Une secrétaire en péril (Episode 22: Recherches en cours…)

Créé par le 19 juil 2017 | Dans : Fictions

Les recherches n’avançaient pas assez vite. Comment comptaient-ils retrouver Meredith en allant si lentement et en y mettant aussi peu d’enthousiasme ? Ils n’étaient pas suffisamment compétents pour le job! C’était inadmissible ! Elizabeth se sentait tellement impuissante qu’elle commença à crier sur quiconque commettait la plus petite des erreurs, ou passait simplement par là alors qu’elle était en colère. Au mauvais endroit au mauvais moment, quoi. Elle criait donc souvent et la moindre petite chose de travers la faisait disjoncter. Parce qu’elle était inquiète. Très inquiète.

Son amie Meredith avait été kidnappée par des agents secrets ennemis, et aucune rançon n’avait été encore demandée. Mais en même temps, combien pouvaient-ils demander pour Meredith ? Elle n’était pas agent secret, ni des forces spéciales. Elle n’était qu’un petit pion sur leur grand plateau de jeu. Et force était de constater que son amie n’avait aucune valeur monétaire pour eux. Mais alors, que voulaient-ils donc d’elle? Gardait-elle des secrets qui pourraient les intéresser?

Elizabeth n’en savait rien. Mais elle espérait qu’ils ne lui feraient aucun mal. Parce que s’il arrivait quoi que ce soit à Meredith, ils en paieraient les conséquences. Car en tant qu’agent secret, elle avait des moyens de les faire tomber. D’ailleurs, par rapport au fait qu’elle soit agent secret et qu’elle ait caché cette vérité à Meredith, elle avait voulu la protéger. Moins elle en savait, mieux c’était. Elizabeth avait beau être un jeune agent, elle savait un certain nombre de choses sur le monde de l’espionnage.

Elle savait donc qu’un espion ne doit pas avoir d’attaches émotionnelles qui pourrait le déconcentrer et lui coûter la vie. C’était trop tard pour cela. Elle en avait déjà. Meredith était quelqu’un qu’elle aimait beaucoup. Et elle ne voulait surtout pas qu’il lui arrive quelque chose. Son but principal dans la vie était à présent de la protéger. Elle n’avait jamais eu auparavant de personne qui aurait compté suffisamment à ses yeux pour qu’elle veuille la protéger de la sorte. Meredith était vraiment quelqu’un de spécial, pour elle. Si jamais il lui arrivait quelque chose..elle ne s’en remettrait jamais. Jamais.

Les recherches avançaient lentement. Soudain, Elizabeth se rappela de quelque chose. Elle avait mis un traceur sur Meredith au cas ou quelque chose arriverait. Pour pouvoir la localiser à tout moment. Elle l’avait oublié. Il allait leur être utile pour localiser l’endroit où était retenue son amie. Elle en parla avec les agents secrets qui les protégeaient. Ils furent d’accord pour tenter une opération. Ils se préparèrent donc.

Elizabeth n’avait pas perdu son habitude qui consistait à crier sur tout le monde sans raison:
- ARRÊTEZ DONC DE TRAINASSER! VOUS ÊTES DES AGENTS SECRETS, PAS DES ESCARGOTS! ALLEZ, ALLEZ, ON SE PRESSE! MON AMIE EST EN GRAND DANGER, JE VOUS SIGNALE !

Lorsqu’ils arrivèrent sur place, leurs ennemis mangeaient leur déjeuner. Ils les attaquèrent donc par surprise. Ce fut Elizabeth qui trouva Meredith. Cette dernière était dans une cellule. Elle dormait.

Elizabeth lui secoua légèrement les épaules :
- Meredith ! Meredith ! Réveille-toi! On t’a retrouvée ! Tu m’entends?
Elizabeth était si contente de la voir! Elle avait l’impression qu’elle ne l’avait pas vue depuis au moins quinze jours. Meredith ouvrit les yeux.

Elizabeth lui sourit:
- Meredith ! Tu es de nouveau parmi nous! Si tu savais comme je me suis inquiétée ! Tu m’as manqué, tu sais? Même si ce n’était que pendant une journée.

Meredith la regardait, l’air perdu:
- Mais qui êtes vous? Et qui est Meredith ?

Une secrétaire en péril (Episode 21: Tout se perd)

Créé par le 19 juil 2017 | Dans : Fictions

Meredith était choquée. Elizabeth? Une espionne? Elle lui aurait menti? Et pourtant, tout concordait. Le fait qu’elle ait su porter des coups et réagir face à ces hommes qui attaquaient, ce coup de téléphone étrange qui n’avait plus semblé si louche après qu’Elizabeth lui explique qu’elle parlait d’un jeu vidéo quand elle avait prononcé le mot « mission », le fait qu’elle ait accepté toute cette histoire d’agents secrets un peu trop facilement. Tous les indices avaient été là, sous son nez, et elle avait été trop aveugle pour les voir. Ou peut-être qu’elle n’avait pas voulu les voir. Car elle tenait beaucoup à Elizabeth.

Mais là, elle était énervée. Elle empoigna le chocolat chaud et elle repartit dans le couloir. Elizabeth était sur le même lit que lorsque Meredith l’avait quittée pour aller chercher une boisson. D’ailleurs, que faisait-elle? Cela ne prenait tout de même pas si longtemps, d’aller chercher un chocolat chaud, si? Soudain, alors qu’elle réfléchissait à toute cette histoire, Meredith entra comme une fusée dans la chambre.

Elizabeth lui demanda:
- Que se passe-t-il?
- Est-ce que c’est vrai, ce qu’il vient de me dire?

Meredith paraissait énervée. Elizabeth ne savait pas de quoi elle parlait :
- Quoi? De quoi tu parles ? Qu’est-ce qui est vrai?
- Tu m’as menti! Tu es une espionne, toi aussi! Depuis le début, tu me mens! Et notre amitié, elle est vraie, au moins ? Et n’essaie pas de nier, je sais que tu es un agent secret comme eux.

Elizabeth était au bord des larmes:
- Meredith… Je suis désolée de t’avoir caché ça. C’était pour ton bien. Ils ne le savent pas non plus…Et bien sûr, que notre amitié est réelle ! Je tiens réellement à toi. Tu es très importante, pour moi. Je ne voulais pas que tu me détestes!
- Tu n’y a pas réussi. Je t’en veux beaucoup. Tu m’as profondément blessée, Elizabeth.

Tout à coup, des hommes entrèrent dans la chambre. Ils se jetèrent sur Meredith. L’un lui mit une main sur la bouche pour l’empêcher de hurler. Elizabeth était trop faible, elle ne pouvait rien faire. Elle vit son amie se faire enlever et disparaître en quelques secondes à peine.

Elle se mit à hurler:
- Au secours! Meredith a été enlevée! MEREDITH ! MEREDITH ! A l’aide!

Plusieurs arrivèrent en courant dans la chambre. Elle leur expliqua la situation. Mais quand ils fouillèrent le bâtiment, ils ne trouvèrent rien. Ils étaient déjà partis. Elizabeth s’en voulait. Chaque fois que Meredith était en danger, c’était de sa faute, à cause de son orientation processionnelle.

Elle avait l’impression d’avoir perdu son amie à jamais. Après une révélation pareille, comment pourrait-elle lui faire confiance à nouveau? Elle avait trahi sa confiance en omettant de lui dire quelque chose de très important sur elle. Elizabeth se mit à pleurer.

Une secrétaire en péril (Episode 20: Révélations)

Créé par le 18 juil 2017 | Dans : Fictions

Meredith était au chevet de son amie. Elle attendait qu’elle se réveille. Le docteur lui avait dit que ce n’était pas grave. Ce n’était peut-être pas grave, mais il n’avait pas vu Elizabeth tomber après avoir reçu ce coup. Meredith était certaine que cela avait été l’un des pires moments de sa vie. D’autant plus parce qu’elle s’en voulait car son amie avait tenté de la protéger au péril de sa vie.

Elle aurait dû recevoir ce coup. Pas Elizabeth. Elle. Elle se sentait terriblement coupable. Elle aurait peut-être pu empêcher cela. Car la dernière chose qu’elle aurait voulu, c’était que son amie se sacrifie pour elle et soit blessée par sa faute. Elle était aussi désolée car ce qui aurait dû être une super après-midi au centre commercial avec son amie s’était révélé être un vrai cauchemar.

Un petit bruit la fit sortir de ses pensées : Elizabeth se réveillait ! Son amie ouvrit les yeux. Elizabeth vit le visage anxieux de Meredith en ouvrant les yeux.

