Une secrétaire en péril (Episode 12: Réflexions)

Créé par le 31 déc 2015 | Dans : Fictions

Elizabeth était dans le couloir près de la salle où se trouvait Meredith. Elle était seule et réfléchissait. La jeune femme blonde voyait Meredith comme une petite sœur, même si elle ne la connaissait pas depuis très longtemps. Ces hommes semblaient dignes de confiance. Mais ils pouvaient aussi être dangereux pour elles. Ils avaient parlé d’une maison où elles pourraient se cacher pas très loin de l’endroit où elles se trouvaient en ce moment. Elizabeth ne se sentait pas vraiment en sécurité et elle enrageait de ne pas avoir protégé Meredith correctement. Cette dernière semblait se méfier de leurs nouveaux protecteurs. Peut-être avait-elle raison de ne pas leur faire confiance, après tout.

Mais Meredith venait de vivre beaucoup de choses stressantes. Elle ne devait pas être habituée à tant d’action. Cette prise d’otages avait changé sa vie à tout jamais. Lorsque Elizabeth l’avait vue entrer dans la station service quelques heures auparavant, elle ne s’était pas doutée qu’elles deviendraient amies, ni qu’elles devraient se cacher ensemble. La plupart des gens qui se croisent dans des lieux publics ne se reverront jamais.
Elle était désolée pour Meredith qu’elle se soit retrouvée embarquée dans cette histoire. Tous ces évènements avaient changé Meredith, Elizabeth le sentait. Elle était devenue plus méfiante qu’elle ne l’était déjà. Et d’après ce que pouvait supposer la jeune femme, elle avait été méfiante bien avant que tout cela n’arrive.

Meredith semblait voir les personnes qu’elles ne connaissait pas comme des dangers potentiels. Il fallait de la patience pour se rapprocher d’elle. Elizabeth ne savait pas si ses séjours dans des familles d’accueil s’étaient bien passé, mais il lui semblait que non. Cette famille, qu’elle avait mentionnée un peu plus tôt, sans doute la dernière qui l’avait recueillie, n’avait pas l’air d’être particulièrement sympathique. Les parents s’occupaient apparemment plus de leur « vraie » fille que de Meredith. Elizabeth connaissait ce genre de personnes. En plus de ne pas prêter attention à elle, ils devaient la rabaisser. Ce n’était pas bon pour un petit enfant de s’entendre dire des choses horribles sur les orphelins. Surtout pour une petite fille. On avait dû lui dire qu’elle ne valait rien, que de toute façon elle n’avait pas le droit d’exister….

Elizabeth avait été très surprise par le comportement de Meredith un peu plus tôt. Tous ces hommes lui avaient sans doute fait peur. Et puis leur porte-parole avait un ton de voix pour le moins impressionnant. Meredith avait dû se sentir oppressée. Elle avait paniqué. Et ils avaient dû l’endormir pour pouvoir la soigner. Elizabeth avait eu mal au cœur en voyant Meredith se débattre afin de fuir cet endroit. La brunette avait semblé réellement paniquée et totalement hors d’elle. Elizabeth avait eu vraiment peur qu’un de ces hommes ne la blesse d’avantage en tentant de la raisonner. Et maintenant, elle se retrouvait à attendre dans ce couloir blanc. Mais que faisaient-ils? Que c’était long! Elizabeth mit ses mains sur ses yeux.

Une secrétaire en péril (Episode 11: Arrivée chez des « amis »)

Créé par le 30 déc 2015 | Dans : Fictions

L’un des hommes enleva le bandeau de Meredith. Ses yeux n’étant plus habitués à la lumière, elle referma les paupières, tentant de s’adapter à la vive luminosité. Des hommes se tenaient devant elle. Ils n’avaient pas l’air menaçant, mais elle se méfia. Après tout ce qui venait de lui arriver, elle ne pouvait pas se permettre d’être naïve. Peut-être qu’ils jouaient les gentils pour mieux leur faire du mal ensuite? Elizabeth était près d’elle. L’homme qui avait porté Meredith jusque là la tenait toujours car il avait dû remarquer qu’elle était un peu groggy. Elizabeth avait été libérée. Elles n’étaient donc pas prisonnières de ces hommes. Peut-être voulaient-ils les protéger. Cela ne faisait pas très longtemps que Meredith se trouvait plongée dans le monde de l’espionnage, mais elle avait appris une chose: il ne fallait faire confiance à personne. Chacun était susceptible d’être un agent double ou quelque chose comme ça. Bon, elle avait lu beaucoup de romans policiers, et elle ne savait pas bien ce qui était vrai ou non dans ces histoires.

Si elle ne pouvait probablement pas faire totalement confiance à ces hommes, elle vouait une confiance sans borne à Elizabeth qui avait été avec elle depuis le début. La jeune femme blonde semblait être une vraie amie pour Meredith. Alors qu’elle réfléchissait sans mot dire, l’un des hommes prit la parole:
- Bonjour, mesdames. Nous ne vous voulons aucun mal. Au contraire, nous vous avons sauvé des griffes d’une agence ennemie de la nôtre. Buster nous a prévenus qu’il y avait eu du grabuge à la station service. Nous sommes vraiment désolés d’avoir eu à vous enlever comme ça, mais vos poursuivants arrivaient et nous n’avions pas le temps de vous expliquer. Vous êtes leurs cibles car vous avez été témoins de ce qu’il s’est passé à la station service. Vous avez vu l’homme qui a menacé les clients. Vous pourriez même l’identifier et le faire arrêter. Cet homme est un ancien de leur agence et ils ne veulent pas que cette affaires s’ébruite et qu’elle donne une mauvaise image de leur agence. Vous comprenez? Ils sont à la recherche de cet agent, mais ils veulent aussi vous faire disparaitre pour que vous ne fassiez pas de tors à leur organisation.

Meredith se contenta de le regarder, un peu ébahie par cette façon de procéder. Cette organisation était prête à les emprisonner voire à les éliminer juste pour préserver sa précieuse réputation! Elizabeth répondit:
- Je trouve leurs méthodes pour le moins surprenantes. Est-ce que vous faites la même chose dans un cas similaire?
- Nous n’avons pas eu a traiter ce genre de cas jusqu’ici. Aucun de nos espions n’a mal tourné. Mais nous n’irions pas jusqu’à tuer les témoins. Nous leur donnerions de l’argent en échange de leur silence, probablement.
- Est-ce qu’il vous arrive de parler en votre nom et pas comme si vous parliez pour votre agence?
L’homme eut l’air interloqué, visiblement surpris par la question. Puis il jeta un regard noir à Elizabeth avant de poursuivre:
- Quoi qu’il en soit, notre agence a pour vocation de vous protéger.
Puis, se tournant vers Meredith:
- Nous allons soigner votre bras, mademoiselle.
Son ton mielleux provoqua une réaction pour le moins étrange chez Meredith. Elle se figea sur place, l’air terrifiée. L’homme qui la soutenait depuis qu’ils étaient dans cette pièce posa une main qui se voulait rassurante sur son épaule. Ce geste eut l’effet inverse de ce qu’il voulait obtenir. Elle se dégagea de son étreinte et recula d’un pas. En une seconde, elle était devenue froide et distante.
- Ne me touchez pas! Reculez!
Les hommes avaient vu sa blessure. Elle n’allait pas tarder à s’infecter s’ils ne faisaient rien pour la soigner. Il était nécessaire de faire quelque chose. Ils s’approchèrent donc d’elle pour l’immobiliser et la porter en salle de soin. Deux hommes réussirent à l’attraper. Elizabeth hurlait qu’il ne fallait pas lui faire de mal, qu’ils devaient éviter de la brusquer, qu’elle allait sans doute se calmer. Les hommes n’en croyaient rien. Cette femme blonde ne connaissait pas la brunette paniquée depuis suffisamment longtemps pour pouvoir dire ça. Mais on voyait qu’elle tenait beaucoup à elle.

Meredith s’agitait furieusement, essayant désespérément de se dégager. Ne voyant pas d’autre solution, l’un des hommes lui planta une seringue de tranquillisants dans son bras valide. La brunette cessa peu à peu de lutter et s’avachit doucement contre les deux hommes qui la tenaient. Elizabeth s’approcha alors de la jeune femme endormie, lui remettant une mèche de cheveux en place. Elle sourit tristement et laissa les agents porter son amie dans la salle de soin.

