitaine alla récupérer la preuve dans un obscur coin du pont C. Il revint avec une clef USB. Il la brancha à son ordinateur. La clef ne contenait qu’un fichier. Il s’agissait d’une vidéo.

On y voyait Joy et Mike. Cette dernière leur parla:
- Cette vidéo pour vous montrer que ça peut aller. J’ai déjà été mieux, mais bon. On est vivants, et on est bien aux mains de ceux qui vous ont téléphoné, capitaine. Les enfants, si vous nous voyez, je vous embrasse. Je ne sais pas quand je vous reverrai.

Puis Mike, assis sur une chaise et ligoté, ajouta:
- Ne vous inquiétez pas pour nous. Ça va.
Joy avait les poignets attachés. Elle les avait posés sur le dossier de la chaise de Mike. Ils semblaient tous deux en bonne santé, quoique fatigués. Joy souriait. Mais Mary n’était pas idiote. Ce sourire avait quelque chose de faux. Soudain, Joy ajouta très vite:
- Nous sommes retenus dans la salle de…Mhf…

Elle ne finit pas sa phrase et Hernie vit que deux hommes l’avaient plaquée au sol. Tous trois s’étaient retrouvés derrière la chaise de Mike. Le dernier plan du film montrait les chaussures de Joy qui tentait de parler mais ne pouvait pas, l’un des hommes lui ayant mis une main sur la bouche. La vidéo se termina et Mary se serra davantage contre son frère, en larmes. Joy voulait leur faire croire que tout allait bien, mais ce n’était visiblement pas le cas. Cette vidéo n’avait pas rassuré les enfants. Elle avait eu l’effet contraire.

Ils se tournèrent tous deux vers le capitaine. Qu’allait-il faire? Il déclara:
- J’ai reconnu l’endroit où ils se trouvaient. Il s’agit de la salle de vidéosurveillance. Joy a essayé de nous le dire. Nous allons aller les délivrer. Mes stewards iront avec nous. Ils ne sont pas armés, je pense.

Nurse, moi? (épisode 46: Pieds et poings liés)

Créé par le 23 août 2015 | Dans : Fictions

Mike se trouvait toujours dans cette salle encombrée d’écrans divers. Cela faisait à présent plusieurs heures que ces hommes l’avaient enlevé. Plusieurs heures qu’il était assis sur une chaise, ligoté. Et il commençait sérieusement à trouver le temps long. Joy, la gouvernante de ses neveux, était couchée près de sa chaise. Elle ne lui avait rien dit depuis que ces même hommes l’avaient kidnappée à son tour. La jeune femme était également attachée. Elle lui tournait le dos. Il devinait que sa position n’était pas des plus enviables.

Leurs ravisseurs étaient au nombre de trois. Ils avaient décidé de demander une rançon au capitaine. Après tout, Joy et Mike étaient des passagers sur son bateau. L’un des hommes, probablement le chef, décrocha le téléphone de bord en leur lançant:
- Puisque vous ne voulez pas nous payer vos dettes, nous devons tout de même récupérer de l’argent. Je téléphone au capitaine.

Il appuya sur une touche et attendit quelques secondes:
-…Allo, capitaine?…Oui…Je vous appelle car j’ai ici avec moi deux de vos passagers…Mais je compte en effet vous demander une rançon. Je les ai enlevés dans ce but. Je voudrais la somme en euros, s’il vous plaît….Disons cinquante-cinq mille?…Vous voulez avoir une preuve qu’ils sont bien vivants et avec nous?…Nous allons trouver un moyen…Ce sont Joy Clint et Mike Harrison…Je vous recontacte, capitaine. Lorsque j’aurai trouvé un moyen, vous aurez une journée pour payer. Et si vous ne le faites pas, j’ai caché des bombes dans le bateau. Je les ferai exploser. C’est aussi simple que ça.

Il raccrocha sans laisser le temps au capitaine de répondre. Puis les trois hommes se mirent à discuter à voix basse dans un coin de la pièce. Ils réfléchissaient visiblement à la façon d’apporter la preuve que leurs prisonniers étaient vivants. Ce n’était pas évident. Au bout d’un moment, les trois malfrats se tournèrent vers eux.
- On va faire un vidéo. La preuve sera là. J’ai de quoi vous filmer.

L’un d’eux s’avança vers Joy et lui délia les pieds afin qu’elle puisse se tenir debout. Il la releva. Mais la jeune femme avait passé tellement de temps couchée qu’elle ne sentait plus ses jambes. Mike le vit car elle s’effondra et l’homme dût la soutenir. Il la lâcha au bout de quelques minutes. Elle tomba en avant, se rattrapant au dernier moment avec ses coudes. Mike n’avait pas bougé de sa chaise. Il la vit se redresser légèrement, prenant de grandes inspirations. Ses poignets étaient toujours attachés. Elle roula sur son flanc.

Puis elle se releva comme si de rien était. Elle s’appuya contre la chaise de Mike. L’homme alluma la caméra. Joy sourit. Les enfants allaient probablement voir cette vidéo, alors autant faire bonne figure. Elle parla:
- Cette vidéo pour vous montrer que ça peut aller. J’ai déjà été mieux, mais bon. On est vivants, et on est bien aux mains de ceux qui vous ont téléphoné, capitaine. Les enfants, si vous nous voyez, je vous embrasse. Je ne sais pas quand je vous reverrai.
Mike continua:
- Ne vous inquiétez pas pour nous. Ça va.
Joy rajouta, très vite:
- Nous sommes retenus dans la salle de…Mhf…
Elle n’eut pas le temps de finir sa phrase, que deux des hommes se précipitèrent sur elle, l’empêchant d’indiquer leur localisation. Ils la plaquèrent au sol derrière la chaise de Mike. L’un d’eux resta, lui mettant une main sur la bouche. Le second alla couper la caméra. Joy fut bâillonnée. On lui remit ses liens aux chevilles. Puis les hommes partirent porter la vidéo au capitaine.

Nurse, moi? (épisode 45: Comme on se retrouve!)

Créé par le 20 août 2015 | Dans : Fictions

Mike avait été enlevé. Il était à présent dans une salle totalement inconnue de lui. Il ne savait même pas dans quelle partie du bateau il se trouvait. Deux hommes le surveillaient. On l’avait installé sur une chaise en plastique. Ses mains étaient attachées. Il observa la pièce. Des écrans recouvraient les murs. Il s’agissait de la pièce de vidéo-surveillance du bateau. Car le paquebot était étroitement surveillé à l’aide de caméras placées un peu partout.

L’un des hommes était debout, appuyé nonchalamment contre un des murs. Le second pianotait sur un clavier, contrôlant ainsi les caméras. Mike pouvait voir presque tout le bateau. Soudain, alors qu’il regardait l’un des écrans montrant un couloir, il reconnut une silhouette. Joy. Elle était revenue? Il la croyait repartie sur le continent. Elle avait sans doute voulu leur faire une surprise. Les enfants allaient être contents. Mais peut-être les avait-elle déjà vus? Mais si c’était le cas, alors elle le cherchait. Au moment où il pensait cela, l’un des hommes vit la jeune femme à son tour.