Elle demanda:
- Meredith, est-ce que tout va bien?
- Ce n’est pas plutôt à moi de te demander ça? Parce que tu sais, c’est toi qui est sur ce lit, pas moi. D’ailleurs, à ce propos, merci d’être intervenue. Mon bras me fait encore mal, et je n’aurais pas pu me défendre. Mais je suis quand même énervée car tu t’es mise en danger inutilement ! Mais je ne vais pas me disputer avec toi encore une fois, car j’ai horreur de ça.
- Ce n’était pas inutile, puisque je te protégeais! Et je suis fière de l’avoir fait ! Même si tu m’en veux un peu. Parce que je le referais sans hésiter, s’il le fallait. Mais au fait, que s’est-il passé, après que je me sois évanouie ? Tu es blessée ?
- Ça va. Un des agents qui nous protégeaient l’a mis hors d’état de nuire. Je n’ai rien. Toi, par contre…
- Ça va aussi. Je suis contente que tu aille bien. J’avais peur qu’il t’attaque après m’avoir frappée.
- Tu veux quelque chose à boire? Je peux aller te chercher une boisson.

Elizabeth hocha la tête et Meredith partit chercher un chocolat chaud à sa demande. Elle marcha dans le couloir jusqu’à arriver aux cuisines. Là, elle leur demanda de préparer la boisson de son amie. Un homme arriva. Elle le reconnut, c’était un des hommes qui les avait attaqués. Certains avaient été blessés et ils étaient soignés ici aussi.

L’homme lui dit:
- Vous savez, votre amie vous ment. Elizabeth fait partie du monde de l’espionnage. Elle vous a dit qu’elle était tombée dans cette histoire par hasard, comme vous? C’est n’importe quoi. C’est un agent secret, tout comme moi. Elle a été entraînée comme nous tous. Je me demande si votre amitié est vraie.

Il s’en alla. Meredith était comme figée, elle tentait de digérer le torrent d’informations choquante qu’on venait de lui lancer à la figure. Ce n’était pas possible. Elizabeth ? Espionne ? Non. Impossible. Et pourtant…

Une secrétaire en péril (Episode 19: Imprévu)

Créé par le 18 juil 2017 | Dans : Fictions

Au bout d’un ou deux jours, Elizabeth se rendit compte que Meredith devenait triste. Elle ne mangeait pas beaucoup, passant généralement tout son temps pendant les repas à balader la nourriture d’un côté à l’autre sans la manger. Elle faisait comme si tout allait bien quand elle était avec Elizabeth, mais cette dernière savait qu’elle se sentait comme enfermée dans cette maison sensée la garder en sécurité. Elizabeth comprenait ce qu’elle ressentait.

Elle même avait l’impression de vivre dans une cage dorée. Elles avaient droit à tout ce qu’elles voulaient, mais à quel prix? Elles étaient poursuivies par une agence d’espionnage et protégées par une autre agence ennemie de la première. Elle comprenait que Meredith en ait marre. Tout ceci ressemblait beaucoup trop aux scénarios de certaines séries.

C’est pourquoi Elizabeth proposa qu’elles aillent faire du shopping un jour que Meredith semblait plus déprimée encore que les jours précédents. Elle ne pouvait pas supporter de voir son amie souffrir de la sorte. Ce n’était plus possible. Elle devait trouver quelque chose pour la réconforter. Et c’est ainsi qu’elles allèrent au centre commercial le plus proche pour aller y faire quelques achats.

Elizabeth savait que son amie n’était pas forcément une grande fan de shopping, mais elle avait besoin de sortir un peu, de voir des gens. Et c’était la sortie idéale. De toute manière, elles n’y partiraient pas seules: un ou deux agents les accompagneraient pour assurer leur sécurité.

Lorsqu’elles entrèrent dans le centre commercial, Elizabeth vit les yeux de Meredith s’allumer à nouveau. Elle fut soulagée de voir son amie redevenir elle même. C’était plutôt rassurant. Elles entrèrent dans une boutique de vêtements. Elizabeth encouragea Meredith à essayer plusieurs jeans, ainsi que des hauts et des robes. La plupart des choses lui allaient comme un gant.

Meredith dit :
- Comment trouves-tu cette robe ? Elle n’est pas trop courte ? Est-ce qu’elle me va bien, au moins?
- Cette robe est super! Et elle te va vraiment très bien ! Quant à la longueur, ça dépend du point de vue, je suppose. Chacun sa vision des choses.
- Elizabeth ! Tu es là pour me donner des conseils et aussi ton avis, pas pour faire de la philosophie ! Quel est ton avis?
- Tu la trouves peut-être trop courte, mais pas moi.

Meredith s’apprêtait à répondre, lorsque tout à coup, il y eut une attaque. Des agents ennemis surgirent de partout. Les « gardes du corps » de Meredith et Elizabeth se battirent contre eux, en assommant une bonne partie. Mais certains d’entre eux parvinrent à arriver jusqu’aux deux femmes.

Elizabeth utilisa ses points et ses pieds pour en envoyer au tapis, mais l’un d’eux s’approcha dangereusement de Meredith et Elizabeth s’interposa au moment où il la frappait. Elle reçut le coup à la place de Meredith, s’effondrant au sol. La dernière chose qu’elle entendit avant de perdre connaissance fut la voix de Meredith qui l’appelait.

Une secrétaire en péril (Episode 18: Mauvaise nouvelle)

Créé par le 17 juil 2017 | Dans : Fictions

Quelques heures s’écoulèrent. Puis quelqu’un frappa à la porte. C’était un des agents de leur côté. Il dit:
- J’ai une mauvaise nouvelle pour vous. Vous vous souvenez de Miss Spencer?

Meredith répondit :
-Bien sûr, elle était là lors de la prise d’otage. Que devient-elle?
- Elle est morte. Nos ennemis l’ont trouvée.

Elizabeth vit Meredith accuser le coup. Mais elle ne vit ce qu’elle pensait que pendant une fraction de secondes seulement. Car la seconde d’après, elle s’était composé un visage de marbre et elle demandait :
- Et Buster?
- Il est parmi nous. Il va bien. Il n’a pas réussi à la sauver. L’enterrement aura lieu cet après-midi, si vous voulez y assister. On vous prêtera des habits de circonstance.

Meredith hocha la tête et l’agent partit. Elizabeth lui demanda :
- Comment tu te sens? Triste?
- Je ne sais pas. Je ne la connaissait pas très bien. Alors je n’en sais rien.

Elle partit dans sa chambre et elle y resta jusqu’à midi. Là, elles mangèrent en silence. Elizabeth n’osait pas parler et Meredith n’en avait pas envie. Puis vint l’heure d’aller à l’enterrement. Elles passèrent les habits noirs qu’on leur avait prêtés. Meredith se fit un chignon. Elizabeth garda ses cheveux lâchés. Elles partirent.
Elles virent Buster, pendant la cérémonie. Ou du moins, Elizabeth le vit, et il la vit.

Car Meredith semblait perdue dans ses pensées. Puis, lorsque ce fut terminé, tout le monde partit. Sauf Meredith et Elizabeth. Meredith fixa longuement la tombe du regard. Puis tout d’un coup, elle se mit à sangloter. Elizabeth la prit dans ses bras, tentant de la réconforter. Mais les sanglots la faisaient trembler tellement ils étaient puissants. Elizabeth se sentit triste aussi, en voyant son amie souffrir ainsi.

Meredith parla entre deux sanglots :
- Pourquoi est-ce que je suis triste? Je la connaissais à peine!
- Tu as un grand cœur, voilà, pourquoi. Et puis c’est humain, de ressentir de la tristesse. Tu n’es donc pas martienne comme j’en étais persuadée ! Zut!

Meredith sourit au milieu de ses larmes. Elizabeth essayait de la faire rire, de la réconforter. Et cela marchait plutôt bien! Elle se sentait déjà mieux. Elle serra Elizabeth plus fort contre elle. Heureusement qu’elle l’avait comme amie!

Une secrétaire en péril (Episode 17: Installation et malentendu)

Créé par le 17 juil 2017 | Dans : Fictions

Les agents les avaient conduites à leur nouvelle maison. Elle était très jolie, d’ailleurs, pensa Elizabeth. Les hommes portèrent leurs maigres affaires a l’intérieur. On leur avait aussi prêté des habits en plus, car elles n’avaient rien de plus que ce qu’elles portaient en arrivant chez ces agents secrets. Meredith avait laissé sa valise dans sa voiture, et Elizabeth à la station service où avait eu lieu la prise d’otages. Elle n’y avait même pas pensé. Son premier réflexe avait été d’aller voir si la jeune femme qui s’était fait tirer dessus (Meredith) était en vie. C’était le plus important pour elle à ce moment là.

Elles en discutèrent en entrant dans la cuisine de la maison:
- Est-ce que tu es en train de me dire que c’est de ma faute, si tu n’as plus ta valise?
- D’une certaine façon, Meredith, oui. Mais en fait, c’est plus de la mienne. Même si tu as quelque peu influencé le cours des choses en te faisant tirer dessus, c’est moi qui n’y ai plus pensé.
- Mais tu me tiens quand même pour responsable! J’en suis sûre ! Tu ne peux pas aimer porter ces joggings en permanence!
- Peu importe. Je vais aller jeter un coup d’œil à l’étage. Je reviens.
- Ha ha! Tu les apprécie, ces survêtements ! Je vais voir si je peux nous préparer quelque chose de mangeable.