Elizabeth s’assit sur une chaise en plastique dans le couloir. Elle réfléchissait. Que s’était-il passé au juste? Il était vrai qu’elle ne connaissait pas Meredith depuis longtemps, mais elle ne l’aurait pas crue capable de tant de froideur. Une seconde avant, elle était normale. Mais en très peu de temps, la jeune femme s’était fermé totalement aux autres. Elizabeth s’était tenue dans la même pièce qu’elle, et pourtant elle avait sentit son amie s’éloigner inexorablement d’elle. Comme si cette dernière avait bâti un mur de brique entre elles deux. Son visage était devenu inexpressif. Était-ce un système de défense? Elizabeth se souvint que peu de temps auparavant, Meredith lui avait raconté qu’elle avait été adoptée et qu’elle était orpheline. Ce genre de réaction devait dater de son enfance. Il lui avait fallu se protéger des autres, ne faire confiance à personne. Car la vie dans les foyers d’accueil n’était pas toujours rose….

Une secrétaire en péril (Episode 10: Dans le noir…)

Créé par le 24 déc 2015 | Dans : Fictions

Meredith sentit que l’on la chargeait dans une voiture. Les gémissements d’Elizabeth avaient cessé. Meredith avait toujours le sac sur la tête. Elle commençait à avoir chaud. Le véhicule démarra. Elle ne savait pas si les hommes les avaient posées dans la malle ou dans l’habitacle, mais elle se sentit partir sur le côté lorsque la voiture fit un bond en avant. Ce devait-être une de ces voitures de course pouvant atteindre des vitesses impressionnantes dès le démarrage.

La jeune femme roula sur le côté, emportée par le brusque mouvement. Elle heurta ce qui lui sembla être un corps. Une main attrapa la sienne, la faisant tressaillir. Elle entendit alors une voix familière:
- Meredith, c’est toi?
- Elizabeth? Où sommes-nous? Que s’est-il passé?
- Je n’en suis pas sûre, mais il semblerait que l’on se soit fait enlever par ces hommes.
- Je crois qu’on est dans le coffre. Ils peuvent nous entendre, tu crois?
- Peut-être. Mais ne parle pas trop fort. Je vais t’enlever ce sac. Ils ne m’en ont pas mis, à moi.
- Attends… Tu n’en as pas?
- Ils m’ont attaché les pieds, mais je n’ai pas de sac sur la tête.
Meredith sentit que le sac était détaché, puis enlevé. Mais comme le coffre était plongé dans le noir, elle ne ressentit pas une grande différence au niveau de la luminosité. Les deux jeunes femmes sentaient la voiture continuer à rouler, les emmenant vers une destination inconnue d’elles. Meredith se souvint qu’Elizabeth avait les pieds liés. Elle se décala de manière à atteindre les pieds de son amie. Pendant qu’elle tentait de défaire les cordes à tâtons, Elizabeth reprit la parole:
- Ils ne t’ont pas fait trop mal, tout à l’heure? Ton bras, comment va-t-il?
- Je crois que ça va. Je n’en sais rien, je ne sens pas mon bras.
- Tu ne sens pas ton bras?!
- Oui, c’est ce que je viens de dire.
Elizabeth était vraiment quelqu’un de stressé et d’inquiet.
- C’est peut-être en train de s’infecter, qui sait? Tu es sûre qu’ils ne t’ont rien fait?
- Ils m’ont attrapée, ils ont mis ce sac sur ma tête et l’un d’eux m’a balancée dans le coffre.
- Je t’ai entendue crier. Je me suis demandé…Tu vois, quoi…S’ils ne t’avaient pas fait du mal. Je n’ai pas pu voir ce qu’il se passait, l’un d’entre eux m’avait plaquée au sol pour m’attacher les jambes.
- Tu dis qu’il t’a…plaquée au sol? Et tu me demandes à moi si je vais bien? Comment tu vas, toi?
Il eut un silence, puis:
- Je vais très bien, Meredith. Ne t’en fais pas pour moi. C’est pour toi que je m’inquiète. Si ton bras s’infecte…Je n’ose même pas y penser.

Le silence retomba dans le coffre. Au bout d’un moment, le véhicule ralentit puis s’arrêta. Les portières claquèrent. Meredith n’avait pas fini de libérer Elizabeth. Le coffre s’ouvrit, faisant jaillir une vive lumière qui éblouit la secrétaire instantanément. Un homme l’attrapa brusquement, lui bâillonnant la bouche de sa grosse main poilue. Elizabeth lui prit la main avant qu’un second homme ne la gifle violemment, l’envoyant rouler plus loin dans la malle. Meredith assista à la scène, impuissante. Elizabeth sembla ne plus bouger et l’homme l’emprisonna à son tour. Celui qui tenait Meredith lui mit un bandeau sur les yeux.

Une fois de plus, on lui obstruait la vue. L’homme la prit dans ses bras, sans doute pour aller plus vite. Elle posa sa tête sur son épaule, épuisée par tous les événements de la soirée. Elle dut s’endormir, car elle fut réveillée par des éclats de voix. Elizabeth semblait absolument hors d’elle:
- ….Que lui avez vous fait? Pourquoi elle semble inconsciente? Vous n’avez pas le droit!

Il y eut un bruit de lutte. Du moins c’est ce que supposa Meredith qui avait toujours les yeux bandés. Apparemment, Elizabeth avait cru que l’homme l’avait assommée ou quelque chose comme ça. Et elle tentait de se dégager de l’étreinte de son agresseur. Soudain, les hommes s’immobilisèrent. Quelqu’un lui enleva son bandeau…

Une secrétaire en péril (Episode 9: Rencontre imprévue)

Créé par le 23 déc 2015 | Dans : Fictions

Les deux jeunes femmes brandissaient leurs lampes torches. Le faisceau semblait percer la nuit. Tout ce décors noir et inquiétant paraissait plus rassurant à la lueur de ces lampes trouvées dans la voiture de Buster. Elizabeth n’avait de cesse de regarder nerveusement autour d’elle, comme si elle s’attendait à voir surgir un monstre. Meredith s’efforçait de rester calme. Si elle montrait qu’elle était paniquée, Elizabeth allait sûrement faire une crise de nerfs. Mieux valait donc ne rien dire.

Depuis qu’elle avait rencontré cette femme blonde, Meredith se posait plein de questions sur elle. Avait-elle une famille? Des amis? Des enfants? Dans quoi travaillait-elle? Pourquoi était-elle entrée dans cette station service? Qu’avait-elle pensé lorsque ce cinglé les avait tenus en joue? Était-elle elle aussi en voyage d’affaires? Pourquoi lui demandait-elle sans cesse si elle allait bien? Pourquoi se préoccupait-elle d’elle, tout simplement? Et surtout, pourquoi posait-elle toutes ces questions? Comment parvenait-elle à la percer à jour comme ça? Cela la faisait se sentir vulnérable, trop facile à connaître.

Comme il n’y avait rien d’autre à faire que marcher et parler, Meredith demanda:
- Au fait, Elizabeth, dans quoi est-ce que tu travailles?
La question sembla rendre Elizabeth encore plus nerveuse qu’elle ne l’était déjà. Elle se tendit. Lorsqu’elle tourna son visage vers Meredith, ses traits étaient imperméables. Aucune émotion n’en transparaissait plus. C’était incroyable à quel point son attitude avait changé en quelques secondes. Elle était passée de nerveuse à étonnamment calme.

- Quelle importance? De toute façon, nous sommes en fuite, donc il n’y a plus de « toi » ni « moi », mais un « nous » contre nos poursuivants. S’ils nous rattrapent, ce sera inutile pour toi de savoir ça.
Meredith fut presque admirative en voyant la façon dont son amie éluda la question. Elle avait changé de sujet avec habileté. Ce n’était visiblement pas quelque chose dont elle voulait parler. Meredith passa donc à une autre de ses questions:
- Est-ce que tu as…de la famille? Des enfants? En tout cas, moi, je n’en ai pas.
- Tu n’en as pas?
La blonde fronça les sourcils.
- Des enfants…Je n’en ai pas.
Meredith ne pouvait se résoudre à lui dire qu’elle n’avait pas de famille. Elle avait peur qu’Elizabeth creuse plus loin. Ce fut d’ailleurs ce qu’elle fit:
- Et de la famille? Tu… en as?
Elle parut hésiter en posant sa question. Peut-être sentait-elle qu’il s’agissait d’un sujet un peu tabou pour Meredith. Cette dernière détourna les yeux pour cacher une petite larme qui coulait de son œil à Elizabeth. Puis elle se décida à répondre:
- J’en ai une. Mais je ne leur parle pas trop. Nous ne sommes pas très proches. Je ne les considère pas comme étant ma famille.
Là, Elizabeth s’arrêta, posant une main sur l’épaule de Meredith. Ses yeux bleus étaient inquiets:
- Comment ça? Ils t’ont fait du mal? Ils étaient violents avec toi?
La jeune blonde paraissait presque paniquée, à présent, à l’idée que quelqu’un ait pu maltraiter Meredith.
- Non. Mais personne ne s’est jamais vraiment occupé de moi. Trent et Gloria s’intéressaient plus à leur fille qu’à ce que je pouvais devenir. Ils n’ont tout simplement jamais su m’aimer.
- Trent et Gloria? Pourquoi tu les appelles par leur prénom? Leur fille?
Soudain, Elizabeth parut comprendre ma situation:
- Tu es…Ils ne sont pas…
Meredith hocha la tête.
- Des parents…adoptifs? Et leur fille? Meredith, est-ce que tu es une….
Elizabeth s’interrompit. Elle n’arrivait pas à dire le mot. Des larmes avaient commencé à se former aux coins de ses yeux.
- Orpheline. Je suis une orpheline. Disons-le tout net.
Elizabeth sursauta en croisant le regard froid et distant de Meredith. Cette dernière la prit tout de même dans ses bras, voyant que cette abrupte révélation l’avait bouleversée.

