Elizabeth était dans l’appartement qu’elle occupait avec Meredith. Elle lisait tranquillement un journal, attendant que Princess et Meredith rentrent de leur balade. Son amie avait été un peu angoissée à l’idée d’aller se balader dans un parc. Ils risquaient de croiser d’autres chiens et elle appréhendait la rencontre entre Princess et un molosse qui lui ferait du mal. Elizabeth savait que Meredith serait prête à attaquer l’autre chien et peut-être même l’autre maitre de chien si quelqu’un osait s’en prendre à Princess. Elle était très protectrice vis à vis du chiot. L’inverse était vrai aussi, d’ailleurs.

Elizabeth se demanda où étaient passées son amie et son chien, car cela faisait bien une heure qu’elle était partie. Son agence les protégeait de loin, et donc ils avaient des agents postés près de l’appartement. Ils les suivaient aussi quand elles en partaient pour aller en ville ou autre. Elizabeth savait les reconnaître, mais Meredith ne savait pas qu’ils étaient là. Ou plutôt, elle ne savaient pas qu’ils les suivaient partout où elles allaient. Elizabeth téléphona à un de ses collègues pour savoir s’il avait des informations concernant Meredith et le chiot.

Il lui répondit que Meredith était dans la rue de l’appartement, qu’elle courait, l’air paniqué et qu’elle n’avait pas le chien avec elle. Elizabeth fronça les sourcils: que se passait-il donc? Lorsqu’elle demanda à son collègue si son amie avait l’air blessée, il lui répondit que non, du moins pas de là où il était. Elizabeth se demanda où était passé le petit berger allemand. Bientôt, Meredith entra dans l’appartement, essoufflée et l’air paniqué, sans le chien, confirmant ce que le collègue d’Elizabeth venait de dire.

Comme elle voulait parler mais qu’elle était à bout de souffle, Elizabeth lui dit:
- Respire profondément. Calme-toi avant de m’expliquer ce qu’il se passe.

Meredith se calma, puis elle débita son histoire :
- Je promenais Princess dans le parc, quand tout à coup, un bouledogue vicieux est arrivé en aboyant très fort, effrayant notre berger allemand et moi même. Princess est partie en courant et je suis restée là sans bouger. Le temps que le maitre du monstre arrive, il m’avait déjà mordue.

Elizabeth, qui avait été amusée par l’histoire jusqu’à présent, regarda Meredith d’un air inquiet en entendant cette dernière phrase.
- Tu es blessée ? Tu saignes?

Meredith releva sa manche, exposant ainsi son avant-bras qui comportait à présent une vilaine morsure de chien. Elizabeth l’examina, faisant une grimace:
- Ça va? Tu as quand même perdu du sang! En plus, le chien pourrait avoir la rage! Je t’emmène à l’hôpital.
Meredith la retint par le bras alors qu’elle essayait de la mener vers la porte:
- Non! Je veux chercher Princess ! Il faut que je te montre où on était dans le parc, Elizabeth.

Elizabeth accepta, mais sous condition : elles iraient à l’hôpital juste après. Meredith la mena à l’endroit où elle avait vu Princess pour la dernière fois. Elizabeth ordonna aux agents présents de chercher le chien pendant qu’elle amenait Meredith à l’hôpital.

Arrivée aux urgences, elle s’identifia comme étant un agent de l’État, ce qui était vrai, et précisa que Meredith avait été mordue par un chien et qu’il y avait des risques de rage. Un médecin partit l’examiner ailleurs pendant qu’Elizabeth attendait dans la salle d’attente. Elle apprit d’un des agents qu’ils avaient retrouvé Princess. Elle errait sans but dans le parc, cherchant probablement Meredith.

On appela bientôt Elizabeth dans la chambre où ils avaient mis Meredith. Cette dernière avait toujours un bandage à l’un de ses bras , car la blessure causée lors de la prise d’otages qui avait démarré toute cette histoire n’était pas encore tout à fait refermée. A présent, l’autre bras était bandé aussi. Le docteur dit à Elizabeth que Meredith n’avait pas la rage, qu’elle était en bonne santé, à part bien sûr du côté de sa morsure. Elizabeth vint se placer près du lit de son amie.

Meredith lui sourit :
- Salut Lizzie! Ça va? Tu as l’air soucieuse ! Viens faire un câlin à tata Meredith ! Tu te sentiras mieux!
Elizabeth la regarda d’abord comme si une seconde tête lui avait poussé, mais elle se mit ensuite à rire. C’étaient les anti douleurs qui parlaient pour elle. Meredith avait un regard presque enfantin, bien moins gardé que d’ordinaire. Elle lui fit un câlin en souriant, puis elle lui dit:
- On a retrouvé Princess, Meredith. Tu n’as plus besoin de t’inquiéter.

Meredith lui sourit. Puis elle s’endormit. Elizabeth pouffa de rire. Meredith était tellement drôle, sous antidouleurs! Quelques heures plus tard, l’incident était clos. Elles purent rentrer à l’appartement. Meredith demanda :
- J’ai vraiment dit ça ? Je devais vraiment être sous l’effet de l’antidouleur…

Elles retrouvèrent Princess à l’appartement. Elizabeth la gronda. Elle était partie en laissant Meredith seule face au gros chien! Meredith les serra toutes les deux dans ses bras ( le chien et Elizabeth), déclarant que ce n’était pas grave, qu’elle apprendrait au chien à pourchasser les chiens méchants. Elizabeth haussa un sourcil, l’air amusé.