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Le sac

Créé par le 17 août 2018 | Dans : Textes

Le chemin était désert. Le vent soufflait doucement de vieilles chansons oubliées. Les fourrés se balancaient de tous les côtés, secoués par cette brise légère. Le ciel était d’un bleu incroyable. Il avait plu pendant des jours avant qu’un tel ciel apparaisse, et tout le monde était réjouit qu’il fasse si beau. Un sac était posé au milieu du chemin. Mais que faisait-il là ? Qui l’avait posé ? Etait-ce une blague ? On aurait dit un sac d’écolier, comme ceux dans lequel ils rangent leurs livres et cahiers de classe. Il était en cuir, d’un beau cuir orangé, sa bandoulière étant plus foncée. Ces deux couleurs s’harmonisaient bien.

Quelqu’un attrapa le sac. C’était une petite fille. Elle le regarda avec attention, cherchant probablement un signe distinctif qui pourrait l’aider à retrouver son propriétaire. Puis, n’en ayant trouvé aucun à l’extérieur du sac, elle l’ouvrit. Peut-être contenait-il de quoi identifier son possesseur. Elle en sortit tout d’abord un stylo plume. Un beau stylo plume. On voyait qu’il avait été utilisé pendant des années, et pourtant il gardait toute sa splendeur d’antan. Sa plume était en or. Elle n’avait même pas terni au fil du temps. Quelqu’un devait la nettoyer assez régulièrement. Elle regarda s’il y avait une cartouche dans le stylo. Elle en trouva effectivement une, qui était pleine à moitié seulement. Hochant la tête, elle referma le stylo avant de s’installer sur l’herbe près du chemin pour être plus confortable.

Puis elle posa soigneusement le stylo sur son petit mouchoir, qui lui même était posé sur l’herbe verte. Car comme il avait plu longtemps, l’herbe était d’un vert saisissant. La petite fille sortit un deuxième objet du sac. Ils s’agissait d’une pipe. La petite fit une grimace car on lui avait appris que fumer faisait du mal aux poumons. Mais bientôt, elle haussa les épaules, car elle pensait que tout le monde avait sans doute un avis différent sur la question, puisque certains fumaient. Donc chacun avait droit à son propre avis et les fumeurs savaient probablement ce à quoi ils s’exposaient en fumant autant. Elle n’était pas bien placée pour juger le propriétaire du sac qui avait une pipe. Elle posa la pipe à côté du stylo pour l’observer. De même que le stylo, la pipe était comme neuve sauf qu’on voyait bien qu’elle avait été utilisée. Elle était simplement remarquablement entretenue. S’en désintéressant, elle passa à l’objet suivant.

C’était un petit carnet d’adresses. La plupart des adresses étaient à Paris. Et s’étaient des éditeurs. La petite fille allait à l’école tous les jours, et elle était le meilleure de sa classe en lecture. Elle était aussi intelligente. Elle comprit que le possesseur de ce sac était très probablement un écrivain. Elle avait déjà trouvé un beau stylo, et maintenant ce carnet d’adresse. Rempli d’adresses d’éditeurs ou d’autres auteurs. C’était forcément un auteur. Et même si elle avait trouvé une pipe, il n’était pas encore exclu que ce soit une femme. Après tout, les femmes pouvaient fumer aussi. Et puis ce pouvait être la pipe d’un pèere ou d’un grand-père gardée en souvenir. La petite fille posa le petit carnet près du stylo et de la pipe sur le mouchoir. L’objet d’après était un cahier. Un magnifique cahier. Quelqu’un avait écrit dedans. Et pour la petite fille il n’y avait plus de doutes : c’était une femme qui avait écrit cela. Elle l’ouvrit au hasard et commença à lire :

« La fillette sortit de la voiture. Elle était toute excitée car c’était la première fois qu’elle allait au zoo. Ses parents avaient bien voulu l’y emmener. Ils se trouvaient à présent à l’entrée du parc animalier, et elle trépignait d’impatience. Elle aurait voulu que la file avance plus vite pour qu’elle puisse voir les animaux tout de suite. Mais les gens semblaient ne pas se presser du tout. Lorsqu’ils entrèrent enfin, elle courut vers les singes pour leur dire bonjour. Ils la saluèrent en retour, la laissant toute souriante. Ses parents lui achetèrent une glace. Elle ne remarqua qu’elle était adossée à un enclos que quand elle sentit quelqu’un la pincer à l’épaule. Se retournant vivement, elle cria, effrayée. L’énorme tête d’une autruche grise lui faisait face. Elle se mit à courir le plus vite possible, aussi loin que ses petites jambes pouvaient la porter. Se réfugiant sur un banc de l’autre côté de l’allée, elle tenta de calmer son cœur battant. »

La petite fille se mit à rire en lisant les mésaventures de l’autre fillette. Elle était pratiquement sûre qu’elle aurait été capable de faire la même chose. D’ailleurs, elle n’était jamais allée dans un zoo non plus. Il faudrait qu’elle demande à ses parents de l’y emmener, comme ceux de la fillette avaient fait. Pour l’heure, elle résolut de retrouver l’écrivaine à qui appartenait ce sac. Elle avait entendu dire que les écrivains étaient tête en l’air. Peut-être cette dame avait-elle eu une idée d’histoire, et ne pensant plus à son sac, elle était allée l’écrire quelque part ? Elle allait la retrouver, coûte que coûte. Elle aurait bien aimé s’en faire une amie. Elle avait l’air gentille, d’après ce que contenait son sac. Elle demanderait à ses parents si une nouvelle voisine avait emménagé dans les environ. Elle lui rendrait son sac.
La petite fille rangea tous les objets dans le sac, puis elle se leva et courut sur la route, souriante.