Soudain, les phares d’une voiture les éclairèrent toutes les deux. Avant qu’elles aient eu le temps de réagir, deux hommes en descendirent, et un sac tomba sur la tête de Meredith. Elle se mit à hurler et à se contorsionner pour se dégager. Elle entendait Elizabeth gémir non loin. C’était la fin, on les avait rattrapées.

Une secrétaire en péril (Episode 8: Perdues pour de bon)

Créé par le 23 déc 2015 | Dans : Fictions

Elizabeth et Meredith avançaient depuis déjà un bon moment au milieu des arbres. Elles ne savaient pas du tout où elles étaient. Du moins Meredith ne le savait pas, et elle avait l’impression qu’Elizabeth ne le savait pas davantage. Qui aurait pu savoir se repérer sur le bas côté d’une route, en pleine nature? Elles n’étaient jamais allées se promener dans ces endroits sauvages bordant la route. Cela faisait des heures qu’elles cherchaient la route. Ou peut-être moins, Meredith avait perdu la notion du temps depuis trop longtemps. Elle n’avait pas de montre. Elle n’avait jamais eu de montre. Considérant que son portable pouvait lui donner l’heure à n’importe quel moment, elle n’avait pas besoin d’en avoir une. Sauf qu’elle n’avait pas prévu le cas où elle aurait perdu son portable. En fait, elle ne se rappelait plus où elle l’avait mis. Peut-être était-il resté dans sa voiture. A moins qu’il soit dans son sac? Mais où était-il, son sac? Dans sa voiture? Resté au magasin? L’avait-elle même emporté avec elle? Si ça se trouvait, elle l’avait oublié chez elle.

En tout cas, elle ne l’avait pas sur elle. Mais où était-il? Elle résolut de demander à Elizabeth:
- Dis donc, tu ne saurais pas ce que j’ai fais de mon portable, par hasard? Je ne me souviens plus si je l’avais à la station service. Avais-je au moins mon sac à main?
- Oh ma pauvre, je ne me rappelle pas très bien. Il me semble que tu l’avais quand tu t’es avancée pour payer ton soda et ton journal. Après, je crois que tu ne l’avais plus. Tu as dû le laisser tomber quand nous nous sommes enfuis avec Buster et Miss Spencer. Pourquoi? Tu avais quelque chose d’important dedans? Des photos?
- Juste mon portable. Je voulais juste savoir l’heure. Je n’ai pas de photos.

Lorsqu’Elizabeth parla des photos, Meredith se sentit toute triste. Étant orpheline, elle n’avait pas ce genre de photos dans son sac. Pas de photos de ses parents, pas de photos de frères et sœurs. Rien. Sa famille adoptive ne lui avait jamais semblé proche d’elle. Ils s’occupaient plus de leur vraie fille que d’elle. Elle passait toujours en deuxième. Pourquoi aurait-elle eu des photos de cette famille qui l’avait certes hébergée, mais qui n’avait jamais su l’aimer?

Elizabeth sembla remarquer ce changement d’attitude. Elle s’arrêta, se plaçant face à Meredith. Cette dernière pouvait à présent marcher seule. Elle se sentait nettement mieux. La blonde répondit:
- Je suis désolée, Meredith. je n’ai pas de montre et j’ai perdu mon portable récemment. Je ne sais pas quelle heure il est, mais je pense que nous marchons depuis plusieurs heures déjà. Puis-je te demander pourquoi tu as l’air si triste?
Meredith tourna la tête quelques secondes, tentant de neutraliser son expression. Elle ne voulait pas de la compassion d’Elizabeth. Une fois que le flot d’émotions qui l’avaient traversée fut maîtrisé, elle se tourna de nouveau vers sa nouvelle amie:
- Je vais très bien. Crois-tu que l’on trouvera la route un jour?
Visiblement étonnée une fois de plus par l’attitude singulière de son amie, Elizabeth mit quelques instants à répondre:
- Eh bien pour tout te dire, je ne sais pas trop où nous sommes, Meredith. J’espère sincèrement que nous atteindrons la route. Mais je crois que nous sommes perdues, et ce depuis un bon moment.
Meredith grimaça. Ses pires craintes étaient confirmées. Les deux jeunes femmes étaient perdues. Perdues au milieu de ce qu’on pouvait appeler une forêt, à en juger par les arbres qui se succédaient les uns aux autres sans discontinuer. La nuit était bien noire, à présent. Et qui savait ce qui pouvait ce cacher comme bêtes sauvages, dans ces fourrés? Meredith soupira, sentant le regard inquiet d’Elizabeth se poser sur elle.

Une secrétaire en péril (Episode 7: Chercher du secours)

Créé par le 22 déc 2015 | Dans : Fictions

Elizabeth commença par couper le moteur de la voiture. Puis elle sembla réfléchir. Ils ne pouvaient pas repartir en voiture tant que le conducteur était inconscient. Elle était incapable de le déplacer et Meredith ne pouvait pas l’aider. Miss Spencer ne serait pas d’une grande aide non plus. Il fallait que Meredith et Elizabeth aillent chercher de l’aide. Meredith était déjà sortie de la voiture et Elizabeth se voyait sûrement mal la porter pour l’allonger sur les sièges. Mais elle ne pouvait pas davantage la laisser assise par terre, elle allait attraper froid. En plus, leurs poursuivants pouvaient les retrouver. Dans son état, Meredith ne pourrait rien contre eux. Elizabeth releva sa nouvelle amie et commença l’aider à marcher. Elles s’éloignèrent vite de la voiture. Meredith n’était pas en grande forme mais elle pouvait tout de même avancer sans s’appuyer totalement sur la blonde, ce qui était déjà bien.

Les deux jeunes femmes marchaient au milieu des arbres. La voiture était allée loin. Elles ne savaient pas de quel côté était la route. Elles pouvaient être en train de s’en éloigner aussi bien que de s’en approcher. A un moment, Elizabeth trébucha sur une racine d’arbre, entraînant Meredith dans sa chute. Les deux femmes eurent le souffle coupé par la violence de l’impact. Meredith se releva et vit qu’Elizabeth était encore à plat ventre dans l’herbe. Elle lui tendit une main secourable. Elle commençait à apprécier la blonde qui elle semblait la considérer comme une petite sœur à protéger. Meredith remit Elizabeth sur ses pieds puis elle épousseta le pantalon de cette dernière qui était couvert de poussière:
- Vous êtes blessée, Elizabeth?
- Je ne crois pas. Dites donc, on commence à se connaître, toutes les deux. Ne pourrions-nous pas nous tutoyer?
- Pourquoi pas. Comment tu te sens? Je vois une petite blessure sur ton front. Est-ce qu’elle te fait mal?
- Non, mais si un jour je me retrouve en face d’un miroir, je la soignerai. Comme je risque d’avoir à attendre longtemps, ça peut attendre. Je crois que c’est tout à fait superficiel. Et toi, ton bras? J’espère que ça ne va pas s’infecter!
- Je n’ai pas mal pour l’instant.
Elizabeth eut un air amusé:
- Je ne te crois pas. Je sais que tu ne veux pas m’inquiéter, mais j’ai réellement besoin de savoir comment va ton bras. Je peux peut-être faire quelque chose…Nous pouvons aussi nous reposer quelques minutes.
Meredith recula d’un pas, confuse. Devait-elle dire la vérité à Elizabeth? Cette fille semblait déjà nerveuse, ce n’était pas la peine d’en rajouter avec ses problèmes.
- Je vais très bien. Ne t’en fais pas. Nous pouvons continuer.
Elizabeth parut surprise par sa réponse, mais elle n’insista pas. Les deux jeunes femmes se remirent en route.

