Elizabeth se redressa sur son siège. Elle pouvait voir un peu de la France de là où elle était. Ainsi donc c’était là que son amie était partie. C’était un très beau pays. Très différent du leur. Mais beau. Elizabeth ne connaissait pas le français. Mais elle espérait que certains français connaissaient sa langue à elle. Ou qu’elle retrouverait vite Meredith qui pourrait lui servir d’interprète. A dire vrai, son amie lui manquait terriblement. Et puis elle avait très peur qu’il lui soit arrivé quelque chose. Elle ne s’en remettrait pas, si Meredith venait à mourir, ou à être blessée en étant sous sa protection.

Elle éloigna ces pensées de sa tête. Elle ne voulait pas y penser. C’était trop douloureux. Elle avait essayé de la dissuader de venir, mais Meredith était aussi têtue qu’une mule. Il avait fallu à Elizabeth un certain temps avant de réaliser que quand Meredith avait décidé quelque chose, rien n’allait l’empêcher de le faire. Pas même la voix de la raison. Elle n’écoutait pas. Il avait bien fallu qu’elle la laisse partir. Elle ne voulait surtout pas se disputer une nouvelle fois avec elle. Mais cette situation n’était pas idéale, d’après elle. Meredith pouvait être en danger et personne ne serait là pour la protéger.

En plus, maintenant, il y avait le problème du criminel qui était lui aussi en France et qui pouvait poser problème. C’était surtout à cause de lui qu’Elizabeth s’inquiétait de la sécurité de Meredith. Parce qu’il pouvait avoir l’idée saugrenue de l’attaquer. Et peut-être même de la tuer. Qui sait? Elizabeth était contente de découvrir la France, même si elle aurait certainement préféré le faire dans de toutes autres circonstances et en sachant parler français. Elle avait avec elle deux de ses collègues qui , bien sûr, ne connaissaient pas un mot de cette langue non plus. Super!

Lorsqu’ils sortirent de l’aéroport, il fallut qu’ils aillent à l’hôtel.
Mais trouver un taxi s’avéra plus compliqué que prévu. Et le payer le fut tout autant. Ils avaient de l’argent français, ou du moins européen avec eux, mais Elizabeth n’avait pas la moindre idée de la valeur de cet argent. Heureusement, un des agent qui l’accompagnait avait suivi un cours à l’agence sur l’Euro. Il paya le chauffeur, mais étant donné la tête ahurie que fit le français, ce devait être un peu trop. Il leur en rendit une partie en disant quelque chose qu’Elizabeth ne comprit pas.

Mais ce ne devait pas une excuse à en juger par son air gentil. Les français étaient des gens très accueillant, se dit-elle. Et raffinés. Elle était passée devant un magasin de vêtements de luxe. Elle se demanda si tous les français s’habillaient bien ou si ce n’était qu’une rumeur. Ce devait en être une , car le prix lui sembla très élevé.

Lorsqu’ils arrivèrent à l’hôtel, ils étaient épuisés à cause du voyage en avion et des histoires de taxi. Elizabeth tenta de parler au réceptionniste :
- Bonjour, nous avons réservé trois chambres, s’il vous plaît.

Elle avait dit cette phrase en français, l’ayant trouvé dans son guide de conversation acheté peu de temps auparavant. Et elle l’avait sortie en entier, toute fière de l’avoir retenue. En face d’elle, l’homme cligna des yeux, n’ayant pas l’air de comprendre. Elle répéta alors la question dans sa langue. L’œil du réceptionniste l’alluma alors: il avait compris.

Il demanda, parlant avec un accent déplorable :
- Vous êtes américains ?

Ils hochèrent la tête. Son accent affreux remonta le moral d’Elizabeth. Au moins, elle n’était pas la seule à mal prononcer une autre langue! Ils gagnèrent leur chambre. Elizabeth n’avait pas encore vu Meredith. Elle était pourtant dans cet hôtel, et elle l’avait cherchée un moment. La peur lui tordit le ventre. Mais où était elle donc?