Elizabeth s’éloigna et Meredith se mit à inspecter la cuisine. Elle prépara un repas pour deux. Elle était plutôt douée pour la cuisine. Une fois qu’elle eut fini, elle partit chercher Elizabeth pour lui dire que c’était prêt. Elle la trouva dans une des chambres, au téléphone.

Elle entendit:
- Ils nous surveillent. Je ne sais pas ce qu’ils veulent, mais ils n’auront pas Meredith. Je sais…pas en mission. Mais c’est mon amie.

Elle n’en entendit pas plus. Elle repartit dans la cuisine et commença à faire la vaisselle. C’était nerveux. Elizabeth était elle elle aussi un agent secret? Était-elle en mission depuis le début ? Soudain, Elizabeth entra dans la cuisine. Elle remarqua tout de suite que quelque chose n’allait pas.

Elle demanda:
- Meredith ? Est-ce que ça va? Tu as l’air contrariée.
- Non, ça ne va pas! Je t’ai entendue par erreur parler au téléphone, tout à l’heure. Tu parlais d’une mission. Est ce que tu est l’un des leurs ? Est-ce que tu m’as menti?
- Quoi? Non! Je parlais d’un jeu vidéo avec un ami ! Il est composé de missions à compléter. J’avais nommé mon personnage Meredith, n’est-ce pas une coïncidence extraordinaire ?

Il y eut un court silence. Meredith était probablement en train d’essayer de comprendre. Puis elle dit:
- Excuse-moi, Elizabeth. Je suis un peu à cran, en ce moment, et peut-être aussi paranoïaque. Je suis désolée. J’aurais dû te faire confiance et ne pas laisser mon imagination vagabonder.

Une secrétaire en péril (Episode 16 : Amitié sincère)

Créé par le 16 juil 2017 | Dans : Fictions

Bientôt, les agents secrets qui les protégeaient contre les personnes qui les poursuivaient voulurent que Meredith et Elizabeth aillent habiter dans une maison protégée à l’écart du danger. Elizabeth, qui avait évité de croiser Meredith depuis qu’elle pouvait sortir de leur  » hôpital », fut bien obligée de la recroiser. Elle la vit dans le hall du bâtiment où elles avaient été jusque là.

Pas très sûre d’elle concernant le comportement à adopter, elle commença par l’observer de loin. Son bras était encore recouvert de pansements et elle semblait triste. Plus renfermée encore que d’habitude. Était-ce leur dispute, qui la mettait dans cet état ? Peut-être. Ou peut-être était-ce autre chose.

Elle ne pouvait pas le savoir, elle ne lui parlait pas depuis plusieurs jours déjà. Et elle s’ennuyait, toue seule. Meredith lui manquait beaucoup. Mais elle avait peur que Meredith lui crie dessus à son tour. Elle le méritait, après ce qu’elle lui avait fait, mais elle n’y tenait pas. Elle n’aurait pas supporté de voir son amie en colère contre elle. En fait, elle aurait été a peu de choses près dans le même état que Meredith. Le bras blessé en moins.

Elle vit Meredith faire tomber son gobelet en plastique. Il devait contenir du café. Son amie jura tout haut, semblant choquer l’homme qui était à côté d’elle, ce qui amusa beaucoup Elizabeth. Cette dernière courut lui chercher un autre café.

Elle le lui apporta:
- Tiens, ton café. J’ai vu que l’autre était tombé par terre, alors je me suis dit que…

Meredith l’interrompit, l’air froid:
- Qui te dit que c’était du café ? Et puis je croyais que tu ne voulais plus m’adresser la parole.

Elizabeth failli partir en courant en voyant l’expression glaciale de son amie. Mais elle se ressaisit :
- Je sais que c’était du café parce que je sais que tu aimes ça. Et je suis venue te voir pour m’excuser. Est-ce que tu veux bien m’écouter ?

Meredith opina de la tête. Elizabeth continua donc:
- Je suis désolée de t’avoir crié dessus. J’étais énervée contre moi même, ce n’était pas contre toi. Je m’en veux beaucoup, et tu m’as vraiment manqué. J’ai été trop loin, et je m’en excuse.

Il y eut un silence. Puis Meredith dit:
- Tu sais quoi? On s’est disputées assez longtemps comme ça. Je te pardonne. Je suppose que j’étais juste vexée que tu me grondes comme ça. Viens là. Attention à mon bras!
Elle prit Elizabeth dans ses bras. Cette dernière sentit tous ses soucis s’envoler. Elle s’était réconciliée avec Meredith !

Une secrétaire en péril (Episode 15: Pensées au calme)

Créé par le 16 juil 2017 | Dans : Fictions

Elizabeth sortit en courant de la chambre de Meredith. Et elle regretta son action aussitôt après l’avoir fait. Mais il était trop tard pour revenir en arrière, à présent. En plus, elle avait sûrement causé des dommages irréparables à leur amitié naissante. Il lui semblait avoir vu Meredith s’éloigner d’elle quand elle avait crié. Elle avait fait peur à son amie. Elle lui avait crié dessus. Elle l’avait agressée verbalement alors que la pauvre Meredith sortait d’une intervention visant à lui retirer une balle du bras. La jeune femme avait plus besoin de repos et de douceur que d’agressivité afin de se remettre de toute cette histoire.

Et en guise de salut, elle s’était fait remonter les bretelles par Elizabeth. Cette dernière avait honte de son comportement. Mais cela n’empêchait pas qu’elle se sentait blessée que Meredith n’ait pas jugé important de la mettre au courant du fait qu’elle souffrait. Elle savait que sa réaction avait été un peu enfantine et exagérée, mais elle ressentait ce sentiment étrange qui la faisait haïr le fait que Meredith ait été en danger de la sorte. Et elle était en colère contre Meredith, qui ne lui avait rien dit, mais aussi contre elle même, car elle aurait dû voir que Meredith souffrait à cause de sa blessure au bras.

Elle savait, que c’était ridicule de s’énerver pour cela, mais elle se sentait trahie et blessée. Et elle avait peur. Meredith était capable de faire semblant d’aller parfaitement bien alors que ce n’était absolument pas le cas. Si la blessure avait été plus grave, Elizabeth n’osait même pas imaginer ce qu’il serait arrive. Est-ce que la blessure se serait infectée ? Meredith serait-elle morte? Aurait-elle perdu un bras? Non! C’était trop affreux, de penser à cela. De plus, elle savait qu’elle exagérait, et que ce n’était pas si grave. La peur lui faisait imaginer tout ça. Et maintenant, elle s’était fâchée avec Meredith.

La pauvre Meredith n’avait rien demandé, et Elizabeth lui avait crié dessus. Elle n’avait même pas eu l’air de comprendre ce qui lui arrivait. En plus, avant d’entrer dans la chambre de Meredith, Elizabeth s’était fait une joie de la voir, car cette longue attente dans le couloir l’avait profondément ennuyée. Elle savait qu’elles ne se connaissaient pas depuis très longtemps, mais elle sentait un lien très fort se former entre elles. Le seul problème étant qu’elle venait probablement de le briser à jamais en lui hurlant dessus comme elle l’avait fait.

Mais c’était instinctif: cette situation l’avait stressée et elle avait paniquer. Et la seule façon logique d’exprimer la panique qui l’avait envahie lui avait paru être la colère. Mais maintenant qu’elle y repensait, ce n’était peut-être pas la meilleure façon, en réalité. Elizabeth se prit la tête entre les mains. Elle s’en voulait. Elle aurait pu agir autrement. Mais il était trop tard pour revenir en arrière. On n’était pas dans un de ces films où les héros voyageaient dans le temps pour tenter de réparer leurs erreurs. Et Elizabeth n’était pas une héroïne. Loin de là.

Elle n’était douée que pour paniquer. Et ce n’était pas vraiment une des caractéristiques du héros. Elle n’était pas courageuse, ni forte. Elle n’avait pas été capable de protéger Meredith. Elle aurait dû y arriver. Parce que pour elle, protéger les gens qu’elle aimait était quelque chose de très important. Et elle avait failli dans sa mission. Meredith avait été blessée puis poursuivie par des agents secrets malintentionnés. Même si ce n’était pas sa faute si tout ceci était arrivé.

Une secrétaire en péril (Episode 14: Le Réveil)

Créé par le 15 juil 2017 | Dans : Fictions

Elizabeth vit Meredith ouvrir les yeux. Elle s’interrompit. Meredith semblait aller bien, même si un gigantesque ( c’était du moins l’avis d’Elizabeth)pansement ornait son bras.

Elizabeth prit la parole:
- Comment tu te sens?

Meredith répondit :
- Relativement bien, pour quelqu’un qui s’est fait tirer dans le bras.

Elizabeth décida alors de commencer à lui crier dessus, puisqu’elle allait bien:
- Mais à quoi est-ce que tu pensais au juste? Est ce que tu serais suicidaire, par hasard? Pourquoi as-tu fait ça ?