- Eh, regarde, Mike! C’est encore ton amie! Je croyais pourtant l’avoir envoyée suffisamment loin! C’est pas vrai! Elle a dû s’en rendre compte. Et maintenant la revoilà. Mais cette fois-ci, elle ne va pas nous avoir.
- Que voulez-vous dire? Ce n’était pas vrai?
- Non. C’était juste pour l’éloigner de toi. Mais ça n’a pas marché. On va aller s’en occuper. Harold? Prend Jack avec toi et piège-la.

Le deuxième homme opina de la tête et sortit de la pièce. Quelques minutes plus tard, Mike vit deux hommes apparaître derrière Joy. Insouciante, ne se doutant de rien, elle marchait. Tout à coup, les deux individus se placèrent directement derrière elle. L’un d’entre eux lui mit une main sur la bouche, l’emprisonnant de ses bras. L’autre lui attrapa les jambes. Joy donna un coup de tête dans le menton du premier. Il grimaça, mais ne lâcha pas prise. La jeune femme se mit alors à remuer pour se libérer.

Le deuxième homme reçut un coup de pied dans le visage. Il recula de quelques pas. De son côté, celui qui la détenait toujours lui noua un bandeau sur les yeux. Joy sembla se calmer un peu. Les deux hommes l’emmenèrent avec eux. Quelques minutes après, le petit groupe entrait dans la pièce où se trouvait Mike. Ce dernier était inquiet pour Joy. Le visage de la jeune femme ne montrait aucune émotion. Il se demanda comment elle réussissait à être si calme alors qu’on venait de la kidnapper.

Les hommes lui enlevèrent le bandeau. Les yeux de la gouvernante s’écarquillèrent de surprise à la vue de Mike attaché sur sa chaise. Elle lui lança un regard interrogateur. L’un des hommes répondit à sa question muette:
- Nous vous avons enlevés car il nous faut de l’argent. Nous allons demander une rançon, puisque votre ami ne veut pas payer.

Joy fut installée à même le sol, à côté de la chaise sur laquelle était assis Mike. Elle avait également les mains attachées. Visiblement inconfortable en position assise, elle s’étendit par terre. A la différence de Mike, ses chevilles étaient entravées. Il pencha la tête vers elle. Joy déclara:
- Vous allez demander une rançon? De combien, pour voir combien nous valons?

Sa phrase était pleine d’ironie, ce qui énerva l’homme qui semblait être le chef. Il s’avança vers elle et lui donna un violent coup de pied dans le ventre. Mike vit Joy tressaillir, mais elle ne dit rien. Il était révolté qu’on puisse la traiter de cette façon. La colère commença à monter en lui.
- Attendez un peu que je me débarrasse de ces liens, vous…
L’homme ricana et le gifla. Mike ne sentit presque pas la douleur tellement il était en colère. Il jeta un coup d’œil vers Joy. Elle était allongée par terre, lui tournant le dos. Il ne voyait que ses cheveux auburn. Puis elle se tourna péniblement vers lui. Dans ses yeux, il lut de la détermination.

Nurse, moi? (épisode 44: Touché)

Créé par le 19 août 2015 | Dans : Fictions

Mike était parti faire une petite promenade. Il voulait être seul, n’ayant pas encore trouvé comment payer ces gens. Bien sûr, il n’avait pas averti les enfants de toute cette histoire. Seule Joy était au courant. Mais elle n’en connaissait qu’une partie. Et en plus, elle n’était pas là. Il n’avait vraiment aucune idée. Comment faire? Il marchait sur le pont sans regarder où il allait. Le vent le frappait au visage. Il regarda autour de lui.

Il n’y avait personne. Le pont était totalement désert. Le ciel au dessus de lui était bleu. Mike continua d’avancer. Il entra dans un couloir peu éclairé. L’écho de ses pas résonnait entre les murs. Tous les passagers mangeaient.

Soudain, alors qu’il prenait un virage, quelqu’un l’attrapa par derrière, lui plaçant un mouchoir sur la bouche pour l’empêcher de crier. Il se débattit, mais son kidnappeur était trop fort. Ce dernier le fit avancer, lui cachant les yeux de sa main. Mike avait peur de rentrer dans quelque chose, il ne voyait rien. Mais surtout, il se demandait qui avait fait ça. Sans doute ces hommes de main.

L’homme qui le tenait était grand et costaud. Il lui sembla qu’ils traversaient plusieurs couloirs. Ils descendirent deux escaliers pour en remonter un. Les personnes qui le poursuivaient avaient dû en avoir assez, de lui demander cet argent. Qu’allait-il lui arriver? Allaient-ils couler le bateau et le laisser emprisonné dans la cellule de bord? Ce scénario faisait penser au sort de Jack Dawson dans Titanic.

Mais Jack avait été sauvé par Rose. Lui n’avait personne pour le sauver. Joy aurait pu le faire, mais elle était sûrement très loin à l’heure qu’il était. Et il ne savait même pas si elle reviendrait. Mike et l’homme continuaient leur chemin dans les couloirs du bateau. Mais où allaient-ils donc?

Nurse, moi? (épisode 43: Le retour)

Créé par le 18 août 2015 | Dans : Fictions

Joy était de retour sur ce même petit hors-bord. Mais cette fois-ci, elle effectuait le trajet en sens inverse. A l’arrivée du bateau à bon port, elle s’était renseignée à propos de son père. Il s’était avéré que toute cette histoire n’était qu’un canular. Son père n’était absolument pas là où on lui avait dit d’aller. De plus, il était bien vivant. Cette lettre était un faux. Joy était soulagée. Elle préférait que son père ne soit pas mort. Mais elle était énervée. Qui donc avait osé lui faire une chose pareille?

Qui avait monté cette blague ridicule? On lui avait fait croire à la mort de son sa seule famille. Ce ne pouvait avoir qu’un seul but: l’éloigner du bateau. Ces hommes n’avaient vraiment pas de limites. Mais s’ils avaient ressenti le besoin de l’écarter de Mike, c’était parce qu’ils la considéraient comme étant dangereuse! Une partie d’elle-même jubila à cette pensée. Mais elle se remit aussitôt à angoisser à propos de son patron. Les bandits avaient eu le champ libre, sans elle.

Le vent du large commençait déjà à ébouriffer ses cheveux. Les embruns mouillaient son visage. L’odeur salée lui monta au nez. Après une semaine passée sur le paquebot, poser un pied sur la terre ferme lui avait paru vraiment étrange. La légère vibration du sol lui avait manqué. Et puis un plancher normal ne tanguait pas comme dans la cabine qu’elle avait occupé avec Mike. Vraiment, cette croisière était un monde bien à part de tout ce qu’elle avait déjà connu. Cet univers au milieu de l’océan lui manquait. Elle souriait sans s’en rendre compte à mesure que le petit bateau approchait du paquebot.