Une secrétaire en péril (Episode 6: Tout part en vrille)

Créé par le 22 déc 2015 | Dans : Fictions

Miss Spencer hurlait, visiblement incapable de se contenir. Meredith était étendue sur le plancher de la voiture. Elizabeth était allongée sur le ventre sur la banquette arrière. Le conducteur, Buster, faisait de son mieux pour garder un minimum de contrôle sur son véhicule. Mais c’était peine perdue. La voiture descendait inexorablement la pente. Les passagers de la voiture étaient affreusement secoués à cause des cahots. Elizabeth tenait à présent la main de Meredith, les larmes coulant toutes seules sur ses joues. Elle n’était plus attachée et risquait de tomber sur Meredith si le conducteur faisait piler la voiture. La vitre ouverte du côté conducteur emplissait l’habitacle d’un air froid et coupant. Meredith se pelotonna dans le petit espace entre les sièges, espérant gagner un peu de chaleur.

Elizabeth faisait de même sur les sièges. La voiture continua à cahoter et à tanguer tout en roulant au milieu des arbres. Cela faisait un moment qu’ils avaient quitté la route. Un bruit inquiétant se fit entendre. Une roue avait crevé. Buster perdit le contrôle de la voiture pour de bon. Meredith sentit un violent choc, puis les cris de Miss Spencer cessèrent. Le moteur du véhicule tournait encore. Levant les yeux vers la banquette au dessus d’elle, elle vit qu’Elizabeth s’était assise, semblant un peu secouée. La jeune femme blonde n’avait pas lâché sa main. Ses yeux bleus cherchèrent les siens:
- Meredith? Comment allez-vous? Je crois que nous sommes rentrés dans un arbre. Miss Spencer s’est évanouie de frayeur et Buster s’est cogné la tête au volant, il est inconscient. Qu’en est-il de vous? A part votre bras, bien sûr, puisqu’il était déjà blessé.
- Je n’ai rien de plus. Mais j’ai dû me cogner au siège de Buster, j’ai mal à la tête.
En fait, elle ne voulut pas l’avouer à Elizabeth, mais tout tournait autour d’elle. Aussi, quand la blonde la remit debout, elle vacilla et manqua de tomber à terre. L’autre jeune femme la retint juste à temps, la stabilisant en mettant ses bras autour de sa taille. Meredith la voyait toute floue.
- Effectivement, vous n’avez rien…Meredith, n’essayez pas de me mentir, je vois bien que vous tenez à peine debout. On va sortir de la voiture pour voir où on a atterri.

Elle ouvrit la portière, faisant sortir une Meredith toute faible. Elizabeth continua à la tenir pendant qu’elle observait les alentours. Meredith ne voyait que très flou et tout tourbillonnait autour d’elle. Mais elle vit tout de même que l’endroit était plutôt désert. Elizabeth dut s’en apercevoir également, car elle serra Meredith plus fort que nécessaire sans s’en rendre compte. Aucune des deux jeunes femmes ne connaissait cet endroit perdu en pleine nature. Elles n’avaient même pas de nourriture avec elles! Pour la énième fois, Meredith se reprocha d’avoir laissé sa canette de soda au magasin. Trente-trois centilitres d’un soda quelconque ne les aurait pas mené très loin, mais elles aurait tout de même eu quelque chose. Là, elles étaient seules avec deux autres personnes inconscientes sans rien à manger ni à boire. A moins que Buster ait prévu des vivres dans la voiture.

Il avait voulu les amener dans un endroit sécurisé, il devait bien avoir emporté à manger. Meredith formula sa pensée à voix haute. Elizabeth acquiesça et elle l’assit par terre afin d’avoir les mains libres pour chercher dans la voiture. Le coffre était verrouillé. La boite à gants n’était pas d’une grande utilité non plus. Les compartiments situés dans le plancher de la voiture étaient presque vides. Il n’y avait que deux lampes de poche à l’intérieur. Elles n’avaient donc pas de nourriture. Comment allaient-elles faire?

Une secrétaire en péril (Episode 5: Dans la voiture)

Créé par le 21 déc 2015 | Dans : Fictions

Meredith se réveilla. Elle était allongée sur quelque chose qui bougeait. Ouvrant les yeux, elle s’aperçut qu’il s’agissait d’une voiture. Son bras saignait toujours, mais quelqu’un avait enroulé une écharpe autour, arrêtant légèrement l’écoulement du sang. L’écharpe était d’ailleurs ensanglantée. Ce n’était pas beau à voir. Jetant un coup d’oeil autour d’elle, elle vit qu’elle était en fait couchée sur la banquette arrière. Sa tête reposait sur les genoux d’une personne. Comme la femme plus âgée était sur le siège passager de la voiture et que l’homme conduisait, Meredith supposa qu’il s’agissait de la jeune femme blonde.

Effectivement, une tête blonde se pencha vers elle, lui remettant une mèche de cheveux en place:
- Comment vous sentez-vous? Vous avez perdu pas mal de sang, il me semble.
- J’ai un peu mal au bras, mais je vais bien, je pense. Que s’est-il passé?
- Lorsque vous avez jeté ce pot dans la figure du gars qui nous menaçait, il a lâché son fusil, sa tête saignait. Les éclats de verre, sans doute. Il s’est jeté sur le gérant du magasin et l’a assommé. Il avait décroché le téléphone et voulait appeler la police, profitant de la diversion que vous lui offriez sans faire exprès. Le petit garçon et son père sont restés dans la station service. Le gars au fusil s’est enfuit. Et puis l’homme qui conduit cette voiture nous a dit qu’il fallait s’enfuir, que nous étions en danger et que d’autres hommes allaient venir nous tuer si nous restions là. Il nous a révélé qu’il est agent secret et qu’il connait l’organisation dont fait partie cet homme qui nous a attaqués. Le criminel nous a vus avec lui, donc nous sommes en danger. Je ne fais que vous répéter ce qu’il nous a dit. Au fait, je m’appelle Elizabeth Jewel.
- Meredith Howel. Enchantée…Savez-vous où nous allons?
- Non, mais Buster a dit que ce serait un endroit où nous allons être en sécurité.
- Buster?
- Notre conducteur. A côté de lui, c’est Cindy Spencer. Elle veut se faire appeler Miss Spencer.
- On dirait qu’on est dans le même bateau, tous autant qu’on est.
- Oui. Si ces hommes nous poursuivent, alors notre vie va changer du tout au tout.
- Elle est déjà en train de changer, Elizabeth. Notre vie ne sera plus jamais pareille. J’ai vu un homme se faire tirer dessus par un homme n’ayant plus toute sa tête, j’ai vu ce même homme vous tenir en respect avec son arme…Je ne pourrai jamais oublier ces images. Et maintenant on est poursuivis…

Comme Meredith finissait sa phrase, la voiture vira brusquement pour atteindre une route plus en retrait. Se retournant, Elizabeth eut un air horrifié:
- Une voiture arrive à toute vitesse vers nous! Buster, accélérez! Ils nous rattrapent!
Meredith roula sur le siège, s’écrasant dans l’espace situé entre les sièges de la voiture. L’autre véhicule venait de les percuter. Miss Spencer poussait des cris de terreur, se recroquevillant sur son siège. Meredith n’osa plus bouger, de peur que les occupants de la voiture derrière eux ne se mettent à tirer au fusil. Elizabeth s’était avachie sur la banquette arrière, elle aussi effrayée. Meredith voyait son visage tout près d’elle. La secrétaire était allongée sur le côté, tournée vers Elizabeth qui regardait dans sa direction.

Soudain, la voiture sortit de la route. Le conducteur ne semblait plus la contrôler. Meredith croisa le regard d’Elizabeth. Cette dernière semblait paniquée. Meredith lui prit la main de son bras valide et lui sourit. L’autre jeune femme sembla se détendre légèrement. Elles allaient se soutenir l’une l’autre. Pendant ce temps, la voiture s’enfonçait dans la végétation, visiblement totalement hors de contrôle.

Une secrétaire en péril (Episode 4: La fuite)

Créé par le 21 déc 2015 | Dans : Fictions

Cachée derrière son étagère, Meredith serra le pot de moutarde contre elle. Que devait-elle faire? Ce n’était pas à elle, en principe, de risquer sa vie. Elle n’était ni policière ni héroïne de film d’action. Pourquoi se retrouvait-elle dans cette situation compliquée? Cet homme avait-il un plan précis, au moins? Elle se releva légèrement sur ses genoux pour tenter de voir où était le cinglé au fusil. Meredith n’avait pas vraiment de plan concernant ce pot de moutarde. Elle pourrait éventuellement s’en servir pour se défendre. Une balle siffla près de son oreille et elle décida de passer à l’action. C’était maintenant ou jamais! Elle se releva brusquement, lança son pot de moutarde à la tête du gars et sentit immédiatement une immense douleur dans son bras.