Meredith sursauta en entendant le ton dur employé par son amie. Elle s’éloigna d’Elizabeth le plus possible, car elle savait que quelqu’un qui criait pouvait être dangereux. Elle demanda:
- De quoi tu parles? Pourquoi est-ce que tu me cries dessus ? Qu’est-ce que j’ai fait?

Elizabeth répliqua, toute à sa colère et ne se rendant pas compte qu’elle effrayait Meredith:
- Tu m’as menti, quand tu disais que tu allait bien ! Ce n’était pas vrai! Le docteur vient de me dire que tu as eu très mal, avec cette balle dans le bras!

Meredith était abasourdie. Elle était en colère pour ça ? Et pas autre chose? Mais pourquoi? Elizabeth continua, sa voix se brisant peu à peu:
- C’était dangereux, de me cacher ça! Imagine, si cette blessure avait été grave! Si tu en étais morte! Imagine!

Meredith répondit :
- Je ne voulais pas t’inquiéter. Tu avais déjà l’air suffisamment stressée, je n’allais pas en rajouter !

Elizabeth reprit:
- Je me suis inquiétée, moi. Et toi, tu me mens! Que me caches-tu d’autre? Que tu as une blessure mortelle ?
Elle partit en courant hors de la chambre. On aurait dit qu’elle pleurait, car Meredith entendit un sanglot étouffé. La blessée se demanda pourquoi Elizabeth s’était énervée. Parce qu’elle tenait à elle? Personne n’avait jamais pris soin d’elle comme Elizabeth le faisait.

Une secrétaire en péril (Episode 13: Je parle, tu ne m’entends pas)

Créé par le 15 juil 2017 | Dans : Fictions

Après une longue attente dans le couloir, ou du moins c’est ce qui lui sembla, Elizabeth fut autorisée à aller voir Meredith. Enfin ! Ce n’était pas trop tôt ! Elle s’inquiétait beaucoup pour son amie qui avait été blessée lors d’une prise d’otages dans une station service. C’était d’ailleurs là qu’elle l’avait rencontrée. Elle aurait certainement préféré rencontrer Meredith dans une tout autre situation et d’autres circonstances. Car à présent, les membres d’une organisation d’espionnage les poursuivaient.

Elles avaient d’ailleurs été recueillies par d’autres agents secrets qui œuvraient contre leurs poursuivants. Elizabeth ne savait pas trop si elle pouvait leur faire confiance. Mais elle tenait déjà trop à Meredith pour la laisser sans soins. Cependant, son amie n’avait pas l’air de leur faire confiance, car elle s’était débattue et ils avaient même du l’endormir pour pouvoir la soigner. Elle avait attendu des nouvelles de son amie pendant des heures. Et à présent,elle allait enfin pouvoir la voir!

Un médecin vint d’abord lui parler:
- Votre amie avait une blessure par balle au bras. Nous avons retiré la balle, bien entendu. Cela devait être plutôt douloureux pour elle. Vois a-t-elle fait part de ce fait?

Elizabeth fut très étonnée d’entendre cela. Meredith ne s’était pas tellement plainte de la douleur. Elle aurait dû y penser, elle avait déjà observé que son amie était quelqu’un de secret. De plus, elle avait certainement omis de lui dire qu’elle avait très mal car elle voulait l’empêcher de paniquer plus. Il était vrai qu’Elizabeth avait été un peu stressée par toute cette histoire.

Quand elle était entrée dans cette station service, elle n’avait pas pensé que tout ceci arriverait. Mais elle était tout de même contente d’avoir fait la connaissance de Meredith. Par contre, elle était énervée contre sa nouvelle amie pour avoir « oublié de dire » qu’elle souffrait. Car Elizabeth n’aimait pas voir Meredith souffrir, et elle aurait sûrement trouvé un moyen de l’aider. Mais comme elle ne lui avait pas dit…
Le médecin la conduisit à la chambre de Meredith. En y entrant, Elizabeth remarqua aussitôt la pâleur de son amie.

Elle dit:
- Pourquoi tu ne me l’as pas dit? J’aurais peut-être pu faire quelque chose pour au moins améliorer ta situation! Mais je ne vais pas m’énerver maintenant. Car je vais attendre que tu te réveilles. Là, je vais te dire que je me suis inquiétée, que tu es mon amie même si on ne se connaît pas depuis longtemps, et que je tiens à toi. Et tout ça est vrai aussi. Mais je voudrais m’énerver d’abord, à ton réveil. Pour que tu comprenne bien que tu n’as pas le droit de me cacher ce genre de choses. Ça aurait pu être bien plus grave, et le fait que tu ne m’en parle pas aurait pu avoir de lourdes conséquences ! J’aurais pu te perdre! Mais je vais m’arrêter là, parce que j’ai dit que je te crierais dessus quand tu serais réveillée. Oh, et tant que tu dors, je peux te dire une autre chose. Je te l’aurais bien dit quand tu peux m’entendre, mais je sais que tu me détesterais, si tu le savais. Et je ne veux surtout pas que tu me détestes. Alors voilà : je suis….
Elle ne put pas terminer sa phrase, car Meredith ouvrit les yeux.

Une secrétaire en péril (Episode 12: Réflexions)

Créé par le 31 déc 2015 | Dans : Fictions

Elizabeth était dans le couloir près de la salle où se trouvait Meredith. Elle était seule et réfléchissait. La jeune femme blonde voyait Meredith comme une petite sœur, même si elle ne la connaissait pas depuis très longtemps. Ces hommes semblaient dignes de confiance. Mais ils pouvaient aussi être dangereux pour elles. Ils avaient parlé d’une maison où elles pourraient se cacher pas très loin de l’endroit où elles se trouvaient en ce moment. Elizabeth ne se sentait pas vraiment en sécurité et elle enrageait de ne pas avoir protégé Meredith correctement. Cette dernière semblait se méfier de leurs nouveaux protecteurs. Peut-être avait-elle raison de ne pas leur faire confiance, après tout.

Mais Meredith venait de vivre beaucoup de choses stressantes. Elle ne devait pas être habituée à tant d’action. Cette prise d’otages avait changé sa vie à tout jamais. Lorsque Elizabeth l’avait vue entrer dans la station service quelques heures auparavant, elle ne s’était pas doutée qu’elles deviendraient amies, ni qu’elles devraient se cacher ensemble. La plupart des gens qui se croisent dans des lieux publics ne se reverront jamais.
Elle était désolée pour Meredith qu’elle se soit retrouvée embarquée dans cette histoire. Tous ces évènements avaient changé Meredith, Elizabeth le sentait. Elle était devenue plus méfiante qu’elle ne l’était déjà. Et d’après ce que pouvait supposer la jeune femme, elle avait été méfiante bien avant que tout cela n’arrive.

Meredith semblait voir les personnes qu’elles ne connaissait pas comme des dangers potentiels. Il fallait de la patience pour se rapprocher d’elle. Elizabeth ne savait pas si ses séjours dans des familles d’accueil s’étaient bien passé, mais il lui semblait que non. Cette famille, qu’elle avait mentionnée un peu plus tôt, sans doute la dernière qui l’avait recueillie, n’avait pas l’air d’être particulièrement sympathique. Les parents s’occupaient apparemment plus de leur « vraie » fille que de Meredith. Elizabeth connaissait ce genre de personnes. En plus de ne pas prêter attention à elle, ils devaient la rabaisser. Ce n’était pas bon pour un petit enfant de s’entendre dire des choses horribles sur les orphelins. Surtout pour une petite fille. On avait dû lui dire qu’elle ne valait rien, que de toute façon elle n’avait pas le droit d’exister….

Elizabeth avait été très surprise par le comportement de Meredith un peu plus tôt. Tous ces hommes lui avaient sans doute fait peur. Et puis leur porte-parole avait un ton de voix pour le moins impressionnant. Meredith avait dû se sentir oppressée. Elle avait paniqué. Et ils avaient dû l’endormir pour pouvoir la soigner. Elizabeth avait eu mal au cœur en voyant Meredith se débattre afin de fuir cet endroit. La brunette avait semblé réellement paniquée et totalement hors d’elle. Elizabeth avait eu vraiment peur qu’un de ces hommes ne la blesse d’avantage en tentant de la raisonner. Et maintenant, elle se retrouvait à attendre dans ce couloir blanc. Mais que faisaient-ils? Que c’était long! Elizabeth mit ses mains sur ses yeux.