Enfin, Joy put monter à bord du gros bateau. Elle portait sa valise. Mary, Hernie et Mike seraient surpris de la voir revenir si vite. Tout était tel qu’elle l’avait laissé. Le bateau avait toujours l’air accueillant, le soleil réchauffait le pont, tout semblait si rutilant! Les passagers mangeaient à l’extérieur. La jeune femme retrouva son chemin dans les couloirs désormais familiers. Mais lorsqu’elle entra dans la cabine qu’elle partageait avec Mike, il n’y avait personne. Elle posa sa valise. Elle était inquiète.

Elle attendit quelques minutes, sans doute étaient-ils allés manger. Mais lorsque Mary et Hernie entrèrent, demandant à aller manger, elle n’eut plus de doutes: quelque chose n’allait pas. Mary la serra dans ses bras, heureuse qu’elle soit revenue. Hernie lui sourit.
- Joy! Ça fait plaisir de te revoir! Je ne sais pas où est passé Mike. Il me semble qu’il est parti se promener. Il nous avait dit qu’on irait manger. Mais il n’est pas revenu. Au fait, que s’est-il passé, pour ton père?
- On m’a envoyé une fausse lettre. C’était un canular. Il est vivant. On voulait m’éloigner. Venez manger, on cherchera Mike après. Peut-être a-t-il décidé de prolonger sa promenade?

Nurse, moi? (épisode 42: Le retour des ennuis)

Créé par le 17 août 2015 | Dans : Fictions

Joy était partie. Mike se promenait sur le bateau, pensif. Maintenant qu’elle n’était plus là, les hommes qui le poursuivaient allaient sans aucun doute montrer le bout de leur nez. Il avait remarqué qu’ils n’avaient jamais vraiment osé le menacer tant que Miss Clint avait été près de lui. Les seuls moments où ils l’avaient fait étaient quand elle dormait ou qu’il était seul. Peut-être ces hommes la voyaient-ils comme étant un danger pour eux? Pourtant, la jeune femme ne paraissait pas si impressionnante.

En tout cas, à présent, il était seul face à eux. Qu’allait-il faire s’ils venaient l’attaquer? Il n’avait aucune idée de la façon dont il allait procéder pour les payer. Peut-être que la gouvernante aurait eu une idée, mais là, Mike n’en avait pas. Il avait peur. Très peur. D’ailleurs, il n’aurait jamais dû aller se promener seul, ni même sortir de sa cabine. Il était presque devenu un fugitif. Il se croyait suivi en permanence, ayant peur de son ombre et marchant à pas feutrés. Joy se serait certainement moquée de lui.

Elle lui aurait dit qu’il était ridicule, à raser les murs de la sorte. Mais il interrompit ses pensées. Il était seul face à ces hommes dangereux. Joy n’était pas là pour lui souffler une idée, elle n’était même plus là pour rire de lui. Qui savait si elle reviendrait un jour? Peut-être déciderait-elle de rentrer chez elle, accablée par le chagrin. Non! Elle ne le laisserait pas tomber. Elle savait que ces hommes lui voulaient du mal. Elle avait même cassé le nez à l’un d’entre eux.

Elle reviendrait. Mais tiendrait-il jusque là? Que se passerait-il? Et les enfants, qui n’étaient au courant de rien, seraient-ils attaqués? Mais pourquoi pensait-il ne pas pouvoir contrer ces ennemis sans Joy? Il l’avait bien fait, avant qu’elle n’arrive dans leur famille. Il avait fui, il les avait évités, il avait été lâche. Joy, elle, n’hésitait pas à aller au devant des problèmes. Elle les prenait à bras le corps. Maintenant qu’elle était partie pour une durée indéterminée, il devait agir de la même façon.

Mais serait-il capable de se défendre? Un bruit le fit soudain revenir à la réalité. Trois hommes se tenaient devant lui. Ils s’avancèrent, l’air menaçant. L’un d’eux faisait craquer ses articulations en souriant avec cruauté. Mike recula, horrifié. Que devait-il faire? Jamais il n’oserait faire comme Joy. Il n’avait jamais su se battre. A force de reculer, il rencontra un mur. Les autres gagnaient du terrain. Puis, sans qu’il puisse voir venir le coup, l’un d’eux le frappa au visage.

Il sentit son nez craquer. Le sang coula sur ses doigts qu’il avait placés en protection.
- Harrison! A présent, nous pouvons venir te faire une petite visite. Ta gouvernante n’est plus là pour te protéger. Donne nous notre dû.
- Je…Je ne l’ai pas. Il faut que je trouve un moyen de gagner de quoi vous payer.
- Il me semble qu’on a été vraiment patients. Très patients. Mais maintenant, on en a marre. On est énervés. Et quand on est énervés….On fait n’importe quoi. Alors si tu n’as pas l’argent dans deux jours, on trouvera un autre moyen pour l’avoir. On pourrait en voler, par exemple…Et te faire porter le chapeau…Tu as vu comme ça a bien marché l’autre fois. Vous vous êtes retrouvés tous les deux derrière les barreaux. C’est si facile! Je peux recommencer. Allez, à dans deux jours!

L’homme le frappa une fois de plus. Mais cette fois-ci, Mike ne fut pas surpris. Les trois hommes partirent, le laissant assis contre le mur, la tête entre les mains. Dans deux jours! C’était vraiment court! Il retourna à sa cabine. Toute la nuit, il réfléchit au problème. Il lui paraissait impossible de réunir autant d’argent en deux jours. Si seulement Joy pouvait revenir! Il était vraiment dans le pétrin.

Nurse, moi? (épisode 41: Réflexions, famille qui s’éloigne)

Créé par le 17 mai 2015 | Dans : Fictions

Joy venait d’embarquer sur le hors-bord. Elle regarda le paquebot s’éloigner peu à peu. Elle était très triste. Son père…Il était sa seule famille. Il ne vivait peut-être pas avec elle, mais il était quand même présent pour elle quand il le fallait. Elle allait aller à son enterrement. Joy ne savait même pas si Mike, Mary et Hernie avaient compris la raison de son départ.

Gary avait tout de suite compris la cause. Il avait été gentil et très fraternel. Il avait su la réconforter. Elle s’était senti un peu mieux. Son accent à couper au couteau avait légèrement détendu l’atmosphère. Il avait voulu lui apporter un thé, lui qui avait toujours détesté ça. Il savait qu’elle aimait bien cette boisson. Mike n’avait rien dit. Mais sa présence avait suffit. Etait-il encore fâché contre elle?

