Quelques heures s’écoulèrent. Puis quelqu’un frappa à la porte. C’était un des agents de leur côté. Il dit:
- J’ai une mauvaise nouvelle pour vous. Vous vous souvenez de Miss Spencer?

Meredith répondit :
-Bien sûr, elle était là lors de la prise d’otage. Que devient-elle?
- Elle est morte. Nos ennemis l’ont trouvée.

Elizabeth vit Meredith accuser le coup. Mais elle ne vit ce qu’elle pensait que pendant une fraction de secondes seulement. Car la seconde d’après, elle s’était composé un visage de marbre et elle demandait :
- Et Buster?
- Il est parmi nous. Il va bien. Il n’a pas réussi à la sauver. L’enterrement aura lieu cet après-midi, si vous voulez y assister. On vous prêtera des habits de circonstance.

Meredith hocha la tête et l’agent partit. Elizabeth lui demanda :
- Comment tu te sens? Triste?
- Je ne sais pas. Je ne la connaissait pas très bien. Alors je n’en sais rien.

Elle partit dans sa chambre et elle y resta jusqu’à midi. Là, elles mangèrent en silence. Elizabeth n’osait pas parler et Meredith n’en avait pas envie. Puis vint l’heure d’aller à l’enterrement. Elles passèrent les habits noirs qu’on leur avait prêtés. Meredith se fit un chignon. Elizabeth garda ses cheveux lâchés. Elles partirent.
Elles virent Buster, pendant la cérémonie. Ou du moins, Elizabeth le vit, et il la vit.

Car Meredith semblait perdue dans ses pensées. Puis, lorsque ce fut terminé, tout le monde partit. Sauf Meredith et Elizabeth. Meredith fixa longuement la tombe du regard. Puis tout d’un coup, elle se mit à sangloter. Elizabeth la prit dans ses bras, tentant de la réconforter. Mais les sanglots la faisaient trembler tellement ils étaient puissants. Elizabeth se sentit triste aussi, en voyant son amie souffrir ainsi.

Meredith parla entre deux sanglots :
- Pourquoi est-ce que je suis triste? Je la connaissais à peine!
- Tu as un grand cœur, voilà, pourquoi. Et puis c’est humain, de ressentir de la tristesse. Tu n’es donc pas martienne comme j’en étais persuadée ! Zut!

Meredith sourit au milieu de ses larmes. Elizabeth essayait de la faire rire, de la réconforter. Et cela marchait plutôt bien! Elle se sentait déjà mieux. Elle serra Elizabeth plus fort contre elle. Heureusement qu’elle l’avait comme amie!