Elizabeth ne savait pas quoi faire. La dernière fois que Meredith avait été enlevée, elle avait su où chercher. Mais cette fois-ci, ils ne savaient pas qui l’avait enlevée, où ils étaient ou même s’ils étaient français ou non. Et puis la dernière fois, Elizabeth avait mis un traceur sur Meredith dans le but de la retrouver si ils avaient à gérer une situation de ce genre. Cela l’avait rassurée. Car elle ne savait pas ce qu’elle ferait si elle perdait Meredith. Elle se disait toujours cela aujourd’hui, d’ailleurs. Mais aujourd’hui, tout était très différent. Meredith n’était pas équipée d’un traceur. On le lui avait enlevé quand on l’avait retrouvée, la première fois qu’elle avait été kidnappée par ces agents.

Et Elizabeth regrettait amèrement qu’elle ne l’ait plus, à présent. Car sans traceur ni aucune information sur l’endroit où son amie avait été emmenée, les chances de la retrouver s’amenuisaient de plus en plus. La dernière fois, Elizabeth s’était jurée de ne pas laisser ce genre de chose, à savoir l’enlèvement de Meredith, se reproduire. Elle avait échoué. Elizabeth n’avait pas été un bon agent, elle n’avait pas su protéger son amie. Elle aurait dû faire plus attention. D’ailleurs, réfléchit-elle alors qu’elle allait dans la chambre d’hôtel de son amie, Meredith s’était déjà fait enlever au moins quatre fois, si l’on comptait les fois où Elizabeth avait été avec elle.

Cela faisait déjà bien trop. Beaucoup trop. Elle méritait d’avoir une vie normale. Elle avait déjà bien trop souffert dans sa vie, en étant orpheline, et en ayant eu des parents qui s’occupaient plus de leur « vraie » fille que d’elle. Mais c’était fini. Ou cela aurait dû l’être. Car Elizabeth voulait que Meredith ait une vie meilleure. Elle avait essayé de la protéger dans ce but, et aussi parce qu’elle ne voulait surtout pas la perdre, mais elle avait échoué. Elle l’avait abandonné, comme toutes les autres personnes dans sa vie avant elle. Elizabeth s’assit sur le canapé, la tête entre les mains.

Comment allaient-ils la retrouver? Est-ce qu’ils y arriveraient ? En tout cas, s’ils la retrouvaient, Elizabeth se jura qu’elle ferait de son mieux pour la protéger, cette fois-ci. Elle la conduirait dans un endroit où elle ne serait plus dans le monde de l’espionnage et près du danger. Elle observa la chambre d’hôtel de Meredith. Et dire que quelques heures auparavant, peut-être moins, elles étaient là à bavarder! Comme cela semblait être il y a longtemps! Elle vit soudain une boule de poils courir vers elle. C’était Princess, le petit berger allemand de son amie.

Le chiot vient l’accueillir, toute contente. Puis, presque aussitôt, en fait, elle sembla se renfrogner. Comme si elle avait compris ce qui était arrivé.

Elizabeth lui dit tout en la caressant :
- Meredith s’est fait enlever, Princess. Je suis sûre que tu l’as compris. Tu as un lien très fort avec elle. Tu sais que quelque chose ne va pas, hein? Oui, j’en suis sûre. Je m’inquiète, moi aussi. Tu sais, on est très proches, toutes les deux. Je crois qu’on est presque meilleures amies. Elle me manque déjà. Et cela ne fait que quelques heures qu’elle a disparu. Quelques heures de trop. J’aimerais l’avoir à mes côtés là maintenant. Imagine, Princess. On serait en train de regarder un film à la télévision tout en bavardant, avec toi juste à côté de nous, dormant sur tes deux oreilles car il n’y aurait aucun danger. Ne serait-ce pas un monde idéal, Princess? Ne t’inquiète pas, on va la retrouver.

A cet instant, son téléphone vibra. Un SMS de son équipe l’avertit qu’un meurtre venait d’être commis dans l’hôtel. C’était à la police de s’en charger, mais Elizabeth descendit voir quand même. Elle voulait en avoir le coeur net. Voir par elle même que ce n’était pas Meredith qui était morte. Elle courut dans l’escalier, laissant le chien dans la chambre, endormi.