La gouvernante ne savait pas si elle allait revenir. Elle venait de perdre ces trois personnes qui, pour elle, étaient un peu comme une famille. Gary aussi, elle le voyait comme un frère. Et lui la voyait comme une sœur. Quand ils dansaient, ils étaient connectés. Comme par les liens du sang. Mike savait-il danser? En tout cas, il avait toujours semblé apprécier quand ils dansaient.

Mike venait de rompre avec Linda. Il en avait été bien plus attristé qu’il le pensait, apparemment. Il savait qu’il ne l’avait jamais aimée. Mais il ne s’imaginait sans doute pas que Linda pensait pareil. Pourquoi étaient-ils restés un peu ensembles si ils savaient tous deux qu’ils ne s’entendaient pas? Joy était déçue que Linda soit partie, elle lui avait paru sympathique.

De plus, elle avait pensé que ce couple était réel. Ils savaient bien donner le change. A cause e cette rupture, Mike avait voulu replonger dans le jeu. Cette addiction lui avait attiré bien des ennuis par le passé, d’après Mary. Comme à beaucoup d’autres. La jeune femme avait été obligée de le faire sortir de la salle pour l’empêcher de recommencer.

Juste avant qu’elle ne reçoive la lettre annonçant la mort de son père, elle lui avait mal parlé. Mais il l’énervait, à la fin, à ne jamais faire ce qu’il faut, à attirer les problèmes. Elle n’avait encore une fois pas pu se retenir de lui faire une réflexion. Il lui avait répondu qu’il n’était pas retourné jouer après qu’elle soit intervenue. Ils s’étaient ensuite fâchés parce qu’elle lui avait dit qu’ils se disputaient toujours à cause de ses multiples problèmes.

Mary s’était vraiment attachée à elle. Elle la considérait comme une vraie amie plutôt que comme une gouvernante. La fillette avait bien aimé jouer à la police. Il avait semblé à Joy que Mike et Linda s’étaient installés juste au dessus d’elles deux. Ils avaient donc sans doute vu le jeu. Mary avait dû être très triste que Joy doive partir aussi vite. Mais son père était vraiment important pour elle.

Hernie ressemblait un peu à son oncle. Il avait une énergie qu’il ne parvenait pas à contrôler. Il s’énervait vite. Et il n’était pas très doué pour choisir ses amis. Bien qu’il ait tenté de la jeter à la mer, qu’il lui ait frappé le ventre, qu’il l’ait attaquée avec sa bande, elle l’aimait bien. S’il canalisait cette énergie en trop, il serait tout à fait normal.

Depuis qu’elle avait rencontré cette famille assez particulière, elle avait vu tellement de choses! A commencer par ce bateau! Elle s’inquiétait tout de même de laisser Mike tout seul, avec ces hommes dangereux qui avaient embarqué sur le bateau. Elle n’était pas tranquille. Et s’ils décidaient de lui faire du mal? Elle n’était plus là. Et elle savait bien qu’il ne savait pas leur résister. Pour eux, il aurait été prêt à réveiller son ancienne addiction.

Mike…Elle ne savait pas trop que penser de lui. Très gentil avec elle depuis le début. Mais violent, très violent sous l’influence de l’alcool ou la colère. Cette histoire avec les hommes qui le poursuivaient devait l’angoisser. D’autant qu’elle avait dû partager une cabine avec lui. Un bon père pour les enfants s’il sortait de ses papiers pou s’intéresser à eux.

Le paquebot disparut de sa ligne de mire. Elle ne conduisait pas le hors-bord, c’était un employé du paquebot qui l’accompagnait. Il savait où aller. Elle n’avait qu’à attendre d’être arrivée.

Nurse, moi? (épisode 40: Un départ précipité)

Créé par le 16 mai 2015 | Dans : Fictions

Mike rentra à la cabine qu’il avait partagée avec Joy. Il s’assit sur son lit. Il était vraiment déprimé, cette fois-ci. Plus encore qu’après le départ de Linda. Les enfants entrèrent dans la cabine. Mary s’assit à côté de lui. Elle le regarda, puis déclara:
- Je suis sûre qu’elle te manque déjà.
- Ça se pourrait.
- Ne t’en fais pas, elle reviendra. Elle s’est attachée à nous comme on s’est attachée à elle.
- Je n’en suis pas sûr. Après tout ce que je lui ai fait, on s’est disputé constamment, j’ai pu être un peu brutal en lui criant dessus…Je comprendrais qu’elle ne veuille plus nous voir. Je n’ai pas été très sympa avec elle, Mary.
- Ça c’est sûr. Elle a été patiente un moment. Elle t’as supporté. Elle nous a supportés nous. Elle était gentille. Pleine de joie de vivre. Je l’adore. Je suis sûre qu’elle nous aime tous comme on est. Elle a perdu son père, et on ne l’a pas beaucoup soutenue. Gary a su quoi faire, lui.
- On a pas pu la soutenir réellement. Elle est partie vite. Si vite!
- Joy est partie très vite, oui. Tu sais, je suis sûre qu’elle te considère plus comme un ami que comme un employeur.
- Tu crois?
- J’en suis certaine. Ça se voit. Quand vous ne vous disputez pas, ce qui est rare, vous vous entendez à la perfection. C’est magique. On pourrait presque croire que vous êtes nos parents. C’est incroyable.
- Non, là tu décris plutôt sa relation avec Gary.
- Gary? Tu n’y est pas. S’ils s’aiment, c’est de façon fraternelle. Gary est le frère qu’elle n’a pas eu. Tu remarqueras qu’il ne l’a jamais embrassée. Il se comporte avec elle comme un frère.
- Ah bon? Vraiment?
- Ils n’ont jamais été ensembles. Ce lien fort que tu vois quand ils dansent, c’est une immense amitié.

Hernie hocha la tête:
- Ouais. Joy et Gary sont des frères et sœurs, en quelque sorte. Tu n’as aucune raison d’être jaloux. Joy n’a pas été jalouse, quand tu étais avec Linda. Bon, en même temps, je ne vois pas ce que tu lui trouvais, à cette femme. Elle n’était vraiment pas de taille à rivaliser avec notre Joy.
- Je ne suis pas jaloux! Au fait, elle m’a raconté que toi et tes amis…
Hernie lui coupa la parole:
- Je savais que tu le saurais un jour. Je suis désolé. Je ne savais pas que c’était elle. Je ne l’avais pas reconnue. Dans le noir… Elle nous a massacrés! Un truc de dingue! Bon, en même temps, on est pas très forts en bagarre, nous. Ne t’en fais pas, j’ai changé d’amis. Je m’en voulais. Elle n’a pas eu l’air de nous en vouloir. Je me demandais si elle te le dirait.
- Elle a hésité avant de me le dire. Elle ne voulait pas que je te punisse. Elle trouve que tu devrais canaliser ton énergie dans quelque chose comme un sport.
- C’est une bonne idée. C’est triste qu’elle soit partie….
- Quand même, Hernie, je ne sais pas si je peux laisser passer ça. Ce n’est pas la première fois que tu l’attaques. Heureusement qu’elle a été formée au combat, sinon, elle aurait déjà démissionné.
- Linda, elle n’était pas formée au combat, elle. Joy est bien mieux. Au fait, tu as un peu déprimé. As-tu repris le poker?
- Un peu. Mais j’ai vite arrêté car Joy m’a surpris et m’a sorti de la salle de force! Je n’y suis pas retourné.
- Vivement qu’elle revienne!