Une secrétaire en péril (Episode 11: Arrivée chez des « amis »)

Créé par le 30 déc 2015 | Dans : Fictions

L’un des hommes enleva le bandeau de Meredith. Ses yeux n’étant plus habitués à la lumière, elle referma les paupières, tentant de s’adapter à la vive luminosité. Des hommes se tenaient devant elle. Ils n’avaient pas l’air menaçant, mais elle se méfia. Après tout ce qui venait de lui arriver, elle ne pouvait pas se permettre d’être naïve. Peut-être qu’ils jouaient les gentils pour mieux leur faire du mal ensuite? Elizabeth était près d’elle. L’homme qui avait porté Meredith jusque là la tenait toujours car il avait dû remarquer qu’elle était un peu groggy. Elizabeth avait été libérée. Elles n’étaient donc pas prisonnières de ces hommes. Peut-être voulaient-ils les protéger. Cela ne faisait pas très longtemps que Meredith se trouvait plongée dans le monde de l’espionnage, mais elle avait appris une chose: il ne fallait faire confiance à personne. Chacun était susceptible d’être un agent double ou quelque chose comme ça. Bon, elle avait lu beaucoup de romans policiers, et elle ne savait pas bien ce qui était vrai ou non dans ces histoires.

Si elle ne pouvait probablement pas faire totalement confiance à ces hommes, elle vouait une confiance sans borne à Elizabeth qui avait été avec elle depuis le début. La jeune femme blonde semblait être une vraie amie pour Meredith. Alors qu’elle réfléchissait sans mot dire, l’un des hommes prit la parole:
- Bonjour, mesdames. Nous ne vous voulons aucun mal. Au contraire, nous vous avons sauvé des griffes d’une agence ennemie de la nôtre. Buster nous a prévenus qu’il y avait eu du grabuge à la station service. Nous sommes vraiment désolés d’avoir eu à vous enlever comme ça, mais vos poursuivants arrivaient et nous n’avions pas le temps de vous expliquer. Vous êtes leurs cibles car vous avez été témoins de ce qu’il s’est passé à la station service. Vous avez vu l’homme qui a menacé les clients. Vous pourriez même l’identifier et le faire arrêter. Cet homme est un ancien de leur agence et ils ne veulent pas que cette affaires s’ébruite et qu’elle donne une mauvaise image de leur agence. Vous comprenez? Ils sont à la recherche de cet agent, mais ils veulent aussi vous faire disparaitre pour que vous ne fassiez pas de tors à leur organisation.

Meredith se contenta de le regarder, un peu ébahie par cette façon de procéder. Cette organisation était prête à les emprisonner voire à les éliminer juste pour préserver sa précieuse réputation! Elizabeth répondit:
- Je trouve leurs méthodes pour le moins surprenantes. Est-ce que vous faites la même chose dans un cas similaire?
- Nous n’avons pas eu a traiter ce genre de cas jusqu’ici. Aucun de nos espions n’a mal tourné. Mais nous n’irions pas jusqu’à tuer les témoins. Nous leur donnerions de l’argent en échange de leur silence, probablement.
- Est-ce qu’il vous arrive de parler en votre nom et pas comme si vous parliez pour votre agence?
L’homme eut l’air interloqué, visiblement surpris par la question. Puis il jeta un regard noir à Elizabeth avant de poursuivre:
- Quoi qu’il en soit, notre agence a pour vocation de vous protéger.
Puis, se tournant vers Meredith:
- Nous allons soigner votre bras, mademoiselle.
Son ton mielleux provoqua une réaction pour le moins étrange chez Meredith. Elle se figea sur place, l’air terrifiée. L’homme qui la soutenait depuis qu’ils étaient dans cette pièce posa une main qui se voulait rassurante sur son épaule. Ce geste eut l’effet inverse de ce qu’il voulait obtenir. Elle se dégagea de son étreinte et recula d’un pas. En une seconde, elle était devenue froide et distante.
- Ne me touchez pas! Reculez!
Les hommes avaient vu sa blessure. Elle n’allait pas tarder à s’infecter s’ils ne faisaient rien pour la soigner. Il était nécessaire de faire quelque chose. Ils s’approchèrent donc d’elle pour l’immobiliser et la porter en salle de soin. Deux hommes réussirent à l’attraper. Elizabeth hurlait qu’il ne fallait pas lui faire de mal, qu’ils devaient éviter de la brusquer, qu’elle allait sans doute se calmer. Les hommes n’en croyaient rien. Cette femme blonde ne connaissait pas la brunette paniquée depuis suffisamment longtemps pour pouvoir dire ça. Mais on voyait qu’elle tenait beaucoup à elle.

Meredith s’agitait furieusement, essayant désespérément de se dégager. Ne voyant pas d’autre solution, l’un des hommes lui planta une seringue de tranquillisants dans son bras valide. La brunette cessa peu à peu de lutter et s’avachit doucement contre les deux hommes qui la tenaient. Elizabeth s’approcha alors de la jeune femme endormie, lui remettant une mèche de cheveux en place. Elle sourit tristement et laissa les agents porter son amie dans la salle de soin.

Elizabeth s’assit sur une chaise en plastique dans le couloir. Elle réfléchissait. Que s’était-il passé au juste? Il était vrai qu’elle ne connaissait pas Meredith depuis longtemps, mais elle ne l’aurait pas crue capable de tant de froideur. Une seconde avant, elle était normale. Mais en très peu de temps, la jeune femme s’était fermé totalement aux autres. Elizabeth s’était tenue dans la même pièce qu’elle, et pourtant elle avait sentit son amie s’éloigner inexorablement d’elle. Comme si cette dernière avait bâti un mur de brique entre elles deux. Son visage était devenu inexpressif. Était-ce un système de défense? Elizabeth se souvint que peu de temps auparavant, Meredith lui avait raconté qu’elle avait été adoptée et qu’elle était orpheline. Ce genre de réaction devait dater de son enfance. Il lui avait fallu se protéger des autres, ne faire confiance à personne. Car la vie dans les foyers d’accueil n’était pas toujours rose….

Une secrétaire en péril (Episode 10: Dans le noir…)

Créé par le 24 déc 2015 | Dans : Fictions

Meredith sentit que l’on la chargeait dans une voiture. Les gémissements d’Elizabeth avaient cessé. Meredith avait toujours le sac sur la tête. Elle commençait à avoir chaud. Le véhicule démarra. Elle ne savait pas si les hommes les avaient posées dans la malle ou dans l’habitacle, mais elle se sentit partir sur le côté lorsque la voiture fit un bond en avant. Ce devait-être une de ces voitures de course pouvant atteindre des vitesses impressionnantes dès le démarrage.

La jeune femme roula sur le côté, emportée par le brusque mouvement. Elle heurta ce qui lui sembla être un corps. Une main attrapa la sienne, la faisant tressaillir. Elle entendit alors une voix familière:
- Meredith, c’est toi?
- Elizabeth? Où sommes-nous? Que s’est-il passé?
- Je n’en suis pas sûre, mais il semblerait que l’on se soit fait enlever par ces hommes.
- Je crois qu’on est dans le coffre. Ils peuvent nous entendre, tu crois?
- Peut-être. Mais ne parle pas trop fort. Je vais t’enlever ce sac. Ils ne m’en ont pas mis, à moi.
- Attends… Tu n’en as pas?
- Ils m’ont attaché les pieds, mais je n’ai pas de sac sur la tête.
Meredith sentit que le sac était détaché, puis enlevé. Mais comme le coffre était plongé dans le noir, elle ne ressentit pas une grande différence au niveau de la luminosité. Les deux jeunes femmes sentaient la voiture continuer à rouler, les emmenant vers une destination inconnue d’elles. Meredith se souvint qu’Elizabeth avait les pieds liés. Elle se décala de manière à atteindre les pieds de son amie. Pendant qu’elle tentait de défaire les cordes à tâtons, Elizabeth reprit la parole:
- Ils ne t’ont pas fait trop mal, tout à l’heure? Ton bras, comment va-t-il?
- Je crois que ça va. Je n’en sais rien, je ne sens pas mon bras.
- Tu ne sens pas ton bras?!
- Oui, c’est ce que je viens de dire.
Elizabeth était vraiment quelqu’un de stressé et d’inquiet.
- C’est peut-être en train de s’infecter, qui sait? Tu es sûre qu’ils ne t’ont rien fait?
- Ils m’ont attrapée, ils ont mis ce sac sur ma tête et l’un d’eux m’a balancée dans le coffre.
- Je t’ai entendue crier. Je me suis demandé…Tu vois, quoi…S’ils ne t’avaient pas fait du mal. Je n’ai pas pu voir ce qu’il se passait, l’un d’entre eux m’avait plaquée au sol pour m’attacher les jambes.
- Tu dis qu’il t’a…plaquée au sol? Et tu me demandes à moi si je vais bien? Comment tu vas, toi?
Il eut un silence, puis:
- Je vais très bien, Meredith. Ne t’en fais pas pour moi. C’est pour toi que je m’inquiète. Si ton bras s’infecte…Je n’ose même pas y penser.

Le silence retomba dans le coffre. Au bout d’un moment, le véhicule ralentit puis s’arrêta. Les portières claquèrent. Meredith n’avait pas fini de libérer Elizabeth. Le coffre s’ouvrit, faisant jaillir une vive lumière qui éblouit la secrétaire instantanément. Un homme l’attrapa brusquement, lui bâillonnant la bouche de sa grosse main poilue. Elizabeth lui prit la main avant qu’un second homme ne la gifle violemment, l’envoyant rouler plus loin dans la malle. Meredith assista à la scène, impuissante. Elizabeth sembla ne plus bouger et l’homme l’emprisonna à son tour. Celui qui tenait Meredith lui mit un bandeau sur les yeux.