Elle s’affala sur le carrelage de la station service, se cognant au coin de l’étagère. Tout semblait se dérouler au ralentis autour d’elle. Quelqu’un vint aussitôt s’agenouiller près d’elle. La tête lui tournait. Elle vit des cheveux blonds et un visage plein de larmes. La jeune femmes blonde la tenait, ayant posé sa tête sur ses genoux. Son bras saignait, saignait… On lui caressait les cheveux. Soudain, elle fut arrachée au confort relatif des genoux de la blonde. Quelqu’un l’attrapa et se mit à courir. Elle vit qu’ils sortaient hors de la station service. Il faisait froid, à présent. Elle avait laissé tomber sa canette de soda. Elle voulut leur dire qu’il fallait retourner la chercher, et son journal aussi.

Mais elle ne les avait pas encore payés, alors elle renonça à exprimer ses pensées à voix haute. Tout tournait autour d’elle, Meredith se serait crue dans un manège, comme ceux pour enfants avec les chevaux de bois, ceux qu’elle avait connus bien des années plus tôt. La personne qui la tenait était musclée. Ce devait être un homme. Deux femmes couraient près de lui. Meredith n’était pas sûre qu’elles courent, mais comme celui qui la tenait semblait pressé, ces deux femmes devaient l’être aussi. Elle se sentait un peu ailleurs, comme si elle voyait une autre personne se faire porter par un homme, comme si elle ne faisait pas partie de la scène qui se déroulait sous ses yeux. Sa tête dodelina et alla se poser sur l’épaule de l’homme. Elle se rendit compte qu’ils montaient tous dans une voiture. La dernière chose qu’elle vit avant de s’évanouir fut le visage de la blonde noyé de larmes.

Une secrétaire en péril (Episode 3: La prise d’otages)

Créé par le 21 déc 2015 | Dans : Fictions

Une voix bourrue retentit dans le noir:
- Que personne ne bouge! Je suis armé et je veux tout votre argent!
Une détonation se fit entendre. L’homme avait tiré. Un hurlement de douleur résonna entre les murs. Meredith se figea sur place. Que se passait-il? Elle était juste venue acheter quelques vivres et elle se retrouvait dans le noir, menacée par un cinglé qui ne savait visiblement pas se servir d’un fusil. La secrétaire était en effet persuadée que le coup de feu avait été tiré par erreur. L’imprudent avait dû oublier de mettre la sécurité ou quelque chose comme ça. Meredith regardait des séries policières, mais elle n’avait pas le courage de faire comme les héros. Elle n’y voyait rien et en plus l’un des clients venait de se faire tirer dessus. C’était un homme. Il n’y avait que trois solutions. Ce pouvait être le gérant, l’homme entre deux âges ou bien le père du petit garçon.

Ce dernier pleurait toujours. Le criminel ne devait pas être un professionnel, car éteindre la lumière était sûrement la chose la plus idiote à faire. A cause de cette brillante idée, il avait sans doute gravement blessé cet homme, à l’heure qu’il était. Meredith tenait toujours sa canette de soda mais avait lâché son journal au moment de l’attaque. Elle se cramponnait à sa boisson comme à une bouée de sauvetage. La lumière se ralluma soudain et Meredith put voir ce qu’il se passait. Les autres clients se tenaient à quelques mètres d’elle, menacés par un petit homme transpirant et paniqué. Il ne savait pas ce qu’il faisait. Un corps était étendu près du comptoir. C’était le père du petit garçon. Quelque chose disait à Meredith qu’il était mort.

La secrétaire était debout derrière le criminel. Celui-ci ne l’avait pas vue. Les autres clients savaient qu’elle était là. La jeune femme blonde semblait plutôt calme. La femme plus âgée pleurait en silence. Le client entre deux âges ne disait rien, son visage étant impassible. Le gérant du magasin était derrière le comptoir, tenant sa tête entre ses mains. L’agresseur avait dû le frapper pour l’empêcher d’allumer les lumières. Meredith marcha sur un jouet pour chien qui couina, alertant le bandit de sa présence. Elle eut l’excellente idée de tomber à plat ventre. Une rafale de coups de feu fut tirée dans sa direction. Elle sentit les balles passer juste au dessus d’elle.

Durant le court laps de temps qui s’écoula entre le moment où il tira et celui où elle toucha le sol, Meredith crut entendre un cri de terreur. Elle était pratiquement sûre qu’il provenait de la jeune femme blonde. La secrétaire roula sur elle même de manière à se retrouver à plat ventre. Les coups de feu pleuvaient sur elle. Il tirait au hasard pour l’effrayer. Meredith progressa à quatre pattes vers une étagère proche. Une balle la frôla, l’homme pouvait à présent la voir. Elle retomba instinctivement à plat ventre, attrapant au passage un pot de moutarde qui lui parut suffisamment lourd. La jeune femme recula précipitamment alors qu’il épaulait de nouveau son fusil vers elle. Elle se cacha derrière une étagère, retenant son souffle.

Une secrétaire en péril (Episode 2: L’aire de repos)

Créé par le 20 déc 2015 | Dans : Fictions

Après s’être un peu reposée, Meredith ouvrit lentement sa portière. L’air du soir était glacial. Le mois de décembre était déjà bien entamé. Son travail la réquisitionnait pendant les vacances de noël. Mais elle n’avait aucune famille avec qui passer les fêtes. Elle était orpheline et n’avait personne dans sa vie. Pas même un animal. Ce devait être pour ça qu’elle avait été envoyée par la direction et non pas un de ses collègues. Une vague de tristesse la submergea. Elle était la seule à ne pas avoir de famille. Le plus terrible était de n’avoir personne pour l’attendre le soir, pour lui demander comment avait été sa journée. Une mère ou un père attentionné. Voilà ce qui lui avait manqué pendant longtemps et qui quelque part lui manquait encore.

La jeune femme sortit sur le parking. Le vent froid lui cinglait le visage comme un millier de petites lames de couteau s’enfonçant dans son visage. Elle remonta son col en frissonnant. Elle allait sûrement attraper la mort, dans ce froid. Meredith avança à grands pas vers l’entrée de la station service. Elle espérait qu’on voudrait bien lui servir un thé ou quelque chose de chaud. C’était peu probable que le gérant de cet endroit ait du thé en magasin. Et puis ce n’était pas comme si elle était entrée dans un bar. Elle ne put pas avoir de thé chaud, mais elle acheta un magazine et une canette de soda. C’était mieux que rien. Meredith observa les autres clients. Une femme plus âgée qu’elle d’un certain nombre d’années, une jeune femme blonde qui semblait avoir son âge, un homme entre deux âges et un petit garçon qui était venu avec son père.

L’enfant pleurnichait car il voulait avoir une sucette, mais son père lui disait que cela donnait des caries. La femme plus âgée s’épongeait le front avec son mouchoir, visiblement en surchauffe. La jeune femme blonde sourit à Meredith. L’homme semblait absorbé par la contemplation de l’étagère de sacs poubelles. Meredith haussa les épaules. Chacun ses passions. La secrétaire semblait sur le point de tourner les talons pour gagner la sortie, lorsque le magasin fut soudain plongé dans le noir. Des cris de panique retentirent. Le petit garçon s’était mis à pleurer. Le gérant de la station cria que le groupe électrogène avait dû sauter. La panique était palpable.

Une secrétaire en péril (Episode 1: Le voyage)

Créé par le 20 déc 2015 | Dans : Fictions

Meredith Howel était dans sa voiture. Elle partait en voyage d’affaires. Avec son poste de secrétaire des affaires étrangères, elle était sûre de ne jamais rester longtemps au même endroit. Cette jeune femme de vingt-six ans venait tout juste d’être embauchée et ce premier voyage la rendait nerveuse comme jamais. Et si elle ne s’en sortait pas? Et si elle arrivait en retard? C’était tout à fait son genre, en plus. Arriver en retard était sa plus grande spécialité. La seule chose dans laquelle elle semblait exceller. Et ce stress qui ne voulait pas la quitter…Toute cette pression était absolument insoutenable. Et si sa voiture avait un pneu qui crevait? Ou bien une panne sèche, pour ce que cela changeait.

N’importe quel petit problème pourrait la faire arriver en retard, elle le sentait. Engageant sa voiture sur l’autoroute, Meredith tenta de se raisonner. Tous ces ennuis n’arriveraient sûrement pas tous en même temps, pour un peu qu’ils arrivent. Et puis ce n’était pas parce qu’elle était abonnée à la malchance qu’elle allait forcément avoir une panne de voiture. En fait, elle pouvait aussi faire un crise cardiaque au volant, ou bien s’endormir, faire un malaise, avoir un accident, renverser un animal sauvage, se perdre…Les raisons d’un éventuel retard étaient innombrables. Il valait mieux qu’elle arrête de s’en faire et tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Il faisait nuit et la jeune femme avait allumé ses feux de croisements. D’autres véhicules la croisaient fréquemment sur la voie en sens inverse.

