Quelques jours plus tôt…

Meredith venait de descendre de son avion. Elle avait atterri en France moins de cinq minutes auparavant. Et elle adorait déjà le pays! Elle sentait tellement libre, loin de toutes ces agences d’agents secrets ! Ici, au moins, personne ne la surveillerait. Et puis elle avait hâte de goûter à leur fameux croissant ! Elle avait lu dans un journal qu’il n’y avait rien de comparable dans son pays à elle. Par contre, s’ils mangeaient réellement des escargots, elle n’était pas si pressée que ça d’en manger.

Qu’avait-elle vu d’autre sur la France? Ah oui, le béret ! Mais ils n’en portaient pas tous, alors cette information ne pouvait être que fausse. Tout comme ces images où on les voyait avec une baguette de pain. Il allait falloir qu’elle observe par elle même, car certaines choses n’étaient visiblement que des clichés idiots.

Comme la plupart des choses que l’on pense savoir sur d’autres pays alors que ce n’est en fait qu’un ramassis de bêtises que tout le monde sait mais qui n’est les trois quarts du temps pas vrai du tout. Elle vit une boutique de vêtements pour femme et se dit aussitôt qu’il fallait absolument qu’elle rapporte un souvenir ou deux à Elizabeth. En parlant d’Elizabeth, Meredith avait dû batailler, pour avoir la « permission » de quitter le pays pour aller faire son boulot! Elizabeth était persuadée que le danger rôdait à chaque coin de rue.

Et elle avait peut-être raison, mais Meredith préférait ne pas y penser. Car elle devait se concentrer sur son travail, et non pas sur ce que son amie pensait de cette situation. Car elle savait très bien qu’Elizabeth n’avait pas aimé qu’elle parte à une mer d’écart pour le boulot. C’était sûrement beaucoup plus compliqué de la surveiller si elle n’était pas sur le bon continent.

Elizabeth l’avait donc « autorisée » à partir. Pour qui de prenait-elle? Pour sa mère ? Meredith savait bien que son amie tenait à elle, et qu’elle faisait ça pour la protéger, parce qu’elle était inquiète pour elle, mais parfois c’était pesant. Meredith n’avait jamais le droit de sortir de leur nouvel appartement, ou si elle le faisait c’était sous la surveillance de quelques centaines d’hommes.( qui savait combien de personnes la suivaient chaque jour quand elle promenait le chien?)

Meredith adorait Elizabeth, mais ces derniers temps, elle avait l’impression d’être enfermée dans une cage dorée. Elle ne pouvait même pas rencontrer d’autres personnes! Combien de temps avait-il bien pu s’écouler depuis qu’elle était sortie avec quelqu’un pour la dernière fois? Plus d’un an. Peut-être même plus de deux ou trois ans. Elle ne savait plus trop, mais un long moment. Et avoir été presque séquestrée pour sa propre sécurité le lui faisait réaliser.

Aujourd’hui, elle avait rencontré un homme, à l’hôtel où elle était descendue. Elle était ici en France pour prendre part à une conférence. Elle savait bien entendu parler français et ferait son discours en français. L’homme en question avait été impressionné par sa connaissance de la langue. Il l’avait d’ailleurs invitée à boire un verre le soir même. Et elle avait accepté. Elle ne voulait pas perdre une opportunité de rencontrer des gens. Il lui avait paru très gentil. Et puis ce devait être le charme français.

Meredith était attirée aussi bien par les hommes que par les femmes, mais cet homme là avait retenu son attention ce jour là. Et elle allait sortir avec lui ce soir là parce que cela faisait bien trop longtemps qu’elle n’était pas sortie avec quelqu’un. Elle en avait marre d’être enfermée dans une cage et constamment surveillée par les collègues d’Elizabeth. Ce soir, elle allait ne penser qu’à elle. Pour une fois.