Une fois de plus, on lui obstruait la vue. L’homme la prit dans ses bras, sans doute pour aller plus vite. Elle posa sa tête sur son épaule, épuisée par tous les événements de la soirée. Elle dut s’endormir, car elle fut réveillée par des éclats de voix. Elizabeth semblait absolument hors d’elle:
- ….Que lui avez vous fait? Pourquoi elle semble inconsciente? Vous n’avez pas le droit!

Il y eut un bruit de lutte. Du moins c’est ce que supposa Meredith qui avait toujours les yeux bandés. Apparemment, Elizabeth avait cru que l’homme l’avait assommée ou quelque chose comme ça. Et elle tentait de se dégager de l’étreinte de son agresseur. Soudain, les hommes s’immobilisèrent. Quelqu’un lui enleva son bandeau…

Une secrétaire en péril (Episode 9: Rencontre imprévue)

Créé par le 23 déc 2015 | Dans : Fictions

Les deux jeunes femmes brandissaient leurs lampes torches. Le faisceau semblait percer la nuit. Tout ce décors noir et inquiétant paraissait plus rassurant à la lueur de ces lampes trouvées dans la voiture de Buster. Elizabeth n’avait de cesse de regarder nerveusement autour d’elle, comme si elle s’attendait à voir surgir un monstre. Meredith s’efforçait de rester calme. Si elle montrait qu’elle était paniquée, Elizabeth allait sûrement faire une crise de nerfs. Mieux valait donc ne rien dire.

Depuis qu’elle avait rencontré cette femme blonde, Meredith se posait plein de questions sur elle. Avait-elle une famille? Des amis? Des enfants? Dans quoi travaillait-elle? Pourquoi était-elle entrée dans cette station service? Qu’avait-elle pensé lorsque ce cinglé les avait tenus en joue? Était-elle elle aussi en voyage d’affaires? Pourquoi lui demandait-elle sans cesse si elle allait bien? Pourquoi se préoccupait-elle d’elle, tout simplement? Et surtout, pourquoi posait-elle toutes ces questions? Comment parvenait-elle à la percer à jour comme ça? Cela la faisait se sentir vulnérable, trop facile à connaître.

Comme il n’y avait rien d’autre à faire que marcher et parler, Meredith demanda:
- Au fait, Elizabeth, dans quoi est-ce que tu travailles?
La question sembla rendre Elizabeth encore plus nerveuse qu’elle ne l’était déjà. Elle se tendit. Lorsqu’elle tourna son visage vers Meredith, ses traits étaient imperméables. Aucune émotion n’en transparaissait plus. C’était incroyable à quel point son attitude avait changé en quelques secondes. Elle était passée de nerveuse à étonnamment calme.

- Quelle importance? De toute façon, nous sommes en fuite, donc il n’y a plus de « toi » ni « moi », mais un « nous » contre nos poursuivants. S’ils nous rattrapent, ce sera inutile pour toi de savoir ça.
Meredith fut presque admirative en voyant la façon dont son amie éluda la question. Elle avait changé de sujet avec habileté. Ce n’était visiblement pas quelque chose dont elle voulait parler. Meredith passa donc à une autre de ses questions:
- Est-ce que tu as…de la famille? Des enfants? En tout cas, moi, je n’en ai pas.
- Tu n’en as pas?
La blonde fronça les sourcils.
- Des enfants…Je n’en ai pas.
Meredith ne pouvait se résoudre à lui dire qu’elle n’avait pas de famille. Elle avait peur qu’Elizabeth creuse plus loin. Ce fut d’ailleurs ce qu’elle fit:
- Et de la famille? Tu… en as?
Elle parut hésiter en posant sa question. Peut-être sentait-elle qu’il s’agissait d’un sujet un peu tabou pour Meredith. Cette dernière détourna les yeux pour cacher une petite larme qui coulait de son œil à Elizabeth. Puis elle se décida à répondre:
- J’en ai une. Mais je ne leur parle pas trop. Nous ne sommes pas très proches. Je ne les considère pas comme étant ma famille.
Là, Elizabeth s’arrêta, posant une main sur l’épaule de Meredith. Ses yeux bleus étaient inquiets:
- Comment ça? Ils t’ont fait du mal? Ils étaient violents avec toi?
La jeune blonde paraissait presque paniquée, à présent, à l’idée que quelqu’un ait pu maltraiter Meredith.
- Non. Mais personne ne s’est jamais vraiment occupé de moi. Trent et Gloria s’intéressaient plus à leur fille qu’à ce que je pouvais devenir. Ils n’ont tout simplement jamais su m’aimer.
- Trent et Gloria? Pourquoi tu les appelles par leur prénom? Leur fille?
Soudain, Elizabeth parut comprendre ma situation:
- Tu es…Ils ne sont pas…
Meredith hocha la tête.
- Des parents…adoptifs? Et leur fille? Meredith, est-ce que tu es une….
Elizabeth s’interrompit. Elle n’arrivait pas à dire le mot. Des larmes avaient commencé à se former aux coins de ses yeux.
- Orpheline. Je suis une orpheline. Disons-le tout net.
Elizabeth sursauta en croisant le regard froid et distant de Meredith. Cette dernière la prit tout de même dans ses bras, voyant que cette abrupte révélation l’avait bouleversée.

Soudain, les phares d’une voiture les éclairèrent toutes les deux. Avant qu’elles aient eu le temps de réagir, deux hommes en descendirent, et un sac tomba sur la tête de Meredith. Elle se mit à hurler et à se contorsionner pour se dégager. Elle entendait Elizabeth gémir non loin. C’était la fin, on les avait rattrapées.

Une secrétaire en péril (Episode 8: Perdues pour de bon)

Créé par le 23 déc 2015 | Dans : Fictions

Elizabeth et Meredith avançaient depuis déjà un bon moment au milieu des arbres. Elles ne savaient pas du tout où elles étaient. Du moins Meredith ne le savait pas, et elle avait l’impression qu’Elizabeth ne le savait pas davantage. Qui aurait pu savoir se repérer sur le bas côté d’une route, en pleine nature? Elles n’étaient jamais allées se promener dans ces endroits sauvages bordant la route. Cela faisait des heures qu’elles cherchaient la route. Ou peut-être moins, Meredith avait perdu la notion du temps depuis trop longtemps. Elle n’avait pas de montre. Elle n’avait jamais eu de montre. Considérant que son portable pouvait lui donner l’heure à n’importe quel moment, elle n’avait pas besoin d’en avoir une. Sauf qu’elle n’avait pas prévu le cas où elle aurait perdu son portable. En fait, elle ne se rappelait plus où elle l’avait mis. Peut-être était-il resté dans sa voiture. A moins qu’il soit dans son sac? Mais où était-il, son sac? Dans sa voiture? Resté au magasin? L’avait-elle même emporté avec elle? Si ça se trouvait, elle l’avait oublié chez elle.

En tout cas, elle ne l’avait pas sur elle. Mais où était-il? Elle résolut de demander à Elizabeth:
- Dis donc, tu ne saurais pas ce que j’ai fais de mon portable, par hasard? Je ne me souviens plus si je l’avais à la station service. Avais-je au moins mon sac à main?
- Oh ma pauvre, je ne me rappelle pas très bien. Il me semble que tu l’avais quand tu t’es avancée pour payer ton soda et ton journal. Après, je crois que tu ne l’avais plus. Tu as dû le laisser tomber quand nous nous sommes enfuis avec Buster et Miss Spencer. Pourquoi? Tu avais quelque chose d’important dedans? Des photos?
- Juste mon portable. Je voulais juste savoir l’heure. Je n’ai pas de photos.

Lorsqu’Elizabeth parla des photos, Meredith se sentit toute triste. Étant orpheline, elle n’avait pas ce genre de photos dans son sac. Pas de photos de ses parents, pas de photos de frères et sœurs. Rien. Sa famille adoptive ne lui avait jamais semblé proche d’elle. Ils s’occupaient plus de leur vraie fille que d’elle. Elle passait toujours en deuxième. Pourquoi aurait-elle eu des photos de cette famille qui l’avait certes hébergée, mais qui n’avait jamais su l’aimer?