Histoire

Créé par le 15 août 2018 | Dans : Textes

Le narrateur commença l’histoire :
- Il était une fois, un homme normal, qui avait une famille aimante et une maison neuve. Cette maison n’avait rien de travers, jamais aucune panne au niveau des appareils électriques, et rien n’avait besoin d’être repeint. Les voisins étaient charmants, d’ailleurs ils offraient des bonbons aux enfants chaque fois qu’ils les votaient. Ils étaient vraiment très sympathiques. Notre personnage n’avait jamais eu d’accident de voiture, il n’avait jamais eu de contravention…
Il s’interrompit, puis :
- Mais c’est quoi cette histoire ? Tout va bien, ce n’est pas normal ! Tout va un peu trop bien, en fait. Je n’aime pas ça. Je vais continuer pour voir s’il se passe quelque chose d’intéressant.
L’homme avait un travail haut placé dans une société qui ne risquait pas de faire faillite. Il n’avait aucun problème d’argent et il ne jouait pas, ou s’il jouait il gagnait. Ses enfants étaient des anges, ils avaient de bonnes notes à l’école…
Il s’interrompit à nouveau :
- Qui a écrit ça ? QUI A ÉCRIT ÇA ? C’est nul ! Il n’y a aucun passage passionnant ! Tout va bien et c’est ennuyeux. Il faut que je change ça.
Il était une fois, un homme qui était divorcé. Ses enfants étaient de vrais monstres qui faisaient constamment l’école buissonnière, sa maison tombait en ruine et quelque chose se cassait chaque jour. Son ex femme était remariée et elle le détestait, faisant exprès de rouler dans les flaques de pluie chaque fois qu’elle passait en voiture et qu’il était sur le trottoir. Elle avait récupéré la voiture dans le divorce. Il avait eu la maison, mais ce n’était pas un bon lieu de vie. Ses voisins le détestaient, ils donnaient des bonbons à ses enfants car ils voulaient qu’ils aient des caries.
Il fit une pause :
- Ah, c’est mieux ! Continuons.
Il avait été viré de son travail et il jouait au poker pour tenter de gagner de l’argent pour s’en sortir mais il perdait sans cesse et il avait de grosses dettes dans plusieurs casinos. Le portail de sa maison avait bien besoin d’être repeint, car cela ferait fuir les acheteurs. Il devait vendre, faute d’argent pour l’entretenir. Ses enfants ne voulaient plus le voir, de toute manière. Il était déprimé et il ne mangeait plus. Il finit sa pauvre vie seul, hargneux et désespéré. Et voilà ! Fin ! Ça, c’est mieux !

Un nouvel arrivant

Créé par le 19 fév 2015 | Dans : Textes

Il y a quelques jours, mes parents ont eu une idée un peu bizarre. Quand je dis étrange, c’est vraiment curieux. Ils avaient déjà eu des idées surprenantes, un peu démodées ou encore hideuses, mais je crois que celle-là, c’est la pire de toutes. Surtout pour mes oreilles. Vous ne comprenez pas? Vous allez savoir pourquoi je dis ça.

C’est maman qui y a pensé en premier. Ma mère, j’ai toujours pensé qu’elle avait l’esprit un peu dérangé pour avoir de pareilles idées. Il faut le voir pour le croire! Tenez, par exemple, une fois, elle a voulu mettre une marquise au dessus de la porte de la maison. Pas forcément parce que ça faisait joli, ça non! Mais pour faire comme les voisins. Inutile de dire que nous n’avons pas de marquise à l’heure actuelle. Une autre fois, elle a voulu repeindre deux bancs qui traînaient depuis un moment dans le jardin. Elle les a repeints en ROUGE!

Bon, cette fois-ci, l’idée de génie ne concerne pas la peinture, ni la porte de la maison. Elle concerne la salle de bain! Encore mieux, non? Comme ça, on voit la « chose » tous les jours!

Je vais enfin vous dire de quoi je parle: elle veut construire un placard! Sensationnel, non? Déjà, il a fallu commander les éléments pour le construire. C’est papa qui a fait la tête en voyant tout le travail à faire! Parce qu’évidement, si c’est maman qui a eu l’idée, ce n’est pas elle qui va la mettre en pratique! Et papa a horreur de ça! Donc, il a fallu commander.

Il a fallu plus de trois semaine aux portes et au reste du placard-en-pièces-détachées pour arriver! C’est là qu’on voit que maman est une femme combative et déterminée! (un peu trop, parfois…)
Parce qu’elle les a attendus de pied ferme, les livreurs! Je pense que papa a dû espérer secrètement que ces éléments n’arrivent jamais, mais malheureusement pour lui, ça a fini par arriver.

Une fois que tout est arrivé, il faut commencer le boulot. Mais papa n’avait pas l’air décidé à commencer.

Quand il a débuté le travail, j’ai regretté ma tranquillité d’antan! Armé de sa perceuse, faisant trembler tout l’étage, il était terrifiant! Impossible de faire quoi que ce soit dans la même maison!