Nurse, moi? (épisode 39: Le message de la terre ferme)

Créé par le 16 mai 2015 | Dans : Fictions

Mike retrouva Joy un peu plus tard. Elle était allongée sur son lit. Un livre à la main, elle lisait. Elle ne remarqua même pas qu’il était entré. Il s’assit à son tour sur sa couchette. Là, la jeune femme leva les yeux de son ouvrage.
- Tiens, voilà notre joueur. Ça va? Vous avez bien perdu de l’argent?
- Sachez que j’ai arrêté de jouer après que vous m’ayez sermonné sur le sujet.
- C’est bien. Mais si chaque fois que vous êtes déprimé vous recommencez, on est pas arrivés. Je ne serai pas toujours derrière vous pour vous rappeler le droit chemin, moi.
- Eh bien tant mieux. Vous ne faites que ça, me rappeler le droit chemin. Vous n’êtes pas ma gouvernante, mais celle des enfants!
- Bien vu. Dans ce cas, je ne devrais même pas vous parler. Je ne suis qu’une simple employée, je ne vous parlerai plus. De toute façon, chaque fois qu’on se parle, ça tourne mal. Non, c’est surtout à cause de vos mensonges, que ça va mal! Vous n’avez jamais voulu m’expliquer votre problème avec ces hommes, ce qui a créé un sujet pour beaucoup de disputes. Eh bien celle-ci, c’est la dernière dispute, parce que je ne vous adresserai plus la parole.

Mike ne répondit rien, énervé. Le pire était qu’elle avait raison. Ils auraient pu très bien s’entendre, sans tous ces mensonges! Mais toute cette histoire avait créé dès le début un immense gouffre entre eux, un gouffre qui n’arrêtait pas de s’élargir au fil des disputes. Joy, toujours allongée, se tourna vers le mur et ne dit plus rien.

Quelques minutes plus tard, quelqu’un frappa à la porte de la cabine. Joy s’était endormie. Mike alla ouvrir. Un steward lui remit un pli pour Miss Clint. Il remercia l’employé, puis il s’approcha du lit de Joy. Fallait-il la réveiller? Il lui toucha le bras, ce qui eut pour effet de la réveiller en sursaut et de la faire reculer, effrayée.

Elle avait peur de lui? Peut-être craignait-elle qu’il la frappe, emporté par la colère. Il la rassura d’un geste. Puis, il lui tendit l’enveloppe.
- C’est arrivé pour vous.

Joy sembla se détendre un peu. Elle prit la lettre. Elle l’ouvrit.

Mike la vit lire. Elle devenait toute blanche. La jeune femme laissa tomber la lettre, poussa un cri déchirant,elle éclata en sanglots et se laissa choir au pied du lit.
Elle mit ses mains sur ses yeux. Des larmes continuaient à ruisseler. Mike, voyant cela, s’approcha d’elle, voulant la réconforter.

Elle ne fit pas un geste vers lui, les mains sur les yeux, pleurant à chaudes larmes. Mike se demanda ce qui avait pu causer ce chagrin soudain. Sûrement ce que contenait la lettre. La jeune femme pleurait sans bruit.

Mary entra à ce moment-là. Elle courut vers Joy, alarmée par toutes ces larmes.
- Qu’est-ce que t’as, Joy? Pourquoi tu pleures?
Sans rien dire, toujours en larmes, la gouvernante la prit dans ses bras. Mary lança un regard interrogateur à son oncle qui haussa les épaules. Il était désolé pour elle, mais il ne pourrait pas la soutenir si elle n’expliquait pas la cause de cette tristesse.

Mary se dégagea doucement des bras de la jeune femme et entraina Mike dans le couloir, hors de la cabine.
- Tu lui as fait quoi, encore? Vous n’arrêtez pas de vous disputer, mais là, je pense que tu es allé trop loin. Beaucoup trop loin. Joy est quelqu’un de solide, mais il ne faut pas non plus en profiter, parce qu’à force, ça peut l’atteindre.
- Mary, calmes-toi, je ne lui ai rien fait. C’est vrai qu’on venait de se disputer, mais c’est cette lettre…Elle l’a lue et elle est devenue toute blanche. Puis elle a pleuré. Joy n’est pas du genre à pleurer pour un rien. J’ai vu des femmes qui pleuraient pour pas grand chose. Mais là, ce doit être grave. Il faut la soutenir.
Ils entrèrent de nouveau dans la cabine. Joy était toujours par terre. Seulement elle ne pleurait plus, elle s’était évanouie. Mike la porta sur son lit. Son visage était légèrement rouge. Mais rien d’autre n’indiquait qu’elle avait pleuré. Mary montra un papier à son oncle. C’était la lettre que Joy avait lue. Il était écrit que son père était mort au combat. Son père était sa seule famille, d’après ce que Mike savait.

Mary avait les larmes aux yeux. Elle serra la jeune femme inconsciente contre elle. Puis elle chuchota:
- La pauvre…Elle l’adorait…Il était tout ce qu’elle avait.

Joy reprit ses sens. Elle ouvrit les yeux. Une expression douloureuse apparut aussitôt sur son visage. De nouvelles larmes coulèrent. Elle les essuya avec ses doigts. Mary lui prit la main. Joy tourna la tête vers l’enfant. Ses yeux étaient d’un gris plus foncé que d’habitude. Elle se mordit la lèvre. Mike s’assit sur le bord du lit.

Joy se mit à fixer un point au fond de la chambre. Mary et Mike ne savaient pas quoi faire. Quelqu’un entra dans la pièce. C’était Gary, le prof de danse. Il vit l’attroupement autour du lit de Joy. Son visage triste, les larmes incessantes suffirent à lui faire comprendre la gravité de la situation. Mary s’écarta pour le laisser passer. Il s’assit sur un bord du lit, près de Mike. Joy regardait toujours obstinément le mur, les larmes continuant à couler sur ses joues.

Gary les essuya avec sa main tout en lui caressant le visage. Il écarta ses cheveux. La jeune femme le regarda, les yeux baignés de larmes. Il la prit dans ses bras. Elle tremblait. Le prof lui dit avec un accent germanique prononcé:
- Ne t’inquiète pas, ça fa aller, ça fa aller. Dchoy, tu peux le faire. Reprend le dessus. Ne pleur’ pas. Che suis là. Tout fa s’arrancher. Du kannst, du willst. Tu feux que ch’aille te chercher un thé?
Joy murmura, légèrement calmée:
- Oui, s’il te plait. Ya bitte. Danke shön.

