Elizabeth et Meredith vivaient à présent toutes les deux dans un appartement surveillé par l’agence où Elizabeth était employée pour une question de sécurité évidente après ce qui était arrivé avec les deux autres agences. Elles avaient beaucoup de place disponible, chacune leur chambre et un grand salon. C’était plus grand que l’appartement où habitait Meredith avant que toute cette histoire d’espions commence. Elle était donc très contente de venir vivre là. Et aussi de venir vivre avec son amie. Elle avait acheté de nouveaux habits, puisque l’agence d’Elizabeth ne l’avait pas autorisée à aller en chercher chez elle.

Mais ce n’était pas grave, l’agence payait pour elle. C’était peut-être un des bons côtés, non, peut-être le seul bon côté qu’elle ait pu trouver à être recherchés par des agents secrets super entraînés et invincibles. Elizabeth lui avait assuré qu’être un agent secret était super, si on ne prenait pas en compte le danger et les risques de mort. Ce métier avait l’air super, quoi! Et maintenant, chaque fois qu’elle voyait Elizabeth partir en mission, ( c’était déjà arrivé plusieurs fois depuis qu’elles étaient dans cet appartement) elle s’inquiétait pour elle.

Et Elizabeth était obligée de la rassurer. Par exemple, ce soir, Elizabeth devait rentrer d’une mission. Meredith se demandait déjà si elle allait rentrer à l’heure prévue ou s’il lui faudrait imaginer le pire. Elle se dit que ce devait être ce qu’une femme de soldat parti à la guerre devait ressentir.

Soudain, une clef tourna dans la serrure, la faisant sursauter. Elizabeth entra. Meredith courut vers elle, l’examinant du regard pour détecter les éventuelles blessures avant de la prendre dans ses bras. Car son amie était déjà rentrée avec un nez cassé, ou encore des bleus, ou bien une entaille au front. Savoir que son amie était un agent secret n’avait pas fait du bien à ses nerfs. La savoir en mission la faisait stresser. Il était peut-être temps qu’elle reprenne le travail.

Elizabeth lui rendit son étreinte en la regardant avec inquiétude :
- Tu t’es encore angoissée pour moi, c’est ça? Il ne faut pas. Je t’ai dit que c’était une journée calme dans cette mission. Il faut que tu trouves quelque chose pour t’occuper l’esprit, que tu n’aie pas le temps de penser à ça.
- Je crois que je vais bientôt reprendre le travail. Au fait, j’ai beaucoup réfléchi, aujourd’hui, et… Elizabeth, je voudrais retrouver mes parents biologique. Je vais commencer les recherches bientôt.
- D’accord, que sais-tu d’eux?
- Pratiquement rien, en fait. Ma mère était interprète, mon père un grand inconnu. Ce doit être écrit dans mon dossier. Il faudrait que je remonte jusqu’à l’un entre eux. On m’a dit que ma mère était caucasienne, c’est tout ce que je sais. Et c’est bien peu.
- Non, c’est déjà beaucoup. Certains ne savent même pas le métier de leur mère.

Elizabeth tenait toujours Meredith serrée contre elle. Elle voulait la rassurer. Elle ne pouvait pas enlever ce qui lui faisait peur, mais elle compensait en la prenant dans ses bras pour lui montrer qu’elle était encore là et pour la calmer, aussi. Mais elle avait une troisième raison de lui faire un câlin chaque fois qu’elle rentrait de mission. C’était tout simplement que Meredith lui avait manqué. Car parfois, elle s’absentait une semaine ou deux.

Meredith lui demanda :
- Peux-tu me parler un peu de ta famille, je te prie?
- D’accord. Alors mon père est un ancien maçon , et ma mère une pianiste. J’ai un frère.
- Arrête toi là. J’en sais assez pour les imaginer.
Elizabeth vit Meredith mettre sa tête sur son épaule, les yeux dans le vague, essayant très probablement de se représenter sa famille dans sa tête. Elle sourit. Puis elle ferma les yeux. Elle était épuisée.