Il fallait être particulièrement vigilant à cette heure car la route n’était que peu éclairée. En plus d’autres usagers doublaient sans cesse sa voiture par la gauche. Meredith décida de s’arrêter sur une aire de repos afin de boire un thé. Elle en avait bien besoin. Toutes ces heures de conduite dans la pénombre commençaient à avoir raison d’elle. La conductrice chercha du regard un panneau indicateur puis suivit la direction de l’aire. Elle se détendit un peu. Sa voiture roulait à présent sur une route plus petite qui la redirigerait vers une station service et une aire d’autoroute. La jeune secrétaire vit les lumières du bâtiment comme un phare annonçant la délivrance. Elle soupira et alla se garer sur le parking presque désert. Une fois au point mort, elle posa ses coudes sur le volant du véhicule et y adossa lourdement sa tête.

Nurse, moi? (épisode 50: La fin d’une époque)

Créé par le 29 août 2015 | Dans : Fictions

Ils n’avaient plus beaucoup de temps. La deuxième bombe restait introuvable. Puis Joy eut une idée:
- Nous n’avons pas cherché dans la cale!

A ces mots, Mike, les enfants et le capitaine descendirent à sa suite au sous-sol du bateau. Ils se remirent à chercher. Il faisait noir, dans cette cale. Au bout de plusieurs minutes de recherches infructueuses, ils finirent par trouver la seconde bombe. Mike trébucha dessus. Joy l’aida à se relever et s’exclama, regadant l’explosif:
- Mais…Elle n’est pas activée! Sans doute que sa télécommande ne portait pas assez loin. En plus, on est au niveau de la mer. Je vais tout de même m’occuper des fils. Sait-on jamais, ils attendent peut-être qu’on remonte avec pour l’activer. A moins qu’ils ne sachent pas que leur petit plan n’a pas marché.

Elle fit le nécessaire et trouva un hublot par lequel elle jeta la bombe. Cet explosif n’éclata pas, il se contenta de couler. Cette histoire de bombes était terminée. Hélas, leur voyage aussi. Le bateau accosterait le lendemain. Joy n’avait pas à faire ses valises, elle venait à peine de revenir. Mais elle aida Mike à faire les siennes. Les enfants firent leurs bagages dans leur cabine. Ils étaient tous tristes que ce soit fini.

Leur traversée avait été mouvementée. Les hommes de mains qui leur voulaient du mal avaient été emprisonnés. Mais ils ne devaient pas être les seuls à les poursuivre. Mike en était sûr. Ils n’en avaient pas fini avec eux. Il avait réservé dans un hôtel dans la ville de l’arrivée. Leurs vacances n’étaient pas finies.

Nurse, moi? (épisode 49: La chasse au « trésor »)

Créé par le 29 août 2015 | Dans : Fictions

Mary et Hernie étaient découragés. Cela faisait une demi heure que les équipes du capitaine cherchaient les explosifs. Pour l’instant, cela ne donnait absolument rien. Personne n’avait rien trouvé. Joy cherchait de son côté, elle n’était pas revenue. Quand à Mike, il se remettait doucement de sa longue immobilité en marchant à travers le bureau du capitaine. Ses jambes commençaient à répondre normalement. Il était énervé de s’être fait enlever aussi facilement.

Il pensait aussi que Joy s’était fait frapper par ces hommes. Il aurait tout de même pu empêcher ça! Elle ne s’était pas plainte. Elle n’avait rien dit. Était-ce ainsi que réagissaient des militaires en pareil cas? En tout cas, la jeune femme ne lui avait rien dit depuis qu’ils avaient été libérés. Elle était partie de son côté.
Si elle avait trouvé quelque chose, elle serait sans doute revenue. Soudain, il lui sembla entendre quelque chose. Il demanda aux enfants et au capitaine de faire silence.

Ils étaient tous les quatre dans le bureau du commandant. Tout le monde se tut. Mike tendit l’oreille. Il entendait comme un petit cliquetis, ou encore un bruit de tic tac. Tout le groupe se mit à fouiller la pièce. Ils couraient dans tous les sens. Soudain, Mary fit une découverte. Elle appela les autres. Ils virent alors un petit boitier et des bâtons de dynamite. Ils avaient trouvé la première bombe! La panique les fit se figer sur place. Que devaient-ils faire?

Il ne restait que trente minutes. Ils en étaient encore à se concerter, lorsque Joy entra dans la pièce comme un ouragan. Elle les vit observer quelque chose et les rejoignit. S’apercevant qu’ils avaient trouvé une des bombes, elle passa devant eux. Elle s’accroupit devant le tiroir qui contenait la bombe. Mike vit la jeune femme examiner les différents fils. Après un examen de quelques minutes, elle se releva vivement, les faisant tous sursauter. Elle empoigna une paire de ciseaux. Puis elle leur dit:
- Vous feriez mieux de vous éloigner, car si je me trompe de fil, ça peut sauter. Je connais les fils, mais sait-on jamais….
- Et vous, que ferez-vous si ça explose, Miss Clint?
Elle se tourna vers Mike, mais ne répondit pas. La réponse était claire. Elle n’aurait certainement pas le temps de s’écarter.

Ils s’éloignèrent un peu et ils la regardèrent s’affairer. Joy coupa un fil, testant la tension dans les autres. Un second fut sectionné, suivi par le reste des fils. Arrivée au dernier, elle se tourna vers les autres occupants de la pièce:
- Lorsque j’aurai coupé ce fil, il faudra que j’aille jeter la bombe dans la mer. Je n’aurai que dix secondes. Il va falloir me faciliter la tâche.

Ils lui laissèrent la place de passer. Elle coupa le dernier fil. Personne ne parlait. Joy se leva, prit la bombe, et s’élança vers la sortie. Heureusement, ce bureau était situé à côté du pont. Tout le monde la suivit. Elle courait le plus vite possible. Puis elle s’arrêta près du parapet. Il restait cinq secondes. La jeune femme lança le petit boitier le plus loin possible dans la mer. Il atterrit dans les flots.
Une seconde après être entré dans l’eau, il y eut une explosion qui souleva des gerbes d’eau.

Mary, Hernie, Mike et le capitaine restèrent quelques secondes à regarder, puis ils se rappelèrent qu’il y en avait une deuxième. Ce n’était pas encore fini.

Nurse, moi? (épisode 48: Expédition)

Créé par le 24 août 2015 | Dans : Fictions

Mary et Hernie marchaient dans le couloir silencieux. Le capitaine était près d’eux. Devant se tenaient une équipe de stewards. Ils allaient délivrer Joy et Mike. Mary était inquiète. Qu’était-il arrivé à Joy après qu’un des hommes ait coupé la caméra? Était-elle blessée? Elle essuya une petite larme sur sa joue. Et puis qui étaient ces hommes? Mike les connaissait-il? Mary n’avait pas vu à quoi ressemblaient ces hommes, mais ils n’avaient pas l’air tendres.

Ils parvinrent à la salle de vidéo surveillance. La porte était fermée. Les marins enfoncèrent le battant. Trois hommes se tenaient dans la pièce. Les stewards les maîtrisèrent rapidement. Puis les enfants virent les prisonniers. Mike était attaché sur une chaise. Quand à Joy, elle était couchée à côté, ligotée et bâillonnée. Mary se dépêcha de lui retirer ses liens. Puis elle la releva précautionneusement. La gouvernante n’avait pas l’air blessée. Mais ses poignets étaient marqués. Mike fut libéré par Hernie.

Il eut un peu de mal à tenir debout. Mais quelques minutes plus tard et avec l’aide d’Hernie, il put marcher et sortir de la pièce. Mary était soulagée. Ils étaient sauvés. Mais les hommes ne semblaient pas vouloir s’en tenir là. L’un d’eux sortit une petite télécommande munie d’un bouton. Il appuya dessus, triomphant.
- Vous allez avoir des problèmes, deux bombes sont cachées sur ce bateau. Je viens de les mettre en marche. Vous avez une heure pour les trouver avant qu’elles n’explosent. Bonne chance!

Il ricana et se mura dans le silence. Le capitaine, paniqué, envoya les stewards fouiller le bateau afin de trouver les bombes. Les prisonniers furent emmenés au bureau du capitaine. Mary, Hernie, Mike et Joy s’y rendirent également. Mary se serra contre Joy, effrayée. Qu’allaient-ils faire? La situation avait empiré. A présent, le bateau risquait d’exploser et couler. Il fallait à tout prix retrouver les explosifs!