Le prof de danse sortit de la pièce. Mike parut étonné. Il ne savait pas que Gary était allemand, car il ne disait jamais rien. Mais il était d’autant plus étonné que Joy sache quelques mots de cette langue. Soudain, elle se leva et elle déclara:
- Je dois aller à son enterrement. Je dois y aller.
Un regard déterminé s’installa dans ses yeux, sous les larmes. Elle commença à préparer sans valise et prévint le capitaine qu’elle quittait le bateau sans tarder. Elle ne savait pas elle-même si elle allait revenir. Gary revint avec le thé au moment où elle allait embarquer sur un hors-bord. Il la serra dans ses bras. Il lui glissa quelque chose dans la main. Puis il l’embrassa sur la joue.
- Auf wiedersen, Dchoy…

Mary et Hernie vinrent lui dire au revoir. Mary espérait qu’elle reviendrait. Mike fut le dernier à faire ses adieux. Il la prit à son tour dans ses bras. Puis elle embarqua sur le hors-bord. Mike vit le bateau s’éloigner. Il eut un petit pincement au cœur. Il s’y était attaché, à Joy. Elle allait lui manquait. Il ne savait même pas si elle reviendrait. Il resta longtemps sur le pont, à regarder la ligne d’horizon où avait disparu le hors-bord.

Nurse, moi? (épisode 38: Jouer le jeu)

Créé par le 16 mai 2015 | Dans : Fictions

Mike regardait Joy dormir. Elle s’était endormie peu après le passage de l’étoile. Il pensait toujours à Linda. Joy l’avait bien aidé à oublier sa déprime, mais elle était vite revenue parmi ses préoccupations. Il lui fallait autre chose pour chasser cette femme de ses pensées. Quelque chose qu’il avait arrêté depuis l’arrivée de la gouvernante chez lui. Le poker. Il avait cessé d’y jouer. Il s’était plus intéresse aux enfants. Joy avait rétabli un ordre dans leur famille.

Mais Linda avait tout détruit. Linda était sans pitié. Joy dormait toujours, blottie dans son sac de couchage. Il fallait qu’il aille jouer. Ce brusque chagrin le poussait à aller à la salle de jeu. Il espérait que Joy ne le saurait pas. Elle lui en voudrait, si elle apprenait qu’il reprenait cette activité dépensière. La gouvernante se retourna dans son sommeil. Elle était à présent tournée vers lui et ne se doutait pas de ce qu’il allait faire.

Mike se pencha sur elle. Il lui caressa la joue tout en pensant qu’elle était vraiment angélique, quand elle dormait. Il se leva et partit à la salle de jeu. Il marcha silencieusement entre les sacs de couchage.

Joy s’éveilla peu après. Elle vit le sac de couchage vide à côté d’elle. Mike était parti. La jeune femme se leva à son tour et partit à sa recherche. Elle ne le chercha pas bien longtemps. Il était parti à la salle de jeu et jouait au poker. Il avait recommencé! A cause de sa rupture avec Linda, sans doute. Elle le regarda jouer depuis la vitre extérieure. Puis il passa au bar. Elle se décida à entrer.

Son entrée fut très remarquée. Des sifflements retentirent de toutes part. Elle était en pyjama. Elle leur lança un regard noir et s’avança. Tous ces hommes étaient ivres. Mike ne l’était pas encore. Un ivrogne se jeta sur la jeune femme. Il lui attrapa le poignet. Elle le lui retourna aussitôt, le faisant hurler de douleur. Puis elle le repoussa vers sa chaise. Une étincelle de colère brillait dans ses yeux.

Elle regarda l’assemblée de clients, l’air de dire, quelqu’un d’autre veut tester? Plus personne ne tenta sa chance. Elle fit signe à Mike de venir dehors avec elle. Certains buveurs sifflèrent de nouveau. La gouvernante les fit taire d’un regard.

Une fois dehors, Joy croisa les bras et le fusilla du regard:
- Vous avez recommencé.
- J’ai recommandé quoi?
- A jouer, au poker! On ne peut pas vous laisser deux minutes sans que vous fassiez n’importe quoi!
- On pourrait dire la même chose sur vous…
- Moi, au moins, je ne dilapide pas mon argent dans des jeux idiots!
- Ce n’est pas un jeu idiot! Je vais pouvoir gagner de l’argent et régler mes dettes.
- Vous avez déjà gagné beaucoup?
- Eh bien pas grand chose, mais la chance va tourner.
- C’est ça, oui.

Joy partit, l’air énervée.

Nurse, moi? (épisode 37: Sous les étoiles)

Créé par le 15 mai 2015 | Dans : Fictions

Mike était revenu dans la cabine qu’il partageait avec Joy. Il déprimait un peu. Il se remémorait sa rencontre avec Linda. Puis il se rappela qu’elle ne l’avait jamais aimé.

Soudain, la porte de la cabine s’ouvrit avec fracas et Joy déboula dans la pièce. Mike sourit à cette vision. La jeune femme se tourna vers lui, et lui lança, les yeux brillants:
- Je viens de trouver de quoi vous changer les idées! Le capitaine a dit qu’on pouvait dormir sur le pont dans des sacs de couchages!

Elle semblait sur le point de sautiller sur place. La porte s’ouvrit une nouvelle fois et Mary entra avec la même discrétion que Joy. La fillette avait également les yeux étincelants, et elle sauta sur le lit de son oncle avec excitation. Mike prit alors conscience de la ressemblance entre Joy et Mary. Il les suivit dehors, où des centaines de sacs de couchages occupaient les ponts.

Mary fila avec ses amis. Hernie était déjà avec les siens. Les passagers s’allongeaient dans les sacs de couchage. Joy et Mike s’étendirent côte à côte. Ils regardaient les étoiles. Il y en avait beaucoup ce soir là. Joy souriait tout le temps, émerveillée par les points lumineux au loin. Mike était heureux de la voir aussi réjouie. Elle l’aidait à oublier Linda.

