Le narrateur commença l’histoire :
- Il était une fois, un homme normal, qui avait une famille aimante et une maison neuve. Cette maison n’avait rien de travers, jamais aucune panne au niveau des appareils électriques, et rien n’avait besoin d’être repeint. Les voisins étaient charmants, d’ailleurs ils offraient des bonbons aux enfants chaque fois qu’ils les votaient. Ils étaient vraiment très sympathiques. Notre personnage n’avait jamais eu d’accident de voiture, il n’avait jamais eu de contravention…
Il s’interrompit, puis :
- Mais c’est quoi cette histoire ? Tout va bien, ce n’est pas normal ! Tout va un peu trop bien, en fait. Je n’aime pas ça. Je vais continuer pour voir s’il se passe quelque chose d’intéressant.
L’homme avait un travail haut placé dans une société qui ne risquait pas de faire faillite. Il n’avait aucun problème d’argent et il ne jouait pas, ou s’il jouait il gagnait. Ses enfants étaient des anges, ils avaient de bonnes notes à l’école…
Il s’interrompit à nouveau :
- Qui a écrit ça ? QUI A ÉCRIT ÇA ? C’est nul ! Il n’y a aucun passage passionnant ! Tout va bien et c’est ennuyeux. Il faut que je change ça.
Il était une fois, un homme qui était divorcé. Ses enfants étaient de vrais monstres qui faisaient constamment l’école buissonnière, sa maison tombait en ruine et quelque chose se cassait chaque jour. Son ex femme était remariée et elle le détestait, faisant exprès de rouler dans les flaques de pluie chaque fois qu’elle passait en voiture et qu’il était sur le trottoir. Elle avait récupéré la voiture dans le divorce. Il avait eu la maison, mais ce n’était pas un bon lieu de vie. Ses voisins le détestaient, ils donnaient des bonbons à ses enfants car ils voulaient qu’ils aient des caries.
Il fit une pause :
- Ah, c’est mieux ! Continuons.
Il avait été viré de son travail et il jouait au poker pour tenter de gagner de l’argent pour s’en sortir mais il perdait sans cesse et il avait de grosses dettes dans plusieurs casinos. Le portail de sa maison avait bien besoin d’être repeint, car cela ferait fuir les acheteurs. Il devait vendre, faute d’argent pour l’entretenir. Ses enfants ne voulaient plus le voir, de toute manière. Il était déprimé et il ne mangeait plus. Il finit sa pauvre vie seul, hargneux et désespéré. Et voilà ! Fin ! Ça, c’est mieux !