Quand il a arrêté son satané engin, j’ai vu ce qu’il avait fait: il avait mis six malheureuses vis sur deux bouts de bois! Deux heures de vacarme pour ça?! Moi qui m’étais attendu à voir le placard tout monté…

Mais le pire qu’il m’est arrivé avec ce placard fantôme (car pas encore monté) reste encore à venir. J’ai eu l’occasion de tester la solidité des bouts de bois ainsi que l’adhérence des vis au carrelage…Je me suis cogné un pied dedans, et je peux vous dire que ça fait très mal…

Autorité

Créé par le 08 août 2014 | Dans : Textes

Les parents! Ah! C’est quelque chose! Quand je veux acheter quelque chose avec mon argent, par exemple, ni l’un ni l’autre ne me répondra.
 » Va d’mander à ton père » ou « Va d’mander à ta mère » sont les seules réponses obtenues jusqu’ici.
Ou, autre exemple, quand je ne suis pas d’accord avec l’un deux, aussitôt, le second se range à l’avis du premier. Le groupe papa-maman se ressoude avec de l’hyper glu. Alors moi, évidemment, devant ce début de bataille rangée, je suis tout seul. ils sont deux. Je ne peux pas faire équipe avec le chat qui est déjà reparti dormir sur le canapé. Évidemment, à deux contre un, je ne pourrais jamais obtenir gain de cause. C’est perdu d’avance. Ils sont en supériorité numérique.
Et quand ce n’est pas la guerre entre nous, c’est une paix forcée. Les parents essaient de s’intéresser à ce que je fais. Mais comme ils ne comprennent pas ma logique, ils laissent vite tomber pour aller faire autre chose.
Le chat, au milieu de tout ça, il ne fait rien. Il dort.

Le téléphone portable

Créé par le 08 août 2014 | Dans : Textes

Avoir un téléphone portable, j’en ai toujours rêvé. Non, ce n’est pas vrai. C’est un objet dont personne ne peut se décoller. Dès qu’ils en sont séparés ne serais-ce que cinq minutes, c’est la crise! Alors si ça fait la même chose à tout le monde…
Maintenant, j’en ai un. Je pourrais dire beaucoup de choses là dessus. Je pourrais dire que c’est génial, je peux contacter mes amies à tout moment, que je ne peux plus m’en décoller tellement je suis addict, je pourrais dire aussi que je m’en sers pour tout. Mais ce serait faux. Je ne ressens pas cela. Mon portable, je l’utilise quand je mets la main dessus. Un peu par hasard, je dois le dire.

J’ai déjà de nombreux problèmes avec cette machine infernale. D’abord, la première étape a été de retenir mon numéro de téléphone. Ça peut vous paraître effarant, mais c’est la vérité. Beaucoup de gens ont ce problème. J’ai moi-même mis du temps à comprendre que je ne le retiendrais jamais. J’ai tout essayé: je l’ai inscrit sur un bout de papier. Déjà, ça faisait idiot de sortir son bout de papier à chaque fois, en ensuite, j’ai perdu le papier. J’en ai refait un second, mais là encore, il n’a pas eu de chance. Un liquide brûlant s’est reversé dessus, le rendant illisible. Ensuite, j’ai essayé de l’apprendre par cœur. Mouais. Pas très réussi. Je n’ai réussi qu’à retenir le « 07″! Au bout d’une semaine de travail acharné! Alors ça aussi, j’ai abandonné. J’ai essayé de l’inscrire dans mon téléphone, mais en le faisant, j’ai effacé tous mes contacts. J’ai alors mis plus d’un mois à me souvenir des numéros effacés. Après ces essais vraiment pas concluants, j’en ai eu marre. Du coup, je ne sais toujours pas mon numéro de téléphone.

Autre étape avec le téléphone, je me suis rendu compte que l’écran était tactile. Conclusion: si on clique n’importe où sur un écran tactile, ça peut faire du dégât. Une fois, j’ai même appelé mon patron sans m’en rendre compte. J’étais en train de pester contre mon téléphone, l’exhortant à « se bouger un peu les fesses ». Évidemment, le patron n’a pas apprécié la blague que je lui ai sortie ensuite pour calmer le jeu.
Autre inconvénient avec l’écran tactile, le téléphone peut s’allumer seul dans votre sac.

Un autre problème que j’ai eu avec mon téléphone, c’est quand il est tombé en panne. J’ai d’abord essayé d’appeler le dépanneur, avant de me rappeler que justement, mon portable ne marchait pas. Quand j’ai enfin pu lui parler, il m’a dit qu’il fallait aller au service technique. Je m’y suis rendu, et on m’a dit que le problème était trop grave, qu’il fallait que j’aille voir un spécialiste ou que j’en rachète un autre.
Je suis allé voir le spécialiste. Il a eu l’air étonné en étudiant mon portable. Il m’a juste dit qu’il fallait changer la batterie. Et pour l’examen, il m’a demandé de payer l’équivalent du prix d’un portable. Et voilà! J’aurais dû en racheter un autre dès le début.