Nurse, moi? (épisode 47: La décision du capitaine)

Créé par le 23 août 2015 | Dans : Fictions

Mary et Hernie étaient vraiment inquiets. Ils n’avaient plus de nouvelles de leur oncle depuis au moins une heure. Il était parti faire une promenade. Avant qu’ils n’aient pu se poser des questions, Joy, leur gouvernante, était revenue. Elle avait quitté le bateau la veille pour se rendre à l’enterrement de son père. Mais il s’était avéré que toute l’histoire n’était que mensonges. On avait voulu l’éloigner. Mais de quoi? Joy était partie chercher leur oncle. Elle n’était pas revenue non plus.

Ils s’étaient inquiétés. Où étaient-ils passés? Puis le capitaine les avaient appelés dans son bureau. Il avait reçu un appel. Joy et Mike avaient été enlevés par des hommes. Il avait exigé une preuve confirmant qu’ils étaient en vie. Les ravisseurs avaient demandé une rançon. Si on ne la payait pas, des bombes cachées dans le bateau exploseraient. Ce n’était vraiment pas rassurant. Mais pourquoi ces gangsters avaient-ils pris Joy et Mike en otage? Pourquoi eux? Il devait y avoir plus de mille passagers sur ce bateau!

Lorsqu’on lui dit que Joy avait été enlevée, Mary se mit à pleurer. Hernie avait lui même les larmes aux yeux. Ils avaient l’impression de se retrouver dans la même situation qu’avec leurs parents, six mois auparavant. La même sensation de vide les habitait. Et s’ils ne revoyaient jamais Joy et Mike? Où iraient-ils, cette fois? Ils n’avaient aucun autre parent assez porche pour s’occuper d’eux! Mary sentait ses larmes couler sur ses joues. Quand à Hernie, il faisait son possible pour ne pas le montrer, mais il se sentait perdu.

Quelle genre de preuve enverraient les ravisseurs? Un peu plus tard, le capitaine alla récupérer la preuve dans un obscur coin du pont C. Il revint avec une clef USB. Il la brancha à son ordinateur. La clef ne contenait qu’un fichier. Il s’agissait d’une vidéo.

On y voyait Joy et Mike. Cette dernière leur parla:
- Cette vidéo pour vous montrer que ça peut aller. J’ai déjà été mieux, mais bon. On est vivants, et on est bien aux mains de ceux qui vous ont téléphoné, capitaine. Les enfants, si vous nous voyez, je vous embrasse. Je ne sais pas quand je vous reverrai.

Puis Mike, assis sur une chaise et ligoté, ajouta:
- Ne vous inquiétez pas pour nous. Ça va.
Joy avait les poignets attachés. Elle les avait posés sur le dossier de la chaise de Mike. Ils semblaient tous deux en bonne santé, quoique fatigués. Joy souriait. Mais Mary n’était pas idiote. Ce sourire avait quelque chose de faux. Soudain, Joy ajouta très vite:
- Nous sommes retenus dans la salle de…Mhf…

Elle ne finit pas sa phrase et Hernie vit que deux hommes l’avaient plaquée au sol. Tous trois s’étaient retrouvés derrière la chaise de Mike. Le dernier plan du film montrait les chaussures de Joy qui tentait de parler mais ne pouvait pas, l’un des hommes lui ayant mis une main sur la bouche. La vidéo se termina et Mary se serra davantage contre son frère, en larmes. Joy voulait leur faire croire que tout allait bien, mais ce n’était visiblement pas le cas. Cette vidéo n’avait pas rassuré les enfants. Elle avait eu l’effet contraire.

Ils se tournèrent tous deux vers le capitaine. Qu’allait-il faire? Il déclara:
- J’ai reconnu l’endroit où ils se trouvaient. Il s’agit de la salle de vidéosurveillance. Joy a essayé de nous le dire. Nous allons aller les délivrer. Mes stewards iront avec nous. Ils ne sont pas armés, je pense.

Nurse, moi? (épisode 46: Pieds et poings liés)

Créé par le 23 août 2015 | Dans : Fictions

Mike se trouvait toujours dans cette salle encombrée d’écrans divers. Cela faisait à présent plusieurs heures que ces hommes l’avaient enlevé. Plusieurs heures qu’il était assis sur une chaise, ligoté. Et il commençait sérieusement à trouver le temps long. Joy, la gouvernante de ses neveux, était couchée près de sa chaise. Elle ne lui avait rien dit depuis que ces même hommes l’avaient kidnappée à son tour. La jeune femme était également attachée. Elle lui tournait le dos. Il devinait que sa position n’était pas des plus enviables.

Leurs ravisseurs étaient au nombre de trois. Ils avaient décidé de demander une rançon au capitaine. Après tout, Joy et Mike étaient des passagers sur son bateau. L’un des hommes, probablement le chef, décrocha le téléphone de bord en leur lançant:
- Puisque vous ne voulez pas nous payer vos dettes, nous devons tout de même récupérer de l’argent. Je téléphone au capitaine.

Il appuya sur une touche et attendit quelques secondes:
-…Allo, capitaine?…Oui…Je vous appelle car j’ai ici avec moi deux de vos passagers…Mais je compte en effet vous demander une rançon. Je les ai enlevés dans ce but. Je voudrais la somme en euros, s’il vous plaît….Disons cinquante-cinq mille?…Vous voulez avoir une preuve qu’ils sont bien vivants et avec nous?…Nous allons trouver un moyen…Ce sont Joy Clint et Mike Harrison…Je vous recontacte, capitaine. Lorsque j’aurai trouvé un moyen, vous aurez une journée pour payer. Et si vous ne le faites pas, j’ai caché des bombes dans le bateau. Je les ferai exploser. C’est aussi simple que ça.

Il raccrocha sans laisser le temps au capitaine de répondre. Puis les trois hommes se mirent à discuter à voix basse dans un coin de la pièce. Ils réfléchissaient visiblement à la façon d’apporter la preuve que leurs prisonniers étaient vivants. Ce n’était pas évident. Au bout d’un moment, les trois malfrats se tournèrent vers eux.
- On va faire un vidéo. La preuve sera là. J’ai de quoi vous filmer.

L’un d’eux s’avança vers Joy et lui délia les pieds afin qu’elle puisse se tenir debout. Il la releva. Mais la jeune femme avait passé tellement de temps couchée qu’elle ne sentait plus ses jambes. Mike le vit car elle s’effondra et l’homme dût la soutenir. Il la lâcha au bout de quelques minutes. Elle tomba en avant, se rattrapant au dernier moment avec ses coudes. Mike n’avait pas bougé de sa chaise. Il la vit se redresser légèrement, prenant de grandes inspirations. Ses poignets étaient toujours attachés. Elle roula sur son flanc.

Puis elle se releva comme si de rien était. Elle s’appuya contre la chaise de Mike. L’homme alluma la caméra. Joy sourit. Les enfants allaient probablement voir cette vidéo, alors autant faire bonne figure. Elle parla:
- Cette vidéo pour vous montrer que ça peut aller. J’ai déjà été mieux, mais bon. On est vivants, et on est bien aux mains de ceux qui vous ont téléphoné, capitaine. Les enfants, si vous nous voyez, je vous embrasse. Je ne sais pas quand je vous reverrai.
Mike continua:
- Ne vous inquiétez pas pour nous. Ça va.
Joy rajouta, très vite:
- Nous sommes retenus dans la salle de…Mhf…
Elle n’eut pas le temps de finir sa phrase, que deux des hommes se précipitèrent sur elle, l’empêchant d’indiquer leur localisation. Ils la plaquèrent au sol derrière la chaise de Mike. L’un d’eux resta, lui mettant une main sur la bouche. Le second alla couper la caméra. Joy fut bâillonnée. On lui remit ses liens aux chevilles. Puis les hommes partirent porter la vidéo au capitaine.

Nurse, moi? (épisode 45: Comme on se retrouve!)

Créé par le 20 août 2015 | Dans : Fictions

Mike avait été enlevé. Il était à présent dans une salle totalement inconnue de lui. Il ne savait même pas dans quelle partie du bateau il se trouvait. Deux hommes le surveillaient. On l’avait installé sur une chaise en plastique. Ses mains étaient attachées. Il observa la pièce. Des écrans recouvraient les murs. Il s’agissait de la pièce de vidéo-surveillance du bateau. Car le paquebot était étroitement surveillé à l’aide de caméras placées un peu partout.

