Elizabeth conduisit Meredith à l’hôpital. Le médecin qui l’examina déclara qu’à part quelques bleus qui partiraient avec le temps, elle n’avait pratiquement rien et ce n’était pas une blessure dangereuse. Elizabeth se sentit soulagée en entendant ces paroles. Lorsqu’elles sortirent de l’hôpital, elles discutèrent un peu.

Elizabeth dit:
- Au fait, c’est qui?
Meredith la regarda, interloquée :
- De qui parles-tu donc?
- De la personne avec qui tu es très probablement sortie avec hier, bien sûr.
- C…comment tu le sais?
- C’est mon métier, de tout savoir, Meredith. Et puis je pense que ce parfum que je sens n’est pas le tien. Il est un peu trop masculin, et c’est cet indice qui m’a fait deviner. Alors? Comment est-il? Est-ce que ça s’est bien passé ? Est-ce que vous êtes ensemble?
Meredith sourit.

Elle répondit :
- Cette avalanche de questions montre bien que tu ne sais pas tout, Elizabeth ! Pourquoi veux-tu savoir? Est-ce en tant qu’amie ou en tant qu’agent qui est chargé de me protéger ?
- En effet, je ne sais pas tout. Et je voudrais le savoir en tant qu’amie. Alors oui, en principe, je devrais être en train de te dire qu’il pourrait être dangereux, qu’il faut se méfier parce qu’on évolue dans un monde où tout n’est qu’illusion. Mais aujourd’hui, j’ai décidé que je n’allais pas te dire cela, parce que tu es mon amie, et je tiens à toi. Je veux que tu sois heureuse. Tu veux bien me raconter?

Meredith était émue d’entendre ce discours. Car ces derniers jours, elle avait plus vu l’agent Elizabeth que son amie Elizabeth. Et son amie lui avait beaucoup manqué. Elle avait eu l’impression que son monde d’avant n’existait plus, et que ce qui comptait à présent, c’était de fuir et de se protéger d’agents secrets et de leurs ennemis, ou qui que soient tous ces gens qui s’en prenaient à elles. Elle décida de raconter ce qu’il s’était passé à son amie. Elle avait besoin d’elle, car mine de rien, ce qu’il s’était passé l’avait attristée.

Elle lui dit:
- Je l’ai rencontré à l’hôtel. Il était beau. On s’est parlés, et il m’a invitée à sortir. J’ai dit oui. J’ai failli refuser, mais je me suis dit que cela faisait bien trop longtemps que je n’étais pas sortie avec quelqu’un, alors j’ai accepté. Mais j’aurais dû réfléchir avant de le faire.

Là, Elizabeth l’interrompit :
- Qu’a-t-il fait? Que t’a-t-il fait? S’il t’a fait du mal…Je ne le laisserai pas faire. Je te le promets. Et il le regrettera. Quelle ordure!

Meredith fut secrètement heureuse que son amie veuille prendre sa défense contre quelqu’un qu’elle ne connaissait pas, et ce sans hésitation. Mais elle s’empressa de la détromper :
- Il n’a rien fait de mal, ne t’en fais pas. Mais c’est gentil de t’inquiéter. Merci. En fait, on s’est juste rendu compte qu’on était pas compatibles. On s’est séparés, enfin séparés, le mot est un peu fort: on était même pas ensemble, bref. On a décidé de ne pas se revoir. Mais je suis triste quand même. Même si je sais que ça n’aurait sûrement mené à rien.
- Oh…Meredith…Viens là.

Elizabeth la prit dans ses bras, la serrant très fort contre elle pour tenter de la consoler au moins un peu. Puis elle proposa :
- Et si on allait manger de la pizza et des glaces devant un film?

Meredith hocha la tête, acceptant l’offre. Elles montèrent dans la chambre de Meredith, commandant par le Room-service un repas.