Lettre à un alien

Créé par le 27 juil 2014 | Dans : Textes

Bonjour, si vous lisez cette lettre, c’est que les terriens ont pu trouver votre planète. Mais dans ce cas, je suis sûrement déjà morte. Peut-être est-ce mon père qui vous l’a portée, ou un de ses descendants. Je ne sais pas. Cela fait bien dix ans que mon père s’est embarqué dans cette fusée. Dix ans. Ce n’est rien comparé aux années lumières qu’il a fallu pour qu’il vous trouve. Moi, Angela, je vais vous décrire la terre. Pas dans ses moindres détails, ça non! J’en suis bien incapable. Il y a des endroits où je ne suis jamais allée. Bon, alors la terre, c’est une planète bleue. Pourquoi bleue? Parce qu’elle contient plus d’eau que de terre. Les hommes de cette planète ne vivent sûrement pas aussi longtemps que vous, êtres de l’espace. Beaucoup de générations s’y sont succédées depuis sa création. Au moment où je vis moi, on peut y trouver des villes immenses. De grands immeubles se dressent le long des avenues.
Des milliers de magasins existent. Je ne peux pas tous les citer tellement il y en a. A côté de la ville se trouve la campagne. Elle se fait de plus en plus rare, ces derniers temps. A la campagne, la végétation s’épanouit. Bien plus qu’en ville où elle étouffe entre deux buildings. Je ne sais pas à quoi vous ressemblez, vous qui lisez cette lettre, mais moi, j’ai des cheveux blonds, des yeux bleus et le ne suis pas bien grande. Ma peau est blanche. Et la vôtre? Est-elle verte?
Dans mes livres de science-fiction, la peau des extraterrestres est verte ou encore rouge. Mais en fait peut-être que personne ne lira ma lettre. Car certains pensent qu’on est seuls dans l’univers. Personnellement, je n’y crois pas. Mais pas du tout.
Sinon, où serait passé mon papa? D’ailleurs, tant que j’y suis, pouvez vous me le rendre, mon papa? Parce qu’il me manque. Maman m’a raconté qu’il parlait avec des petits hommes verts sur une drôle de planète. Mais je sais qu’elle ne me dit pas la vérité.
Hier, aux informations, j’ai vu des images des astronautes.
De ceux qui sont partis avec papa. Mais c’était que des photos, hein! Eh bien, le présentateur disait que la tour de contrôle avait reçu un message de la fusée. Elle est encore dans l’espace. Elle n’est pas arrivée. Papa est mort. Il était dans la fusée qui a été percutée par une énorme météorite. Alors j’espère qu’avant de mourir, il aura rencontré un alien, un vrai, au moins une fois…Mais je n’y crois pas trop, au fond. En tout cas, c’est un peu de votre faute si je n’ai plus mon papa. Sa passion l’a emporté, m’a dit maman.

Angela, une terrienne.

Un parc d’attraction parmis tant d’autres

Créé par le 26 juil 2014 | Dans : Textes

Un parc d’attraction. En général, c’est un endroit adoré par les enfants. Surtout quand les stands de sucreries sont nombreux.
Mais allez savoir pourquoi, moi, je déteste ça. La grande roue, par exemple. Plein de gens s’entassent dans des petites cabines contenant à peine quatre sièges. Ces espèces de bulles faites en je ne sais trop quelle matière, attachées à la roue par un piquet de fer…Cela semble facile à détacher! Tiens, par exemple, à Londres, the London Eye: une jour, une cabine s’est détachée. Comme un fruit tombe d’un arbre. L’armature de fer qui retenait la carlingue en question est restée vide un moment. Mais ça fait peur. Les montagnes russes,il vaut mieux ne pas en parler. On a l’impression que son cœur va se décrocher! Et je ne parle pas de ces gens qui montent dans l’attraction tout souriants et qui, deux minutes après le départ de leur wagon vomissent sur leur voisin! Ah, mais au moins, on sais ce qu’il ne faut PAS manger avant de monter! Il faudrait même que ces gens-là ne mangent rien avant de venir dans le même wagon que moi. Et j’allais oublier certains imbéciles qui croient intelligent de crier plus fort que tout le monde quand on descend une pente! Heureusement, dans un parc, il y a au moins une chose que j’aime bien: les bancs. Même s’ils sont rares, ils permettent de se remettre avant la prochaine attraction!
Le grand huit, ça aussi c’est renversant. Surtout qu’on retrouve les mêmes cinglés qui étaient dans les montagnes russes juste avant. Et c’est là qu’on se demande ce qu’on peut bien faire là, dans un wagon lancé sur les rails du grand huit. Peut-être suis-je un peu folle, quelque part, à faire des attractions comme ça?
La nature humaine me parait bizarre, parfois. On recherche les sensations fortes, et après on crie plus fort que les autres quand on descend la pente. En fait, je crois que tout le monde est comme ça.

Storm, gewitter, tormenta, orage

Créé par le 12 juin 2014 | Dans : Textes

La fenêtre ouverte à l’orage, je vous écris cette page. Je viens d’allumer mon ordinateur et là ça commence à tonner. Le ciel est gris depuis un bon moment déjà. Le soleil de l’après-midi s’en est allé. La chaleur est partie plus loin. La météo avait raison, pour une fois. Alors je me place devant la fenêtre et j’attends. Je ne sais pas exactement quoi, mais j’attends. Je scrute les nuages.
Le gris est devenu presque noir. Le soleil tente de revenir en faisant de brèves apparitions, mais c’est peine perdue. L’orage prend l’avantage. C’est la loi du plus fort. L’orage est supérieur au soleil. Il épanche sa colère en grondant et en illuminant le ciel. Le son et lumière commence. Les premiers éclairs apparaissent. Ce qui est amusant avec les éclairs, c’est que même en fermant les yeux, on les voit toujours! Les rideaux et volets non plus ne sont pas de taille face à l’orage. Puis, peu de temps après suivent les coups de tonnerre. Ils sont espacés de quelques secondes si l’orage est tout proche. Les orages sont de fameux acteurs de films d’horreur. Ils en jouent même le plus souvent le premier rôle. Et ils y vont fort, question épouvante! Les coups de tonnerre sont de plus en plus forts. Même en se bouchant les oreilles, on les entends. Puis, tout à coup, le silence. Dans ce cas-là, le silence est un des facteurs de la peur. Le silence est d’or, la parole est d’argent.

