Elles étaient dans un coffre de voiture. Cela rappela à Elizabeth le trajet en voiture qu’elles avaient effectué dans le coffre un peu plus d’une semaine auparavant. Elles avaient été enlevées par ces mêmes hommes qui voulaient à présent les livrer à une autre agence. Tout ceci était vraiment risible. Elizabeth était bien contente de faire partie d’une troisième agence d’espionnage. La sienne était bien plus digne de confiance et saurait bien mieux protéger Meredith. Mais pour le moment, elles avaient un problème.

Elles allaient être données à cette autre agence ennemie. Il fallait à tout prix empêcher cela! C’était primordial. Meredith ne bougeait plus. Elle était juste à côté d’Elizabeth, alors si elle remuait ne serait-ce qu’un tout petit peu, cette dernière l’entendrait. Or elle ne bougeait pas. Elle s’était peut-être endormie? Elizabeth tenta de bouger pour être plus près de son amie et pouvoir comprendre si elle avait un problème ou si elle somnolait juste. Elles étaient attachées. Elizabeth se cogna dans quelque chose. Elle sourit. C’était Meredith.

Son amie gémit :
- Aïe ! Elizabeth, c’est toi ? Je me reposais les yeux, et je crois que je me suis endormie. J’ai rêvé qu’un taureau me courait après et qu’il me plantait ses cornes dans le ventre. C’était assez affreux.
- Oh! Ce doit être quand je me suis cogné la tête dans ton ventre. Désolée si je t’ai fait mal, Meredith.
- Non, ça va. Ne t’en fais pas. Mais je t’en veux toujours. Sache-le.
La voiture s’arrêta, stoppant du même coup leur conversation. Deux hommes les sortirent du coffre. Elizabeth vit celui qui tenait Meredith la frapper car elle n’avançait pas assez vite.

Elle cria :
- Non! Meredith ! Ne lui faites pas de mal!

L’homme qui tenait Elizabeth la gifla, marmonnant quelque chose a propos d’une « impertinente ». Ils avancèrent ensuite vers un entrepôt. Elizabeth essaya de savoir si son amie allait bien, mais cette dernière évitait son regard. Elle était toujours fâchée contre elle. Et elle la comprenait. Les hommes les mirent dans une cellule. Elizabeth eut la chance d’atterrir sur l’unique lit lorsqu’on la poussa à l’intérieur. Mais Meredith tomba sur le sol dur et froid la tête la première.

Elizabeth frémit lorsqu’elle entendit le bruit que fit son corps en percutant le sol. Elle se précipita vers son amie. Elle la retourna. Meredith était inerte. Du sang coulait de son front. Elizabeth avait envie de pleurer. Elle mit la tête de son amie sur ses genoux afin qu’elle n’ait pas ce sol peu confortable pour coussin. Puis elle se rappela qu’elles avaient un lit. Elle souleva Meredith, la portant jusqu’au lit. Elle avait l’air si petite, dans ce lit qui semblait prêt à l’avaler! Même si c’était un lit de prison. Elizabeth observa la blessure que Meredith avait au front. Cela paraissait plutôt sanglant, mais on disait toujours que les blessures au front saignaient beaucoup. Ce pouvait ne pas être grave.

Soudain, alors qu’elle cherchait si Meredith était blessée ailleurs qu’à la tête, la porte s’ouvrit, laissant passer plusieurs personnes. Elizabeth leur sourit. C’étaient des agents de son agence à elle. Enfin pas la sienne, car l’agence ne lui appartenait pas, mais c’étaient des collègues de son organisation.
Ils étaient venus les sauver. A ce moment, Meredith reprit conscience. Son premier réflexe fut de paniquer.

Mais Elizabeth lui dit :
- Ne t’en fais pas, Meredith. Ils sont de notre côté. Ce sont des collègues à moi. De l’agence à laquelle j’appartiens. Ils nous ont sauvé.
Meredith lui répondit :
- D’accord. Tu sais quoi? Je te pardonne de m’avoir caché ça. Après tout, tu voulais bien faire. Et puis être fâchée contre toi demande beaucoup d’efforts!
Elle la serra dans ses bras et Elizabeth sentit un grand sourire se former sur ses lèvres.