L’un des hommes était debout, appuyé nonchalamment contre un des murs. Le second pianotait sur un clavier, contrôlant ainsi les caméras. Mike pouvait voir presque tout le bateau. Soudain, alors qu’il regardait l’un des écrans montrant un couloir, il reconnut une silhouette. Joy. Elle était revenue? Il la croyait repartie sur le continent. Elle avait sans doute voulu leur faire une surprise. Les enfants allaient être contents. Mais peut-être les avait-elle déjà vus? Mais si c’était le cas, alors elle le cherchait. Au moment où il pensait cela, l’un des hommes vit la jeune femme à son tour.

- Eh, regarde, Mike! C’est encore ton amie! Je croyais pourtant l’avoir envoyée suffisamment loin! C’est pas vrai! Elle a dû s’en rendre compte. Et maintenant la revoilà. Mais cette fois-ci, elle ne va pas nous avoir.
- Que voulez-vous dire? Ce n’était pas vrai?
- Non. C’était juste pour l’éloigner de toi. Mais ça n’a pas marché. On va aller s’en occuper. Harold? Prend Jack avec toi et piège-la.

Le deuxième homme opina de la tête et sortit de la pièce. Quelques minutes plus tard, Mike vit deux hommes apparaître derrière Joy. Insouciante, ne se doutant de rien, elle marchait. Tout à coup, les deux individus se placèrent directement derrière elle. L’un d’entre eux lui mit une main sur la bouche, l’emprisonnant de ses bras. L’autre lui attrapa les jambes. Joy donna un coup de tête dans le menton du premier. Il grimaça, mais ne lâcha pas prise. La jeune femme se mit alors à remuer pour se libérer.

Le deuxième homme reçut un coup de pied dans le visage. Il recula de quelques pas. De son côté, celui qui la détenait toujours lui noua un bandeau sur les yeux. Joy sembla se calmer un peu. Les deux hommes l’emmenèrent avec eux. Quelques minutes après, le petit groupe entrait dans la pièce où se trouvait Mike. Ce dernier était inquiet pour Joy. Le visage de la jeune femme ne montrait aucune émotion. Il se demanda comment elle réussissait à être si calme alors qu’on venait de la kidnapper.

Les hommes lui enlevèrent le bandeau. Les yeux de la gouvernante s’écarquillèrent de surprise à la vue de Mike attaché sur sa chaise. Elle lui lança un regard interrogateur. L’un des hommes répondit à sa question muette:
- Nous vous avons enlevés car il nous faut de l’argent. Nous allons demander une rançon, puisque votre ami ne veut pas payer.

Joy fut installée à même le sol, à côté de la chaise sur laquelle était assis Mike. Elle avait également les mains attachées. Visiblement inconfortable en position assise, elle s’étendit par terre. A la différence de Mike, ses chevilles étaient entravées. Il pencha la tête vers elle. Joy déclara:
- Vous allez demander une rançon? De combien, pour voir combien nous valons?

Sa phrase était pleine d’ironie, ce qui énerva l’homme qui semblait être le chef. Il s’avança vers elle et lui donna un violent coup de pied dans le ventre. Mike vit Joy tressaillir, mais elle ne dit rien. Il était révolté qu’on puisse la traiter de cette façon. La colère commença à monter en lui.
- Attendez un peu que je me débarrasse de ces liens, vous…
L’homme ricana et le gifla. Mike ne sentit presque pas la douleur tellement il était en colère. Il jeta un coup d’œil vers Joy. Elle était allongée par terre, lui tournant le dos. Il ne voyait que ses cheveux auburn. Puis elle se tourna péniblement vers lui. Dans ses yeux, il lut de la détermination.

Nurse, moi? (épisode 44: Touché)

Créé par le 19 août 2015 | Dans : Fictions

Mike était parti faire une petite promenade. Il voulait être seul, n’ayant pas encore trouvé comment payer ces gens. Bien sûr, il n’avait pas averti les enfants de toute cette histoire. Seule Joy était au courant. Mais elle n’en connaissait qu’une partie. Et en plus, elle n’était pas là. Il n’avait vraiment aucune idée. Comment faire? Il marchait sur le pont sans regarder où il allait. Le vent le frappait au visage. Il regarda autour de lui.

Il n’y avait personne. Le pont était totalement désert. Le ciel au dessus de lui était bleu. Mike continua d’avancer. Il entra dans un couloir peu éclairé. L’écho de ses pas résonnait entre les murs. Tous les passagers mangeaient.

Soudain, alors qu’il prenait un virage, quelqu’un l’attrapa par derrière, lui plaçant un mouchoir sur la bouche pour l’empêcher de crier. Il se débattit, mais son kidnappeur était trop fort. Ce dernier le fit avancer, lui cachant les yeux de sa main. Mike avait peur de rentrer dans quelque chose, il ne voyait rien. Mais surtout, il se demandait qui avait fait ça. Sans doute ces hommes de main.

L’homme qui le tenait était grand et costaud. Il lui sembla qu’ils traversaient plusieurs couloirs. Ils descendirent deux escaliers pour en remonter un. Les personnes qui le poursuivaient avaient dû en avoir assez, de lui demander cet argent. Qu’allait-il lui arriver? Allaient-ils couler le bateau et le laisser emprisonné dans la cellule de bord? Ce scénario faisait penser au sort de Jack Dawson dans Titanic.

Mais Jack avait été sauvé par Rose. Lui n’avait personne pour le sauver. Joy aurait pu le faire, mais elle était sûrement très loin à l’heure qu’il était. Et il ne savait même pas si elle reviendrait. Mike et l’homme continuaient leur chemin dans les couloirs du bateau. Mais où allaient-ils donc?

Nurse, moi? (épisode 43: Le retour)

Créé par le 18 août 2015 | Dans : Fictions

Joy était de retour sur ce même petit hors-bord. Mais cette fois-ci, elle effectuait le trajet en sens inverse. A l’arrivée du bateau à bon port, elle s’était renseignée à propos de son père. Il s’était avéré que toute cette histoire n’était qu’un canular. Son père n’était absolument pas là où on lui avait dit d’aller. De plus, il était bien vivant. Cette lettre était un faux. Joy était soulagée. Elle préférait que son père ne soit pas mort. Mais elle était énervée. Qui donc avait osé lui faire une chose pareille?

Qui avait monté cette blague ridicule? On lui avait fait croire à la mort de son sa seule famille. Ce ne pouvait avoir qu’un seul but: l’éloigner du bateau. Ces hommes n’avaient vraiment pas de limites. Mais s’ils avaient ressenti le besoin de l’écarter de Mike, c’était parce qu’ils la considéraient comme étant dangereuse! Une partie d’elle-même jubila à cette pensée. Mais elle se remit aussitôt à angoisser à propos de son patron. Les bandits avaient eu le champ libre, sans elle.

Le vent du large commençait déjà à ébouriffer ses cheveux. Les embruns mouillaient son visage. L’odeur salée lui monta au nez. Après une semaine passée sur le paquebot, poser un pied sur la terre ferme lui avait paru vraiment étrange. La légère vibration du sol lui avait manqué. Et puis un plancher normal ne tanguait pas comme dans la cabine qu’elle avait occupé avec Mike. Vraiment, cette croisière était un monde bien à part de tout ce qu’elle avait déjà connu. Cet univers au milieu de l’océan lui manquait. Elle souriait sans s’en rendre compte à mesure que le petit bateau approchait du paquebot.

Enfin, Joy put monter à bord du gros bateau. Elle portait sa valise. Mary, Hernie et Mike seraient surpris de la voir revenir si vite. Tout était tel qu’elle l’avait laissé. Le bateau avait toujours l’air accueillant, le soleil réchauffait le pont, tout semblait si rutilant! Les passagers mangeaient à l’extérieur. La jeune femme retrouva son chemin dans les couloirs désormais familiers. Mais lorsqu’elle entra dans la cabine qu’elle partageait avec Mike, il n’y avait personne. Elle posa sa valise. Elle était inquiète.

Elle attendit quelques minutes, sans doute étaient-ils allés manger. Mais lorsque Mary et Hernie entrèrent, demandant à aller manger, elle n’eut plus de doutes: quelque chose n’allait pas. Mary la serra dans ses bras, heureuse qu’elle soit revenue. Hernie lui sourit.
- Joy! Ça fait plaisir de te revoir! Je ne sais pas où est passé Mike. Il me semble qu’il est parti se promener. Il nous avait dit qu’on irait manger. Mais il n’est pas revenu. Au fait, que s’est-il passé, pour ton père?
- On m’a envoyé une fausse lettre. C’était un canular. Il est vivant. On voulait m’éloigner. Venez manger, on cherchera Mike après. Peut-être a-t-il décidé de prolonger sa promenade?

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