La ronde des saisons

Créé par le 10 juin 2014 | Dans : Textes

Le temps s’est écoulé. Comme le ferait le sable dans un sablier.
Les heures, les minutes les secondes ont passé. Les feuilles ont changé de couleur. Vertes, puis brunes. Elles sont tombées, leur flux vital s’étant évaporé. Le vent chaud est parti pour un temps.
Mais le temps n’attends plus et voici déjà l’automne. La saison des pluies. Le froid commence à arriver. Les feuilles tombent, il faut les ramasser. Les animaux se terrent déjà dans leurs abris.
Puis l’hiver arrive pour de bon. Les pelouses se couvrent de blanc. Les herbes pareilles à des cheveux qui blanchissent, elles ont trop duré. Sous la neige, il n’y a plus rien. La nature sommeille. Le vent glacial ravage la terre. Les jours ont raccourci. La neige a quelque chose de magique. Sa couleur scintille à la lueur des étoiles. Enfin, voici le printemps. La nature s’éveille.
Les arbres reverdissent, la pelouse renaît, les oiseaux sortent de nouveau. La vie est revenue en force. Certains arbres, trop faibles, ont succombé. De nouveaux arbrisseaux vont les remplacer.
« Ami, si tu tombes, un ami sort de l’ombre à ta place! »
L’été est revenu bien vite, l’année est finie.

Marcher sans s’arrêter

Créé par le 16 mai 2014 | Dans : Textes

Je marche droit devant moi. Les arbres m’entourent. Le soleil est au rendez-vous. Les oiseaux chantent. Je suis tout seul.

Je ne l’étais pas voici dix minutes. Je le suis à présent. Voilà.
Comme je le disais, les arbres sont autour de moi. Je suis sur un sentier. Un sentier plein de terre, de brindilles et de branches.
Je me suis séparé de mon groupe. Ils ne savent pas où je suis parti.
J’ai eu besoin d’être seul, alors je me suis éloigné.

Je suis grand, moi. Je n’ai besoin de la permission de personne pour partir me promener. J’en ai eu marre que les autres crient. Cela m’a fait mal aux oreilles. Je n’ai pas pu supporter d’être près d’eux une seconde de plus. Je n’aime pas non plus les accompagnateurs. Ils nous disent de ne pas nous éloigner et ne nous laissent pas un instant de liberté.

Ici, au moins, je suis tranquille. Il n’y a personne pour me dire ce qu’il faut faire ou ne pas faire. Je marche en paix dans la forêt. Mon groupe a continué vers le Sud. Je me suis caché derrière un arbre et ils n’ont pas remarqué ma disparition.
Je les ai vus partir sans se douter le moins du monde de mon absence. Ils ont disparu derrière les arbres.

Je marche toujours, droit devant moi. J’irais jusqu’au bout du monde, s’il le fallait. Je marche, je marche, je marche.

Je m’arrête dans une clairière, sur une souche d’arbre.
Un oiseau se manifeste dans un arbre non loin de là.
Tout est paisible.

Soudain, un homme, non deux me sautent dessus. Ce sont eux!
Ils portent des blouses blanches. Ils me mettent un gilet qui m’empêche de bouger les bras. Ils sont revenus! Je croyais leur avoir échappé! Ils m’embarquent dans leur fourgon.
Sur le fourgon, il y a écrit: Asile de fous de Dijon.