Elizabeth sembla remarquer ce changement d’attitude. Elle s’arrêta, se plaçant face à Meredith. Cette dernière pouvait à présent marcher seule. Elle se sentait nettement mieux. La blonde répondit:
- Je suis désolée, Meredith. je n’ai pas de montre et j’ai perdu mon portable récemment. Je ne sais pas quelle heure il est, mais je pense que nous marchons depuis plusieurs heures déjà. Puis-je te demander pourquoi tu as l’air si triste?
Meredith tourna la tête quelques secondes, tentant de neutraliser son expression. Elle ne voulait pas de la compassion d’Elizabeth. Une fois que le flot d’émotions qui l’avaient traversée fut maîtrisé, elle se tourna de nouveau vers sa nouvelle amie:
- Je vais très bien. Crois-tu que l’on trouvera la route un jour?
Visiblement étonnée une fois de plus par l’attitude singulière de son amie, Elizabeth mit quelques instants à répondre:
- Eh bien pour tout te dire, je ne sais pas trop où nous sommes, Meredith. J’espère sincèrement que nous atteindrons la route. Mais je crois que nous sommes perdues, et ce depuis un bon moment.
Meredith grimaça. Ses pires craintes étaient confirmées. Les deux jeunes femmes étaient perdues. Perdues au milieu de ce qu’on pouvait appeler une forêt, à en juger par les arbres qui se succédaient les uns aux autres sans discontinuer. La nuit était bien noire, à présent. Et qui savait ce qui pouvait ce cacher comme bêtes sauvages, dans ces fourrés? Meredith soupira, sentant le regard inquiet d’Elizabeth se poser sur elle.

Une secrétaire en péril (Episode 7: Chercher du secours)

Créé par le 22 déc 2015 | Dans : Fictions

Elizabeth commença par couper le moteur de la voiture. Puis elle sembla réfléchir. Ils ne pouvaient pas repartir en voiture tant que le conducteur était inconscient. Elle était incapable de le déplacer et Meredith ne pouvait pas l’aider. Miss Spencer ne serait pas d’une grande aide non plus. Il fallait que Meredith et Elizabeth aillent chercher de l’aide. Meredith était déjà sortie de la voiture et Elizabeth se voyait sûrement mal la porter pour l’allonger sur les sièges. Mais elle ne pouvait pas davantage la laisser assise par terre, elle allait attraper froid. En plus, leurs poursuivants pouvaient les retrouver. Dans son état, Meredith ne pourrait rien contre eux. Elizabeth releva sa nouvelle amie et commença l’aider à marcher. Elles s’éloignèrent vite de la voiture. Meredith n’était pas en grande forme mais elle pouvait tout de même avancer sans s’appuyer totalement sur la blonde, ce qui était déjà bien.

Les deux jeunes femmes marchaient au milieu des arbres. La voiture était allée loin. Elles ne savaient pas de quel côté était la route. Elles pouvaient être en train de s’en éloigner aussi bien que de s’en approcher. A un moment, Elizabeth trébucha sur une racine d’arbre, entraînant Meredith dans sa chute. Les deux femmes eurent le souffle coupé par la violence de l’impact. Meredith se releva et vit qu’Elizabeth était encore à plat ventre dans l’herbe. Elle lui tendit une main secourable. Elle commençait à apprécier la blonde qui elle semblait la considérer comme une petite sœur à protéger. Meredith remit Elizabeth sur ses pieds puis elle épousseta le pantalon de cette dernière qui était couvert de poussière:
- Vous êtes blessée, Elizabeth?
- Je ne crois pas. Dites donc, on commence à se connaître, toutes les deux. Ne pourrions-nous pas nous tutoyer?
- Pourquoi pas. Comment tu te sens? Je vois une petite blessure sur ton front. Est-ce qu’elle te fait mal?
- Non, mais si un jour je me retrouve en face d’un miroir, je la soignerai. Comme je risque d’avoir à attendre longtemps, ça peut attendre. Je crois que c’est tout à fait superficiel. Et toi, ton bras? J’espère que ça ne va pas s’infecter!
- Je n’ai pas mal pour l’instant.
Elizabeth eut un air amusé:
- Je ne te crois pas. Je sais que tu ne veux pas m’inquiéter, mais j’ai réellement besoin de savoir comment va ton bras. Je peux peut-être faire quelque chose…Nous pouvons aussi nous reposer quelques minutes.
Meredith recula d’un pas, confuse. Devait-elle dire la vérité à Elizabeth? Cette fille semblait déjà nerveuse, ce n’était pas la peine d’en rajouter avec ses problèmes.
- Je vais très bien. Ne t’en fais pas. Nous pouvons continuer.
Elizabeth parut surprise par sa réponse, mais elle n’insista pas. Les deux jeunes femmes se remirent en route.

Une secrétaire en péril (Episode 6: Tout part en vrille)

Créé par le 22 déc 2015 | Dans : Fictions

Miss Spencer hurlait, visiblement incapable de se contenir. Meredith était étendue sur le plancher de la voiture. Elizabeth était allongée sur le ventre sur la banquette arrière. Le conducteur, Buster, faisait de son mieux pour garder un minimum de contrôle sur son véhicule. Mais c’était peine perdue. La voiture descendait inexorablement la pente. Les passagers de la voiture étaient affreusement secoués à cause des cahots. Elizabeth tenait à présent la main de Meredith, les larmes coulant toutes seules sur ses joues. Elle n’était plus attachée et risquait de tomber sur Meredith si le conducteur faisait piler la voiture. La vitre ouverte du côté conducteur emplissait l’habitacle d’un air froid et coupant. Meredith se pelotonna dans le petit espace entre les sièges, espérant gagner un peu de chaleur.

Elizabeth faisait de même sur les sièges. La voiture continua à cahoter et à tanguer tout en roulant au milieu des arbres. Cela faisait un moment qu’ils avaient quitté la route. Un bruit inquiétant se fit entendre. Une roue avait crevé. Buster perdit le contrôle de la voiture pour de bon. Meredith sentit un violent choc, puis les cris de Miss Spencer cessèrent. Le moteur du véhicule tournait encore. Levant les yeux vers la banquette au dessus d’elle, elle vit qu’Elizabeth s’était assise, semblant un peu secouée. La jeune femme blonde n’avait pas lâché sa main. Ses yeux bleus cherchèrent les siens:
- Meredith? Comment allez-vous? Je crois que nous sommes rentrés dans un arbre. Miss Spencer s’est évanouie de frayeur et Buster s’est cogné la tête au volant, il est inconscient. Qu’en est-il de vous? A part votre bras, bien sûr, puisqu’il était déjà blessé.
- Je n’ai rien de plus. Mais j’ai dû me cogner au siège de Buster, j’ai mal à la tête.
En fait, elle ne voulut pas l’avouer à Elizabeth, mais tout tournait autour d’elle. Aussi, quand la blonde la remit debout, elle vacilla et manqua de tomber à terre. L’autre jeune femme la retint juste à temps, la stabilisant en mettant ses bras autour de sa taille. Meredith la voyait toute floue.
- Effectivement, vous n’avez rien…Meredith, n’essayez pas de me mentir, je vois bien que vous tenez à peine debout. On va sortir de la voiture pour voir où on a atterri.

Elle ouvrit la portière, faisant sortir une Meredith toute faible. Elizabeth continua à la tenir pendant qu’elle observait les alentours. Meredith ne voyait que très flou et tout tourbillonnait autour d’elle. Mais elle vit tout de même que l’endroit était plutôt désert. Elizabeth dut s’en apercevoir également, car elle serra Meredith plus fort que nécessaire sans s’en rendre compte. Aucune des deux jeunes femmes ne connaissait cet endroit perdu en pleine nature. Elles n’avaient même pas de nourriture avec elles! Pour la énième fois, Meredith se reprocha d’avoir laissé sa canette de soda au magasin. Trente-trois centilitres d’un soda quelconque ne les aurait pas mené très loin, mais elles aurait tout de même eu quelque chose. Là, elles étaient seules avec deux autres personnes inconscientes sans rien à manger ni à boire. A moins que Buster ait prévu des vivres dans la voiture.

Il avait voulu les amener dans un endroit sécurisé, il devait bien avoir emporté à manger. Meredith formula sa pensée à voix haute. Elizabeth acquiesça et elle l’assit par terre afin d’avoir les mains libres pour chercher dans la voiture. Le coffre était verrouillé. La boite à gants n’était pas d’une grande utilité non plus. Les compartiments situés dans le plancher de la voiture étaient presque vides. Il n’y avait que deux lampes de poche à l’intérieur. Elles n’avaient donc pas de nourriture. Comment allaient-elles faire?

Une secrétaire en péril (Episode 5: Dans la voiture)

Créé par le 21 déc 2015 | Dans : Fictions

Meredith se réveilla. Elle était allongée sur quelque chose qui bougeait. Ouvrant les yeux, elle s’aperçut qu’il s’agissait d’une voiture. Son bras saignait toujours, mais quelqu’un avait enroulé une écharpe autour, arrêtant légèrement l’écoulement du sang. L’écharpe était d’ailleurs ensanglantée. Ce n’était pas beau à voir. Jetant un coup d’oeil autour d’elle, elle vit qu’elle était en fait couchée sur la banquette arrière. Sa tête reposait sur les genoux d’une personne. Comme la femme plus âgée était sur le siège passager de la voiture et que l’homme conduisait, Meredith supposa qu’il s’agissait de la jeune femme blonde.