Tout à coup, une étoile filante passa. Joy la montra à Mike. Puis ils se turent. Chacun observait le ciel. Des murmures de conversations leur parvenaient. Enfin, Joy prit la parole:
- Il y a quelque chose que je ne vous ai pas dit.
- De quoi s’agit-il?
- Ça ne va pas vous plaire.
- Dites toujours. Qu’avez-vous encore fait?
- Il ne s’agit pas de moi. Mais de Hernie.
- Quoi?
- Tout à l’heure…Quand vous étiez je ne sais où avec Linda…
- Quoi? Il a fait quoi?
- Avec des amis à lui, ils me sont tombés dessus dans un couloir sombre. Ils m’ont agressée.
Mike s’assit brusquement sur son sac de couchage. Joy lui tournait le dos, elle était allongée. Il lui toucha l’épaule:
- Ils ne vous ont pas….
- Non. Mais si ça avait été quelqu’un d’autre que moi…Ils l’auraient réduit en miettes. Croyez-moi.
- Mais vous, ça va? Vous êtes blessée?
- Non, rassurez-vous. Je ne sais pas pourquoi ils ont fait ça. Mais je leur ai conseillé de participer au spectacle. Ils ont accepté. Espérons qu’il n’attaqueront plus personne.
- Vraiment, Miss Clint, je suis désolé. Je lui en toucherai un mot.
- Non, ne lui dites rien. Il avait l’air tellement contrit….Ses amis ont une bien mauvaise influence sur lui.
- Vous êtes sûre que ça va? Vous avez l’air…Abattue.
Joy se tourna vers lui, toujours allongée. Elle répliqua:
- J’en ai vu d’autres, je vous assure. Ça va très bien. Vous, par contre, vous êtes vraiment déprimé. Ne restez pas comme ça! Battez-vous contre ce chagrin! Sinon, vous allez tomber trop bas pour pouvoir remonter.
- Vous avez raison. Je vais remonter la pente. Oh, regardez, Miss Clint! Une autre étoile filante!
La gouvernante se mit sur le dos et observa l’étoile. Elle souriait.

Nurse, moi? (épisode 36: Un coeur brisé)

Créé par le 15 mai 2015 | Dans : Fictions

Mike était avec Linda au bar du bateau, lorsque soudain, elle le regarda droit dans les yeux et déclara:
- Je suis désolée, Mike. Je ne veux pas te faire de peine, mais je ne vois pas d’autre façon de te le dire. Je veux rompre. Je descend du bateau à l’escale de cette nuit. Je ne t’aime pas, Mike. Et toi non plus. C’est sûrement mieux ainsi.

Elle partit sans ajouter un mot. Mike était choqué. Il aurait préféré qu’elle le ménage un peu. Elle lui avait dit ça directement, sans prendre de gants. Il resta à la terrasse du bar, la tête entre les mains. Longtemps, il ne bougea pas. Certes, il ne tenait pas tant que ça à elle, mais ça lui faisait tout drôle qu’elle le quitte. Il prenait la vérité en pleine figure.

Le soir, il retrouva Joy et les enfants au dîner. Il n’avait pas très faim, et il ne participa pas à la conversation. Joy lui lança plusieurs coups d’œils interrogateurs. Les enfants ne parurent pas vraiment remarquer qu’il était préoccupé. Le repas fut très silencieux. Joy finit par ne plus manger elle non plus, et les enfants discutèrent entre eux. Mike sortit de table sans dire un mot.

Il alla s’assoir sur une chaise contre le bastingage. Il se sentait déprimé comme jamais.
Il entendit des pas derrière lui. C’était Joy. Elle s’accouda au bastingage juste à côté de lui sans le regarder. Elle regardait la mer. Puis elle se tourna ver lui. Elle paraissait soucieuse. Joy demanda:
- On dirait que ça ne va pas très fort, je me trompe?
- Vous avez raison, Miss Clint.
- Que vous est-il arrivé?
- Linda….
- Quoi, Linda? Il y a un problème avec Linda?
- Elle m’a laissé tomber.
- Ah bon?
Joy paraissait sincèrement étonnée.
- Elle a dit qu’elle ne m’aimait pas.
- Et vous?
- Quoi, moi?
- Vous l’aimez?
- Elle a aussi dit que je ne l’aimais pas non plus.
- Et c’est vrai?
- Très franchement, je ne ressens rien pour elle. Mais je suis quand même très triste qu’elle ait rompu.
- Pourtant, ça avait l’air de bien aller entre vous, non?
- Vous savez, ce n’est parfois qu’une façade.
Elle le regarda avec un air confus. Puis elle s’appuya de nouveau à la balustrade.
- Vous allez devoir être fort, pour vous en remettre. Même si vous ne l’aimiez pas. Elle est encore sur le bateau?
- Elle part à l’escale de cette nuit.
- Je suis sincèrement désolée pour vous.
Joy regardait la mer. Elle partit, le laissant seul face à cette immensité.

Nurse, moi? (épisode 35: Préparatifs qui débutent)

Créé par le 15 mai 2015 | Dans : Fictions

La plupart des vacanciers commencèrent à réfléchir au spectacle des passagers. Il fallait se mettre d’accord sur ce que ferait chacun. Ce n’était pas facile, car les participants étaient très nombreux. Gary et Joy se chargèrent de faire taire la foule afin que les gens puissent entendre. Ils se proposèrent comme danseurs ainsi que les habituels du cours de danse.

Mike était avec Linda, comme à son habitude. Joy ne lui prêta pas attention. Elle était trop occupée à parler avec le prof de danse et à recevoir des propositions de la foule pour le show. Elle désignait les personnes qui levaient la main du bout de son doigt. Ils avaient à présent pas mal d’idées.

Puis la foule se dispersa et Joy essaya une chorégraphie avec le prof de danse. Ce n’était pas de la salsa, ni du tango, mais une danse autrement plus endiablée. Mike ne connaissait pas beaucoup de danses. Ces deux-là semblaient toujours connectés. Comme liés par un lien très fort. Cela se voyait quand ils dansaient. Mike en était presque jaloux. Joy regardait son partenaire avec une affection infinie. Il aurait aimé que Linda fasse de même avec lui. Mais Linda n’était pas Joy, et elle n’était pas aussi attendrissante.

Elle l’avait bien embrassé quelques fois, mais il n’avait rien senti de particulier. Il n’y avait aucun feeling entre eux deux. Par contre, entre Joy et le prof de danse, il y en avait beaucoup, et cela se voyait. Ils semblaient avoir une confiance absolue l’un en l’autre.

La musique s’arrêta et ils restèrent dans les bras l’un de l’autre. Puis ils s’écartèrent et se sourirent. Mike et Linda s’étaient installés sur des chaises longues non loin de là. Le prof de danse remit la musique et ils se remirent en mouvement.

Nurse, moi? (épisode 34: Une vue aérienne)

Créé par le 05 avr 2015 | Dans : Fictions

Mike et Linda étaient assis sur des chaises longes, juste au dessus du pont où se trouvaient Joy et Mary. Linda ne disait rien, elle regardait la scène au dessous d’elle. Mike ne parlait pas davantage.
La gouvernante faisait visiblement une promenade avec la fillette. Elles parlaient, mais ils étaient trop loin pour entendre ce qu’elles disaient.

Mary sautillait en tenant Joy par la main. Soudain, Joy alla se cacher derrière un tonneau qui traînait sur le pont. Elles étaient en train de jouer. Mary avait un sourire espiègle. Mike l’entendit crier à Joy de sortir de sa cachette. Elles jouaient aux gendarmes et aux voleurs. La jeune femme obéit, mais elle en rejoignit une autre en roulant. C’était impressionnant. On se serait cru dans un film. Et il n’y avait pas besoin de cascadeurs!