Le match

Créé par le 14 avr 2014 | Dans : Textes

Un jour heureux. Plein de bonheur. Le soleil au rendez-vous. La foule en délire. Un stade. Beaucoup de spectateurs. Une pelouse verte. Un ballon rond. Deux cages de but. Deux équipes qui s’affrontent. On ne s’entend plus dans ce stade. Désert quelques minutes plus tôt, il affiche à présent complet. Comme pour tous les matchs retransmis à la télévision, un commentateur commente chaque mouvement des joueurs. Ce commentateur est aujourd’hui un certain John HUISEZ. Un mexicain, semble-il. Il a un accent un peu spécial et amusant. Quelques minutes plus tard, il rentre dans sa loge des gradins, située de manière à ce qu’il puisse voir tout le terrain. Il met son micro, l’ajuste, et s’assied dans son fauteuil. La foule se tait pour écouter ce qu’il va dire.
 » Bounjoures tout lé mounde! Faites dou brouit!!!!! » A ces mots, les supporters se mettent à hurler tous ensemble. Puis John reprend:
« Jé souis très heureux dé vous accueillir ici! Lé match va commencer! YIIIIIIHAH!!!! » Nouvel accès de joie. « Bon, déboutons cé match. Les joueurs entrent sour le terrain! Les voici! Cette équipe est en azul, c’est sourement la notre! » se penche vers un technicien à côté de lui « Hum, non, jé crois qué c’est la France, en fait! » très gêné
« Ah si c’est bien la France. Avec ses noumbreux-raclement de gorge- joueurs. Voyons que je regarde leurs noms. » se penche vers la vitre de la cabine
 » C’est lejos! Jé souis désolé, jé n’ai pas oune bonne voue alors jé né sais pas les noums des joueurs! Ils s’alignent….Voilà. Ils sont en place. Immobiles. C’est oune belle équipe qué voilà! Ils chantent la Marseillaise! » il se tait pour écouter. A la fin de la chanson, il reprend la parole. « Voualà mainténant la deuxième équipe, c’est l’Italie! » quelqu’un lui souffle quelque chose à l’oreille. « Ah! Autant pour moi! C’est lé Royaume Ounis! Ah, ils chantent aussi? Êtes-vous sours qué jé souis au bon endroit?
Jé souis censé présenter un match dé football, pas un concert! »
………………………………………….
« Ah! Ça commence enfin! Jé commençais à m’enouiller, moi! Les joueurs sé placent. Coup dé sifflet dé l’arbitre! Eeeeeeeet, ACTION! Nan, jé plaisante! Lé jeu commence! Lé joueur à côté de la ligne du milieu vient dé récoupérer la balle! Oulala! il va vite! Il court!!! Il passe le ballon à un grand blond aux yeux bleus! » parlant à quelqu’un à côté de lui « Non, jé né vois pas ses yeux! Mais jé né sais pas non plus son nouméro dé maillot! Bon, pendant que jé papotais, l’équipe adverse lui a pris la balle! Un petit brun aux yeux perçants. Oui perçants! En tout cas, peut-être à cause dé ses yeux qui font peur aux autres, il rémonte vers les boutes! ET IL…..NE marque pas. Balle arrêtée par le monsieur dans la cage qui a mordou la poussière. Pauvre monsieur…. » parle à quelqu’un « Ah! C’est le gardien! Il garde lé boute! O.K., j’ai compris! Et rémise en jeu!
Un homme en bleu récoupère lé balloon!!! Il court! C’est oune anglais! » parle à une personne à côté « Si! Jé disais, c’est ouné français! Il passe la balle à un adversaire…C’est permis ça? Non? Espèce dé traitre!!! Ah? Il a jousté tiré dou mauvais côté? Excellenté joueur, alors! Bref! L’anglais répart en sens inverse avec lé balloon…En fait, cé jeu est idiot! Ils ressemblent à des chiens courant derrière leur balle!!! En plous, c’est fatigant! Moi jé souis fatigué rien qu’en régardant! Il court toujours….Et se fait prendre lé balloon…Par un dé ses coéquipiers?! Mais c’est pas dans les règles, ça! L’autré l’a fait toumber! Cartoon rouge! Cartoon rouge! Ah non? Bon, l’arbitre n’a pas bougé, ça doit être normal…Lé coéquipier a toujours la balle et la passe à un autre, qui la passe à un autre…J’arrive plous à souivre, là! Pourriez pas aller moins vite? EEEEEEEEEEET……BOUTE! Ah non, il l’a rattrapée….
Rémise en jeu par le goal! POUM! Il tire dans lé balloon qui s’envole loin loin loin….Et atterrit toout à côté dou boute d’en face! Occasion inespérée! Un joueur a tapé dedans et BOOOOOOUUUUUUUT! Ya zéro à un pour l’Angleterre! Allez, la France, on sé sécoue, hein? Ya plus beaucoup de temps, à peine oune minoute! Rémise en jeu par lé goal français! Ouné français l’a eu! Il court! Comme dans la chanson dou furet!!!! Il passe au voisin en bleu, qui met toute sa pouissance dans cé tir lé boute EST marqué!!! Deux partout!!!!! Fin dou match! Égalité! J’ai été heureux de passer ces minoutes palpitantes avec vous! A plous!
Adios Amigos!!!! »

La pièce mystère (suite d’A saute-mouton)

Créé par le 02 avr 2014 | Dans : Textes

Ma main sur la poignée de la porte, je restai sur le seuil. Contemplant cette obscurité mystérieuse qui en fait pouvait cacher bien des choses. Immobile, je m’imaginai le genre de trucs que pourrait cacher du noir dans une cuisine. Mon imagination tournait à plein régime. Il pouvait y avoir….un cadavre horrible plein de sang, le meurtrier encore présent dans la pièce…Ou bien un cambrioleur armé d’une clef à molettes, prêt à m’assommer…Un fou échappé d’un asile perdu dans la montagne…Une créature aux yeux fluorescents…Une sorcière datant de Mathusalem astiquant son balai avec MON savon pour les mains…Un fantôme poussiéreux m’invitant à danser je ne sais quelle danse oubliée depuis des décennies…Un zombie peu amical voulant casser le mobilier de la cuisine en ayant pour raison que But (le magasin) c’est passé de mode…Un prof surgi du passé me donnant plein d’heures de colle…Un troll, un lapin, un farfadet, un lutin…Un vampire cherchant l’hôpital pour boire le sang de la réserve pour les blessés…Un affreux visage tout déformé souhaitant parler affaires avec moi…En fin bref, tous les personnages possibles et imaginables ne faisant pas partie de la maison. Après avoir imaginé tout cela, je ne disposait plus de beaucoup de courage pour franchir le seuil de la pièce sombre.
Je fermai les yeux et tentai de me persuader que si ça se trouvait, il n’y avait personne là dedans. Mouais. Pas très convainquant. Prenant mon courage à deux mains, j’entrai dans la pièce sur la pointe des pieds (on n’est jamais trop prudent).
J’inspectai les lieux en silence. La cuisine semblait déserte.
Soudain, des yeux apparurent dans l’obscurité. De grands yeux brillants et maléfiques. Je repensai aussitôt aux yeux que j’avais imaginés quelques minutes plus tôt. J’eus un mouvement de recul, mais les yeux me suivaient, avançant inexorablement vers moi…Je criai et reculai encore. Le contact avec la porte me fit sursauter. Je l’ouvris en grand et partis en courant dans le couloir éclairé par la lune. Alors que je poursuivais ma course effrénée, la porte de la cuisine claqua. Le bruit se répercuta dans la maison. Puis le silence revint, pesant.