Effectivement, une tête blonde se pencha vers elle, lui remettant une mèche de cheveux en place:
- Comment vous sentez-vous? Vous avez perdu pas mal de sang, il me semble.
- J’ai un peu mal au bras, mais je vais bien, je pense. Que s’est-il passé?
- Lorsque vous avez jeté ce pot dans la figure du gars qui nous menaçait, il a lâché son fusil, sa tête saignait. Les éclats de verre, sans doute. Il s’est jeté sur le gérant du magasin et l’a assommé. Il avait décroché le téléphone et voulait appeler la police, profitant de la diversion que vous lui offriez sans faire exprès. Le petit garçon et son père sont restés dans la station service. Le gars au fusil s’est enfuit. Et puis l’homme qui conduit cette voiture nous a dit qu’il fallait s’enfuir, que nous étions en danger et que d’autres hommes allaient venir nous tuer si nous restions là. Il nous a révélé qu’il est agent secret et qu’il connait l’organisation dont fait partie cet homme qui nous a attaqués. Le criminel nous a vus avec lui, donc nous sommes en danger. Je ne fais que vous répéter ce qu’il nous a dit. Au fait, je m’appelle Elizabeth Jewel.
- Meredith Howel. Enchantée…Savez-vous où nous allons?
- Non, mais Buster a dit que ce serait un endroit où nous allons être en sécurité.
- Buster?
- Notre conducteur. A côté de lui, c’est Cindy Spencer. Elle veut se faire appeler Miss Spencer.
- On dirait qu’on est dans le même bateau, tous autant qu’on est.
- Oui. Si ces hommes nous poursuivent, alors notre vie va changer du tout au tout.
- Elle est déjà en train de changer, Elizabeth. Notre vie ne sera plus jamais pareille. J’ai vu un homme se faire tirer dessus par un homme n’ayant plus toute sa tête, j’ai vu ce même homme vous tenir en respect avec son arme…Je ne pourrai jamais oublier ces images. Et maintenant on est poursuivis…

Comme Meredith finissait sa phrase, la voiture vira brusquement pour atteindre une route plus en retrait. Se retournant, Elizabeth eut un air horrifié:
- Une voiture arrive à toute vitesse vers nous! Buster, accélérez! Ils nous rattrapent!
Meredith roula sur le siège, s’écrasant dans l’espace situé entre les sièges de la voiture. L’autre véhicule venait de les percuter. Miss Spencer poussait des cris de terreur, se recroquevillant sur son siège. Meredith n’osa plus bouger, de peur que les occupants de la voiture derrière eux ne se mettent à tirer au fusil. Elizabeth s’était avachie sur la banquette arrière, elle aussi effrayée. Meredith voyait son visage tout près d’elle. La secrétaire était allongée sur le côté, tournée vers Elizabeth qui regardait dans sa direction.

Soudain, la voiture sortit de la route. Le conducteur ne semblait plus la contrôler. Meredith croisa le regard d’Elizabeth. Cette dernière semblait paniquée. Meredith lui prit la main de son bras valide et lui sourit. L’autre jeune femme sembla se détendre légèrement. Elles allaient se soutenir l’une l’autre. Pendant ce temps, la voiture s’enfonçait dans la végétation, visiblement totalement hors de contrôle.

Une secrétaire en péril (Episode 4: La fuite)

Créé par le 21 déc 2015 | Dans : Fictions

Cachée derrière son étagère, Meredith serra le pot de moutarde contre elle. Que devait-elle faire? Ce n’était pas à elle, en principe, de risquer sa vie. Elle n’était ni policière ni héroïne de film d’action. Pourquoi se retrouvait-elle dans cette situation compliquée? Cet homme avait-il un plan précis, au moins? Elle se releva légèrement sur ses genoux pour tenter de voir où était le cinglé au fusil. Meredith n’avait pas vraiment de plan concernant ce pot de moutarde. Elle pourrait éventuellement s’en servir pour se défendre. Une balle siffla près de son oreille et elle décida de passer à l’action. C’était maintenant ou jamais! Elle se releva brusquement, lança son pot de moutarde à la tête du gars et sentit immédiatement une immense douleur dans son bras.

Elle s’affala sur le carrelage de la station service, se cognant au coin de l’étagère. Tout semblait se dérouler au ralentis autour d’elle. Quelqu’un vint aussitôt s’agenouiller près d’elle. La tête lui tournait. Elle vit des cheveux blonds et un visage plein de larmes. La jeune femmes blonde la tenait, ayant posé sa tête sur ses genoux. Son bras saignait, saignait… On lui caressait les cheveux. Soudain, elle fut arrachée au confort relatif des genoux de la blonde. Quelqu’un l’attrapa et se mit à courir. Elle vit qu’ils sortaient hors de la station service. Il faisait froid, à présent. Elle avait laissé tomber sa canette de soda. Elle voulut leur dire qu’il fallait retourner la chercher, et son journal aussi.

Mais elle ne les avait pas encore payés, alors elle renonça à exprimer ses pensées à voix haute. Tout tournait autour d’elle, Meredith se serait crue dans un manège, comme ceux pour enfants avec les chevaux de bois, ceux qu’elle avait connus bien des années plus tôt. La personne qui la tenait était musclée. Ce devait être un homme. Deux femmes couraient près de lui. Meredith n’était pas sûre qu’elles courent, mais comme celui qui la tenait semblait pressé, ces deux femmes devaient l’être aussi. Elle se sentait un peu ailleurs, comme si elle voyait une autre personne se faire porter par un homme, comme si elle ne faisait pas partie de la scène qui se déroulait sous ses yeux. Sa tête dodelina et alla se poser sur l’épaule de l’homme. Elle se rendit compte qu’ils montaient tous dans une voiture. La dernière chose qu’elle vit avant de s’évanouir fut le visage de la blonde noyé de larmes.

Une secrétaire en péril (Episode 3: La prise d’otages)

Créé par le 21 déc 2015 | Dans : Fictions

Une voix bourrue retentit dans le noir:
- Que personne ne bouge! Je suis armé et je veux tout votre argent!
Une détonation se fit entendre. L’homme avait tiré. Un hurlement de douleur résonna entre les murs. Meredith se figea sur place. Que se passait-il? Elle était juste venue acheter quelques vivres et elle se retrouvait dans le noir, menacée par un cinglé qui ne savait visiblement pas se servir d’un fusil. La secrétaire était en effet persuadée que le coup de feu avait été tiré par erreur. L’imprudent avait dû oublier de mettre la sécurité ou quelque chose comme ça. Meredith regardait des séries policières, mais elle n’avait pas le courage de faire comme les héros. Elle n’y voyait rien et en plus l’un des clients venait de se faire tirer dessus. C’était un homme. Il n’y avait que trois solutions. Ce pouvait être le gérant, l’homme entre deux âges ou bien le père du petit garçon.

Ce dernier pleurait toujours. Le criminel ne devait pas être un professionnel, car éteindre la lumière était sûrement la chose la plus idiote à faire. A cause de cette brillante idée, il avait sans doute gravement blessé cet homme, à l’heure qu’il était. Meredith tenait toujours sa canette de soda mais avait lâché son journal au moment de l’attaque. Elle se cramponnait à sa boisson comme à une bouée de sauvetage. La lumière se ralluma soudain et Meredith put voir ce qu’il se passait. Les autres clients se tenaient à quelques mètres d’elle, menacés par un petit homme transpirant et paniqué. Il ne savait pas ce qu’il faisait. Un corps était étendu près du comptoir. C’était le père du petit garçon. Quelque chose disait à Meredith qu’il était mort.

La secrétaire était debout derrière le criminel. Celui-ci ne l’avait pas vue. Les autres clients savaient qu’elle était là. La jeune femme blonde semblait plutôt calme. La femme plus âgée pleurait en silence. Le client entre deux âges ne disait rien, son visage étant impassible. Le gérant du magasin était derrière le comptoir, tenant sa tête entre ses mains. L’agresseur avait dû le frapper pour l’empêcher d’allumer les lumières. Meredith marcha sur un jouet pour chien qui couina, alertant le bandit de sa présence. Elle eut l’excellente idée de tomber à plat ventre. Une rafale de coups de feu fut tirée dans sa direction. Elle sentit les balles passer juste au dessus d’elle.

Durant le court laps de temps qui s’écoula entre le moment où il tira et celui où elle toucha le sol, Meredith crut entendre un cri de terreur. Elle était pratiquement sûre qu’il provenait de la jeune femme blonde. La secrétaire roula sur elle même de manière à se retrouver à plat ventre. Les coups de feu pleuvaient sur elle. Il tirait au hasard pour l’effrayer. Meredith progressa à quatre pattes vers une étagère proche. Une balle la frôla, l’homme pouvait à présent la voir. Elle retomba instinctivement à plat ventre, attrapant au passage un pot de moutarde qui lui parut suffisamment lourd. La jeune femme recula précipitamment alors qu’il épaulait de nouveau son fusil vers elle. Elle se cacha derrière une étagère, retenant son souffle.

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