Tout se termina assez rapidement. Il s’avéra que Meredith n’avait en fait pas le choix. Elle devait être un appât et elle joua effectivement un rôle décisif dans la capture de son père. Mais ce n’était pas vraiment de gaité de cœur. C’était parce qu’on l’y avait forcée. L’agence avait fait courir le bruit que Meredith était blessée et en danger. Et cela avait suffi pour faire sortir son père de sa tanière. Il avait été arrêté. Meredith avait refusé de le voir se faire arrêter.

Elle était allée se réfugier à l’hôtel avec son chien, ne voulant pas penser à ce qu’elle avait fait. Elle en voulait à elle même, à l’agence, à Elizabeth et au monde entier. Mais cela n’allait pas changer la situation. Elle avait besoin de changer d’air. De partir. Alors elle fit sa valide. Et elle partit à l’aéroport. Toute seule. Sans Elizabeth. Elle avait pris le chien avec elle. Elle monta dans l’avion quelques minutes après avoir acheté un billet. Elle était partie.

Quand Elizabeth alla voir Meredith à l’hôtel, elle trouva la chambre vide. Les affaires DF son amie avaient disparu, on aurait dit que personne n’avait jamais dormi là. Le chien avait disparu également. Elle appela ses collègues, qui ne savaient pas où était Meredith car ils n’étaient pas en train de la surveiller, trop occupés à fêter l’arrestation d’un si grand criminel. Elizabeth passa la chambre au peigne fin. Elle finit par trouver une feuille de papier pliée avec son nom écrit dessus. C’était une lettre de son amie. Elle la lut :
« Chère Elizabeth.

Au moment où tu lis ces lignes, je suis sans doute déjà loin d’ici. Je sais que tu ne vas pas du tout aimer ma décision, mais je pars. Je ne peux plus rester ici, et je ne peux pas non plus retourner chez nous, là où toutes ces agences me surveillent. Y compris la tienne. C’est épuisant. J’aimerais avoir une vie normale. Alors je m’en vais.

Ce n’est pas contre toi. Je dois partir. Il m’est impossible de rester et de voir mon père que je viens de retrouver après tout ce temps se faire arrêter. Je ne peux pas. Je suppose que l’orpheline en moi aurait voulu le connaitre ailleurs qu’au parloir d’une prison. Je ne veux plus y penser.

Je sais que tu dois être en colère, de voir que je suis partie sans te dire au revoir. Mais si je te l’avais dit, tu m’aurais retenue. Ceci n’est pas une décision prise à la légère. J’y réfléchis depuis déjà quelques jours. Je sais que tu essaieras de me retrouver. Mais ma décision est prise: je ne reviendrai pas en Amérique.
Tu es la meilleure amie que j’aie jamais eu, et tu vas beaucoup me manquer, Elizabeth.
Meredith »
Elizabeth replia la lettre, le visage baigné de larmes. Meredith était partie !

Il lui fallut au moins deux ans pour la retrouver. Elle remonta une piste jusqu’en Italie et elle localisa finalement Meredith. Elle lui fit parvenir un message et le jour suivant, elle partit en Italie pour la rencontrer. Peut-être pourraient-elles renouer des liens et se voir de temps en temps même si elles étaient dans deux pays différents…

(Et cette fiction est finie. Je ne sais pas quand j’en écrirai une autre, ni même si j’en écrirai une autre. En tout cas, merci à ceux qui l’ont lue! )