A saute-mouton

Créé par le 01 avr 2014 | Dans : Textes

Quelque chose me réveilla. Mon subconscient, peut-être. Mais j’ouvris soudain les yeux, sans vraiment savoir pourquoi. Ma chambre était plongée dans le noir. Le noir complet, une obscurité dans laquelle même un chat ne pourrait s’orienter. Je n’avais pas mes lunettes, mais de toute façon, myope ou pas…On ne voyait absolument pas la différence. Je m’assis sur mon lit. Maintenant que j’étais réveillée, je ne pourrais sûrement plus me rendormir. Je scrutai la pièce sans même la voir. Je me levai et marchai dans la chambre en silence. J’ouvris la porte en douceur en veillant bien à ne pas la faire grincer. Le couloir était faiblement éclairé par la lune. Sans mes lunettes, je ne voyais que la tapisserie toute floue avec des points blancs. De jour, avec mes lunettes, j’aurais remarqué que c’étaient des moutons. Moutons que ma mère affectionnait tout particulièrement. Ils étaient hideux, oui!
Je continuai ma progression le long du couloir. A tâtons. Lorsque mes doigts rencontrèrent une poignée de porte, je l’ouvris. C’était la cuisine. Toute noire. Plongée dans l’obscurité. Sinistre…

Dans la ville (suite de Bruits de couloirs)

Créé par le 29 mar 2014 | Dans : Textes

Dès que je pus m’éclipser du bureau pour ma pause déjeuner, j’allai en vitesse au garage où j’avais laissé ma voiture. C’était une Fiat 500 de couleur rouge, très confortable et toute neuve. Car il faut dire que je l’entretenais avec soin. Mais il fallait tout de même faire les vérifications d’usage, et confier ma précieuse voiture. La confier ne serai-ce qu’une journée au garagiste ou mécanicien du coin m’horrifiait sincèrement.
Cette bagnole, comme disait mon frère, était toute ma vie. Elle était devenue une amie. En ferraille certes, mais une amie. Je franchis le seuil du garage. Le mécano arriva. On eut dit qu’il était monté sur roulettes.
Il me serra la main en me regardant droit dans les yeux. Puis il me conduisit à ma voiture. Nous montâmes dedans et il me guida jusqu’à une brasserie. Je garai ma voiture récemment récupérée dans un emplacement réservé à cet effet. Puis Henri (le mécano) poussa la porte et je lui emboitai le pas. La porte se referma avec bruit. Une fois au comptoir, il demanda une bière bien fraîche et je commandai un verre d’eau. Je n’aimais pas l’alcool.
Malgré sa gentillesse, il était tout de même très collant. Et il me dévorait des yeux. On aurait dit un insecte devant une fleur. Sous prétexte d’aller me refaire une beauté, je partis dans les toilettes et appelai Maria, une collègue de bureau. Dix minutes plus tard, elle entrait dans le bistro et me lançait que mon mari arrivait par le prochain train. Elle ajouta qu’avec son tempérament soupe au lait, s’il apprenait que je trainais dans les bars, avec des inconnus de surcroit, il se ferait une joie de donner une sacré leçon aux « inconnus » en question. Et qu’il comptait rester avec moi tout le week-end. Henri avait un air terrifié. Il s’écarta soudain de moi et je repartis avec Maria. Une fois dans la rue, nous nous esclaffâmes: je n’avais absolument pas de mari! Maria s’était jouée de lui! Nous partîmes, bras dessus bras dessous, riant à gorge déployée!

Lavage mémorable

Créé par le 29 mar 2014 | Dans : Textes

J’ouvris la porte de la buanderie. Les robes que j’avais étendues la veille avaient séché.
Mais lorsque l’ouvris la machine à laver, une odeur de rouille ou je ne sais quoi d’autre me prit à la gorge. J’enlevai un à un les vêtements. Ils étaient tous couverts de taches noires. Le chat avait encore fait tomber un habit qui déteignait dedans. Pour l’odeur…
Je ne savais pas de quoi il s’agissait. Je commençai à inventorier les habits non tachés. Et il y en avait très peu là-dedans! En me relevant, je me cognai la tête dans un coin de meuble. Je me frottai la tempe en pestant contre les machines défectueuses. Oh! Et puis j’aurai nettoyé tout ceci avant le lendemain! Mes yeux se fixèrent sur la bouteille de détergent. C’était sûrement la coupable de tout cela! La veille au soir, j’avais acheté une nouvelle marque de détergent pour la lessive. Et comme je n’avais jamais eu de problèmes avant…J’empoignai la bouteille fautive et la lança de toutes mes forces dans la poubelle la plus proche.