Puis Joy fit semblant de tirer sur Mary, qui évita le tir en se baissant. Puis Mary cria de nouveau. Joy se montra, les mains en l’air. Elle souriait. Tout à coup, elle s’écarta. Rien ne laissait prévoir un tel mouvement. Mary fit mine de lui tirer dessus et Joy, qui détalait déjà vers une autre recoin du bateau, trébucha et fit une roulade contrôlée avant de s’immobiliser sur le dos. Mary arrivait déjà, et elle lui cria de s’agenouiller les mains derrière la tête.

La jeune femme se mit à genoux. Puis Mary lui dit quelque chose d’inaudible pour Mike. Joy souleva légèrement son T-shirt. Mike fronça les sourcils. Pourquoi faisait-elle ça? Il n’en avait aucune idée. Cela devait faire partie du jeu. Puis Joy sembla expliquer quelque chose à la fillette.
Mary se mit à adopter des pauses de policiers. Joy éclata de rire.

Mike se tourna vers Linda, qui l’observait. Il prit la parole:
- A ton avis, pourquoi Miss Clint a-t-elle soulevé son T-shirt? J’ai beau chercher, je ne vois pas pourquoi.
- Cela fait partie du protocole américain. L’armée procède ainsi pour arrêter les criminels. Comment le savait-elle?
- Son père est militaire, sans doute en Amérique. Il le lui aura expliqué. Pour Mary, elle a dû le voir dans une série télévisée.
- Comment as-tu rencontré Joy Clint?
- Elle a sonné à ma porte. Elle n’était pas venue pour le job de gouvernante. Elle était représentante de commerce. Mais j’avais trop besoin d’une nounou, je l’ai engagée tout de suite.
- Mary semble l’adorer. C’est bien plus qu’une nounou pour elle. C’est une vraie amie.
- J’ai vu et je m’en réjouis. Avant, Mary était plutôt renfermée. Elle ne l’est plus.
- Joy sait vraiment bien danser. J’adorerais danser pareil. Si elle a un père militaire, alors elle sait se battre, non?
- Je pense que oui.
- Elle peut défendre les enfants. Tu es vraiment tombée sur la personne parfaite pour les enfants.

Nurse, moi? (épisode 33: Bulle de bonheur)

Créé par le 05 avr 2015 | Dans : Fictions

L’après-midi venait de débuter. Mike avait fait plus amplement connaissance avec Linda. Il avait décidé de rester un peu avec elle. Du coup, Joy avait dû aller s’occuper des enfants. Enfin, de Mary, car Hernie était avec ses amis. Elles se baladèrent sur le bateau. La fillette ne disait rien, serrant la main de Joy dans la sienne. Puis elle se tourna vers la jeune femme.
- Dis, c’est qui la femme avec oncle Mike? Tu la connais? Je ne l’avais jamais vue.
- C’est Linda. Elle m’a vue danser tout à l’heure et elle est venue me féliciter après. Mike s’était assis à côté d’elle. Elle a adoré le spectacle. Je lui ai aussi présenté Gary. Elle a pu remarquer qu’il n’est pas très bavard.
- Mike n’avait jamais rencontré Gary, non? Il n’a rien dit?
- Non, mais il a fait une drôle de tête, j’ai trouvé.
- Je n’aime pas beaucoup cette Linda, Joy. Elle m’a piqué mon oncle. Il nous laisse tomber, maintenant. Avant qu’elle arrive, grâce à toi, il recommençait à s’intéresser à nous, mais à présent c’est pire.
- Ne dit pas ça…Il vous aime…J’en suis sûre. Mais il ne sait jamais comment s’y prendre avec vous deux. Il vous arrive d’être compliqués à comprendre, tu sais!
- Ah bon? Moi, j’ai l’impression qu’il ne nous voit même pas, parfois. Toi aussi, il n’arrive pas toujours à te cerner, tu sais?
- C’est vrai? Je pensais être claire à comprendre.
- Apparemment, tu ne l’es pas pour lui, vous n’arrêtez jamais de vous disputer.
- Oui, c’est vrai. On est pas faits pour s’entendre, je crois.
- Si, mais il faut de la patience. On joue à la police? Allez!
Joy hocha la tête. Elles se trouvaient sur le premier pont, le plus bas du bateau. Joy s’était changée depuis le mariage. Elle portait un jean et une veste printanière.
- Je joue le rôle du bandit, et tu fais la policière, Mary.

Joy alla se cacher derrière un baril qui traînait sur le pont. Mary fit semblant de tenir une arme et avança
prudemment en regardant autour d’elle. La fillette avait un air très concentré. Elle passa à côté de la cachette de Joy. Elle savait pertinemment que la gouvernante était là. Mais elle voulait prolonger le jeu.
Soudain, elle se tourna vers le baril, son pistolet imaginaire en main, et cria:
- Vous êtes fait, bandit! Je vous ai vu! Sortez de là, les mains en l’air!
Joy sortit effectivement de son refuge, mais elle courut et roula de façon spectaculaire pour rejoindre un autre abri. Mary sourit.
- Attendez que je vous attrape, vous!
Joy passa la tête et fit mine de tirer sur Mary. Cette dernière se baissa. Elle se campa sur ses deux pieds, et, son arme « transparente » en main, elle somma Joy de sortir.
La jeune gouvernante sortit enfin, les mains en l’air. Mais au moment où Mary allait s’approcher, elle fit un pas de côté. Elles étaient au milieu du pont. La petite fille fit semblant de tirer. Joy, qui courait, tomba et roula sur elle même, comme si elle avait été touchée.

Elle resta immobile, a demi couchée sur le dos. Elle s’appuyait sur ses coudes. Mary arriva. Elle lui lança:
– Allez, on se relève, les mains derrière la tête. A genoux. J’ai vu ça dans un film américain.
Joy se releva, se positionna à genoux, les mains derrière la tête, hilare. Elle connaissait visiblement ce protocole utilisé par l’armée des États-Unis.
Mary continua, visiblement décidée à coller en tous points avec le film:
- Soulevez votre T-shirt, que je voie si vous n’avez pas d’explosifs.
Joy s’exécuta. Elle n’avait pas d’explosifs. Puis la gouvernante prit la parole:
- Il faut faire soulever le T-shirt avant, parce que sinon, je me serais déjà fait exploser. Tu dois vérifier avant de me faire mettre à genoux.
- Comment tu sais ça?
- Mon père travaille pour l’armée américaine. Il m’a expliqué.
Puis Mary joua à prendre des poses avec son arme imaginaire, et Joy éclata de rire.

12345...13

Lore64lib |
Partage d'ebooks |
Savinapreziosi |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | DoctorantsCalvino
| Lesmotsdemag
| Marleyberlioz