avec l’atelier d’écriture du blogadupdup, n°11

Bruits de couloirs

Créé par le 29 mar 2014 | Dans : Textes

Je rangeais mes dossiers dans le compartiment C de mon bureau. Une fois cela fait, je restai quelques secondes, pensive. Je contemplai en silence mon écran d’ordinateur. Enfin, je me décidai à me lever. Puis je sortis de la pièce. Dans le couloir, je regardai par la fenêtre. Pourtant, la vue n’était pas magnifique. Je me remis à marcher en soupirant et passai devant un autre bureau. Puis mon téléphone sonna. Je le sortis de ma poche, décrochai et le portai à mon oreille. C’était le mécano de la station-service. Je pouvais venir récupérer ma voiture aux alentours de midi. Et il m’invita à venir boire un coup au Bistro du Phare juste à côté. Tout d’abord, je ne répondis rien et jetai un rapide regard dans la pièce où je me trouvais. Vide. Tant mieux. Si mes collègues avaient eu vent de ce « rendez-vous » avec le mécano, elles n’auraient pas cessé de me taquiner en me disant « A quand le mariage? ». Je bredouillai une réponse favorable à sa proposition. Avant de raccrocher, il me proposa d’aller voir un film demain. Dimanche. Il ne voulait pas me lâcher, à présent que j’avais accepté de « boire un coup » avec lui. Il faudrait encore que je trouve un prétexte pour m’en débarrasser.
Et pour ça, j’allais demander à mes collègues! Elles étaient toujours prêtes à donner un petit coup de main!

avec l’atelier d’écriture du blogadupdup, n°12

Un peu de chocolat

Créé par le 29 mar 2014 | Dans : Textes

Allongé dans l’herbe, je contemplais le ciel. Cette immensité bleue qui semblait ne pas
avoir de limites. Le toit du monde était parfois traversé par des oiseaux. Toute sorte d’oiseaux. Des blancs, des gris, des grands, des petits… Tout seuls ou en groupe. Cette migration vers le sud annonçait alors l’arrivée du froid. Les formes que prenaient les nuages paraissaient sculptées dans la surface d’un chocolat au lait. Tout en observant les oiseaux, je me demandai: avaient ils une âme? Je m’assis dans l’herbe. En face de moi se tenait un chamane. Il tenait une botte de foin à la main. Il me regarda avec respect et me la donna. On eut dit une véritable cérémonie. Soudain, le temps d’un battement de cils, il disparut. Il en fut de même pour la botte de foin. La température s’était rafraichie et je me sentais étrangement abattu. Je rentrai chez moi me préparer un bol de mousse au chocolat pour me réconforter.

fait avec un atelier d’écriture, celui du blogadupdup, le numéro 13.

Moyen-Age

Créé par le 23 mar 2014 | Dans : Textes

De nombreux paysans se pressaient vers le château. La foule était dense, si bien que certains tombaient dans les douves en traversant le pont-levis. Bousculer autrui était un des passe-temps favoris du duc. Il aimait écarter les gens d’un air important. Considérer les autres comme des moins-que-rien. Puis il rentrait dans son château pour manger quelques chasselas et boire une centaine de décilitres de vin avant le repas. C’était bien sûr contraire à l’éthique catholique. Boire ainsi entre les repas était non conforme aux règles du château. Il retira son hausse-col pour s’assoir à sa table privée. Puis il claqua des doigts et Logiciel arriva en courant. C’était son serviteur personnel.
Le duc s’amusa ensuite à nuancer les différentes couleurs pour les tapis de sa chambre. Alors qu’il arrangeait les teintes à sa guise, un garde pompette dont la rotondité était remarquable de loin entra. Il avait vu depuis le terre-plein l’armée du duc de Bourgogne charger le château.

idem

Boule de neige

Créé par le 23 mar 2014 | Dans : Textes

Je marchais dans un endroit plein de hautes herbes. Mes pieds étaient constamment frôlés par ces tiges proliférantes. Mon regard se porta vers l’horizon. Il faisait froid. Malgré mon manteau et mon écharpe, je serrais nerveusement une pastille contre la toux. La seule et unique rescapée de mon précédent rhume. A cause du froid, aucun animal n’osait pointer son nez. Pas même un lézard. Frissonnant, je mis mes mains dans mes poches. Soudain, une déferlante de neige semblable à une vague d’eau heurta ma tête. Je me retournai et vit deux gamins s’enfuir en riant. Tout de même! Heurter les passants ainsi, avec des boules de neige! Quelle incorrection! En quelques années, j’avais changé. J’avais perdu ma bonhomie habituelle, mon entrain, ma joie de vivre. Arrivé chez moi, je consultai la pendule. Seize heures. Ce n’était pas encore le soir. Puis une bande de vandales avec des bonnets à rayures bombarda mes vitres de neige. Ah, ces jeunes! De vrais sauvages!

à partir de l’atelier d’écriture précisé dans un précédent article

Une poule justicière

Créé par le 23 mar 2014 | Dans : Textes

Une poule dégénérée courait dans la nuit laiteuse sur la prairie verdoyante.
Elle ameuta toute la ferme en s’égosillant de toutes ses forces.
Puis, enfin calmée, elle rentra dans le poulailler commun.
Un homme était là, endormi.
Les yeux clos, les membres immobiles, la respiration régulière.
Son haleine était teintée d’alcool.
Pas de doutes possibles: c’était un buveur.
Il fit un mouvement dans son sommeil qui révéla un éclat cuivré: un médaillon.
Son visage était couvert de découpures diverses et variées.
Mais la poule n’eut guère le loisir de l’examiner plus longtemps: la fermière entra dans le poulailler, énervée. Son chien, museau au sol, la suivait.
Elle chassa froidement le rôdeur de sa propriété.
Car elle aimait son territoire. Il était certes petit, mais il lui appartenait.

créé à partir du même blog que le texte précédent

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